15/10/2006
Debré, c'est Rantanplan !
Michel Debré, le rédacteur de la Constitution de 1958, avait veillé à bien séparer l’exécutif du législatif. C’est sûrement par étourderie que son fiston, président de l’Assemblée Nationale, s’en est pris aussi violemment, dans le JDD, au ministre de l’Intérieur, numéro 2 du gouvernement.
C’est plus fort que lui : il avait déjà démoli le premier ministre précédent à l’époque de la décentralisation. Il est comme cela, le fils à Debré : il ne peut s'empecher de tirer contre son camp et de balancer des exocets sur sa propre maison ! Jean-Louis Debré, c'est le Rantanplan de la droite.
En 2007, si Jacques Chirac n’est plus là pour l’imposer à ses pairs, sa carrière politique va se terminer très vite. Alors il s’énerve. Les journalistes adorent les politiciens fébriles, gaffeurs ou suicidaires. Qui osera dire à Debré que, s’il est régulièrement interviewé, ce n’est pas exactement pour la profondeur de ses analyses politiques ?
18:40 | Tags : politique, Debré, UMP, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (1) |
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14/10/2006
Bedos entre Giscard et Poutine
Beau rappel des principes déontologiques, ce matin, chez Dominique Souchier, à propos de l’horrible assassinat de notre consœur moscovite Anna Politkovskaïa. Pour Hervé Chabalier, de l'agence CAPA, le journalisme est "d’abord un métier d’engagement qui implique une prise de risque face au pouvoir, la gravité du risque dépendant de la nature du pouvoir". En Russie, ce risque est maximum. Anna, comme d’autres avant elle, l’a payé de sa vie.
Tiens, justement : à propos d’Anna Politkovskaïa, jeudi soir, sur Canal+, l’ineffable Guy Bedos a pulvérisé les limites de l’indécence en disant, sans rire : "C’est comme moi, sous Giscard, je croisais des journalistes de la télé qui ne m’invitaient pas sur leurs plateaux et qui me disaient en baissant la tête : Tu comprends, j’ai une femme et des enfants !"
Bedos devrait aller faire sa Revue de presse à Moscou. Pour voir.
18:00 | Tags : médias, journalisme, presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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13/10/2006
Noah contre Sarko
Yannick Noah est beau, riche et sympa. C’est d’autant plus désolant de l’entendre proférer des bêtises grosses comme lui, dans le genre : "Une chose est sûre : si jamais Sarkozy passe, je me casse !" Rebelote dans le Parisien de ce matin : "Sarkozy, il ne voit pas la vie comme moi : lui, il est copain avec les riches". Pas mal, pour un gars qui touche près d'un million d'euros rien que pour poser en slip Sloggi !
Sur les sans-papier, aussi irresponsable que péremptoire, il tranche : "Je pense qu’il faut régulariser tout le monde. Après, on se débrouille !" Ben tiens ! Mais pour appliquer ce programme, il faut s’engager en politique. Est-il prêt à le faire ? "Non, j’aime bien ma liberté !"
Alors, Yannick, contente-toi de chanter et de vendre des slips, OK ?
17:05 | Tags : politique, Noah, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) |
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12/10/2006
En prison, les historiens !
Ils devraient avoir honte, les députés qui, ce matin, ont voté en faveur de la proposition de loi socialiste visant à criminaliser tous ceux qui pourraient ne pas voir un "génocide" dans le massacre des Arméniens par les Turcs en 1915. Bien sûr qu'il s'agit d'un génocide ! Mais qui ne voit que cette désolante initiative est bassement électoraliste (les Français d’origine arménienne sont environ 500.000) à un an des législatives ?
Tout historien a le droit, sur n’importe quel épisode de l’Histoire, y compris la colonisation ou la Shoah, de remettre en cause les idées reçues, l’interprétation de ses confrères, ou ce qui s’écrit dans les manuels. C’est le bon sens, mais c’est aussi la clef de tout progrès scientifique : en histoire comme en physique, on n’avance qu’en doutant de ce qui paraît acquis.
Pourquoi ne pas proscrire aussi, sous peine de prison, toute critique visant le général de Gaulle ? Ou Mitterrand ? Ou moi ?
22:10 | Tags : politique, histoire, mémoire | Lien permanent | Commentaires (0) |
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11/10/2006
L'ordre règne à Cerisiers
A Cerisiers, un bourg de mille habitants situé pas très loin de chez moi, dans l’Yonne, le maire (UMP) est en accusation : un groupe de jeunes ayant plombé par leur violence la fête du village, et les gendarmes n’ayant pas répondu à ses appels, le premier magistrat de la commune – qui, en tant que représentant de l’Etat, est responsable de l’ordre public – a finalement coincé le meneur de la bande et, avec ses adjoints, lui a administré une correction musclée.
"Singulière conception de l'ordre", s'insurge avec fougue, ce matin, l'éditorialiste de l'Yonne Républicaine. Un maire peut-il jouer ainsi les justiciers à coups de poing ? Bon sujet ! L’excellent Jérôme Godefroy, sur RTL, aujourd'hui, a décidé aussitôt de consacrer à cette affaire son émission "Les auditeurs ont la parole" .
Malaise dans le studio : tous les appels et tous les SMS, sans exception, donnaient raison au maire !
19:30 | Tags : ordre, insécurité, UMP | Lien permanent | Commentaires (0) |
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10/10/2006
La paix, c'est fragile !
Suite du colloque de Clermont-Ferrand sur le Traité de Rome. Entre l'assassinat d'Anna Politkovskaïa à Moscou et la menace nucléaire en Corée du Nord, une question vient naturellement à l'esprit : les Européens - notamment les Français - sont-ils bien conscients de vivre depuis 50 ans sur un extraordinaire ilôt de paix et de prospérité ? Pensent-ils, surtout, que cela s'est fait tout seul ? Ou, pire, que la paix en Europe est un acquis définitif ?
Les 340 lycéens présents au colloque ont écouté ce discours-là avec attention. Il faudrait adapter et populariser, pour tous ces jeunes, la formule de Kennedy : "Ne vous demandez pas ce que l'Europe peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour l'Europe !"
19:35 | Tags : Europe | Lien permanent | Commentaires (0) |
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09/10/2006
Quid du Traité de Rome ?
Intéressant colloque sur le Traité de Rome, à Clermont-Ferrand, à l’initiative de la Conférence des Episcopats de la Communauté européenne (COMECE). Heureusement qu’il reste encore quelques cathos pour se préoccuper de l’état de l’Union européenne à quelques mois du 50ème anniversaire du traité, le 25 mars prochain.
Le plus passionnant, dans ces rencontres, ce sont les témoignages des représentants venus des différents pays membres : à les entendre, leur adhésion - en fonction des époques et des situations nationales - aura été un formidable passeport pour la paix, pour le développement, pour la démocratie ou pour la justice.
Au fond, tout le reste est secondaire.
19:10 | Tags : Europe | Lien permanent | Commentaires (0) |
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