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11/01/2009

L'Express, n° 3001

L’Express de cette semaine, n° 3001, consacre 92 pages à une rétrospective des 52 années d’existence de ce magnifique hebdo auquel j’ai donné, quand même, dix ans de ma vie. Or, curieusement, je ne me retrouve aucunement dans cette plongée en arrière. Tout sur l’Algérie, JJSS, Kennedy, de Gaulle, Ben Barka, Defferre, la pilule. Mais rien sur Mandela, Walesa, le sida, la chute du Mur, la fin de l’URSS, la réunification de l’Europe. Les années 1981 à 2007, soit un quart de siècle, presque entièrement zappées ! Est-ce parce que cette période, agitée et plutôt glorieuse, a tout juste précédé celle dont s’honorent, c’est humain, les journalistes d’aujourd’hui ? Ou est-ce que les 26 années de la gouvernance Mitterrand-Chirac ont été, réellement, une parenthèse sans intérêt historique ?

08/01/2009

Katyn, un détail ?

Je ne comprends pas bien l’affaire "Katyn". Pourquoi le film d’Andrzej Wajda sur le massacre de Katyn, qui fut un des plus grands crimes communistes de l’histoire contemporaine, n’est toujours pas distribué en France ? Parce que Wajda s’est montré financièrement trop gourmand, comme une rumeur fielleuse commence à se répandre ? Ou, plus vraisemblablement, parce que le petit monde culturel français est incorrigible et continue de penser, depuis Staline, que 15.000 officiers polonais abattus d’une balle dans la nuque par le NKVD en mars 1940, c’est un détail ? Que Katyn bloque, en France, au moment même où l’hagiographie du "Che" est projetée jusque dans les plus petites salles de la province profonde, voici qui laisse songeur…

30/11/2008

Ils ont changé le siècle

Vous allez le voir en promo, ces prochains jours, dans toutes les émissions de télé : Claude Allègre, le célèbre et ingérable ami de Lionel Jospin, sort un livre intitulé Figures de proue sur les cinq personnages qui, selon lui, ont "changé le siècle" : Nehru, de Gaulle, Mandela, Deng Xiaoping et Gorbatchev. Pourquoi ceux-là ? D’accord pour le général de Gaulle. Passe encore pour Mandela, mais pourquoi lui et pas Soljenitsyne ou Walesa ? Limite-limite, Nehru, qui a moins "marqué le siècle" que Gandhi. Mais pourquoi les deux autres ? Staline et Khrouchtchev, Ben Gourion et Senghor, Churchill et Mao, Jean XXIII et Jean-Paul II, ont bien davantage influé sur leur époque que Deng et Gorby, qui en ont, au mieux, subi les convulsions !

22/11/2008

Les fauteuils du cardinal

sacre_napoleon.jpgDéjeuner à l’archevêché de Lyon, à Fourvière, avec Philippe Barbarin, primat des Gaules, qui fêtait le dixième anniversaire de son ordination épiscopale. Autres invités : François-Régis Hutin, Michel Camdessus et quelques autres. Avant de passer à table, dans le salon, quelqu’un fait remarquer au cardinal que ses fauteuils rouges brodés sont un peu ringards. "Impossible d’en changer la tenture, explique Barbarin : ces fauteuils sont tapissés avec des morceaux du manteau que portait Napoléon Ier le jour de son sacre !" Les fauteuils avaient été offerts à Joseph Fesch, lointain prédécesseur de Barbarin et, accessoirement, oncle de Napoléon Bonaparte. Respect.

15/11/2008

Michel Quint à Dijon

M Quint - 0.JPG Le Club des Ecrivains de Bourgogne recevait à Dijon, hier soir, le romancier Michel Quint, pour la sortie de son livre Max (Perrin). Prof de théâtre, ce ch’ti du Pas-de-Calais a décollé, en l’an 2000, avec son magnifique et tout petit roman Effroyables jardins, (Joelle Losfeld), 25 traductions étrangères, 1 million d’exemplaires vendus. Ses romans policiers ont pour toile de fond le procès Papon, la Résistance, la guerre d’Algérie, la tuerie des JO de Munich en 1972. Sa dernière intrigue se greffe sur l’arrestation de Jean Moulin en 1943. Que du lourd. Que de l’humain, aussi. Le succès de Quint tient à sa façon de rappeler que l'histoire, c'est d'abord des hommes. Une très belle soirée. Merci Michel.

11/11/2008

1914-18, le grand tournant

Formidable, le film de Jean-François Delassus, sur France 2, sur la guerre 14-18 ! Et plein d’enseignements. Tant de violence, de souffrance et d’absurdité font mieux comprendre qu’après cette boucherie insensée, des millions de gens se soient mis à l’écoute de ceux qui, en Russie, en 1917, avaient stoppé la guerre et renversé l’ordre l’ancien. Il fallait, d’urgence, changer le monde – et qu’importe que la lueur qui rougeoyait à l’est fût mirage ou brasier ! Sans la guerre 1914-18, il n’y aurait jamais eu le communisme. Et sans le communisme, le nazisme ne serait jamais arrivé au pouvoir en Allemagne. La première Guerre mondiale, qu'on a aussi appelé le "suicide de l'Europe", fut, et de loin, l’événement le plus important de l’histoire moderne.

27/10/2008

Il y a 27 ans, Chirac...

Je me régale à la lecture des Cahiers secrets de Michèle Cotta (Fayard). Revivre la période 1979-1981, qui a abouti à la défaite de Giscard aux présidentielles, est passionnant et… terrifiant. La journaliste raconte comment un homme, un seul, contre toutes les pesanteurs et évidences politiques, a fait basculer l’Histoire de France : Jacques Chirac, ex-premier ministre de Giscard, aussi dynamique que vindicatif, aussi vibrionnant qu’incohérent, a tout fait - vraiment tout ! - pour faire battre le président sortant, que tout le monde donnait encore vainqueur quatre mois avant le scrutin. Bête politique plutôt qu’homme d’Etat, Chirac croyait réellement que la défaite de VGE créerait une période de troubles qui le porterait à l’Elysée en 1983. Résultat : quatorze ans de présidence Mitterrand !

13/05/2008

La commémoration sans fin

En ce 13 mai 1958, constatons que certaines commémorations ne donnent pas lieu à un grand ramdam : personne ne se rappelle comment est née la Ve République, alors que cet anniversaire est autrement plus important que celui de mai 68. Il faut dire que les émeutiers d’Alger ne sont pas majoritairement à la tête des médias français ! Ainsi va notre cher et vieux pays, à dévider ses souvenirs en écoutant Radio Nostalgie : après mai 68, Coluche, puis Marchais, puis les 60 ans d’Israël, les 30 ans de Kolwezi. les 20 ans d’Ouvéa… L’anniversaire le plus grand, le plus beau, le plus facile aussi, étant le premier anniversaire de l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée : celui-là, au moins, les journalistes peuvent en parler des journées entières sans ouvrir le moindre livre d’histoire !

05/05/2008

Mai 68, suite et fin

La grandiose commémoration de mai 68 s’achève, à peine commencée. Trois ou quatre témoignages en boucle (Cohn-Bendit, July, Weber), de vieilles photos en noir et blanc, 71 livres fort peu vendus, et basta. Je résume l’événement : un fonctionnaire de police trop zélé a donné à plusieurs groupuscules gauchistes partisans du communisme au Vietnam l’occasion de quelques manifs antipolicières violentes (une soixantaine d’heures au total) et d’un sympathique défoulement estudiantin, sociétal et sexuel, avant que les syndicats institutionnels ne récupèrent le truc pour forcer un gouvernement gaulliste paniqué à augmenter le SMIC de 35 %. Tout ça pour ça. On va voir si le cinquantenaire de mai 1958 - une date autrement plus importante pour notre pays - donne lieu à autant de fastes médiatiques…

28/11/2007

Droit d'inventaire

Excellent "Droit d’inventaire" sur France 3, ce soir. La télé peut aussi être passionnante. Mais qu’il est difficile d'évoquer les pires moments de notre Histoire ! Ainsi sur la Shoah : bien sûr que les Alliés savaient ! A partir de l’été 1942, les informations sur l’extermination des juifs, pour incroyable qu’elle fussent, étaient avérées. Max Gallo et BHL ont bien tenté d’expliquer que Churchill et Roosevelt, jusqu'en 1945, ont considéré la question juive comme secondaire. Mais pourquoi ni Gallo ni BHL n’ont évoqué la conférence internationale des Bermudes, en avril 1943, où Américains et Britanniques ont fait admettre collectivement, sciemment, cyniquement, qu’il ne fallait pas porter secours aux juifs ? Soixante-cinq ans après, on n’ose pas encore regarder la réalité diplomatique en face ?

08/11/2007

Bye bye Lénine !

daee2d05839fdd451a54655115625d33.jpgHier soir, à Dijon, première édition des "Rencontres littéraires" de l’hôtel La Cloche, organisées par le nouveau Club des Ecrivains de Bourgogne (Didier Cornaille, Pierre Fyot, Eve Vincenot, Jean-Pierre Soisson, Gérard Gautier, Lucette Desvignes, Jean-Louis Voisin, Jean-Luc Barré, etc). Invité : Vladimir Fedorovski. Thème : la Russie de Staline à Poutine. Prétexte : le 90è anniversaire de la révolution d’Octobre. Tiens, c’est vrai, voilà un anniversaire "rond" qu’on a peu célébré, en France, ce 7 novembre. Serait-il possible que les Français se détachent enfin de cet événement fondateur qu’ils ont si longtemps révéré ? Enfin une bonne nouvelle ?

05/11/2007

Le boulier déboule

La ministre Valérie Pecresse (son nom s'écrit sans accent) multiplie les réunions pour réformer, aménager, améliorer les cursus universitaires. Stupéfaction d'un prof d'histoire qui, au cours d'une de ces séances de travail, découvre qu'on propose désormais, au premier semestre de la première année de la licence d'histoire, un nouvel enseignement : "Apprentissage du français". On imagine, en effet, que ce cours sera particulièrement utile à des étudiants qui vont lire des livres anciens, plonger dans les archives, rédiger des mémoires...
Pourquoi ne pas insérer dans les programmes de la licence de maths un cours de "Tables de multiplication, calcul mental, pratique du boulier" ?

02/11/2007

Deux livres d'Histoire

c32bfa7331f52b02eb2138a5b3ebace8.jpgMagnifique cover du magazine Pèlerin, en ce week-end de la Toussaint, présentant en avant-première les mémoires du cardinal Etchegaray. Ancien patron des évêques de France, ancien archevêque de Marseille, Etchegaray fut pendant deux décennies l’homme auquel Jean Paul II a confié sa politique en faveur des droits de l’homme. Voilà un homme dont la vie est édifiante – comme celle de Simone Veil, qui sort aussi ses mémoires cette semaine. Il est des personnalités attachantes, voire admirables, que le destin a transformées en livres d’Histoire pour les générations à venir. Pourvu que les jeunes se détournent quelques heures de la Star Ac pour se plonger dans ces deux livres !

23/10/2007

Guy Môquet (suite)

Oublions les basses polémiques. L’affaire de la lettre de Guy Môquet nous a valu de lire, dans les journaux, nombre d’autres lettres terribles et magnifiques, écrites par de jeunes résistants du même âge promis au même sort. Ce qui nous a rappelé deux choses :
- que l'humanité régresse car dans les sales guerres d’aujourd’hui, il est rare qu'on laisse les prisonniers écrire tranquillement à leurs parents ;
- qu’un gamin de 18 ans, à l’époque, savait manier noms, verbes et adverbes pour construire des phrases ayant du sens, voire de l’élégance. Aujourd’hui, ces jeunes enverraient un SMS du genre : Mom, Dad, G V mourir, C dur de vou kiT, G vou kif !!

16/04/2007

Adieu à René Rémond

René Rémond était un maître. En histoire et en tolérance. En engagement chrétien et en ouverture aux autres. Comme beaucoup, je l’ai eu comme prof à Sciences Po, mais j’ai eu la chance de le côtoyer souvent, de colloques en salons du livre, de plateaux télé en cénacles cathos, des colonnes de La Croix à ma très modeste Histoire illustrée de la Droite française, qui lui devait beaucoup, naturellement. Nous étions devenus sinon amis – je n'ose dire le mot – au moins complices. En 2001, quand un groupe d’ex-giscardiens m’avait demandé de monter un colloque au Sénat sur le septennat de VGE, j’étais allé trouver René Rémond et il avait aussitôt accepté de prendre la présidence du barnum. Avec une simplicité exemplaire, une culture inépuisable, une curiosité touchante et une véritable gourmandise pour toute nouvelle aventure mêlant l’histoire et la politique.

13/12/2006

Il y a 25 ans, Jaruzelski...

Dîner, ce soir, chez l'ambassadeur de Pologne avec Paul Thibaud, Michel Wiewiorka, André Bergeron, Alexander Smolar et quelques autres témoins de l'époque. Il y a 25 ans était brutalement instauré l' "état de guerre" en Pologne. Aux ordres du Kremlin, le général Jaruzelski déclarait la guerre à son propre pays, coupable de rebellion générale contre le régime communiste. Walesa, Geremek, Michnik et 4.000 autres responsables de Solidarnosc avaient été arrêtés dans la nuit. La Pologne était coupée du monde extérieur. Le monde entier - l'Europe, en tout cas - retenait son souffle. Interrogé sur Europe 1 sur ce que la France allait faire, le ministre français des Affaires étrangères, Claude Cheysson, répondait au micro de Jean-Marie Lefebvre : "Evidemment, rien !"
Encore un anniversaire que la presse n'a pas beaucoup célébré. Dommage.

12/10/2006

En prison, les historiens !

Ils devraient avoir honte, les députés qui, ce matin, ont voté en faveur de la proposition de loi socialiste visant à criminaliser tous ceux qui pourraient ne pas voir un "génocide" dans le massacre des Arméniens par les Turcs en 1915. Bien sûr qu'il s'agit d'un génocide ! Mais qui ne voit que cette désolante initiative est bassement électoraliste (les Français d’origine arménienne sont environ 500.000) à un an des législatives ?
Tout historien a le droit, sur n’importe quel épisode de l’Histoire, y compris la colonisation ou la Shoah, de remettre en cause les idées reçues, l’interprétation de ses confrères, ou ce qui s’écrit dans les manuels. C’est le bon sens, mais c’est aussi la clef de tout progrès scientifique : en histoire comme en physique, on n’avance qu’en doutant de ce qui paraît acquis.
Pourquoi ne pas proscrire aussi, sous peine de prison, toute critique visant le général de Gaulle ? Ou Mitterrand ? Ou moi ?

16/08/2006

Grass, adieu !

Joseph Ratzinger, Günter Grass. L’un et l’autre avaient 12 ans au début de la guerre et portèrent, bien obligés, l’uniforme des Jeunesses hitlériennes. La différence (contrairement aux propos bienveillants d'Adam Michnik rapportés par Le Monde d'aujourd'hui), c’est que le premier refusa, en 1944, d’être enrôlé dans les Waffen SS alors que le second s’y engagea avec enthousiasme.
Gardons-nous de juger avec nos yeux d’aujourd’hui les motivations d’adolescents allemands pris dans la tourmente nazie. Peut-on néanmoins estimer que Günter Grass, la grande conscience de la gauche européenne, n’aurait jamais obtenu le prix Nobel de littérature s’il n’avait pas sciemment caviardé son CV ? Et qu’il aurait pu se dispenser, pendant toutes ces années de mensonge, de donner des leçons de morale politique à la terre entière ?

07/06/2006

Les 70 ans du Front popu

Le Front populaire ! 70 ans déjà ! Emouvant anniversaire ! Rappelez-vous : les chansons de quartier, les congés payés, la gauche généreuse et mythique !
La générosité, parlons-en : le couple Ruquier-Mergault, hier soir, sur France 3, aurait bien voulu ressusciter en live les chansons de l’époque, mais les artistes invités à venir les reprendre en chœur ont (presque) tous décliné l’offre : on ne se déplace plus sur un plateau de télé, maintenant, quand on n’est pas en promo !
Le mythe, parlons-en aussi : qui dira que les congés payés ne figuraient aucunement dans le programme du Front populaire, mais qu’ils ont été imposés plus tard, presque inopinément, par les grévistes en colère contre Blum ? Et qui rappellera que les Alsaciens et les Lorrains connaissaient déjà les congés payés, ceux-ci ayant été inventés en Allemagne en… 1905 ?