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24/07/2008

Hommage à Geremek

8e26e1beea4bbab1d4635a94a38c46dc.jpgEmouvant hommage à Bronislaw Geremek, hier soir, à la Bibliothèque polonaise, sur l’île Saint-Louis. J’ai rappelé, comme journaliste, le rapport très spécial qui s’est tissé entre cet homme exceptionnel et les journalistes français qui, dès l’automne 1980, ont fait de lui leur principale source d’information sur les événements de Pologne. Mais lui, le stratège hors pair, nous avait inclus dans son dispositif : pour être informé, d’abord ; pour faire passer des messages hors de Pologne, ensuite. Cet échange indicible et constant fut un des éléments de la réussite de l’aventure de Solidarnosc. Qu’il se soit parfois mué en amitié est une autre histoire.

18/07/2008

Il y a regrets et regrets

2e90442e92dad4527f2b8948416cec5a.jpgLes réactions unanimes après la disparition brutale de Bronislaw Geremek - comme ce matin à la Représentation de l'Union européenne à Paris - masquent, évidemment, quelques regrets indicibles. Je me rappelle ce voyage en Pologne de juin 1989 où le président Mitterrand a montré qu’il préférait parler au général Jaruzelski, ce grand "patriote", plutôt qu’au couple Walesa-Geremek, qui représentaient l'inconnu : en pleine bagarre politique cruciale, à Gdansk, dans un repas offert aux "dissidents", il avait placé Geremek à côté de Françoise Sagan ! Faut-il aussi rappeler qu'en 2003, les députés européens ne l’ont pas élu président, et que ce fut une belle occasion manquée : les élus de l’UMP et du PS, qui ont joyeusement pataugé dans leurs petites combinaisons politiciennes, en gardent-ils au moins un souvenir amer ?

13/07/2008

Geremek est mort

Terrible nouvelle venue de Pologne : Bronislaw Geremek est mort tout à l’heure dans un accident de voiture. C’était un homme rare. Historien engagé, militant courageux, intellectuel brillantissime, il était de ceux qui ont sauvé, dans les années 1980, l’honneur de l’Europe de l’Est. Au même titre qu’un Soljenitsyne, un Sakharov, un Havel, un Walesa. C’était aussi un homme doux et tolérant, jamais arrogant, jamais négatif. Il incarnait l’espoir que certains mettent, malgré, tout, dans une humanité si prompte à la bassesse, à la lâcheté, à la violence. C’était un juste, au sens de la Bible. Un saint laïc.
C’était aussi, depuis presque trente ans, un ami fidèle, modeste, exigeant, attentif. Adieu Bronek. Les hommes comme toi ne devraient jamais mourir.

15/03/2007

Chasse aux sorcières ?

Interviewé sur la chaîne France 24, ce jeudi, à propos de la loi de "lustration" qui oblige hauts fonctionnaires, universitaires et journalistes polonais à déclarer s’ils ont collaboré ou non avec la police politique communiste. Cette loi est contestable, évidemment, mais comment éviter que des centaines de scandales foireux continuent de pourrir l’atmosphère de ce pays pendant les vingt ou trente ans qui viennent ? Il est tellement difficile d’interpréter des montagnes d’archives policières aussi compromettantes que mensongères !
Voilà 17 ans que le sujet agite la Pologne et ses voisins, où le régime communiste a duré 45 ans. Ne hurlons pas trop vite à la "chasse aux sorcières" : en France, où le régime de Vichy n’a duré que 5 ans, on a mis plus de 40 ans pour juger les Bousquet, Touvier et autres Papon !

07/01/2007

Les aveux de l'archevêque

Mgr Wielgus ne sera donc pas archevêque de Varsovie. Les révélations de la presse polonaise et ses propres aveux, vendredi, ont compromis cette nomination. In extremis. Etait-il imaginable qu’en Pologne, pays du cardinal Wyszynski, du père Popieluszko et du pape Jean-Paul II, le nouveau chef de l’Eglise fût un ancien collaborateur de la police secrète communiste et, en sus, un menteur ?
Dans toutes les églises d’Europe de l’Est, dans les années 50 et 60, des prêtres ont accepté de petits arrangements avec la police, d'autres étaient payés pour dénoncer leurs collègues un peu trop hostiles au régime. Difficile de faire le tri. Wielgus, lui, fut recruté en 1967 à l’université de Lublin : peut-être a-t-il espionné, parmi ses profs, l'archevêque qui occupait la chaire de théologie morale ? Un type assez critique envers le communisme, qui s'appelait Karol Wojtyla.

13/12/2006

Il y a 25 ans, Jaruzelski...

Dîner, ce soir, chez l'ambassadeur de Pologne avec Paul Thibaud, Michel Wiewiorka, André Bergeron, Alexander Smolar et quelques autres témoins de l'époque. Il y a 25 ans était brutalement instauré l' "état de guerre" en Pologne. Aux ordres du Kremlin, le général Jaruzelski déclarait la guerre à son propre pays, coupable de rebellion générale contre le régime communiste. Walesa, Geremek, Michnik et 4.000 autres responsables de Solidarnosc avaient été arrêtés dans la nuit. La Pologne était coupée du monde extérieur. Le monde entier - l'Europe, en tout cas - retenait son souffle. Interrogé sur Europe 1 sur ce que la France allait faire, le ministre français des Affaires étrangères, Claude Cheysson, répondait au micro de Jean-Marie Lefebvre : "Evidemment, rien !"
Encore un anniversaire que la presse n'a pas beaucoup célébré. Dommage.

06/08/2006

La Pologne est malade

Crise de croissance, vertige de la normalité, choc post-opératoire ? La Pologne est un pays politiquement malade. Que certains de ses dirigeants, à commencer par le président Kaczynski, un ex-compagnon de Lech Walesa dans la lutte de Solidarnosc contre le communisme, plaident aujourd’hui pour le rétablissement de la peine de mort, voilà qui est désolant.
Ces gens qui affichent ostensiblement leurs convictions catholiques et qui sont si fiers de leur pape défunt, ont visiblement oublié les efforts que Jean-Paul II a déployés pour que la peine de mort soit définitivement abolie partout, notamment en Europe !
Il est vrai qu’ils viennent de nommer à la tête de leurs services secrets un type qui s’était illustré, en 1992, en accusant des tas de gens de collaboration avec le KGB, notamment… Lech Walesa ! Souhaitons aux Polonais un prompt rétablissement.

14/07/2006

La Pologne monozygote

Deux frères jumeaux au pouvoir, l’un président, l’autre premier ministre : personne n’aurait jamais osé imaginer situation aussi romanesque, même en Pologne où, pourtant, Lech et Jaroslaw Kaczynski sont depuis longtemps au premier plan de la vie politique.
En France, toute comparaison serait vaine. Avec les frères Sarkozy ? Mais nul n’imagine Guillaume, l’aîné des Sarko, à Matignon. Avec les deux fils de Michel Debré, dont on se demande toujours lequel est le médecin, lequel est le malade ? Mais ils ne se ressemblent en rien !
Le fantasme, il est là : les Kaczynski sont de vrais jumeaux, donc ils sont interchangeables. Notamment dans les inaugurations, les voyages officiels, les conférences de presse, les meetings électoraux. Saura-t-on même, en cas de crise grave, lequel virera l’autre ?