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06/01/2016

Tout se complique

Rubik's_Cube.jpgVous vous rappelez l'album de Sempé qui s’intitulait "Tout se complique" ? Il me revient en mémoire quand je vois, dans la liste officielle des promus de la Légion d’honneur, que ma vieille copine Sylvie Pierre-Brossolette est qualifiée d’ "ancienne rédactrice-en-cheffe d’un journal" (sic) : ce double féminin insensé et acrobatique me plonge dans l’angoisse. Autre exemple : en raison de la fusion des régions et de l’instauration des communes nouvelles, je n’habite plus à Saint-Denis-sur-Ouanne en Bourgogne, mais à Saint-Denis-sur-Ouanne, commune de Charny-Orée de Puisaye, en Bourgogne-Franche-Comté. Ce qui me rend nerveux. La modernité commence à me fatiguer grave.

21/11/2015

Le CROUS ne répond plus

crous.jpgFrançois Hollande a célébré récemment les 60 ans du CROUS (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires). Cela m’a rassuré : ainsi, le CROUS existe toujours ! Figurez-vous qu’en 1973, j’ai donné des conférences à des étudiants pour le compte du CROUS, à Paris. Le 13 mars dernier, j’ai demandé au CROUS une attestation concernant ce travail, pour la joindre à mon dossier de constitution de retraite. J’ai complété cet envoi le 6 mai par les bulletins de salaire correspondants, que j’ai retrouvés dans une vieille caisse, par miracle. Depuis, plus rien. Silence radio. No news. A 60 ans, le CROUS aurait-il soudain pris sa retraite ?

24/07/2015

L'édition, un métier difficile...

Livres EdB-2.JPGAprès avoir relancé, dirigé et animé les Editions de Bourgogne pendant dix ans, et au moment de fermer boutique, mon épouse et moi-même avons déposé à l’INPI (Institut national de la propriété industrielle), pour 200 euros, la marque "Editions de Bourgogne" au cas où la providence permettrait à notre petite entreprise de ressusciter dans l’avenir. Quatre mois plus tard (quatre mois !) une longue lettre de deux experts de l’INPI, une "juriste" et un "chef de groupe", nous informe que notre démarche se heurte à une "objection" dont l’énoncé, je le jure, est absolument incompréhensible. Que faire ? Leur proposer de faire réécrire leur texte par un éditeur ?

17/10/2013

Le livre et la bureaucratie

 Filipetti.jpgPendant que les librairies ferment boutique, que les petits éditeurs jettent l’éponge, que les aides publiques s’évaporent, le ministère de la Culture ne sait pas comment dépenser son argent : Mme Filipetti lance aujourd'hui en grand tralala un "appel à projets" pour une étude sur "la nouvelle économie des bibliothèques et des musées", à publier au cours de l’année... 2015. Mille sabords, pourquoi engager tant de frais pour réaliser un travail que n’importe quel fonctionnaire un peu dégourdi rassemblant les rapports des CRL et des DRAC, est capable de faire en deux mois ? Comment voulez-vous que les acteurs du livre, les vrais, ne soient pas énervés par cette gabegie bureaucratique ? 

19/08/2010

Une bonne note pour l'Etat

Qui peut bien lire le Journal Officiel un vendredi 30 juillet ? Personne. Dommage. C’est ce jour-là qu’est paru un décret incroyable, inouï, qui stipule que les fonctionnaires, désormais, ne seront plus systématiquement notés de 0 à 20 comme des élèves de maternelle – ou plutôt de 16,75 à 17,50 sur 20, de façon surréaliste, comme je le raconte dans mon livre Paris n’est pas la France. On admet enfin que ce pesant rituel de la notation-évaluation administrative, qui coûte très cher en temps, en entretiens, en feuilles à remplir, en énergie et en démagogie, ne sert rigoureusement à rien. Mais je vous rassure, l’administration reste l’administration : il est précisé, dans le décret, que la difficile mise en œuvre de cette suppression se fera… d’ici 2015 ! 

06/07/2010

Le tabou de l'absentéisme

 

Débordée.jpgAurélie Boullet, fonctionnaire à Bordeaux, risque d’être virée de son administration pour avoir dénoncé, sous pseudo, dans un livre intitulé Absolument dé-bor-dée ! (Albin Michel), l’absentéisme qui caractérise, en France, la fonction publique territoriale. J’ai connu la même réaction corporatiste viscérale quand j’ai publié Paris n’est pas la France (Lattès, 2005) après trois ans passés dans une administration régionale. Moi aussi, je décrivais l’étonnant absentéisme qui en fait le charme. Furibards, les représentants du personnel ont exigé du président du conseil régional qu’il fasse "interdire" mon bouquin ! Je vous jure !  L’avocat de la Région, dûment saisi, a pondu une note pour dire que ce que j’avais écrit n’était pas contestable et qu’on ne pouvait pas "interdire" le livre...

03/03/2010

Bureaucratie locale

Lu dans L’Yonne Républicaine. Les élus du pays de l’Avallonnais, il y a six ans, ont décidé de se doter d’une signalétique touristique commune. On annonce l’arrivée des panneaux pour l’été... 2011. Il aura fallu plus de sept ans, donc, pour concevoir et planter des pupitres devant des villages, des églises et des vieux lavoirs. Et encore, si tout va bien, car tous les financements ne sont pas assurés ! D’ailleurs, une commune, sur les 96 concernées, trouve le résultat trop coûteux (3 400 euros pour un pupitre, effectivement, c’est cher) et a décidé de faire bande à part : pas de chance, c’est la commune de Vézelay (900.000 visiteurs par an) ! Non mais, franchement, imagine-t-on une seconde ces délais, ces prix et cette incohérence dans le secteur privé ?

 

21/02/2009

Interdisons les rues !

Quel est le bureaucrate inculte qui a glissé dans le projet de loi visant à lutter contre l’alcoolisme des jeunes l’interdiction des dégustations de vin ? Sans doute un technocrate jamais sorti de ses dossiers, qui achète son vin en supermarché, sans jamais le goûter ! Un énarque obtus, convaincu que les jeunes font la queue aux dégustations de saint-émilion ou de bourgueil pour mieux se saouler à l’insu de leurs parents ! Ce haut fonctionnaire imbécile ne pourrait-il pas venir passer rien qu’un week-end en Bourgogne, une fois dans sa vie, pour apprendre ce qu’est un vin, comme on le teste, comme on l’élève, comment on le vend ? Un jour, vous verrez qu’un bureaucrate du même acabit réalisera à quel point il est dangereux de traverser la rue, et qu'il rédigera un projet de loi interdisant les rues !

29/05/2008

Envie de pisser ? Gare !

Il paraît que je suis particulièrement sévère, dans ce blog, à l’égard de la Sncf. Evidemment, quand on habite la capitale, on ne peut pas savoir. Tiens, je lis dans l’Yonne Républicaine de ce matin qu’à Auxerre, une association s’est émue de voir les voyageurs, avant de monter dans le train de Paris, se soulager systématiquement dans les jardins et sous les fenêtres des riverains habitant près de la gare. Réponse du responsable local de la Sncf : "Dans les gares TER du type de celle d’Auxerre, l’installation de WC n’est pas prévue". Mais le chef de gare précise : en présentant votre billet de train, vous pouvez aller déféquer au restaurant le plus proche. Attention : "en présentant votre billet", sinon, je présume que le restaurateur appelle les flics ! C’est rationnel, la Sncf, y a pas à chier.

05/10/2007

A côté de la plaque

J’ai beau retourner la question dans tous les sens, je ne vois pas en quoi l’abandon des numéros de départements sur les plaques minéralogiques est un progrès. Un progrès pour qui ? Pour les fonctionnaires européens maniaques du nivellement généralisé ? Pour les ordinateurs chargés de gérer les cartes grises ? Pourquoi cette uniformisation systématique qui nous formate encore un peu plus ?
Alors que nous, à la campagne, nous repérons les intrus, maraudeurs et suspects de tout poil à leur plaque de voiture : un C15 ou un Trafic immatriculé 93, 91 ou 77, dans ma petite vallée bourguignonne, cela ne passe pas inaperçu. Quand les plaques de voitures seront anonymes, on parie que les cambriolages en milieu rural vont augmenter ?

16/09/2006

Menace sur les vide-greniers

Derniers week-ends d’été. Derniers vide-greniers aussi. Dans l’Yonne, 350 bourgs et villages se réveillent, une fois par an, en livrant trottoirs et bas-côtés aux exposants d’un jour, et se font même un peu d’argent de poche en proposant des merguez-frites aux Anglais de passage et aux bobos en vadrouille.
medium_Vide_g-2003-5.jpgEt voilà que l’Etat s’en mêle, sous la pression du lobby des antiquaires : une loi de 2005, sous prétexte de faire respecter la législation fiscale, entend limiter drastiquement la participation des particuliers à ces déballages bon enfant ; un décret d’application pourrait, de surcroît, les soumettre à l’autorisation écrite de l’Administration des Impôts ! Pourquoi ne pas passer aussi un concours pour vendre des culs-de-lampe, des outils rouillés et des vieux 33 tours ? Ces règles imbéciles, si elles sont appliquées, réduiront de 60 à 75 % le nombre des vendeurs du dimanche.
Nous, on vide les greniers. Eux, ils vident les villages.

31/08/2006

L'absentéisme, voilà l'ennemi

L’an dernier, je me suis fait quelques solides ennemis dans l’administration en racontant dans un livre – Paris n’est pas la France, chez JC Lattès – le terrifiant niveau d’absentéisme qui règne dans la fonction publique territoriale. En soulignant qu’on n’avait pas idée du coût réel de ce fléau.
Lisez le Figaro de mardi : la très sérieuse entreprise Dexia-Sofaxis (spécialisée dans le contrôle et la prévention de l’absence au travail) estime qu'entre 1998 et 2004, le taux d’absentéisme dans les collectivités locales a augmenté de 30 % tandis que les maladies "professionnelles" (stress, torticolis, crampe du clavier, poil dans la main) ont été multipliées par six. Coût de ces absences médicales : 1.000 euros par an et par agent, à multiplier par 3, 4 ou 5 si l’on veut chiffrer les frais indirect liés à la désorganisation des services concernés.
C’est moi qui déraille ou ces chiffres sont absolument hallucinants ?