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01/01/2008

La bataille de Vienne

Deux images au contenu universel. L’une a bouclé 2007 : à Islamabad, les yeux injectés du sang de Benazir Bhutto, des barbus se battant les flancs en hurlant la haine, vociférant des hallalis médiévaux, cassant leur voix sur des slogans imbéciles, assénant à la caméra des promesses de mort. L’autre a inauguré 2008 : à Vienne, dans la splendide salle du Muzikferien, un vieux chef d’orchestre en smoking, porté par la musique de Strauss, dirigeant en souriant, d’un seul mouvement de doigts, deux cents mélomanes en train d’applaudir la Marche de Radezky. Les deux images ont été vues par la terre entière. Qu’est-ce qu’elle va préférer, la terre ? 2007 ou 2008 ? Islamabad ou Vienne ? C’est la seule bataille qui compte aujourd’hui !

31/12/2007

In memoriam

Ils sont morts en 2007 : Henri Amouroux, Noël Copin, Jean-François Deniau, René Rémond, que j’avais bien connus comme journaliste ; Raymond Barre, Pierre Messmer, que j’avais croisés en politique. Boris Elstine, Mstislav Rostropovitch, Teoctist de Bucarest, que j’avais interviewés derrière le rideau de fer ; Michel Serrault, que j’avais rencontré au cours d’un dîner chez Ardisson (ça, c’est chic) ; Bob Denard, qui m’avait proposé un jour de rédiger ses mémoires ; Henri Troyat, Julien Gracq, que j’avais aimés à travers leurs écrits ; l’abbé Pierre, Jean-Marie Lustiger, qui furent des recours personnels importants…
L’année 2007 fut-elle une hécatombe ? Ou bien c’est moi qui vieillis ?

11/02/2007

Une campagne "nulle" ?

Pourquoi 70 % des Français considèrent que la campagne électorale est "nulle" ? Parce que c’est facile de le dire : le mot est simple, court, et dispense de réfléchir. C’est la culture télé : une émission commence à ennuyer, on dit "c’est nul" et on zappe. Les sondeurs devraient d'ailleurs compléter leur traditionnel "Ne sait pas" par deux autres catégories de réponses : "Comprend rien à rien" et "S’en tape complétement".
Car la campagne n’est pas nulle ! En France, la culture politique est réelle, le personnel politique est de qualité, l’information est riche et omniprésente. Le problème, c’est que ce trop-plein d’expertises, d’émissions, de sondages, de réflexions, de promesses, d'analyses et de débats participatifs ne répond pas à la question que se posent, mine de rien, beaucoup de gens : "C’est pas le tout, mais on fait comment ?"

03/02/2007

Les futurs ministres...

Qui sera ministre en mai 2007 ?
Si Sarko passe : Fillon, Bertrand, Hortefeux, Estrosi, Morano, Coppé, Frèches (José, bien sûr), Devedjian, Longuet, Barnier, Karoutchi, Boutin, Baroin, Rachida Dati, sont bien placés (Alliot-Marie étant candidate au perchoir). Et, après négociation : Bayrou, Morin, Leroy, de Sarnez (UDF), ainsi que Borloo (Rad).
Si Ségo passe, c’est plus compliqué puisqu'elle a annoncé, dans l’Express, qu’elle ne prendrait pas d’anciens ministres. Eliminés, donc : Lang (candidat au perchoir), Fabius, Strauss-Kahn, Bianco, Emmanuelli, Moscovici, Védrine ! Restent en piste : Ayrault, Dray, Montebourg, Rebelle, Peillon, Hammadi, Mignard et… Hollande. Alliés obligés : Taubira (MRG), Buffet (PCF), Voynet (Verts).
Faites vos jeux, les paris sont ouverts !

24/01/2007

Marre des sondages !

Marre de tous ces sondages débiles ! Marre de découvrir chaque jour dans la presse un "52-48" ou un "49-51" entre Ségo et Sarko, déclenchant des pages de commentaires savants et péremptoires, dont la conclusion est à peu près unanime : l’avenir tranchera.
C’est une double escroquerie : d’abord, la marge minimale d’erreur étant en général de 3 à 4 points, ces chiffres n’ont aucune signification ; ensuite, faut-il le répéter, tant que le premier tour n’est pas joué, les prévisions du second tour n’ont aucun sens !
Rappel : lors du dernier scrutin présidentiel, sur 62 sondages publiés entre janvier et avril, 62 donnaient, au second tour, une quasi-égalité entre Chirac et Jospin. On connaît la suite ! Apparemment, les médias ont déjà oublié ce fiasco historique.

02/01/2007

Onfray mieux de s'abstenir

Michel Onfray est amer. Le philosophe gauchiste a pourtant fait tout ce qu’il a pu, par Libération interposé, pour départager les candidats chers à son cœur qui prétendaient rassembler et fédérer la gauche antilibérale. Ils lui ont tous ri au nez. Dans Le Monde de samedi, il explique donc qu’il ne votera pas pour Arlette Laguillier "restée bloquée sur un logiciel des années 1920". Ni pour Olivier Besancenot, "plus soucieux de politique politicienne que de la misère française". Il ne votera pas davantage pour Marie-George Buffet "dont on ne dit pas assez qu’elle faisait partie de l’équipe de Georges Marchais" et dont le parti "n’a pas renoncé aux méthodes staliniennes".
Finalement, il propose de voter Ségolène au premier et au second tour. Tout ça pour ça !

01/01/2007

Bonne année à tous

Bonne et heureuse année à tous ceux qui consultent ce blog, régulièrement ou non, depuis sa création en mai 2006. A titre d’info, en novembre et décembre, Lecomte-est-bon a enregistré 5.387 visites et 36.117 pages consultées. Ne me demandez pas si c’est beaucoup, je n’en ai pas la moindre idée.
Amis d’un jour ou de toujours, surfeurs occasionnels, blogueurs professionnels, lecteurs bienveillants ou énervés, passionnés de politique ou simples curieux, merci de l’intérêt que vous portez à ces petites notes quotidiennes et sans prétention.
Partager quelques indignations salutaires, provoquer des réflexions inattendues, prendre les évidences à contre-pied, poser des questions dérangeantes : tel est le but du jeu. Nul doute que 2007 devrait nous fournir matière à continuer…

22/12/2006

TCS : tous contre Sarko !

Des différents dossiers préélectoraux publiés en cette fin d’année dans les journaux, il ressort : que la stratégie de Le Pen consiste à profiter de sa nouvelle respectabilité pour grignoter l’électorat de Sarkozy sur sa droite ; que Bayrou va profiter de ce harcèlement frontiste à droite pour tenter de séduire l’électorat centriste de Sarkozy ; que Philippe de Villiers attend que l’image de Sarkozy s’effrite pour récupérer les déçus du sarkozisme ; que Nicolas Dupont-Aignan entend détourner, à son profit, les gaullistes anti-européens du parti de Sarkozy ; qu'à l'extrême gauche, on incite les jeunes à s'inscrire sur les listes électorales "pour barrer la route à Sarkozy" ; que le seul moyen pour Ségolène Royal de gagner le second tour, c’est de rassembler tous les anti-Sarkozy.
Joyeux Noël, Nicolas.

04/12/2006

Défense de Ségolène

La querelle faite à Ségolène Royal sur le Proche Orient est une mauvaise querelle. Tous ceux qui la critiquent avec suffisance, du ministre gaffeur Douste-Blazy à certains éditorialistes qui ignorent toujours la différence entre sunnites et chiites, devraient faire preuve de plus de retenue. Cette région du monde est une poudrière, y compris sémantique, et il n’est pas infâmant d’y butter sur les mots, surtout traduits de l’arabe. La France doit jouer son rôle dans l’inextricable processus destiné à instaurer un jour la paix dans la région : qu’une candidate à l’Elysée y fasse un premier tour de piste est légitime.
Ses détracteurs ont tort. Ils ont suffisamment de grain à moudre à l’intérieur des frontières pour ne pas se battre sur Israël, le nazisme ou la Shoah. Tiens, par exemple, quand Ségolène propose de "réformer la carte scolaire… sauf là où elle fonctionne" ! Voilà une superbe bourde et un vrai sujet de débat, non ?

01/12/2006

Paris n'est pas la France ?

Sarkozy annonçant sa candidature dans la presse régionale, Bayrou confirmant la sienne depuis son Béarn natal : toute cette génération de dirigeants politiques a été marquée par la déclaration de Valéry Giscard d’Estaing depuis la mairie de Chamalières en 1974 !
A part ceux qui sont clairement identifiés à une province, comme Jean-Pierre Raffarin (le Pompidou du Poitou) ou Ségolène Royal (la Madone du chabichou), ils tiennent à montrer, par des gestes inopinés et des poses symboliques, qu’ils sont, malgré tout, en phase avec le "pays réel", où vivent des "vrais gens".
En fait, ils pensent moins à Giscard qu’à la petite église bucolique de l’affiche de Mitterrand en 1981, et à son message subliminal : la terre, elle, ne ment pas.

29/11/2006

Roule, pataquès !

Scoop bidon, collusion déplorable, fausse exclusivité, manips d’un autre temps. A droite, la campagne présidentielle commence par un joli pataquès ! Je résume. Un porte-flingue de Sarko et quelques directeurs de journaux de province, venus masqués, passent un deal foireux destiné à faire gagner des voix au premier, et des sous aux seconds. Objet : une interview clandestine de Sarkozy, avec embargo jusqu’à la sortie des rotatives. Une indiscrétion fait rater le coup tordu. Hurlement chez quelques confrères frustrés de ne pas être dans la combine. Hold up informatique réussi par un quotidien parisien (Libé). Hurlements chez les conjurés. Les agences balancent le copié-collé en expliquant qu’elles ont "réussi à se procurer le texte". Tant pis, celui-ci est imprimé ! Roulez, roulez, rotatives !
Ah ! J’oubliais le scoop si précieux, objet de ce peu reluisant micmac : Sarkozy sera candidat aux présidentielles. Si.

26/11/2006

Un sacre très, très laïc !

Quel candidat aux présidentielles refuserait de parler à 3.600 responsables catholiques en train de plancher sur la justice ? Sarkozy est venu discuter les propositions des Semaines Sociales de France (samedi), Bayrou et Voynet aussi (dimanche). Seule Ségolène s’est défilée. Officiellement par manque de temps. En réalité, parce qu’elle ne voulait pas donner le sentiment de se rapprocher des cathos avant son sacre laïc, dimanche, par le PS. Elle a eu peur d’entrer à la Mutualité en sentant l’encens !
Déjà, dans sa notice du Who’s Who, elle fait croire qu’elle a fait ses études secondaires au "lycée" d’Epinal, alors qu’elle était interne chez les chanoinesses de l’institution Notre-Dame. Est-ce pour ne pas effaroucher les franc-macs, bouffe-curés, laïcards, anticléricaux et autres libres-penseurs du PS ? Ou aurait-elle un contentieux à régler avec les bonnes sœurs, la Madone du chabichou ?

23/11/2006

Faut que ça pète

A droite, Chirac est discrédité. A gauche, les éléphants sont morts. Une nouvelle génération arrive, qui, pour se distinguer de la précédente, promet la rupture avec le passé. Dans notre vieux pays incapable de réformer quoi que soit, Ségo et Sarko assurent, l’un et l’autre, qu’ils vont tout casser, nom de Dieu !
Pauvre François Bayrou, obligé, pour ne pas être occulté par ce duo de révolutionnaires débridés, d’en rajouter ! Son livre s’appelle : "Au nom du tiers état". L’un de ses adjoints, François Sauvadet, s’exclamait l’autre jour, à Dijon : "Le peuple est en colère !" Son bras droit Marielle de Sarnez, quelques jours plus tard, voulait "en finir avec l’ordre établi !" Bigre.
Si Bayrou cherche un slogan pour 2007, il reste encore "C’est la lutte finale", "Feu sur le quartier général" ou "La Révolution ou la mort".

22/11/2006

Thomas qui ?

Il y a quelques jours, à Dijon, était lancée la "Ségosphère", une plateforme internet de soutien à Ségolène Royal destinée aux jeunes "qui ne croient plus en la politique" et "qui ont en eux la révolte". Une sorte de fan club branché, plutôt sympa, qui promet de relayer les propositions des jeunes internautes vers la future présidente...
L’initiateur de ce site a 21 ans. Il vient d’adhérer au PS. Il veut "que la jeunesse soit considérée autrement" et faire avancer sur l’internet la "démocratie participative". Il a l’air très bien, ce jeune homme. Il semble sincère, motivé. Et puis, il a l’air d’être vraiment convaincu de la nécessité de soutenir sa candidate préférée.
Il a un drôle de nom. Il s’appelle Thomas Hollande.

20/11/2006

Du neuf avec des vieux

Au printemps dernier, Ségolène Royal avait lâché à L’Express, hors interview, une confidence capitale : si elle gagne en 2007, elle composera un gouvernement "sans aucun ancien ministre".
Magnifique, Ségo ! Sauf que le jeunisme, c’est bon pour les campagnes électorales, pas pour gérer les affaires du pays. Qu’on se rappelle l’expérience de François Mitterrand en 1981. L’enthousiasme des petits nouveaux, pleins de bonnes idées, faisait plaisir. J’entends encore la ministre des Sports, Edwige Avice, annonçant que le Tour de France se ferait désormais sans publicité ! Qu’est-ce qu’on a ri !
En revanche, la seule grande réforme de structures – la décentralisation – qui soit passée sans encombres, cette année-là, c’est à Gaston Defferre qu’on la doit. Un vieux de la vieille, formé sous la IVème République, qui savait, lui, que la France ne se pilote pas comme un vélosolex.

14/11/2006

Front commun

Mmes Buffet et Autain, MM. Besancenot et Bové, et quelques autres, se disputent avec fougue l’honneur de conduire, en 2007, le rassemblement des antilibéraux et des altermondialistes. C’est à celui qui s’en prendra avec le plus de virulence "aux libéraux mondialistes à la solde du Medef", à la "mondialisation sauvage" qui produit "chômage de masse, pauvreté, assistanat, travail clandestin et stagnation des salaires", à celui qui défendra le mieux tous les "sacrifiés sur l’autel de la mondialisation, des stock-options, des copains du Medef et des fonds de pension", notamment les ouvriers "rebelles aux restructurations et aux délocalisations" et les fonctionnaires "victimes de la destruction des services publics" !
La lutte finale, quoi. Pour information, toutes ces citations sont tirées du discours prononcé dimanche, au Bourget, par Jean-Marie Le Pen. Bon courage, camarades !

04/11/2006

La chasse aux signatures

La chasse aux signatures est un sport très étrange auquel se livrent avec frénésie tous les "petits" candidats aux présidentielles, alimentant débats surfaits et polémiques ridicules. D’abord, si quelqu’un ne peut rassembler 500 signatures d’élus, comment peut-il prétendre représenter 60 millions de Français ? Ensuite, pourquoi tous ces chichis pour ne pas rendre publiques les listes de signataires ?
En 2002, dans mon canton bourguignon, tel maire rural (conservateur) a signé pour le trotskiste Gluckstein "pour que ses délégués, très insistants, me fichent la paix". Tel autre (gaulliste) a signé pour Le Pen "parce que cela aurait été injuste qu’il ne puisse se présenter".
Le journal local ayant brutalement révélé leurs choix, ils ne recommenceront pas de sitôt.

01/11/2006

Le temps des femmes

"Le temps des femmes est venu !" Il faut qu’elle soit en perte de vitesse, Ségolène, pour se raccrocher à ce précepte électoral un peu étrange. Après la parité en politique, la parité dans l’Histoire ? Pas très socialiste, cette vision du monde !
Il est vrai que le paysage change. Il ne faut pas faire preuve d’une grande imagination (un accident politique pour Sarkozy, un accident cérébral pour Le Pen) pour que le choix de 2007 soit, de gauche à droite, entre Arlette Laguillier (LO), Clémentine Autain ou Marie-George Buffet (PCF), Dominique Voynet (Verts), Ségolène Royal (PS), Christiane Taubira (MRG), Michèle Alliot-Marie ou François de Panafieu (UMP), Christine Boutin (DVD), et Marine Le Pen (FN).
Une fois encore, au milieu de tout cela, François Bayrou va se sentir bien seul.

08/10/2006

Le pronostic de Raffarin

Jean-Pierre Raffarin présidait hier soir, au Clos-de-Vougeot, le "chapitre des vendanges" de la Confrérie des chevaliers du Tastevin. Le courant est passé entre le Poitevin bon vivant, attaché au terroir et aux racines, et cette prestigieuse confrérie vineuse qui a su préserver sa tradition d’humour, de qualité et de joie de vivre.medium_McldeB-Raff-2.JPG
Entre la poire et le fromage – pardon : entre le Monthelie 2003 Tasteviné et l'Echezeaux 1997 Grand Cru – l’ancien premier ministre a glissé un pronostic personnel pour la présidentielle de 2007 : "Je suis près à parier qu’on n’assistera pas au duel Sarko-Ségo. Attendez-vous à des surprises. Car ce que les électeurs français détestent par dessus tout, c’est qu’on leur explique que tout est joué à l’avance !"
Parole de connaisseur.

04/10/2006

Les joueurs de pipeau

Le petit score inattendu de Lula au Brésil et la victoire surprise des conservateurs en Autriche ont montré qu’une élection ne se jouait jamais un an à l’avance. Or, sans craindre le ridicule, la quasi totalité des médias français décortiquent les moindres faits et gestes de Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy comme si ces deux-là étaient en train de se départager de façon décisive ! Comme si la couleur de la robe de l’une ou la mimique de la femme de l’autre allaient faire pencher la balance en faveur de l’un ou de l’autre !
Pourtant, on gagnerait beaucoup de temps... à observer de près l’économie américaine. Si elle ralentit, la conjoncture inévitablement dégradée fera passer Ségolène Royal. Si elle persiste dans sa croissance et que le chômage continue de baisser, Sarkozy remportera l’élection. Tout le reste, c’est du pipeau.