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18/04/2007

Motivation journalistique

Dans En Aparté, chaque jour sur Canal+, Pascale Clark organise une sorte de café du commerce réunissant quelques "polémistes", c’est-à-dire des journalistes qui ne connaissent pas les sujets dont ils parlent mais qui s’en indignent avec talent. Dans ce cadre-là, les confrères laissent leur déontologie au vestiaire et disent sans réserves, sauf quelques rares exceptions, tout le mal qu’ils pensent de Sarkozy. Comme Joseph Macé-Scaron, qui a expliqué aujourd’hui qu’il voterait contre Sarko parce que ce "malade", figurez-vous, l’a viré du Fig Mag il y a deux ans, ce qui prouve "qu'il est dangereux pour le pluralisme" ! Curieuse motivation pour un journaliste. Ho ! Joseph ! Tu te rappelles ce rédacteur en chef qui, ayant rencontré des embouteillages sur le chemin du bureau, a décidé de consacrer la cover de son magazine à la recrudescence des embouteillages ?

04/03/2007

Adieu à Noël Copin

Noël Copin vient de boucler son dernier édito. Atteint d’un cancer, à 77 ans, il est parti, ce dimanche, en laissant à beaucoup de journalistes le souvenir d’un homme de foi et d’un ami fidèle, mais aussi d’un modèle d’ouverture, de tolérance. Comme tous ceux qui l’ont eu pour rédacteur en chef (à La Croix pendant de longues et belles années) j’ai gardé de lui quelques règles d’écriture qui sont autant de règles de vie. Par exemple : "N’écris d’une personne que ce que tu peux lui dire en face". Une pépite éthique dans le bourbier du PAF. Chez Polac, à Droit de Réponse, rappelez-vous, Noël parlait toujours à la fin, après que tous se fussent étripés, avec son petit sourire en coin, pour dire que l’un n’avait pas tout à fait tort, que l’autre n’avait pas complètement raison, et que la vérité était sans doute entre les deux. Respect, doute, humour, espérance : tout un programme. Merci, Noël.

27/01/2007

Mort d'un journaliste

Un journaliste nous a quittés. Un vrai. Un modèle. Un qui savait écrire, qui savait regarder, qui savait écouter. Un qui allait voir sur place, qui prenait son temps, qui osait dire qu’il ne savait pas…
Il s’appelait Ryszard Kapuscinski. Il était polonais. Je l’ai connu après son Imperium, un livre-reportage sur l’URSS. Mi-Custine, mi-Albert Londres, il préparait tous ses reportages avec minutie - tant il est vrai que le talent d’un journaliste, c’est d’abord le travail qu’il fournit en amont, sa connaissance personnelle du sujet, sa culture générale.
Aujourd’hui, nos patrons de presse virent systématiquement les journalistes de plus de cinquante ans : à quoi bon l’expérience, la culture, le caractère ? Mais nos patrons de presse ont-ils même entendu parler de Ryszard Kapuscinski ?

14/10/2006

Bedos entre Giscard et Poutine

Beau rappel des principes déontologiques, ce matin, chez Dominique Souchier, à propos de l’horrible assassinat de notre consœur moscovite Anna Politkovskaïa. Pour Hervé Chabalier, de l'agence CAPA, le journalisme est "d’abord un métier d’engagement qui implique une prise de risque face au pouvoir, la gravité du risque dépendant de la nature du pouvoir". En Russie, ce risque est maximum. Anna, comme d’autres avant elle, l’a payé de sa vie.
Tiens, justement : à propos d’Anna Politkovskaïa, jeudi soir, sur Canal+, l’ineffable Guy Bedos a pulvérisé les limites de l’indécence en disant, sans rire : "C’est comme moi, sous Giscard, je croisais des journalistes de la télé qui ne m’invitaient pas sur leurs plateaux et qui me disaient en baissant la tête : Tu comprends, j’ai une femme et des enfants !"
Bedos devrait aller faire sa Revue de presse à Moscou. Pour voir.

11/08/2006

Une succession express

Denis Jeambar quitte la direction de L’Express. Personne n'a compris pourquoi. Roularta, le propriétaire belge qui, grâce à son aide, vient de racheter le célèbre hebdo à la Socpresse, est "tombé des nues". Bizarre. Ayant passé dix ans de ma vie dans ce journal, je sais qu'un aussi beau navire ne se quitte pas, comme ça, en pleine gloire…
C’est que la gloire, dans nos métiers, est relative. Voyez le sympathique et chaleureux communiqué publié par les journalistes de L’Express qui, expliquent-ils, "éprouvaient un profond besoin de renouvellement". Sic. Adieu Berthe. Ni fleurs, ni couronnes.
La presse est un univers impitoyable, où il arrive qu’un directeur et ses journalistes ne se parlent même plus. Jeambar était, comme dit sa bio, un "homme de l’écrit". Il ne lui manquait que la parole.
Bonne chance au successeur – même si le jeune Barbier, avec un nom pareil, était plutôt programmé pour diriger le Figaro !