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12/01/2010

Hollande-Copé, le duel

Hollande et Copé hier soir sur France 2, arbitrés par Yves Calvi, l’homme qui n’interrompt pas ses invités au bout de 45 secondes. D’abord le choc plaisant de deux futurs présidentiables rôdés comme des voitures de course. Mais surtout un échange de très bon niveau, qui changeait avec le blabla conformiste, les invectives médiocres et les fausses polémiques qui encombrent quotidiennement les ondes et les écrans. Sur l’identité nationale, sur la réforme fiscale, ces deux-là sont capables de pointer leurs convergences, ce qui n’est pas si fréquent. Hollande à gauche, Copé à droite, c’est ce qui se fait de plus affiné dans la classe politique française. Ce ne sont pas de grands hommes, certes, mais ces apparatchiks de haut niveau sont d’excellents techniciens de la chose publique et, surtout,d'époustouflants professionnels des médias. Salut les artistes.

11/01/2010

Des nouvelles d'Etchegaray

AvecB16-Gemelli.jpgLe cardinal Etchegaray va bien. La bousculade de Noël, à Saint-Pierre de Rome, lui avait valu une fracture du col du fémur. Emmené à la polyclinique Gemelli, il a été opéré dès le dimanche 27. Avec succès. Dès le lendemain, il demandait la permission de téléphoner ! Un peu fatigué (il a 87 ans), le vice-doyen du Sacré collège est parfaitement lucide. Ce Basque est une force de la nature. Il a reçu des caisses de messages amicaux, venus des quatre coins du monde. Nicolas Sarkozy l’a appelé au téléphone. Le pape Benoît XVI lui-même est venu le voir samedi soir (photo ci-contre). Le cardinal n’a pas perdu son humour : il a demandé à son éditeur si son accident avait relancé les ventes de son livre !

10/01/2010

Identité nationale

Tombé sur une belle histoire en lisant les mémoires du cardinal Pacca, secrétaire d’Etat de Pie VII. Le prélat, lui-même italien, raconte qu’à Louvain, en 1793, il croise un groupe de soldats français prisonniers des Allemands, en transit vers la Hongrie. Couverts de haillons, sans chaussures, épuisés par la marche, ils sont traités comme des chiens par leurs gardiens. Emus par la détresse de ces hommes, il s’adresse à quelques-uns d’entre eux : "Voyez en quel état vous êtes réduits ! Hé bien ! Qu’avez-vous gagné à votre Révolution ?" Un soldat décharné le regarde, enfonce son chapeau sur la tête et lui répond avec fierté : "Monsieur, nous sommes libres !" Qui ne comprend pas l’anecdote ne comprend rien à l’identité française…

09/01/2010

Seguin était un cas

philippe-seguin.jpgPourquoi cette unanimité autour de feu Philippe Seguin ? Parce que cet homme intimidant et colérique n’était pas formaté comme les autres politiques. C’était même un cas. Plus sévère avec ses amis qu’avec ses adversaires, honnête jusqu’à abandonner ses propres troupes en pleine campagne électorale, capable d’alliances suicidaires, façon Pasqua ou Chevènement, Seguin le provocateur plaisait à gauche et à droite : à gauche parce qu’il tirait contre son camp comme personne, demandez à Delanoë ; à droite parce qu’avec un caractère aussi insupportable, il n’était pas présidentiable. Profondément pessimiste et désabusé, il avait cette formule désespérante qui lui va assez bien : "Le pouvoir, c’est une lutte permanente contre l’impuissance".

08/01/2010

Jospin en promo

jospin.jpgVu Jospin en promo sur Canal +. Je ne suis pas sûr de lire son livre. Premier ministre par hasard, cet homme n’aura été qu’un militant, dévoué et travailleur, certes, mais rigide et incapable de s’élever au-dessus d’une vision partisane des choses. Sa philosophie politique, binaire, est un peu courte : la gauche, c’est bien, alors que la droite, c’est mal. Sa carrière l’est aussi : il aura été à côté de Mitterrand (1981), à la place de Fabius (1997), et derrière Le Pen (2002). Pas de quoi rester dans les livres d’histoire, même pour avoir imposé les 35 heures. Et puis c’est un menteur : pourquoi a-t-il fait croire si longtemps qu’il n’était pas trotskyste, jusqu’à expliquer un jour, au Monde, qu’on le confondait avec son frère ? Petit mensonge, petit destin.

07/01/2010

Le rire vient du sud

 

 

Encore un mot sur les comiques qui ont été omniprésents pendant les fêtes. C’est curieux comme l’humour sépharade a envahi les écrans de télévision. On ne fait plus une émission sans inviter Elie Semoun, Michel Boujenah, Gad Elmaleh, Raphaël Misrahi, Jean Benguigui, Patrick Timsit, Pierre Benichou, Arthur, sans parler de feu Elie Kakou. La rigolade, historiquement, viendrait-elle du sud ? Les juifs askhenazes ont produit des psychanalystes, des savants, des artistes, des chefs d’orchestre, des producteurs, des banquiers, des médecins, mais, allez savoir pourquoi, pas un seul rigolo à la faconde irrésistible qui raconte, dans des stand up un peu démagos, les problèmes qu’il a toujours eus avec les femmes, avec sa mère en particulier !

06/01/2010

L'humour essoufflé

La France est un vieux pays essoufflé. Voyez les humoristes qui, à de rares expressions près (Pierre Palmade, les Deschiens), n’inventent plus rien. Les comiques qui défilent à la télé, pour la plupart, sont de lointains imitateurs de Fernand Raynaud, Robert Lamoureux, Coluche ou Thierry Le Luron. Anne Roumanoff fait ce que faisaient les chansonniers dans les années 60. Les interviews douteuses de Raphaël Misrahi sont entièrement pompées sur ce que faisait déjà Pierre Desproges. Muriel Robin, honnête, reconnaît volontiers qu’elle est l’héritière directe de Jacqueline Maillan. Les "petites annonces" d’Elie Semmoun et Franck Dubosc sont des copiés collés des "petites annonces" de Pierre Dac ("On recherche deux hommes de paille, un grand et un petit, pour tirage au sort"). Francis Blanche, reviens, ils sont devenus mous !.

 

05/01/2010

Une bonne cliente

cecile-duflot.jpg2009 a été l’année Roumanoff, 2010 sera l’année Duflot. La nouvelle chef de file des Verts, entendue ce matin sur Europe 1, est décidément une "bonne cliente" pour les médias. D’abord, comme elle parle aussi vite que Voynet et Taubira réunies, elle permet d’aborder une bonne dizaine de sujets d’actualité par minute d’antenne. Ensuite, une écolo qui va réveillonner aux Maldives décomplexe tous les Fogiel, Castaldi et autres vedettes du PAF qui y étaient aussi. Enfin, elle n’oublie pas que les médias sont masochistes : quand Elkabbach lui parle d’un obscur scandale perso mouillant je ne sais plus qui, façon caniveau, elle dit : "Vous n’avez simplement qu’à pas en parler !" Et toc. Je me demande si je ne vais pas voter écolo, moi…

04/01/2010

Le choc de 2010

 Je n’aurais jamais dû acheter Le Monde d’hier. Après une semaine d’abstinence journalistique, le retour au réel a été terrible. Car en guise de rentrée 2010, sans ménagement, Le Monde nous dit, en page 2, que l’année à venir sera caractérisée par un formidable affrontement au sommet, vital, décisif, titanesque, entre Ségolène Royal et Martine Aubry. Si. Je vous jure. C’est marqué. Page 2, au milieu, sur trois colonnes. Tous les bilans de l’année 2009, tous les pronostics pour l’année 2010 étaient donc de la poudre aux yeux. Toutes les tentatives d’imaginer, de rêver, d’inventer une année intéressante, créative, originale, instructive, étaient donc condamnées d'avance. 2010, ce sera d’abord un affrontement entre Royal et Aubry ! Dites, on ne pourrait pas passer directement à 2011 ? Ou à 2013 ?