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09/12/2007

La chasse au loup

Senan, vous connaissez ? C’est à la limite de la Puisaye et du Jovinien. Un peu à côté de nulle part. L’autoroute passe à côté, mais il n’y a pas de sortie. Hier soir, cent personnes se pressaient à la salle polyvalente de ce bourg rural pour écouter le journaliste Bruno de Cessole, rédacteur en chef à Valeurs Actuelles, parler de la chasse au loup dans le Morvan depuis Charlemagne. Saviez-vous qu’au XVIIIè siècle, on faisait frire des éponges pour que le loup les avale et s’étouffe ensuite à la première lampée ? Et que les loups, écolos ou pas écolos, referont leur apparition dans le Morvan avant 20 ans ? Questions, applaudissements, verre de l’amitié. Un grand moment. Ne croyez pas la presse britannique quand elle explique que la culture est morte en France !

08/12/2007

La mode des polémistes

La mode radiophonique est aux "polémistes". On prend trois ou quatre journalistes vaguement de droite ou de gauche, on agite le bocal et on tente de faire mieux que les Grosses Têtes ou la bande à Ruquier. La sauce prend rarement, car, au fond, ils pensent à peu près la même chose et, surtout, ils ne connaissent pas les sujets dont ils parlent. Exception faite pour le duo Jacques Marseille/Jean-François Kahn, le samedi sur Europe 1. Ces deux-là ont lu des livres, ils connaissent l’Histoire, ils travaillent leurs dossiers et ils ont juste la dose de mauvaise foi qui fait le sel de la dispute. Ce matin, Marseille expliquant que les Français ne devraient pas commercer avec les Italiens avant que ceux-ci fassent repentance du génocide perpétré par César à l’égard des Celtes, un régal !

Le quidam du TGV

Conversation inopinée avec un cheminot en civil dans le TGV. Il est conducteur, donc il voyage gratuitement en première. Il s’étonne qu’on puisse redouter les nouveaux préavis de grèves de la Rapt et de la Sncf : "On sait bien que la première semaine de grève fait un peu souffrir les usagers, que la deuxième gène les entreprises, et qu'avant Noël, ça gène les gens qui vont au ski…" Le type ne blague pas. Il vit dans sa bulle, comme tant d’agents du secteur public. Il ne sait pas ce qu’est une PME, un contrat, une livraison, un chèque à 30 jours, un mandat, un entretien d’embauche, un rendez-vous à l’hôpital, un abonnement au théâtre, une location à la montagne ! Il ne sait pas qu’une grève des transports est une vraie catastrophe pour des dizaines de milliers de pékins qui, eux, ne voyagent jamais dans le TGV en première !

07/12/2007

Ségo, le retour

acf28b9e4e0ed01acc9dbc33c02c8669.jpgSégo est de retour. Elle fait sa rentrée en publiant un livre, comme tous les dirigeants du PS. Un livre, c’est dix jours de promo à la télé, ce qui est inestimable, au prix où est la minute de pub à l’antenne. Le livre de Ségolène, en plus, est original : contrairement à tous les autres, il ne dit aucun mal de Ségolène Royal ! Cette femme est déconcertante. Elle est arrogante, brillante et encombrante. Elle ne doute de rien - et certainement pas d’elle-même. Elle avait fait une petite pause après la victoire de Sarko, bon, et puis elle a repris sa campagne. Je ne voudrais pas être au PS aujourd’hui : c’est sûr, elle est repartie pour cinq ans !

06/12/2007

Merci Arlette Chabot

Après six mois d’inanité, ce soir, sur France 2, retour aux bons vieux débats politiques comme on les aime, gauche contre droite, et laissez-moi vous répondre, et je ne vous ai pas interrompu. Avec des invités modernes qui ont remplacé Lang, Bayrou et Le Pen : Henri Guaino, le gourou bourru de Sarko, tellement content d’être là ; Olivier Besancenot, fidèle aux Postes, le coupe-papier entre les dents ; Julien Dray, de plus en plus penché en avant, entraîné par le poids du réel ; une petite nouvelle au prénom improbable (au Modem, ceux dont on connaît le nom sont tous passés chez Sarko) ; un journaliste du Nouvel Obs au débit incompréhensible ; et, pour ne pas rompre avec les fondamentaux, Alain Duhamel, le seul qu’on retrouve aussi sur les images d’archives en noir et blanc. J'adore.

05/12/2007

Marre de Jingle Bell

Je hais James Pierpont. James Pierpont, c’est le type qui a créé Jingle Bell. Il est mort en 1893 : dommage pour ses héritiers qui ne touchent plus de droits sur cette ritournelle obsédante qui emplit, six semaines avant Noël, tous les hypermarchés, les rues commerçantes, les ascenseurs d'hôtel et les écrans publicitaires de toute la planète. Symbole de la consommation de masse, des cadeaux obligatoires, de la fête conventionnelle, de la gourmandise programmée, des jouets stupides importés d'Asie, des caddies pleins de trucs inutiles et polluants !
Je ne peux plus entendre ce Jingle bells, jingle bells, jingle all the way, qui recouvre, occulte, empoisonne et sature la fête de Noël, la vraie. Marre de Jingle Bell ! Je craque ! Que ceux qui, une fois dans leur vie, ont séjourné aux Etats-Unis au mois de décembre me jettent la première pierre…

04/12/2007

Le pluralisme à la Russe

Un jour que j’interviewais Mikhaïl Gorbatchev à Moscou en peine perestroïka – ce devait être en 1989 – et que j'évoquais devant lui l'idée du pluralisme politique, le secrétaire général du Parti communiste d’URSS, futur président de l’URSS, m’avait fait une drôle de réponse : "Un autre parti, répondit Gorby, mais oui, pourquoi pas ?" Le pluralisme, pour un Russe formé à l’école du communisme soviétique, c’est cela : un autre parti, si possible créé par le pouvoir en place, qui constitue l’opposition officielle. Poutine a hérité de cette conception très spéciale du pluralisme. Après tout, le tout-puissant président russe nomme à tous les postes, il peut bien nommer aussi son opposition !
J’entends Sarko qui rigole…

03/12/2007

Changement d'époque

La vie politique change. Les révélations de Ségolène sur son plantage entre les deux tours des présidentielles, portable en main, en bas de l’immeuble de Bayrou, sont à l’aune du pêcheur traitant, de son balcon, le chef de l’Etat d’ "enculé". La seule différence, pour l'anecdote, c’est que le petit Nicolas a rétorqué "Descends !" à son contestataire, alors que Bayrou a lancé "Ne montez pas !" à la candidate du PS.
Mais les deux récits sont sacrément révélateurs d’un changement d’époque : imagine-t-on le général de Gaulle planqué dans sa voiture en espérant que Lecanuet lui ouvre sa porte, ou Valéry Giscard d'Estaing défiant pour une castagne un type l'ayant traité d’enculé ?
O tempora, o mores, bordel !