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13/07/2008

Geremek est mort

Terrible nouvelle venue de Pologne : Bronislaw Geremek est mort tout à l’heure dans un accident de voiture. C’était un homme rare. Historien engagé, militant courageux, intellectuel brillantissime, il était de ceux qui ont sauvé, dans les années 1980, l’honneur de l’Europe de l’Est. Au même titre qu’un Soljenitsyne, un Sakharov, un Havel, un Walesa. C’était aussi un homme doux et tolérant, jamais arrogant, jamais négatif. Il incarnait l’espoir que certains mettent, malgré, tout, dans une humanité si prompte à la bassesse, à la lâcheté, à la violence. C’était un juste, au sens de la Bible. Un saint laïc.
C’était aussi, depuis presque trente ans, un ami fidèle, modeste, exigeant, attentif. Adieu Bronek. Les hommes comme toi ne devraient jamais mourir.

12/07/2008

Sarko, les GO et les GM

Grâces soient rendues à Jack Lang qui, sur Europe 1, ce matin, a rappelé une vérité première : défendre les droits de l’homme et défendre la paix, ce peut être contradictoire. Ben oui. La diplomatie, ce n'est pas simple. Si la Méditerranée n'était peuplée que de GO et de GM comme le club éponyme, cela se saurait. Autant Sarko s’est pris les pieds dans le tapis des JO de Pékin, autant il a raison de frayer avec le président syrien Bachar al-Assad s’il veut contribuer au dialogue au Proche Orient. De même on ne peut pas militer pour la paix en Méditerranée sans discuter avec Ben Ali et Kadhafi. C’est basique.
Grâces soient rendues aussi à Jack Lang pour ce dialogue avec le journaliste :
Jack Lang : -Vous êtes mal informé !
Le journaliste : - Mais je lis les dépêches !
Jack Lang : - Eh bien, vous êtes mal informé !

11/07/2008

Qu'as-tu lu, l'élu ?

Pourquoi les libraires et les éditeurs sont généralement mal vus, en province, par les hommes politiques ? Parce que libraires et éditeurs sont bien placés pour savoir que 80 % des élus locaux ne lisent jamais un livre (il y a heureusement des exceptions : en Bourgogne, j’ai les noms !) et que la culture est le cadet de leurs soucis. Surtout la littérature, qui, c’est clair, ne rapporte pas une voix aux élections. Contrairement au sport, qui a la faveur des subventions publiques : des millions d’euros sont déversés chaque année dans les stades, quasiment rien dans les livres - vous savez, ces vieux trucs en papier avec une couverture et des choses écrites à l’intérieur ! Et pourtant, avoir lu la Bible, la Constitution de 1958, Victor Hugo et les Mémoires du général de Gaulle, quand on fait de la politique, je vous jure que ce n’est pas complètement inutile.

10/07/2008

Père, pardonnez-leur...

Si j'avais le temps, j'ouvrirais ici même une rubrique régulière, de préférence hebdomadaire, sur l’inculture abyssale qui caractérise désormais les médias français en matière religieuse. Dans son blog d’aujourd’hui, le rédacteur en chef de l’Express Renaud Revel cite, dans un propos sarcastique et biscornu, l’archevêque de Paris "André 23" (sic). Quelqu'un pourrait-il expliquer à l’éminent confrère que l’archevêque s’appelle André Vingt-Trois, c’est son nom, c'est comme ça, et qu’il n’y a pas eu à Paris, comme pour les papes, une série de 23 archevêques prénommés André ! L'info de l'Express est titrée "Le pape, combien de bataillons ?". Caramba, encore raté : Staline avait demandé "combien de divisions". J'infligerais bien à l'auteur de cette double bourde deux pater et trois ave, mais j'ai peur de n'être pas compris...

09/07/2008

Le déshonneur ET la guerre

Sarko, ami de la Corse, connaissait pourtant ce vieux dicton de l’Ile de beauté : "Si tu sors ton flingue, tire, ou tu es mort !" Le président aurait dû écouter les vieux soviétologues. Face à un géant totalitaire, il ne faut pas être faible : la dictature repose sur un rapport de forces, et ne se maintient que parce qu’on en a peur. Les cocos chinois, en faisant les gros yeux, ont escamoté la question du boycott des JO, vite remplacée par celle de la cérémonie d’ouverture. Celle-ci aurait pu être symbolique, mais la désolante division des Européens l’a rendue inopérante, et fatale pour le petit chef provisoire de cette armée désunie : qu’il y aille ou non, au fond, n’avait plus d'importance. Dans ce contexte, autant ne pas y aller. Pour l’honneur. Rappelons-nous Churchill à propos de Munich, en 1938 : "Ils ont accepté le déshonneur pour éviter la guerre, ils auront le déshonneur ET la guerre".

07/07/2008

L'élitisme, voilà l'ennemi !

La gauche et la culture, parlons-en. En arrivant à la tête de Dijon, en 2001, le socialiste François Rebsamen avait déclaré que l’Auditorium (une salle de niveau international) était une réalisation "élitiste". En arrivant à la tête de la région Bourgogne, en 2004, le socialiste François Patriat avait estimé que le chœur régional Arsys Bourgogne (de qualité européenne) était une création "élitiste". En arrivant à la tête de la municipalité de Montbard, en 2008, la socialiste Christelle Sylvestre a déclaré que le nouveau musée consacré à Buffon (l’enfant du pays) était "élitiste" (elle préférerait évoquer, tenez-vous bien, le passé industrieux de la cité !). Quant au nouveau maire de Sens, le radical de gauche Daniel Paris, il vient de déclarer que l’hébergement par la ville de l’ensemble baroque La Fenice était de nature "élitiste". Camarades prolétariens, s’il vous plaît, arrêtez d’assassiner Mozart !