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Non aux éoliennes en Puisaye (JDP, juillet 2006)

La Puisaye est un des plus beaux « pays » de Bourgogne. L’avenir de ce petit territoire, économiquement pauvre, tient dans la préservation de ses beautés naturelles : vallées, étangs, forêts, horizons, villages, chemins, bouchures, etc. Ce qui fera demain la richesse de la Puisaye, ce sont ses paysages. Il n’y a pas tant de régions au potentiel écologique et naturel aussi évident à 90 mn de Paris !
Or, l’attractivité de la Puisaye est régulièrement menacée par certains investisseurs qui veulent profiter de sa faiblesse économique et démographique pour lui imposer boues d’épuration, usines d’incinération, pylônes, etc. Contre quelques points de taxe professionnelle assortis d’un peu de bons sentiments. Cette fois, il s’agit d’éoliennes.
A qui profiteront les éoliennes en Puisaye ? Pas aux consommateurs d’énergie : la part éolienne dans la production globale d’électricité restera infinitésimale. Pas aux adversaires des centrales nucléaires : même s’il était multiplié par dix, le parc éolien ne réduirait pas d’un kWh la production électrique d’origine nucléaire. Pas aux contribuables non plus : nous paierons tous, par nos impôts, l’avantage exorbitant accordé par EDF aux sociétés privées qui viennent en France profiter d’une loi économiquement absurde. Pas davantage aux chômeurs de la région : cette technologie ne crée pas le moindre emploi. Pas aux écologistes, enfin : qui pourrait se satisfaire de voir nos collines et nos vallons hérissés d’étranges poteaux métalliques et bruyants de 140 mètres de haut ?
Ce ne sont pas les éoliennes qui feront vivre demain les commerçants et artisans poyaudins : ce sont les nouveaux habitants, les résidents secondaires, les touristes, les vacanciers, les adeptes du télétravail, les amoureux de la nature. Tous ceux qui, de plus en plus nombreux, fuient la grande ville à la recherche du calme et de l’authenticité que leur offrent la vallée de l’Ouanne, la forêt de Saint-Fargeau ou les étangs de Saint-Sauveur. Et qui sont en train, en effet, d’y renverser le solde migratoire.
Personne ne conteste, bien sûr, le besoin de sources nouvelles d’énergie. Ni les éoliennes dans leur principe. Mais est-ce trop demander aux responsables politiques de tenir compte de l’environnement quand ils sélectionnent les zones d’implantation ? Il y a suffisamment de territoires déjà saccagés par l’irresponsabilité des hommes, hélas, où l’implantation d’éoliennes ne dénaturerait pas les paysages...
B.L.

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