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08/06/2010

Jean-Claude Charlet n'est plus

Charlet.jpgJean-Claude Charlet est mort. Longtemps journaliste à l’Yonne Républicaine, il avait publié quelques fort bons livres, dont un sur Colette la Vagabonde. J’avais déjeuné avec lui à Chablis, il y a un an, en compagnie de l’ami Pierre-Jules Gaye, autre ancien du journal. A Jean-Claude pétillant d’humour, j’avais commandé une biographie de l’abbé Deschamps pour les Editions de Bourgogne. Qui mieux que ce bouffe-curés pouvait reconstituer la bio du prêtre qui fonda l’AJ-Auxerre ? L’idée lui avait plu, mais il avait été très évasif quant à la possibilité de réaliser un projet d’aussi longue haleine. Il savait, lui, qu’il n’aurait pas le temps. Adieu l’ami.

01/06/2010

La retraite des journalistes

La retraite à 60 ans, en France, c’est un dogme immuable, un principe éternel, un symbole sacré. C’est ce qu’on entend souvent dans les médias, où les plus grands journalistes, éditorialistes et commentateurs savent de quoi ils parlent. Je pense notamment à Jean-Pierre Elkabbach (73 ans), Michel Denizot (65 ans), Alain Duhamel (70 ans), Catherine Nay (66 ans), William Leymergie (63 ans), Olivier Mazerolle (68 ans), Jean-Claude Narcy (72 ans), Michel Drucker (68 ans), Philippe Bouvard (81 ans), Etienne Mougeotte (70 ans), Philippe Alexandre (78 ans), Jean-François Kahn (72 ans), Christine Ockrent (66 ans), Patrick Poivre d’Arvor (63 ans), Claude Imbert (81 ans), Jean Daniel (90 ans), etc. Un dogme, un symbole, je vous dis !

 

 

06/04/2010

La fin du secret professionnel ?

Depuis le début de la crise des prêtres pédophiles, quand on évoque le secret de confession, il m’arrive de poser la question aux journalistes qui m’interrogent : si, dans le cadre d’une enquête sur le sujet, vous obtenez les confidences d’un pédophile sur ses pulsions ou ses pratiques, allez-vous le dénoncer à la police sitôt l’interview terminée ? Ce soir, sur France 2, Hervé Chabalier, patron de l’agence Capa, répond : oui, dans ce cas-là, le journaliste doit se faire délateur. Terrifiante certitude ! "Dans ce cas-là" : mais qui juge ce cas-ci et ce cas-là ? Et les médecins, alors ? "Dans ce cas-là", ils doivent aussi menotter leurs patients pédophiles et les traîner au commissariat ? Et si la société avait besoin du secret – médical, de confession, des sources – pour rester humaine ?

17/10/2009

Fils à papa

Je ne veux pas défendre outre mesure le jeune Sarkozy, mais l’acharnement des médias sur ce "fils à papa" me fait doucement rigoler. Car il n’y a pas un univers où sévit davantage le piston familial et l’atavisme héréditaire que… les médias ! Demandez donc à Arnaud Poivre d’Arvor, Laure-Anne Elkabbach, Stéphane Paoli, Fabien Namias, Catherine Barma, Laurent Le Lay, Axel de Tarlé, Dominique Chapatte, Laurence Nahon, Alexia Laroche-Joubert, Antoine de Caunes, Pierre Dhostel (né Bellemarre), Marie Drucker, David Martin, Valérie Alexandre, Jean-Michel Baylet, Jean Viansson-Ponté, Philippe Hersant, Alain de Chalvron, Pierre Limagne, Nicolas Beytout, Isabelle Brès, Jérôme Bernardet et tant et tant de signatures, plus ou moins célèbres, qui rappellent étrangement la génération précédente !

09/09/2009

Un prince du journalisme

Epenoux-vis.JPGChristian d’Epenoux nous a quittés. Il faisait partie de l’équipe des grands reporters de L’Express que j’avais rejoints en 1985 et qui m’avaient appris mon métier : les Christian Hoche, Arlette Marchal, Jacques Renard, Jean Leclerc du Sablon, Alain Louyot et autres, mi-baroudeurs, mi-intellos, ces aristos du journalisme qui n’avaient pas peur de couvrir guerres et révolutions, ni de lire des piles de livres avant d’aller sur le terrain. Christian connaissait l’Afrique comme sa poche. On l’appelait "le Baron", et pas seulement à cause de sa particule. Il était élégant. Elégant dans sa façon de travailler, dans son écriture, dans son comportement, dans ses amitiés. Il est parti brutalement. C’est la première fois qu'il est brutal. Adieu, Baron.

 

07/08/2009

J'ai été licencié

J’ai été licencié. A mon grand âge, cela n’arrive pas tous les jours. Depuis quelques années, j’étais pigiste occasionnel au Journal du Palais (groupe Forumeco) où je publiais, en dernière page, des "portraits" de personnalités bourguignonnes (en bas, colonne de droite sur ce blog). Mais le pdg du groupe a décidé que les pigistes coûtaient trop cher, et qu’il valait mieux s’en passer. Toujours ce vieux fantasme qui titille les patrons de presse : comment réussir à faire des journaux sans journalistes ? J’ai reçu hier mes indemnités de licenciement : 29 euros brut. Une fois déduites quinze retenues sociales diverses et obligatoires, mes indemnités de licenciement se montent donc à 23,27 euros. Je me demande déjà ce que je fais faire de tout cet argent.

16/01/2009

Dijon au coeur de la guerre

E Razavi en Afgh.jpg Ce soir, à 18h, présentation à Dijon d’un livre publié par les Editions de Bourgogne et intitulé : Manhattan, Kaboul, Beyrouth : DIJON AU CŒUR DE LA GUERRE. L’auteur, le grand reporter Emmanuel Razavi, qui passe sa vie entre l’Afghanistan, l’Irak et le Liban, est lui-même dijonnais. Qui mieux que lui pouvait décrire les interférences complexes qui existent entre une petite capitale provinciale très isolée de la fureur guerrière, et le reste du monde moderne qui gronde et qui menace ? Qui mieux que lui pouvait montrer qu’aujourd’hui, la France profonde est bien, qu’elle le veuille ou non, "au cœur de la guerre" ?

17/10/2008

L'indépendance en politique

Cotta.jpg "Passer de l’autre côté du miroir, pour un journaliste, est une expérience de choix, à défaut d’être nécessaire. Il y découvre qu’entre les deux camps opposés de la vie politique, il n’y a guère de place pour qui voudrait exercer son indépendance sans danger. (…) Le pire aspect des hommes politiques, au-delà des sourires, des sous-entendus, des bonnes paroles, ce qui fait les fait courir, c’est le pouvoir. Le pouvoir uniquement. La rage de le conquérir quand on ne l’a pas, la peur de le perdre quand on l’a..." Ce n’est pas moi qui parle, c’est Michèle Cotta qui introduit ainsi le tome II de ses Cahiers secrets de la Vè République (qui sortent chez Fayard). Ce n’est pas moi, donc, mais je signe, évidemment, des deux mains...

23/09/2008

Touche pas à ma promo !

Hier dans le 8è arrondissement, demain dans le 10è, Bertrand Delanoë invite les journalistes à couvrir ses réunions publiques, mais à une condition : pas de questions sur le PS ! La presse est là pour assurer la promo, pas l’info ! Chez Ruquier, samedi soir, le critique Eric Naulleau a osé dire à Gérard Jugnot que la fin de son nouveau film lui avait moins plu que le début : Jugnot, furibard, l’a littéralement insulté ! Comment ? Quelqu’un ose polluer la promo du film en donnant un avis nuancé ? Sur RTL, ne supportant pas que Jean-Michel Aphatie lui parasite son one-man-show avec des questions pointues, Bernard Tapie lui lance : "Vous êtes un connard !" La conclusion, c’est Michel Rocard, en promo dans les médias depuis soixante ans, qui la livre dans La Croix de vendredi : "Les médias nous pourrissent la vie !" Ben voyons.

10/06/2008

Un métier de seniors

Tout fout le camp. Même PPDA. Un par un, les seigneurs du PAF (devenus les seniors du PAF) cèdent la place, non sans s’y accrocher un max. C’est bien malgré eux que Serge July ne dirige plus Libé, que Jean-François Kahn a abandonné Marianne, que Philippe Gildas a quitté Canal, que Jean-Pierre Elkabbach ne dirige plus Europe 1. Il reste quelques papys qui font de la résistance : Drucker sur France 2, Bouvard sur RTL, Mougeotte au Figaro, Foucault sur TF1, Duhamel un peu partout et le couple Perdriel-Daniel, 160 ans à eux deux, à la tête du Nouvel Obs. La plupart de ces talentueux journalistes ont passé leur vie à expliquer que les hommes politiques, en France, restent décidément trop longtemps attachés à leurs mandats…

20/05/2008

Les retraités de mai 68

Encore une commémoration à laquelle je ne m’attendais pas : les 40 ans du magazine Notre Temps. Au cœur de l’événement sacré que fut Mai 68, tout entier à la gloire de la jeunesse, des journalistes catholiques du groupe Bayard lançaient la première publication pour les retraités. Au sommaire : "La vie commence à 60 ans". Plus ringard et plus décalé, tu meurs ! Or, Notre Temps a est une des rares créations de cette époque à avoir prospéré : quelle publication née en mai 68 peut revendiquer aujourd’hui, la bagatelle de 900.000 acheteurs ? Pour son anniversaire, Notre Temps a sondé les Français sur leurs seniors préférés, et donné la parole à Simone Veil et Nicolas Hulot. Je me marre : il doit être content, Hulot, d’être un senior !

06/05/2008

Après Elkabbach, Ardisson ?

Si vous passez par Europe1, rue François 1er, mettez un gilet pare-balles : ça flingue sec dans les couloirs ! Mais tendez l’oreille, aussi, et vous aurez les réponses aux questions que tout le monde se pose. Pourquoi Jean-Pierre Elkabbach n’a pas démissionné après l’affaire Sevran ? "Parce qu’il gagne environ 70.000 euros par mois, et qu’à son âge, il a peur de manquer". Pourquoi sa rédaction, déboussolée et humiliée, a renoncé à voter une motion de défiance contre lui ? Parce que si Elkabbach s’en va, le représentant de Lagardère Active, Didier Quillot, a l’intention de le remplacer par Thierry Ardisson, ce qui tétanise, visiblement, l’ensemble des journalistes !
Conclusion pratique : si Europe1 annonce soudain la mort de Thierry Ardisson, n'en croyez rien.

30/04/2008

Enquête sur les "médiacrates"

87868717e21b4ec518ea5f3ee44086eb.jpgParmi les livres qui analysent la crise de la presse en France, celui de Jean Nouailhac, intitulé Les Médiacrates (éd. L'Archipel), est impressionnant de précision et de justesse. Une citation parmi d’autres : "La plus grande partie de la presse française ne reflète que l’état d’esprit de ceux qui la font. (…) Tout ce qui dégrade la culture raccourcit le chemin qui mène à la servitude. ( …) Une société qui supporte d’être distraite par une presse déshonorée et par un millier d’amuseurs cyniques décorés du nom d’artistes, court à l’esclavage malgré les protestations de ceux-là même qui contribuent à sa dégradation". Le nom de l’auteur de ces lignes dira peut-être quelque chose aux jeunes journalistes : il s’agit d’Albert Camus.

29/04/2008

Plantu sauve l'honneur

En publiant son dessin d’Elkabbach dans Le Monde d'hier, Plantu a sauvé l’honneur de la presse. Dans cette désolante affaire, le divorce est frappant entre la liberté de ton de la blogosphère bruyante et hilare, et l’époustouflante discrétion de la presse classique sur la faute professionnelle du patron d’Europe 1 - lequel, dans un monde normal, aurait dû évidemment démissionner. Je ne parle pas des Morandini, Durand, Ruquier, Duquesne et autres excellents confrères d’Europe 1, tous décrédibilisés et contraints à avaler leurs micros et leurs chapeaux, mais des rédacteurs en chef des autres médias traditionnels - lesquels figurent parmi les 250 invités potentiels du beau Jean-Pierre, et font donc, depuis une semaine, comme s’ils n’avaient rien entendu. Au nom d’une éthique que je n’arrive pas bien à cerner…

26/04/2008

Elkabbach est mort !

Jean-Pierre Elkabbach est mort. Journalistiquement, bien sûr. Sur internet, des centaines de milliers d’internautes se passent et commentent l’annonce prématurée de la mort de Pascal Sevran sur ordre du patron d’Europe 1 qui n’avait pas recoupé son info. Une faute énorme, évidemment, qui décrédibilise la station pour longtemps, de la part d’un directeur qui attaquait récemment tous les sites et les blogs coupables de diffuser des infos non vérifiées ! Un stagiaire, un chroniqueur, un chef de service, un rédacteur en chef aurait été viré. Pour moins que cela, Olivier Mazerolle avait démissionné de la direction de France 2. Elkabbach, lui, reste impassible, accroché à son fauteuil. Pour combien de temps ? Vous le saurez en écoutant RTL...

17/04/2008

Zemmour à Dijon

77d5575a726a74d6eab637e32002970b.jpgBelle rencontre, hier, à Dijon, entre Eric Zemmour et une centaine d’amoureux du livre réunis par le Club des Ecrivains de Bourgogne. Journaliste depuis vingt ans, Zemmour est aussi un écrivain – lire, pour s’en convaincre, le début de son récent Petit Frère (éd. Denoël). Mais c’est la télé, où il excelle dans le rôle d'empêcheur de penser en rond, qui lui a donné sa notoriété. Sur la politique, le féminisme, le communautarisme, mai 68 ou l’humanitaire, Zemmour tient un discours libre, stimulant et courageux qui énerve le tout Paris politico-médiatique – lequel n’attend de lui qu’un écart, une erreur, pour écrabouiller l’infâme sous les horions du conformisme "politiquement correct".

02/10/2007

La trahison des médias

b1c6dc6c308b8e29eee1bd8409e88efd.jpgIl faut lire le dernier livre de Pierre Servent, La trahison des médias (Bourrin Editeur). Encore un journaliste confirmé, expérimenté, irréprochable, qui constate la terrible régression de ce métier dans une société médiatique arrogante et mercantile qui méprise la vérité, qui ignore la connaissance, qui se moque de l'exactitude, qui se gausse de tout scrupule, qui nivelle tout par le bas et refuse toute hiérarchisation des valeurs. Ses observations recoupent celles de Daniel Carton dans Bien entendu, c'est off (Albin Michel, 2003) ou celles que j'ai regroupées moi-même dans Paris n'est pas la France (Lattès, 2006). Mais les jeunes journalistes ont-ils encore le temps de lire ?

28/09/2007

Les deux infos du jour

Le monde va mal. L’actualité nous presse. Depuis ce matin, deux sujets dramatiques, vitaux, essentiels, nourrissent l’ensemble des médias, et non des moindres : une lettre de vacances d’Isabelle Balkany à sa copine Cécilia Sarkozy, que les journaux ont présentée comme une mystérieuse lettre d’amour envoyée à Sarko ; et une engueulade qui a opposé hier le présentateur de France 2 William Leymergie à l’un de ses collaborateurs, comme il s’en passe quotidiennement dans toutes les entreprises du monde.
Les "journalistes" qui révèlent, relaient, développent et commentent ces informations débiles se rendent-ils compte qu’ils sont les fossoyeurs de la presse ?

22/09/2007

Le Monde attaque

Les journalistes du Monde, dans leur ensemble, n’aiment ni Robert Hossein, ni Jean-Paul II. Des personnalités capables de rassembler plus de fidèles ou de spectateurs qu’il n’y a de lecteurs du Monde ne peuvent qu’être suspectes. Sus à elles, et par tous les moyens.
Vendredi, à l'issue de la générale, un journaliste du Monde a vu, comme tout le monde, les 2.700 spectateurs se lever pour applaudir le finale. Ce qui donne, le lendemain, dans la conclusion de son papier grincheux et tordu comme un scoubidou : un "spectacle modérément applaudi". Expression mensongère mais assassine : qui a envie d'aller voir un spectacle "modérément applaudi" ?
Il y a des coups de pied au cul qui se perdent.

24/05/2007

Femmes de ministres

Baroin n'est plus ministre. Borloo, si. Kouchner, itou. Marie Drucker est donc revenue à l'antenne. Béatrice Schönberg, non. Et Christine Ockrent fait de la résistance...
Que le PAF est conservateur, pour ne pas dire réac, au moins dans le service public ! Que des femmes journalistes doivent quitter leurs fonctions de présentatrices sur les chaînes de France Télévisions, simplement parce qu’elles sont mariées à des élus de la République, voilà qui ne cesse de m’énerver. Quand le syndicat SNJ-CGT de France 2 ose déclarer que le retour de Béatrice Schönberg au JT aurait "remis en cause la crédibilité d’une profession déjà tellement décriée", cela ne déclenche donc aucune protestation d’autres médias moins politisés ? Et les syndicalistes anonymes et machistes tout droit sortis du moyen âge médiatique, cela fait du bien à l’image de la profession, peut-être ?