02/07/2006
Le viol de Venise
Une journée à Venise. Emotion à l’approche de San Marco et du palais des Doges. Mais quoi, ces bâtiments magnifiques, ces trésors d’architecture, auraient-ils soudain rétréci ? Non : c’est l’impression que donne le gigantesque bateau MSC Musica, un monstre des mers, flambant neuf, 300 mètres de long, 2550 passagers et 987 membres d’équipage – soit vingt-cinq fois la population totale de mon village bourguignon ! – qui domine l’ensemble, amarré devant le Musée d’Histoire navale. Il est beaucoup, beaucoup plus imposant que les clochers de la Sérénissime. Du pont de l’Académie, sur le Grand Canal, entre le palais Gritti et Santa Maria della Salute, on ne voit que lui !
Mama mia ! voici que le non moins gigantesque Europa Palace de la Minoan Lines passe lentement devant San Giorgio Maggiore...
Comment les autorités de Venise peuvent-elles tolérer ce viol ? De quel droit ces compagnies peuvent-elles ainsi polluer un des plus subtils paysages du monde ? Du droit du plus riche ? Ce n’est pas de la montée des eaux que Venise se meurt…
18:15 | Lien permanent | Commentaires (1) |
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01/07/2006
Mme Buffet a du coffre !
Une que je supporte de moins en moins, c’est Marie-George Buffet, la dame qui passe son temps à donner des leçons de morale politique à la télévision. Au PS, à la droite, à tout le monde. Que cette épigone de Georges Marchais vante, à longueur d’émissions, les mérites d’un parti qui a épousé toutes les folies idéologiques et tous les crimes politiques des cent dernières années, cela me dépasse.
Comment le parti de Mme Buffet n’a-t-il pas eu la décence, comme tous ses congénères en Europe, de changer au moins de nom ? Histoire de prendre quelque distance avec les horreurs staliniennes, la répression de Budapest, le mur de Berlin, l’Afghanistan, le goulag, etc. Sans compter que le PCF est le seul parti français contemporain qui fut naguère l’allié d’Hitler. Elle a oublié, Mme Buffet, la période qui va de septembre 1939 à juin 1941 ? Du passé, elle a fait table rase ?
12:35 | Tags : communisme, présidentielles, Buffet, PCF | Lien permanent | Commentaires (0) |
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29/06/2006
Dieu, Mammon, Jamel et Zizou
En "une", aujourd'hui, Le Monde annonce une interview du cardinal archevêque de Lyon, Philippe Barbarin, qui dénonce notamment "les rémunérations des grands dirigeants". En page 10, sur toute la largeur de la page, un titre confirme que le prélat "condamne les dérives de certains grands patrons". Le primat des Gaules serait-il devenu gauchiste ?
Pas exactement. Il suffit de lire le texte de l’interview pour constater que Barbarin s’indigne plus largement des "rémunérations incroyables de certains chefs d’entreprise, de sportifs ou d’artistes". Nuance ! Pourquoi les sportifs et les artistes ont-ils disparu de la titraille ?
Parce que taper sur les patrons, cela ne mange pas de pain, mais sur Gérard Depardieu et Jamel Debbouze, c’est beaucoup trop risqué ! De quoi je me mêle, l’archevêque ? Et s’en prendre à Zinédine Zidane ou Thierry Henry à trois jours de France-Brésil, non mais, il est fou ? Il faut le faire taire, ce cardinal !
12:00 | Tags : religion, médias, Zidane, patrons, christianisme, Dieu | Lien permanent | Commentaires (0) |
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28/06/2006
Il y a de la rupture dans l'air
L’événement politique, en cette veille de vacances, ce n’est pas l’échange détonnant entre Villepin et Hollande ni la candidature attendue de José Bové aux présidentielles. C’est le succès du dernier livre de François de Closets, intitulé Plus encore ! et bien parti pour être le best-seller de l’été. Que dit l’ancien animateur télé, 73 ans et toutes ses dents, dans son brûlot ? Que la France est à la veille de la cessation de paiement, vu que tous nos gouvernements, depuis un quart de siècle, ont systématiquement dépensé 20 % de plus que ce qu’ils ont gagné. Et l’auteur de dénoncer le creusement irresponsable de la dette, l’augmentation continue du nombre de fonctionnaires, le maintien des "privilégiatures" dans le service public, la confiscation du pouvoir politique par les agents de l’Etat, leur faiblesse face aux dérives du capitalisme sauvage, l’aveuglement devant les réalités du monde, et j’en passe.
Beaucoup de livres, ces dernières années, ont dénoncé les mêmes maux. Que celui-ci, soudain, fasse un tabac montre qu’il y a de la rupture dans l’air…
17:55 | Tags : présidentielles, Sarkozy, livres | Lien permanent | Commentaires (0) |
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27/06/2006
Le mystère Fabius
Dans son fief du Grand-Quevilly, ce week-end, Laurent Fabius a fustigé les candidats socialistes à l’investiture présidentielle qui mènent "une campagne de confusion" et qui manquent de "convictions claires". Il n’a pas eu de mots assez durs pour qualifier ceux qui ont "l’œil rivé sur les sondages" et qui, pour mieux coller aux aspirations populaires, tiennent "un discours en zigzag". "Ne confondons pas le politique et le médiatique !", s’est enflammé l’ancien premier ministre de Mitterrand. Le même qui, sans scrupules, l’an dernier, a fait voter "non" au référendum sur l’Europe...
Allez savoir pourquoi Fabius reste, dans l’opinion, le plus mal placé des candidats du PS dans la course à l’Elysée ! C'est le mystère de cet homme aux convictions claires dont chacun sait qu’il ne supporte pas les zigzags, méprise les sondages et déteste le médiatique !
17:45 | Tags : Fabius, présidentielles, 2007, Ségolène, politique | Lien permanent | Commentaires (1) |
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26/06/2006
Adieu à Jacques Lanzmann
Exit Jacques Lanzmann. Sa gouaille, ses moustaches, son amour des femmes. J’ai eu la chance de le côtoyer pendant quelques années au comité de lecture des éditions Lattès, où ce bouffe-curé impénitent publia un étonnant dialogue sur Dieu, la vie, la mort, avec le philosophe Jean Guitton. Lanzmann était un homme libre. Une espèce en voie d’extinction.
Je garderai de lui trois souvenirs. D’abord, ses trucs pour faire monter les enchères entre éditeurs et cumuler les à-valoir géants. Ensuite, sa fascination pour le drame polonais de Katyn, dont il rêvait d’écrire un jour l’histoire. Enfin, cette façon de dire : « Je ne serai pas là mardi prochain, je serai au Népal » comme d’autres ont un rendez-vous place du Trocadéro. Lanzmann était un marcheur. Il avait une devise magnifique : « Si tu veux te trouver, commence par te perdre ! » On ne fréquente jamais assez les marcheurs.
17:50 | Lien permanent | Commentaires (1) |
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