20/07/2008
La religion du rien
Avez-vous lu, ce week-end, les deux infos majeures dont TV Magazine (5 millions d’exemplaires) a fait sa Une ? L’interview d’une fille inconnue, Karine Ferri, ex-copine du petit Gregori Lemarchal, qui ne fait pas grand chose de sa vie et qui, sur une page complète, ne dit rien. Rigoureusement rien. Et l’interview d’une co-présentatrice de TF1, Cécile de Menibus, qui ne fait rien de bien intéressant, elle non plus, et qui, sur deux pages complètes, ne dit rien. Mais rien. J’ai lu attentivement les deux textes, il n’y a aucune phrase à retenir, aucune info, aucune anecdote. Rien. Que dalle, zéro, le vide. Le rien comme critère, comme culture, comme idéal. Le rien comme religion.
Je comprends mieux pourquoi aucun média ne s'est intéressé à Benoît XVI, ce même week-end : on ne sait jamais, devant les 250.000 jeunes des JMJ de Sidney, si ça se trouve, il a dit des trucs !
22:25 | Tags : médias, pape, religion, JMJ | Lien permanent | Commentaires (0) |
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18/07/2008
Il y a regrets et regrets
Les réactions unanimes après la disparition brutale de Bronislaw Geremek - comme ce matin à la Représentation de l'Union européenne à Paris - masquent, évidemment, quelques regrets indicibles. Je me rappelle ce voyage en Pologne de juin 1989 où le président Mitterrand a montré qu’il préférait parler au général Jaruzelski, ce grand "patriote", plutôt qu’au couple Walesa-Geremek, qui représentaient l'inconnu : en pleine bagarre politique cruciale, à Gdansk, dans un repas offert aux "dissidents", il avait placé Geremek à côté de Françoise Sagan ! Faut-il aussi rappeler qu'en 2003, les députés européens ne l’ont pas élu président, et que ce fut une belle occasion manquée : les élus de l’UMP et du PS, qui ont joyeusement pataugé dans leurs petites combinaisons politiciennes, en gardent-ils au moins un souvenir amer ?
20:05 | Tags : politique, Geremek, Pologne, Mitterrand, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) |
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16/07/2008
Un journaliste décoré...
Pendant des années, chaque 14 juillet, j’envoyais un petit mot ironique à tous mes copains journalistes décorés de la Légion d’honneur. J’aurais pu le faire, cette année, à Ruth Elkrief, Philippe Reinhard ou Jacques Marseille. Ou bien à Régis Faucon, Yves Messarovitch, Isabelle Baillancourt, Hervé Chabalier et... Robert Ménard (mais oui), qui l’ont eue à Pâques. Ou encore à ceux qui ont reçu, le 1er mai dernier, le "Mérite" : Dominique Quinio, Christophe Hondelatte, Frédéric Mounier, Valérie Expert, etc. Partant de l’idée qu’un journaliste qui fait son métier n’a de merci à recevoir de personne, et surtout pas d’un ministre, j’adressais à tous cette maxime roborative : "Un journaliste décoré, c’est un journaliste de moins !" J’ai cessé de faire le fier le 14 juillet 2005. Allez savoir pourquoi. Félicitations à tous.
10:15 | Tags : politique, médias, presse | Lien permanent | Commentaires (0) |
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15/07/2008
Ma première lettre de délation
Je ne voulais pas y croire, pensant, évidemment, que ces moeurs-là étaient révolus. Eh bien, à Dijon, cela se pratique encore. On m’a transmis, de deux sources, une lettre me dénonçant aux autorités locales pour les opinions "scandaleuses" que j’exprime dans les journaux et sur ce blog, exigeant, tenez-vous bien, mon exclusion du conseil d’administration du Centre régional du Livre (CRL). Je vous jure que c’est vrai. Il paraît que l’auteur du poulet, un ancien journaliste à la retraite boycotté par tous les professionnels du livre de la région, n’a pas supporté d’avoir été rejeté et humilié aux élections dudit CRL (1 voix pour lui, 26 voix contre, c’est un peu dur, en effet). Alors il balance, il éructe, il vitupère, il dénonce, il venime contre le monde entier. J’ai encadré le document : c’est ma première lettre de délation !
16:26 | Tags : dijon, bourgogne | Lien permanent | Commentaires (1) |
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14/07/2008
Fête nationale
Et si une journée durant, à titre exceptionnel, on ne donnait pas prioritairement la parole aux grincheux, aux aigris, aux jamais-d’accord, aux on-ne-me-la-fait-pas, aux pisse-froid, aux peine-à-jouir et aux rangnangnans ? Un défilé militaire impeccable, magnifique clôturé par une époustouflante démonstration de parachutistes d’élite devant des dizaines de chefs d’Etat ébaubis ; le sourire lumineux d’Ingrid Betancourt décorée de la légion d’honneur sur les marches de l'Elysée, une unanimité tout-à-fait inhabituelle chez les politiques pour saluer la mémoire de Bronislaw Geremek, une superbe bagarre cycliste dans l’ascension du Tourmalet, un très beau concert au pied de la Tour Eiffel illuminée, et des feux d’artifices applaudis dans toute la France - qui rappellent que ce pays si déconcertant est aussi une nation. Mais si.
23:25 | Tags : politique, France, nation | Lien permanent | Commentaires (0) |
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