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14/05/2012

La colère des ruraux

 Urgences.jpgLe village où je suis conseiller municipal, en Puisaye, est à 1h20 de Paris – ce n’est donc pas le désert de Gobi. Or, si vous y tombez malade un week-end, vous pouvez crever. En Puisaye, il n’y a plus ni médecin de garde, ni SOS Médecin. Aucun secours, rien. Une pauvre mamie qui s'étouffe ou qui a de la fièvre doit appeler le SAMU qui, au mieux, dépêchera une ambulance pour l’emmener aux urgences de l’hôpital d’Auxerre, à 40 km du village – bonjour le trou de la Sécu ! Voilà à quoi mènent l’égoïsme des jeunes médecins "libéraux", qui ne veulent plus être dérangés par des malades, et la lâcheté des hommes politiques, qui n’osent plus imposer aux premiers la moindre obligation de service public. Etonnez-vous que, dans mon coin, le FN dépasse 25 % des voix !

10:52 Publié dans Blog | Commentaires (5) | Tags : médecins, rural, urgences, fn |  Facebook | | Lien permanent

Commentaires

Plutôt que l’égoïsme ,ne serait-ce pas le principe de précaution ,vaste sujet, qu’il faudrait mettre en cause et qui fait que les médecins libéraux sont souvent condamnés pour faute voir interdits d’exercer dans des cas extrêmes alors que les médecins hospitaliers ne le sont que très rarement du fait que leur responsabilité individuelle est pratiquement impossible à établir dès l’instant qu’ils sont plusieurs, par rotation, à « suivre » chaque malade .
Un chirurgien suisse, la cinquantaine, à coté duquel je m’étais retrouvé dans un TGV à la fin des années quatre-vingt et qui montait comme moi à Paris où il faisait un stage de quelques semaines dans un grand hôpital parisien m’avait confié ne pas comprendre ce système !

Écrit par : dab | 14/05/2012

Oui mais il faut bien voir et comprendre toutes les raisons du problème. En voici un aperçu. Les médecins libéraux ne veulent pas faire d'efforts pour la société parce que la société n'en fait pas pour eux. Ils paient très cher leur liberté qui en fait n'est qu'un semblant de liberté, alors comprenez qu'il n'est pas question pour eux qu'on leur impose encore les contraintes d'un service public. Les maigres compensations que l'Etat leur propose ne pèsent pas lourd vis à vis des contraintes qu'une installation en zone sous-équipée leur imposeraient. Ce sont des gens comme les autres, ils aspirent à une vie de famille normale après leur journée de dix heures. Ils n'ont ni treizième mois, ni congés payés, des assurances tout autour du ventre qui ne les protègent que très partiellement, donc interdiction de tomber malade sinon, catastrophe. Je fais l'impasse sur leurs charges, leurs impôts, l'âge de leur départ à la retraite, c'est affligeant. Ils ont fait un minimum de huit années d'études, ont été une main d'oeuvre bon marché pour les hôpitaux qui les ont formés. Ils se coltinent à longueur de journée des vrais et des faux malades, ce qui se fait de meilleur et de pire dans l'espèce humaine. Les patients renseignés sur internet veulent leur apprendre leur métier. Ces même patients, qui voudraient les voir disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, n'auraient sûrement pas fait ou ne font sûrement pas dans leur vie professionelle ou personnelle tant d'efforts de disponibilité aux autres. A la première erreur, médicale ou de comportement, gare aux critiques et au téléphone arabe. Les médecins libéraux veulent et c'est normal, gagner mieux leur vie que leur coiffeur, leur garagiste, ou le couple d'enseignants retraités dans la belle villa d'à côté. Et pourtant! Alors bien sûr s'ils font ce métier qui est plus qu'un métier, on voudrait exiger d'eux le feu sacré, la dévotion , l'abnégation, le sacrifice de la vie personnelle, la vocation, 40 ans durant. Eh bien voyez-vous, je crois que c'est beaucoup demander à un homme ou à une femme, de nos jours, dans ce monde tel qu'il est. Et si nous voulons, et c'est relativement légitime, avoir jour et nuit, près de chez nous, un médecin disponible, alors oui il faut développer un nouveau service public avec des médecins qui auront fait le choix d'y travailler. Mais cela, ça n'est pas Marine le Pen qui nous l'apportera, mais le très gros chèque supplémentaire que nous devrons tous faire chaque année au Trésor Public. Et là du coup, beaucoup préféreront faire le 15 et 40 km jusqu'au centre hospitalier le plus proche.

Écrit par : Baobab | 14/05/2012

D'accord avec votre développement. Sauf sur deux points : 1. Pourquoi "les médecins libéraux veulent et c'est normal, gagner mieux leur vie que leur coiffeur, leur garagiste" ? Quand ils tombent en panne le dimanche, quelle valeur objective attribuent-ils au garagiste qui vient les dépanner ? 2. Il serait bon de remettre le problème à l'endroit : le problème n'est pas d'abord d'assurer le confort des médecins, que je ne nie pas, mais de répondre aux besoins des malades !
Bien à vous. BL

Écrit par : B. Lecomte | 16/05/2012

Je lis souvent, mais ne commente pas...

@Baobab : je ne nie pas la difficulté du métier de médecin, ni (et c'est inquiétant) le pbm des condamnations abusives.
Mais, si je ne m'abuse, ces 8 années d'études... n'ont-elles pas été payées par l'Etat ? Il serait normal qu'un engagement permette ce "retour sur investissement".
Le métier enseigné par les patients ? et les enseignants, qui n'ont guère de choix dans leurs premières affectations, n'ont-ils pas 30 parents d'élèves pour leur apprendre l'enseignement ?
Le métier de médecin peut être un engagement, mais c'est un engagement choisi (on ne fait pas ce métier par hasard ou "accident"), comme l'enseignement.

Alors plaignons plutôt ceux qui ont des contraintes horaires lourdes pour des métiers non choisis. Après on reparle tranquillement des médecins.

Cordialement

Écrit par : Axolotl | 18/05/2012

La valeur objective que l'on pourrait attribuer au garagiste qui viendrait vous dépanner le dimanche, - sous réserve que là aussi, vous en trouviez facilement un-, ne serait-elle pas celle de sa facture qui n'aurait certainement pas la modestie du tarif sécurité sociale, même majoré? Bien sûr que les besoins des patients doivent primer, je ne dis et pense évidemment pas le contraire, mais, comme je l'explique dans le commentaire, il faut alors se donner les moyens de ses exigences. Quant aux études payées par l'Etat, n'oublions pas que seule la partie "enseignement" est gratuite comme pour tout étudiant de l'enseignement supérieur public, mais que financer, pendant huit années minimum , un logement et tout les frais annexes, ça n'est pas rien; et enfin n'oublions pas que l'étudiant en médecine est un acteur indispensable et très générateur d'économies pour le secteur hospitalier sans lequel celui-ci ne pourrait fonctionner en l'état.

Écrit par : Baobab | 19/05/2012

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