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09/12/2018

Information : retour à l'âge de pierre

Eric-Drouet.jpgL’affaire des "gilets jaunes" aura au moins révélé à ceux qui en doutaient le véritable désastre politique et culturel que constitue, chez une forte majorité de nos concitoyens, la préférence pour les réseaux sociaux sur la presse classique. Depuis trois semaines, la France est submergée par une avalanche d’affirmations erronées, d’infos non vérifiées, de chiffres tronqués, de raisonnements imbéciles, de mots d’ordre invérifiables, de fake news insensées et de manipulations suspectes qui, bien sûr, exacerbent la haine, interdisent tout débat et attisent les tensions. Voltaire et Hugo, Jaurès et Camus, July et Tesson, au secours !

08/12/2018

Et maintenant ?

émeutes.jpgEt maintenant ? Maintenant que la France a perdu son crédit aux yeux du monde, que Macron n’a plus aucune chance de réformer l’Europe, que l'image de Paris est durablement abîmée, que la fin de l’année touristique est gravement plombée, que le commerce a dégringolé un peu partout en France, que le budget 2019 est d’ores et déjà compromis, que le retour de la croissance est remis aux calendes et que les mesures annoncées par le gouvernement vont encore creuser la dette, quelqu’un sait-il comment arrêter cet immense gâchis ? Marine ? Jean-Luc ? Des idées ?

07/12/2018

Une stratégie bien connue

manif.jpgLa politique est un éternel recommencement. Les plus de 60 ans connaissent par cœur le processus qui consiste, pour les "ultras" et autres "black blocs", à pousser les CRS dans leurs retranchements, si possible à en blesser un ou deux, afin qu’ils s’abritent derrière le principe de "légitime défense" pour frapper plus fort, tirer en l’air, voire tirer dans la foule. Objectif : que la mort d’un "gilet jaune", si possible un jeune, évidemment imputée à "l’Etat policier", pousse les autres manifestants, traumatisés, à une explosion de violences visant les bâtiments de la République, notamment l’Élysée. Tout cela est connu, avéré, évident. On devrait écouter davantage les plus de 60 ans…

06/12/2018

Il y a gilets jaunes et gilets jaunes...

gilets-jaun.jpgIl y a quand même quelque chose qui ne va pas. Comment se fait-il que sur les ronds-points de ma région, les "gilets jaunes" soient plutôt intelligents, souriants et sympathiques, tandis que leurs représentants sur les plateaux de télé soient généralement excités, incultes, inaudibles, jusqu’au-boutistes et hyper politisés ? Les gars des ronds-points ont-ils vu hier soir, sur BFM-TV, leur principal porte-parole appelant à monter sur Paris, samedi, pour investir l’Elysée ? Lui, à l'évidence, les taxes, le gasoil, l’ISF, tout ça, il s’en bat l’œil ! Le but du jeu, désormais, c’est de casser du flic, brûler des voitures, incendier des magasins et déstabiliser la République !

 

05/12/2018

Le visage de la France

Dessin-Valott.jpgLe visage qu’offre la France au reste du monde est très amoché. Scènes de guérilla dans la ville présumée la plus touristique du monde. Incapacité, pour les "gilets jaunes", au bout de trois semaines, de se doter du moindre porte-parole. Démagogie honteuse des partis d’opposition tous d’accord pour creuser la dette abyssale du pays. Irresponsabilité à peu près générale face au risque avéré de morts dans les manifs de samedi à Paris. Complaisance coupable des médias, sauf rares exceptions, face aux viols de la démocratie. Il est loin, déjà, le temps des gentils "gilets jaunes" en train de se griller des merguez sur les ronds-points !

04/12/2018

Une vieille tradition gauloise

tete.jpgDes chercheurs français de Montpellier et d’Avignon viennent de révéler, après d’amples fouilles archéologiques, que les Gaulois étaient d’irréductibles coupeurs de têtes. Voilà qui explique bien des épisodes de notre histoire politique. Notamment sous la Révolution : en 1793, la décapitation du roi et la guillotine, au fond, renouaient avec nos traditions ancestrales ! Mais surtout cette irrépressible manie qu’ont les Français de réclamer la tête de leur chef, quel qu’il soit, quelques mois après l’avoir élu ! La situation politique s’aggrave, à l’intérieur comme à l’extérieur ? Allez, fiers Gaulois, tous ensemble, tous ensemble : "Ma-cron dé-mission !"

03/12/2018

Des "gilets jaunes" très politisés...

aux-gilets-jaunes.jpgA la télé, on voit défiler en boucle l’actualité réduite à quelques images fortes, mais c’est dans la presse écrite qu’on trouve les informations. C’est là qu’on comprend, par exemple, pourquoi les "gilets jaunes" qui s’écharpent entre eux à coup de surenchères absurdes n’ont aucune chance de constituer un mouvement organisé et responsable. Car la plupart de leurs porte-parole autoproclamés (ceux qui savent parler en public) sont excessifs, extrémistes, simplistes, complotistes et, en réalité, hyper politisés ! Mettre ces militants irresponsables qui ne représentent qu’eux-mêmes sur le même pied que les 350.000 élus de la République, c’est de la pure démagogie.

Edouard Philippe en sursis

E Philippe.jpgQue devra faire Macron si la révolte des "gilets jaunes" se durcit ? Des mesurettes sur la fiscalité, un moratoire sur le prix du gasoil ? Cela ne calmera pas les manifestants. Dissoudre l’Assemblée ? Ce serait faire le lit électoral de Marine Le Pen. Un référendum ? Le président le perdrait à coup sûr, quelle que soit la question. Il ne lui restera qu’une option : remplacer spectaculairement le premier ministre, trop droit dans ses bottes, par un homme d’expérience et de conciliation, avec un cahier des charges tout neuf. Allez, les paris sont ouverts : Blanquer, Blanquer ou Blanquer ?

02/12/2018

Il y a douze jours déjà...

gilets-jaunes.jpgJe me sentais un peu seul, le 19 novembre, en écrivant ici même : "Toute jacquerie est un retour en arrière. Un monde politique civilisé se reconnaît à quelques principes clairs, où le peuple délègue son pouvoir souverain à des représentants élus au suffrage universel et pour une durée précise. Le droit de manifester fait partie de ces principes. Mais si des petits groupes s’arrogent ce droit en dehors de toute règle, alors on passe insensiblement de la démocratie à l’anarchie." Douze jours plus tard (!), à entendre ce qui se dit dans les médias et sur place, on dirait que la raison a repris un peu, un tout petit peu de terrain…

 

Il n'y a pas que la France...

gilets.jpgComplètement décontenancés, les journalistes expliquent doctement que le mouvement des "gilets jaunes" ne ressemble à rien de connu. Un peu facile, les confrères ! Et les "forcani" en Italie, il y a cinq ans ? (Au passage, on voit ce que cela a donné : l’extrême droite au pouvoir) Et la révolte anti-européenne des Anglais ? (Là aussi, on voit ce que cela a donné : le désastre du Brexit) Et le vote anti-élites aux Etats-Unis ? (On voit également ce que cela a donné : un démagogue inculte à la présidence) Non, le mépris des dirigeants, l’impuissance des élus, la versatilité des médias, la démission des corps intermédiaires et l’inconscience des manifestants ne sont pas propres à la France !

01/12/2018

Pays cherche adultes désespérément

661_magic.jpgSuis avec tristesse les événements, ce samedi. Suis frappé par l’immaturité des "gilets jaunes" toujours incapables de s’organiser entre eux. Par l’immaturité de ces manifestants si vite débordés par la violence. Par l’immaturité des ministres totalement désemparés par les événements, à commencer par le ministre de l'Intérieur. Par l’immaturité des députés LREM incapables de réagir. Par l’immaturité des jeunes journalistes envoyés sur les ronds-points occupés par les gilets jaunes. Faut-il parler de l’immaturité du président lui-même et de ses conseillers ? Le "dégagisme", c’est très bien, mais visiblement, à tous les niveaux de responsabilité, le pays a besoin… d’adultes !

30/11/2018

Fin de la démocratie "représentative" ?

Révolutiongilets-jaunes.jpgNos aïeux ont mis deux siècles pour nous léguer, non sans mal, une "démocratie représentative", seul moyen civilisé de régler les problèmes d’un peuple sans prendre les armes les uns contre les autres. Les "gilets jaunes", à les entendre interviewés sur toutes les chaînes de télé, ignorent tout de la République. Eux-mêmes, au bout de quinze jours, n’ont toujours pas été capables de se doter de représentants chargés, simplement, d’exprimer leurs revendications ce que leurs prédécesseurs avaient su faire en 1968, 1958, 1945, 1907, 1870, 1848, comme en 1830 ou en 1789. Avouerai-je que ce retour à la préhistoire ne me rend pas optimiste ?

28/11/2018

Mais où sont les partis politiques ?

Wauquiez.jpgCe qui frappe, dans la crise des "gilets jaunes", c’est la spectaculaire absence des partis politiques. D’un côté, le parti au pouvoir (LREM), paralysé par son inexpérience et, surtout, par son manque d’élus locaux. En face, les partis de gauche et de droite (PS et LR) qui ont gouverné le pays pendant 30 ans, principaux responsables de la crise (de la dette à la taxe carbone), empêtrés dans une démagogie pitoyable. Enfin, les extrêmes (RN et FI), tétanisés, planqués dans la foule en espérant bien tirer les marrons du feu. Pour un peu, on applaudirait à leur disparition, à tous… s’ils n’étaient pas, hélas, un des piliers de la République !

27/11/2018

Trump ou Macron, il faut choisir

Gilets-jaunes.jpgLa transition écologique est une nécessité vitale, mais elle risque de réduire encore le train de vie des gens simples, déjà étranglés par la fiscalité. Face à ce constat, il y a deux attitudes possibles. 1) Celle de Trump, ce lundi, qui explique que le réchauffement climatique, l’écologie, tout ça, il s’en tamponne, et que la seule chose qui compte, c’est le pouvoir d’achat – ce qui lui vaudra sans doute d’être réélu. 2) Celle de Macron, ce matin, qui tente désespérément d’assumer sa responsabilité écologique face aux "gilets jaunes" qui exigent, eux, une hausse du pouvoir d’achat – ce qui lui vaudra, sans doute, de n’être pas réélu. Dur, dur.

26/11/2018

Des ministres politiquement immatures ?

enva-champignelles.jpegDécidément, ce gouvernement est politiquement immature. Comment le ministre de l’Agriculture, en pleine crise des "gilets jaunes", peut-il annoncer officiellement la fermeture définitive de l’antenne de l’Ecole nationale vétérinaire (ENVA) à Champignelles, près de chez moi, dans l’Yonne ? C’est une nouvelle désespérante pour un territoire rural malheureux dont l'ENVA était une précieuse ouverture sur le monde ! Il n’a pas de cabinet, le ministre ? Il n’a personne pour lui dire que ce coin de France a voté massivement pour Marine Le Pen en 2017 ? Ils ne veulent pas faire un peu de politique, là-haut ?

23/11/2018

Comme en mai 68 ?

mai68.jpgL’année 2018 allait se terminer sans qu’on n’ait vraiment commémoré les événements de mai 68. Les "gilets jaunes" arrivent juste à temps pour combler ce vide mémoriel. Eux aussi auront bousculé de façon massive, multiforme et spontanée l’ensemble des institutions de la République. Je rappelle seulement trois choses : 1) Les manifestants de mai 68 ont été lâchés par la population française quand ils ont commencé à brûler des voitures. 2) L’opinion s’est carrément retournée quand l’essence a commencé à manquer dans les stations-service. 3) Et à la fin, c’est la droite la plus dure qui a bénéficié des événements. Je dis ça, je dis rien…

22/11/2018

La fin du politique ?

gilets-jaunes.jpgUn individualisme débridé, aujourd’hui, plombe toute action collective et mine tout projet social. Or, le rejet instinctif de la politique, même s’il a des causes objectives, est toujours un retour en arrière. C’est la porte ouverte aux démagogues, aux grandes gueules et aux nuques raides. Boulanger, Poujade, Le Pen, le retour ! Hurler, bloquer, refuser, détruire, c’est infantile et dangereux si cela ne débouche pas sur des propositions, des innovations, des discussions, des porte-parole, des chefs élus et des rêves communs. Sans un minimum de conscience politique, la République n’est plus rien.

21/11/2018

"...et on ira jusqu'au bout !"

gilets-jaunes.jpgUn mouvement social sans mot d’ordre ni porte-parole, cela donne, sur les médias, des choses étranges. "On va bloquer jusqu’à ce que le gouvernement fasse qu’on vive mieux, et avec des moyens conséquents", dit l’un. "On vient d’acheter une maison et on ne peut plus se payer à manger", dit l’autre. "Je veux pouvoir faire des cadeaux à mes enfants", dit un troisième. La colère populaire est légitime, parfois émouvante, mais si les manifestants exigent d’Emmanuel Macron qu’il donne à chacun d’entre eux un diplôme, un boulot, une maison individuelle, des vacances et une bonne retraite, on peut craindre que les blocages durent un certain temps…

20/11/2018

Du gilet jaune à l'écharpe tricolore

tm_gilets_jaunes.jpgJ’ai fait un rêve. En écoutant les "gilets jaunes" exiger tout et n’importe quoi, de la démission de Macron à "un référendum pour abolir les taxes" ou "des moyens pour faire des cadeaux à mes gosses" (sic), j’ai rêvé que les 300.000 manifestants de samedi, qui ne savent pas comment prolonger leur action, annoncent… qu'ils se présenteront en masse aux prochaines municipales ! Voilà qui réglerait le problème de la défection annoncée d’une moitié des 36.000 maires de France, et renouvellerait le vivier des 300.000 élus municipaux. Allez, les gars, on arrête de brûler des pneus et on se met au service de ses concitoyens ! Chiche !

19/11/2018

De la démocratie à l'anarchie...

gilets.jpgToute jacquerie est un retour en arrière. Un monde politique civilisé se reconnaît à quelques principes clairs, où le peuple délègue son pouvoir souverain à des représentants élus au suffrage universel et pour une durée précise. Le droit de manifester fait partie de ces principes. Mais si des petits groupes s’arrogent ce droit en dehors de toute règle (au point de prétendre défendre les automobilistes en bloquant la circulation, ce qui est assez original), alors on passe insensiblement de la démocratie à l’anarchie. Voilà, ça, c’est le b-a ba. Merci de votre attention. Vous pouvez recommencer à hurler des slogans et à brûler des pneus…