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30/11/2016

Et l'histoire ? Et la géographie ?

Bourgogne-Franche-Comte.jpgEncore un mot sur le nouveau logo bourguignon et franc-comtois (mon blog d’hier) fait de lettres banales et de tirets tristounets. Il s’inscrit dans une époque désincarnée où, mondialisation oblige, on prive peu à peu les territoires de leur histoire et leur géographie, ce qui est une régression dangereuse. Le XXe siècle avait inauguré cette tendance en inventant, au nom d’un avenir radieux virtuel, le premier nom de pays sans aucune référence géorgraphique, Union des Républiques Socialistes Soviétiques : on a vu, il y a vingt-cinq ans, comment la Russie s’est vengée ! Un logo, un nom, un sigle, c’est aussi l’affirmation d’une culture qui vous distingue, justement, du reste du monde !

27/10/2016

La connaissance inutile (3)

Revel.jpgJe reviens à La Connaissance inutile de JF Revel, livre prémonitoire ! Aujourd’hui, quand un auteur traite un sujet donné, plus personne ne s’occupe de savoir si d’autres livres ont déjà exhumé, défriché ou révélé le sujet. La polémique sur la bio de Charlotte Delbo le montre bien : il est loin, le temps où les chroniqueurs littéraires étaient capables de comparer le travail d’un biographe avec celui d’éventuels prédécesseurs, d’y déceler les informations nouvelles, les contradictions… ou les plagiats ! Aujourd’hui, disons-le, la connaissance livresque se transmet par les "quatrièmes de couverture" de livres qu’on n’a plus jamais le temps de lire en entier. Lire un livre en entier, est-ce bien utile, en effet ?

24/10/2016

La connaissance inutile

livres.jpgTombé par hasard sur La connaissance inutile de JF Revel, où l’auteur prophétisait dès 1988 que la connaissance (des faits, de l’histoire, des hommes) qui permet de comprendre son époque et de préparer l’avenir, finirait par disparaître, étouffée sous le trop-plein d’informations venues de partout. Il est si facile aujourd’hui de piocher sur Internet, notamment dans Wikipédia, le minimum d’infos nécessaire pour participer à la vie de la cité et au grand cirque médiatique ! Qu’importe leur véracité ? Qu’importe ce qu’ont pu découvrir, révéler, corriger ou démentir les chercheurs, les historiens ou les journalistes d’investigation dans des livres ? Des livres, pour quoi faire ?

20/05/2016

Quand c'est la faute à personne...

San_Sebastian.jpgLu dans La Croix de mardi un reportage sur San Sebastian, cette riante cité derrière la frontière franco-espagnole qui a été bombardée en cette année 2016 "capitale européenne de la culture" comme le furent récemment (et avec succès) les villes de Lille en 2004 et Marseille en 2012. Le constat du journaliste est simple : le programme est confus, les manifestations n’intéressent personne, c'est un fiasco. La raison est assez claire : quand les élus locaux sont nuls, quand personne ne se relève les manches, quand on se contente de discourir et quand c’est toujours la faute des autres... eh bien voilà, y a pas de miracle, on se plante ! J’en connais, chez nous, qui devraient y réfléchir…

07/05/2016

Comment l'Etat aide le livre

Lire-en-Short-2016.jpgJe m’étais étonné, l’an dernier, que le ministère de la Culture consacre soudain quelques centaines de milliers d’euros à inventer ex nihilo une grande fête du livre pour la jeunesse appelée "Lire en short", fin juillet, au lieu d’aider les dizaines de salons du livre qui ferment les uns après les autres, en province, privés de subventions publiques. Eh bien ! L’Etat a tapé du poing sur la table. Le ministère maintient son machin en 2016, mais, tenez-vous bien, il en change le nom ! Cela s’appellera "Partir en livre", ce qui n’a aucun sens, mais voilà, hop, c’est ainsi ! Ils sont forts, à Paris, pour aider le livre, la littérature et l’édition !

 

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21/12/2015

Une interview révélatrice

Pellerin-Taubira.jpgDoublement révélateur, l’entretien avec Fleur Pellerin publié sur le site du "Monde" le mardi 1er décembre à 11 h du matin, et retiré en urgence, une heure plus tard, à la demande de… de qui, d’ailleurs, on aimerait le savoir ! D’abord, l’incident montre bien comment les médias enrobent, transforment et aseptisent les propos tenus librement par un ministre – ou comment, en politique, la communication a définitivement vampirisé l’information. Ensuite, on comprend, en lisant l’interview, qu’être ministre de la Culture de François Hollande oblige d’abord à rameuter les artistes de gauche avant la présidentielle de 2017. Faut-il s’étonner qu’on ait censuré l’article en catastrophe ?

14/10/2015

La fin des salons du livre ?

salon-livre.jpgEst-ce la fin des salons du livre ? A une dizaine d’exceptions près (les très gros, Brive, Nancy, Nice, etc), les salons organisés en province par quelques passionnés ne pourront satisfaire à la nouvelle contrainte venue de Paris : à partir de 2016, les auteurs venant y dédicacer leurs ouvrages devront être rémunérés ! Par qui ? On ne sait pas. La ville organisatrice ? Vu la baisse des dotations, ça va coincer grave. Mais surtout, quand il n’y a pas de grande ville organisatrice, ce qui est le cas le plus répandu ? Ah ben ça, ce n’est pas le problème des fonctionnaires parisiens qui feraient bien de venir en province, une fois de temps en temps, pour voir comment le livre s’y meurt !

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22/05/2015

Une affaire d'Etat ?

Fleur-P.jpgJe rentre du supermarché de mon chef-lieu et je suis frappé du retentissement de l’affaire Agnès Saal chez les personnes qui, d’ordinaire, se fichent de la politique. Les gens sont scandalisés par ces dirigeants dits "de gauche" qui pensent que la République leur appartient. J’ai de la considération pour Fleur Pellerin, mais cette femme intelligente ne sait-elle pas qu’en période de crise, en France, il est dangereux de défendre les privilèges ? Etait-elle obligée de recaser sa copine aussi vite, et en créant un poste pour elle, en plus, alors que l’opinion attend que l’ex-présidente de l’INA soit jugée pour abus de biens sociaux ? Elle ne va jamais au supermarché, la ministre ?

20/05/2015

Culture : mon rêve s'effondre

agnes-saal.jpgTout petit déjà, j’en rêvais. Mon objectif, c’était la culture. Mais attention, pas la culture bénévole, provinciale ou associative, non ! J’aspirais à un vrai poste culturel, parisien, super bien payé, peinard, qui laisse du temps pour aller gratuitement au spectacle. J’ambitionnais, figurez-vous, de devenir "chargé de mission sur les questions de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences" auprès du ministre de la Culture. Pas de chance, ce job en or vient justement d’être créé, mais pour recaser une militante socialiste virée de la présidence de l’INA pour avoir détourné, à coup de notes de frais exorbitantes, l’argent du contribuable. Las ! J’aurais dû faire escroc.

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18/05/2015

Les Editions de Bourgogne, c'est fini !

Salon livre-4 008.jpgVoilà, c’est officiel. Les Editions de Bourgogne ont rejoint les 613 éditeurs français qui, depuis trois ans, ont fermé leurs portes. Faut-il s’étendre sur la disparition rapide des points de vente (libraires, salons), sur l’irrépressible progression du numérique, sur le désolant manque de solidarité des acteurs de l’écrit, sur le tragique désintérêt des élus locaux pour le livre (à quelques rares exceptions près, j’ai les noms) et sur l'impact de la crise sur le budget des ménages ? Le monde est ainsi. Notre belle aventure éditoriale a duré dix ans, et c’est l’essentiel. Du plaisir, des rencontres, des idées, de bons auteurs, des livres de qualité : que du bonheur !

28/08/2014

Une nouvelle génération de parents

Livres (tranches).JPGJ’ai fait un rêve. Je surprenais, chez mon libraire, la phrase suivante : "Je voudrais offrir à mon grand fils la bio de Gorbatchev qui vient de sortir, pour qu’il sache ce que fut le Mur de Berlin". Je me suis réveillé choqué, en sueur : cette phrase, de nos jours, a 0 chance sur 1.000 d’être prononcée ! Car les parents d’aujourd’hui ont cessé d’offrir des livres à leurs enfants pour qu’ils sachent d’où ils viennent, quelle est leur histoire ou dans quel monde ils sont nés. La transmission des valeurs et du savoir, qu’on appelait la culture, c'est un truc de vieux. C’est exactement pour cela – excusez le raccourci – que l’Europe est en crise.

05/04/2014

7,6 milliards pour la culture ?

tas-dor.jpgLe ministère de la Culture a publié hier un rapport sur les dépenses des collectivités territoriales en matière de culture. Total annuel : 7,6 milliards d’euros, dont 73 % sont dépensés par les communes de plus de 10.000 habitants. Je suis en mesure de révéler, dans ce blog, le détail des subventions dont bénéficie le Club des écrivains de Bourgogne que j’ai l’honneur de présider et qui anime chaque mois, avec d'autres, la vie littéraire à Dijon (commune de plus de 10.000 habitants). Conseil régional : 0 euro. Conseil général : 0 euro. Ville de Dijon : 0 euro. Total de ce que nos cinquante-et-une rencontres-débats ont coûté à la collectivité en sept ans : 0 euro.

10/02/2014

Silence, on coule ! (suite)

lib-de-lU.jpgLa semaine dernière, nous avons salué avec tristesse la fermeture de la librairie Berger, à Joigny : il n’y a plus un endroit où acheter un livre dans la troisième ville du département de l’Yonne ! Ce lundi, c’est la célèbre Lib’ de l’U, à Dijon, qui ferme définitivement ses portes. Après Damidot, Thibaud, la Librairie du Voyageur et Agora, c’est la cinquième librairie que je vois disparaître, ces dernières années, dans cette ville de 150.000 habitants. Le pire, c’est l’indifférence dans laquelle s’accélère l’appauvrissement culturel de ce territoire. Demain, faudra-t-il que les Bourguignons aillent acheter leurs livres à Paris ou à Lyon ?  

28/01/2014

Deux poids, deux mesures

Enth-salle-1.JPGMini scandale au Conseil municipal de Dijon, hier soir : un conseiller d’opposition s’est publiquement étonné que le maire fasse voter une aide de 73.000 euros (!!) à un petit salon du livre local, intello et "engagé", dont chacun, toutes tendances confondues, a pu mesurer le peu de succès en 2013… alors qu’il a refusé une subvention de 3.500 euros au Club des écrivains de Bourgogne, qui anime la ville sur le plan littéraire depuis six ans ! Assurant actuellement la présidence de ce Club à la fois sympathique, pluraliste et de qualité, je me garderai bien de nourrir la polémique, mais il y a des jours où, en effet, on se pose des questions...

11:17 Publié dans Blog | Commentaires (0) | Tags : dijon, livre, écrivains, culture |  Facebook | | Lien permanent

27/09/2013

La culture éphémère

 Larousse-2.jpgLa tendance est à l’éphémère. Concernant la culture, l’Etat a annoncé qu’il réduirait tous ses crédits en 2014, à l’exception du spectacle vivant. J’ai le plus grand respect pour les jongleurs, les comédiens, les cracheurs de feu et les intermittents du spectacle, mais… et le livre, la littérature, l’écrit ? Ce qui reste, qui forge une civilisation, qui transmet le savoir ? Ce qui a légué un si riche patrimoine à la Bourgogne, la région de Lamartine, Colette, Pierre Larousse ? Tiens, imaginez où en serait la culture française si le petit Larousse, en arrivant à Paris depuis sa Puisaye natale, en 1840, s’était fait jongleur, comédien ou cracheur de feu ! 

 

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23/05/2013

"Des mots de minuit", dernières !

 lefait.jpgIl aura fallu que la gauche revienne au pouvoir, en France, pour que la culture, un peu partout, soit la première sacrifiée aux impératifs de la finance. Ainsi a-t-on appris, cette nuit, que France 2, principale chaîne de service public, mais si, a décidé d'arrêter l’émission Des mots de minuit, animée depuis 14 ans par l’excellent Philippe Lefait, pour des raisons "d’économies" ! C’est vrai, un gars tout seul dans un studio qui, à 1 heure du matin, reçoit des musiciens, des écrivains et des architectes qui causent dans un micro, ça coûte bonbon ! Il était temps de mettre un terme à cette insupportable gabegie ! 

10:29 Publié dans Blog | Commentaires (1) | Tags : télévision, culture, lefait |  Facebook | | Lien permanent

07/01/2013

La Bourgogne n'a plus de sous

 Chateau (retouché).JPGL’année commence mal en Bourgogne. Le Comité régional du tourisme (CRT) vient d’annoncer aux organisateurs du salon Livres en Vignes (dont la 6ème édition aura lieu les 28-29 septembre 2013) qu’il cessait de l’aider à faire venir des journalistes sur place, à Vougeot. C’est pourtant grâce à cette enveloppe de 3.000 euros que TF1, France 3, LCI, France24, LCP, BFM-TV, RTL et de nombreux médias spécialisés ont publié des reportages géniaux sur cet événement qui montre à quel point la Bourgogne est belle. Amis journalistes, en 2013, vous irez donc filmer ailleurs : la Bourgogne est toujours aussi belle, mais elle n’a plus les moyens de vous loger !

29/09/2012

La culture sacrifiée

 Rufin-LeV.jpgLa culture, c'est ce que les hommes politiques sacrifient en premier. A l'inauguration de la 5ème édition du salon "Livres en Vignes", qui est devenu une des plus belles fêtes culturelles de la Bourgogne, les nombreux éditeurs, libraires et auteurs régionaux ont pesté de n'avoir jamais vu, en cinq ans, ni le président du Conseil régional de Bourgogne, ni le président du Conseil général de Côte d'Or, venir saluer les académiciens, membres de l'Institut, prix Goncourt, grands éditeurs et les 300 autres écrivains venus rencontrer le public bourguignon (entre 7000 et 8000 visiteurs) au château de Clos de Vougeot ! En cinq ans !

21/05/2012

Lettre à Aurélie Filippetti

 Filipetti.jpgMadame la Ministre,

    Votre volonté d’être élue aux prochaines législatives dans votre région lorraine est légitime et respectable. Mais j’ai cru comprendre qu’en cas d’échec, vous ne seriez plus ministre de la Culture. Alors, s’il vous plaît, n’y allez pas ! Ne prenez pas le risque. Dans ce monde politique inculte, desséché, consumériste et clientéliste, François Hollande a placé à la tête de ce ministère une femme sachant ce qu’est un éditeur, un écrivain, un libraire, un salon du livre, un droit d’auteur, un poème : si vous saviez l’espérance que cela suscite, partout en France, droite et gauche confondues, chez les amoureux du livre ! N’y allez pas, Madame la Ministre ! S’il vous plaît !

 

15/01/2012

Inculture générale

sc-po.jpgLu dans le Nouvel Obs la déconvenue de Pierre Bénichou, invité à former les étudiants de 2ème année de Sciences Po dans un séminaire consacré au "récit journalistique", et qui a découvert : que ses étudiants ignoraient tout de Céline, Lucien Bodard ou Jean Cau ; qu’il était vain de les faire choisir entre Raymond Aron et Delfeil de Ton ; que ces brillants élèves ne lisent plus jamais un journal papier, se contentant d’une synthèse numérique hebdomadaire ! Effaré, Bénichou ! Ainsi va le journalisme. Moi, aussi, quand j’ai appris qu’il n’y avait plus d’épreuve écrite de culture générale au concours d’entrée à Sciences Po, j’ai cru à une blague !