19/08/2006
La chasse à l'éléphant
La chasse à l’éléphant, en Bourgogne, est une vieille tradition locale. A gauche comme à droite. Demandez à Joxe, Chamant, Poujade, Soisson, Billardon, et quelques autres. A l'époque mitterrandienne, le Morvan était même une réserve. Aujourd’hui, c’est dans la Bresse qu’on fait les plus beaux cartons. La venue de Ségolène Royal à Frangy, ce week-end, sur les terres d’Arnaud Montebourg, en est la preuve.
En livrant clefs en main à Ségo une symbolique "aile gauche" intelligente et rebelle, Montebourg élimine du paysage politique, d’une seule salve, tous les éléphants qui prétendent encore incarner le PS traditionnel. A commencer par Fabius, qui fut premier ministre il y a vingt ans, et qui prend un sacré coup de vieux entre les deux yeux.
Montebourg, futur ministre de la chasse sous Ségolène ? On verra. Rien ne Bresse.
19:40 | Tags : politique, présidentielles, PS, Royal, Montebourg | Lien permanent | Commentaires (0) |
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18/08/2006
Moi, moi, moi
Dis-moi comment tu te présentes aux présidentielles, je te dirai qui tu es. Ségolène, c’est "J’irai si je suis la mieux placée", "Je me sens portée par une espérance collective", "Je me sens prête", etc. Le bon ton. C’est mieux que Jospin qui n’en finit pas de rêver tout haut au cas où, peut-être, les socialistes en foule sentimentale, sous son balcon, le prieraient de revenir sur sa décision de quitter la politique, enfin pas vraiment de la quitter, cela dépend, etc.
Quant à Jack Lang, son discours est clair. On n’a pas de doute. Lui non plus. Sa dernière interview dans le Nouvel Obs est superbe :
"- Le meilleur, c’est vous ?"
"- Je le crois !" répond celui qui se considère tranquillement comme "à la fois révolutionnaire et homme d’Etat". Pffui ! Son prochain livre porte un titre magnifique : "Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur moi". Il faut oser.
10:15 | Tags : politique, présidentielles, Lang, Ségolène, Jospin | Lien permanent | Commentaires (0) |
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16/08/2006
Grass, adieu !
Joseph Ratzinger, Günter Grass. L’un et l’autre avaient 12 ans au début de la guerre et portèrent, bien obligés, l’uniforme des Jeunesses hitlériennes. La différence (contrairement aux propos bienveillants d'Adam Michnik rapportés par Le Monde d'aujourd'hui), c’est que le premier refusa, en 1944, d’être enrôlé dans les Waffen SS alors que le second s’y engagea avec enthousiasme.
Gardons-nous de juger avec nos yeux d’aujourd’hui les motivations d’adolescents allemands pris dans la tourmente nazie. Peut-on néanmoins estimer que Günter Grass, la grande conscience de la gauche européenne, n’aurait jamais obtenu le prix Nobel de littérature s’il n’avait pas sciemment caviardé son CV ? Et qu’il aurait pu se dispenser, pendant toutes ces années de mensonge, de donner des leçons de morale politique à la terre entière ?
14:30 | Tags : politique, Benoit XVI, histoire | Lien permanent | Commentaires (1) |
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15/08/2006
Chirac s'en fiche
Lu avec intérêt le livre de Bernard Billaud, ancien dircab de Chirac, intitulé D’un Chirac l’autre (Editions de Fallois). Le chef de l’Etat n’y apparaît pas, sur le long terme, comme un modèle de solidité idéologique et de constance intellectuelle.
Ainsi, cette note de 1979 où Chirac, maire de Paris, défend farouchement le principe de la reconnaissance par la France du génocide arménien, et qui se termine royalement par : "Je me fiche des Turcs !". Pas mal. Sauf que c’est le même homme, président de la République, qui a plombé le référendum européen du 29 mai 2005 en prônant mordicus, contre l'avis de 70 % de ses compatriotes, l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.
On recherche une note signée JC et se terminant par "Je me fiche des électeurs !".
08:30 | Tags : politique, Chirac, Europe, Turcs | Lien permanent | Commentaires (0) |
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14/08/2006
La France catholique
Passionnante, l’enquête publiée par La Croix d’aujourd’hui sur la pratique religieuse des Français. Enquête en béton, puisque réalisée par l’IFOP auprès de 30.000 personnes. J’en retiens trois infos qui bousculent les idées reçues :
- La distinction est désormais flagrante entre les Français qui se disent catholiques (65 %) et ceux qui vont à la messe le dimanche (4,5 %).
- A l'analyse, les musulmans, en France, sont 2,5 millions, et non pas 4 millions comme les hommes politiques et les journalistes ont pris l’habitude de le dire.
- Pour la première fois, les catholiques pratiquants, jusque là plus tolérants que la moyenne, sont autant tentés par l’extrême droite (13,7 %) que le reste de la population.
Cela dit, globalement, et pour faire court, la fille aînée de l'Eglise a une petite mine...
15:20 | Tags : religion, christianisme | Lien permanent | Commentaires (0) |
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