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25/06/2006

Libérez la prostitution !

Entendu hier chez Ardisson une dame en promo baptisée "écrivain" (elle est chercheuse au CNRS) expliquer sans rire qu’interdire la prostitution est archaïque, rétrograde et liberticide. En face d’elle, la députée UMP Nadine Morano tentait bien de lui expliquer que les filles de l’Est qui vendent leur corps aux supporters du Mondial de foot sont rarement des femmes aisées, cadres sup ou bac + 5, et qu'elles ne font pas dix passes par nuit pour tester bourgeoisement quelque plaisir pervers !
Elle n’a pas compris, l’intello, que Belle de jour, c’était du cinoche ? Si au moins cette chercheuse au CNRS, dont les « recherches » sont financées par mes impôts, reversait ses futurs droits d’auteur à l’association Ni putes Ni soumises !
Autre invité en promo, jamais à l’aise quand il est assis à côté d’une femme de droite, Guy Bedos crut bon de raconter qu’il eut naguère recours à des prostituées. Pourquoi ? "Parce que j’avais envie de baiser !" Enrichissant ainsi le débat : quand un homme riche a envie de baiser, il se paie une femme pauvre. Elle est pas belle, la vie ?

24/06/2006

Remember Budapest

Je me disais bien que l’année 1956, cinquante ans après, passait étrangement inaperçue dans les médias. Oubliés, le XXème Congrès du PCUS, le rapport Khrouchtchev, les émeutes ouvrières de Poznan, l’insurrection de Budapest écrasée par l’Armée Rouge ? Occultée, cette année mémorable où le communisme s’est distingué du stalinisme, où l’Europe de l’Est a connu sa première révolte générale, où Sartre a adhéré au PCF ?
Heureusement, George Bush veille. Jeudi, il s'est rendu personnellement à Budapest pour célébrer avec emphase le souvenir du soulèvement hongrois contre les forces du mal. Surpris, l’Américain : il a fait un bide ! Mais qui pensait-il épater en prononçant, loin du centre ville, un discours aseptisé devant 500 officiels encadrés par autant de policiers ? Et en décidant tout seul, comme ça, ex cathedra, Amerika's first, de célébrer à la mi-juin le cinquantenaire d’un événement qui s’est produit en octobre ?

23/06/2006

Sarkolène et Ségozy

Qui a affirmé, jeudi soir, à Agen, qu’il entendait appliquer la "tolérance double zéro" à l’égard des "patrons voyous" qui s’enrichissent de façon excessive et illégitime ? C’est pas Ségo, c’est Sarko. Qui a promis, dans Le Monde du même jour, de "reconduire systématiquement hors de France, à leur sortie de prison, les délinquants dangereux" ? C’est pas Sarko, c’est Ségo.
Ces deux-là vont nous faire devenir chèvre. Leur chassé-croisé idéologique donne un peu le tournis. La droite autoritaire et la gauche laxiste, c’est donc fini ? C’est Bayrou qui va être content ! Sauf que... c’est Bayrou, justement, qui va faire les frais de cette course au centre droit et au centre gauche : entre la socialiste prônant "l’ordre juste" et le libéral promettant de réduire la "fracture sociale", quelle place reste-t-il au centre ?

22/06/2006

Sacré Giesbert !

Le dernier numéro de Culture et Dépendances, hier soir, sur France 3, était comme une bouffée d’air frais. L’ami Franz-Olivier Giesbert parlait pourtant de la France et de la politique avec des invités convenus. Mais le débat a pris un tour inhabituel. On a ainsi entendu un ancien porte-parole de Mitterrand (Max Gallo) expliquer : "En politique, la question du sacré et de l’espérance est décisive". Puis un ancien ministre de la culture (Maurice Druon) renchérir : "La grande menace qui pèse sur notre société, c’est la perte de la spiritualité". Puis un ministre de l’Intérieur, par ailleurs candidat aux présidentielles (Nicolas Sarkozy) : "Les croyants sont d’abord des gens qui espèrent, et cette espérance ne peut pas nuire à la République". Le tout ponctué par une prière chantée en arabe par Sœur Marie Keyrouz !
Rafraichissante soirée. Pourquoi cette émission est-elle supprimée ? On va te regretter, Franz !

21/06/2006

La bourde de Villepin

Villepin accusant Hollande de "lâcheté" dans le feu d’un débat parlementaire, c’est peanuts. Surtout à propos d’une boîte qui fabrique des missiles. On en a échangé, des exocets, dans l’hémicycle ! On en a entendu, des noms d’oiseaux ! Le premier ministre en colère aura tout juste permis au premier secrétaire du PS de compenser, le temps d’une polémique, l’omniprésence de sa femme dans les médias. Pas de quoi hurler à la fin de la démocratie.
Cela dit, c’est quand même une belle bourde. Car cet éclat médiatique a occulté l’inauguration solennelle du grandiose musée des Arts premiers, quai Branly, lequel représente la seule chance, pour Jacques Chirac, de ne pas sombrer dans les poubelles de l’histoire après 2007. Cette inauguration, c’était un événement, un vrai, un que les journaux auraient dû mettre en "une". Par son emportement, Dominique de Villepin a provoqué sa relégation en page "culture". Sa dissolution, en quelque sorte.

20/06/2006

L'Europe ? Quelle Europe ?

Le dernier Conseil européen n’a pas suscité beaucoup de comptes-rendus dans les médias. Seul l’anniversaire du référendum du 29 mai, quinze jours plus tôt, avait donné lieu à quelques papiers nostalgiques regrettant le "non" français au projet de constitution européenne. On a peu entendu les promoteurs du "non". On attend toujours que Mme Buffet, M. Le Pen, M. Fabius et M. de Villiers nous sortent leur "plan B" pour l’Europe.
C'est désolant. Les Français se contrefichent des conséquences de leur vote de l’an dernier. Ils se moquent qu'à Bruxelles, l’influence française soit réduite à néant dans des domaines aussi importants que la coopération policière, la recherche scientifique ou la politique énergétique. Ils ignorent superbement les 15 pays qui ont approuvé, eux, le projet de constitution européenne et qui ne voient pas pourquoi ils subiraient les aléas de la politique hexagonale.
Les Français, il est vrai, ne peuvent pas s'occuper de tout : hier, le pays entier s’est passionné pour un match de foot opposant la Suisse et le Togo. On a les passions qu’on peut.

19/06/2006

Matés, les TOS !

Qui se souvient encore de l’énorme mouvement de protestation qui bloqua la France au printemps 2003 ? J’ai raconté dans Paris n’est pas la France (Lattès, 2005) les foules en colère défilant quotidiennement sous les fenêtres du Conseil régional de Bourgogne derrière des forêts de drapeaux rouges et noirs, proférant de terrifiants slogans contre le scandaleux transfert aux collectivités territoriales des fameux "TOS", ces fonctionnaires attachés aux lycées et aux collèges qui étaient jusque là payés par l’Etat.
Eh bien, l’affaire est réglée. A Dijon, le Conseil régional vient de procéder discrètement à l’intégration de 1.800 "TOS" aux lycées bourguignons. Un vote à la quasi unanimité, et sans la moindre manif. Un vrai miracle !
Comment a-t-on procédé ? On a relevé les primes des "TOS" de 50 % et on les a alignés sur le régime indemnitaire des personnels de la Région. Coût pour le contribuable bourguignon : 4,5 millions d’euros.
Tout ça pour ça !