03/12/2006
Des nouvelles de province ?
Retour sur les réactions un peu méprisantes de la presse parisienne – notamment Libération – quand Sarkozy a voulu réserver à la presse régionale, mercredi, l’annonce de sa candidature. Question : les journaux nationaux peuvent-ils comprendre que s’ils méprisaient moins l’actualité locale, ils gagneraient beaucoup de lecteurs dans les régions ?
Exemple : le nouveau Salon du Livre de Dijon, visité ce week-end par plusieurs dizaines de milliers d’amoureux des livres, n’avait été annoncé par aucun journal national (à l’exception de Marianne), et son énorme succès populaire (malgré une fâcheuse grève des transports) ne sera évoqué, naturellement, par aucun d’entre eux.
Devinette : sachant que Dijon, chef-lieu de la Côte d'Or, compte une université de 28.000 étudiants, combien un journal comme Libération diffuse d'exemplaires, chaque jour, dans ce département ? La réponse est : 800. Cherchez l'erreur.
22:05 | Tags : presse, médias | Lien permanent | Commentaires (1) |
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02/12/2006
Autobus en grève
Les chauffeurs de bus ont cessé le travail, aujourd’hui, à Dijon. Motif : un conducteur s’est fait piquer sa caisse, jeudi, par un type en cagoule armé d’une arme de poing. Le chauffeur n'a pas été blessé, mais il a eu la trouille de sa vie. Aussitôt, les syndicats ont décidé "par solidarité" (sic) que les habitants de Dijon seraient privés de bus toute la journée de samedi !
En conséquence, des milliers de résidents de la périphérie et de la banlieue de Dijon – pas les plus aisés, bien sûr – ont dû renoncer à emmener leurs enfants au Marché de Noël, dans les magasins du centre ville, ou au Salon du Livre de Dijon qui se tenait, ce week-end, dans les salons de l'Hôtel de ville. Tant pis pour les 170 écrivains venus rencontrer leurs lecteurs bourguignons ! Tant pis pour les libraires, les éditeurs locaux et les organisateurs qui se sont crevé la paillasse pour accueillir le maximum d'amateurs de livres dédicacés, de BD ou de débats !
J'espère que tout ce gâchis irresponsable aura remonté le moral du chauffeur de bus.
22:05 | Tags : grève, politique, Dijon | Lien permanent | Commentaires (0) |
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01/12/2006
Paris n'est pas la France ?
Sarkozy annonçant sa candidature dans la presse régionale, Bayrou confirmant la sienne depuis son Béarn natal : toute cette génération de dirigeants politiques a été marquée par la déclaration de Valéry Giscard d’Estaing depuis la mairie de Chamalières en 1974 !
A part ceux qui sont clairement identifiés à une province, comme Jean-Pierre Raffarin (le Pompidou du Poitou) ou Ségolène Royal (la Madone du chabichou), ils tiennent à montrer, par des gestes inopinés et des poses symboliques, qu’ils sont, malgré tout, en phase avec le "pays réel", où vivent des "vrais gens".
En fait, ils pensent moins à Giscard qu’à la petite église bucolique de l’affiche de Mitterrand en 1981, et à son message subliminal : la terre, elle, ne ment pas.
23:25 | Tags : politique, présidentielles, 2007, Mitterrand | Lien permanent | Commentaires (0) |
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30/11/2006
Le souk et l'hypermarché
La Commission européenne a suspendu le processus d’adhésion de la Turquie à l’Europe. Parce qu’elle s’est rappelée qu’on appelle cette région l’ "Asie mineure" ? Parce qu’elle juge que 70 millions de musulmans seront difficiles à absorber dans l’Union ? Parce que ce pays foule aux pieds le premier des droits des l’homme, qui est la liberté religieuse ? Point du tout : parce que le gouvernement d’Ankara refuse que les navires marchands chypriotes accostent dans des ports turcs.
La géographie, la religion, la culture, les valeurs, tout cela compte peu à côté du transport maritime de marchandises.
Le rapport entre la Turquie et l’Europe ressemble à une âpre négociation entre un souk et un hypermarché. Heureusement qu’il y a des Benoît XVI pour expliquer urbi et orbi que cette relation entre les Turcs et le reste du monde ne se limite pas à des histoires de conteneurs.
23:10 | Tags : Europe, Turquie, Benoît XVI | Lien permanent | Commentaires (1) |
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29/11/2006
Roule, pataquès !
Scoop bidon, collusion déplorable, fausse exclusivité, manips d’un autre temps. A droite, la campagne présidentielle commence par un joli pataquès ! Je résume. Un porte-flingue de Sarko et quelques directeurs de journaux de province, venus masqués, passent un deal foireux destiné à faire gagner des voix au premier, et des sous aux seconds. Objet : une interview clandestine de Sarkozy, avec embargo jusqu’à la sortie des rotatives. Une indiscrétion fait rater le coup tordu. Hurlement chez quelques confrères frustrés de ne pas être dans la combine. Hold up informatique réussi par un quotidien parisien (Libé). Hurlements chez les conjurés. Les agences balancent le copié-collé en expliquant qu’elles ont "réussi à se procurer le texte". Tant pis, celui-ci est imprimé ! Roulez, roulez, rotatives !
Ah ! J’oubliais le scoop si précieux, objet de ce peu reluisant micmac : Sarkozy sera candidat aux présidentielles. Si.
23:40 | Tags : présidentielles, Sarkozy, politique, 2007, médias | Lien permanent | Commentaires (0) |
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28/11/2006
Les féministes ont tout faux
Dimanche, Ségolène Royal s’est référée à la féministe révolutionnaire Olympe de Gouges, symbole du combat de la gauche pour le droit des femmes. Or, à l'attention des jeunes générations, il faut peut-être rappeler :
- que la femme votait parfois, avant la Révolution de 1789 (notamment pour constituer les Etats généraux) quand elle était chef de famille ;
- qu’en 1793, Olympe de Gouges a fini décapitée par Robespierre et ses amis "pour avoir oublié les vertus qui conviennent à son sexe" ;
- que ni la IIè République (1848), ni la Commune de Paris (1870), ni le Cartel des Gauche (1924) ni le Front Populaire (1936) n’ont accordé le droit de vote aux femmes, lesquelles étaient soupçonnées d’être trop réactionnaires ;
- que si la femme vote aujourd’hui, c’est grâce au général de Gaulle (1944), qui n’était pas exactement un homme de gauche !
23:20 | Tags : politique, Ségolène, féminisme, femme | Lien permanent | Commentaires (1) |
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27/11/2006
Sarko la raison, Ségo le rêve
Conversation de table avec Jordi Pujol, ancien président de la généralité de Catalogne, vieux loup de mer de la politique, expert en campagnes électorales : "Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal sont tous les deux pour la rupture [à l’espagnole, il dit des "rupturistes"]. Sarkozy incarne assez bien la raison, mais il aura beaucoup de mal à faire rêver les électeurs. Ségolène suscite le rêve et l’émotion, mais elle n’est pas encore crédible sur le plan de la raison. Si elle le devient, elle l’emportera." Parole de spécialiste.
De son côté, Angela Merkel écrit, dans la bio que lui consacre Baudouin Bollaert (Au Rocher) : "La politique n’est pas affaire d’émotion". En Allemagne, c’est Sarko qui l’emporterait. Mais en France ?
06:30 | Tags : Ségolène, politique, présidentielles | Lien permanent | Commentaires (2) |
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