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02/07/2008

Le degré zéro de l'info

Le degré zéro de l'info, c'est cette actu brûlante, disséquée, reproduite à l'envi et débattue sur les sites les plus sérieux, du Monde à Rue89, à savoir la vidéo de l’échange qui précéda l’interview de Sarko sur France 3 lundi soir. Six minutes de rien. De moins que rien. D'abord, Sarko s'étonne que le technicien de France 3 ne réponde pas au salut du chef de l'Etat - comme quoi le militant est mal élevé, bon, ce n'est pas original. Ensuite Sarko appelle Gérard Leclerc "Monsieur Clerc", car il sait, lui, que le chef du service politique de France 3 est le frère de Julien Clerc. Enfin il suggère qu’on aborde dans l’interview le drame de Carcassonne, ce qui permettra, en effet, de faire de l’info sur un vrai sujet. Parce que cette vidéo volée qui fait tant de buzz pour rien, franchement, c’est - pour paraphraser Hugo - la fiente du débat démocratique.

28/06/2008

Télé : la ruse de Sarko

Je rigole en écoutant tous les commentateurs s’épuiser à disséquer l’annonce par Sarkozy qu’il nommera lui-même le pdg de France Télévision. Aucun, semble-t-il, n'a flairé la ruse du chef. Je peux, moi, vous révéler la vérité. Suivez mon raisonnement : Sarko, c'est connu, n'est bon que si on lui résiste ; or la télé privée est dirigée par des gens qui sont tous des copains à lui ; reste la télé publique, mais le CSA étant entièrement à droite, il ne peut nommer qu’un homme de droite à sa tête ; le président a donc imaginé de contourner le CSA pour nommer… un homme de gauche ! Un opposant, un vrai, un pur et dur ! Un qui le critique franchement, un Hollande, un Besancenot, un Noah, un qui l'exècre et que lui-même, si possible, ne peut pas sentir : Sarkozy retrouvera alors le punch des débuts, il sera étincelant et sera triomphalement réélu en 2012. Cqfd.

23/06/2008

Paradoxes jubilatoires

Il y a, dans l’actualité, des paradoxes jubilatoires et terriblement révélateurs. Ainsi, avez-vous noté la passion avec laquelle tous les élus verts et écolos de notre beau pays défendent soudain les bases militaires qu’ils ont vouées aux gémonies depuis des décennies ? L’acharnement avec lequel tous les idéologues de l’anti-publicité protestent contre la suppression de la pub sur France Télévision ? L’obstination avec laquelle nombre d’artistes engagés à gauche exigent des sanctions contre ces salauds de jeunes qui pompent gratuitement leurs œuvres sur internet ?
Et le quasi-boycott des économistes qui tentent désespérément d’expliquer que la hausse du prix du pétrole est le meilleur moyen de lutter contre le réchauffement climatique ?

28/05/2008

Rodrigue as-tu du...

Lors d’un jeu télévisé, mardi, l’animateur Jean-Luc Reichmann interroge une candidate :
- Quelle est la suite du vers "Rodrigue, as-tu du…" ?
- …du feu ?
L’animateur :
- Oh la la ! Allons ! "Rodrigue, as-tu du…"
Le public :
- "…cœur !"
La candidate, pas gênée :
- Excusez-moi, je sors d’un bac littéraire, alors !
L’animateur prend alors l’accent de Marseille :
- ...et vous ne connaissez pas Marcel Pagnol, sa fameuse partie de cartes ?
Il y a des jours où on regrette de ne pas regarder la télé plus souvent.

08/05/2008

Trostky chez les "people"

842c96ed7fe86af3e62178481281688d.jpgAprès cette "sacrée Arlette", après "ce bon vieux Georges", voici "Olivier, gendre idéal". Besancenot sera chez Drucker dimanche : pour les médias, on dirait que c’est l’événement de la semaine. Alors que Philippe Bouvard l’avait déjà invité aux "Grosses Têtes", et que le jeune trotskiste est déjà passé dans toutes les émissions de télé imaginables ! Il faut croire que Drucker a un excellent service de presse. La seule question est de savoir si le leader de la LCR sera interrogé sur son programme politique aussi radical qu’insensé, qui amènerait à faire de la France, en quelques mois, une deuxième Corée du Nord. Et Drucker, il ferait quoi, comme métier, en Corée du Nord ?

02/05/2008

Ce bon vieux Georges !

La télé lave plus blanc. Après cette sacrée Arlette, ce bon vieux Georges : l’émission consacrée à Georges Marchais, hier soir, sur France 2, fut un nouvel exemple de révisionnisme télévisuel par omission nostalgique. Qu’il était sympa et malin, le chef du Parti communiste français ! Demandez à Duhamel et Elkabbach ! Un homme proche du peuple, roublard, d’une mauvaise foi délicieuse, qui avait compris, avant les méchants gaullistes et les horribles énarques, que la télé était un formidable outil de communication ! Pas un mot sur le soutien au système le plus mensonger de l’Histoire, l’archaïsme criminel d’une idéologie brutale et totalitaire, les fusées SS-20 pointées sur l’Europe occidentale, le goulag et les hôpitaux psychiatriques, la condamnation de Soljenitsyne et Sakharov, etc, etc. Nostalgie, quand tu nous tiens !

25/04/2008

La voix de la France

Pour regrouper les chaînes françaises émettant vers le reste du monde (France24, RFI, TV5) la marque "France Monde" était bien trouvée. Sauf que l’avocat Gilbert Collard, au nom d’une obscure ONG qui a France et Monde dans son intitulé, exige 15 millions d’euros à la holding publique dirigée par Alain de Pouzilhac (c’est-à-dire au contribuable) pour céder ce nom pourtant banal. 15 millions d’euros ! Y en a qui se mouchent pas du pied, comme on disait jadis dans ma campagne. Aux dernières nouvelles, la "voix de la France" s’appellera donc "Audiovisuel extérieur de la France". Un nom aussi fort, aussi poetique, c’est sûr, personne ne le revendiquera. Pourquoi pas "Organisme mondial télévisuel commun" ou "Emissions françaises horizon universel lointain francophone" ?

23/04/2008

Le plus grand des menteurs

Excellente soirée "Mitterrand", hier, sur France 2. Ce n’est pas Spaggiari qui fit le "casse du siècle", c’est Mitterrand, l’homme qui mit la main, à coup de mensonges énormes, et pendant quatorze ans, sur la France ! François Mitterrand n’aurait jamais été élu président de la République – et à plus forte raison réélu – s’il n’avait pas méticuleusement menti du début à la fin de son histoire : sur son passé d’extrême-droite, sur son engagement à Vichy, sur sa francisque, sur ses rapports avec Bousquet, il a menti comme, plus tard, sur son alliance de gouvernement avec les communistes, sur sa fortune (sur laquelle on n'a pas encore tout dit), sur sa maladie, et, bien sûr, sur sa seconde famille. Niquer à ce point le PS, la gauche, les journalistes et les électeurs, c'est un cas unique dans l'histoire moderne. Chapeau, l'artiste.

17/04/2008

Zemmour à Dijon

77d5575a726a74d6eab637e32002970b.jpgBelle rencontre, hier, à Dijon, entre Eric Zemmour et une centaine d’amoureux du livre réunis par le Club des Ecrivains de Bourgogne. Journaliste depuis vingt ans, Zemmour est aussi un écrivain – lire, pour s’en convaincre, le début de son récent Petit Frère (éd. Denoël). Mais c’est la télé, où il excelle dans le rôle d'empêcheur de penser en rond, qui lui a donné sa notoriété. Sur la politique, le féminisme, le communautarisme, mai 68 ou l’humanitaire, Zemmour tient un discours libre, stimulant et courageux qui énerve le tout Paris politico-médiatique – lequel n’attend de lui qu’un écart, une erreur, pour écrabouiller l’infâme sous les horions du conformisme "politiquement correct".

07/03/2008

Le secret des Enfoirés

Dingue. Inouï. Du jamais vu à la télévision française depuis plusieurs décennies : des vedettes, des vraies, des connues, des qui passent à la télé, chantant avec d'autres les chansons des autres... Mais jusqu’où ira la nostalgie des sixties ? Le concert annuel des "Enfoirés", ce soir, a prouvé que la télé pouvait encore offrir, en 2008, le spectacle d’artistes sympas et talentueux montant un spectacle collectif fait de générosité, de complicité et d’humour. Les Restos du Coeur ressuscitent la télé d'antan, dites donc : ni promo, ni solo, ni ego ! Pour les plus jeunes, qui n’ont peut-être jamais rencontré ce mot, "collectif" veut dire "en groupe", "ensemble", "à plusieurs". Dingue, je vous dis.

21/02/2008

Christine au bûcher !

On a le droit d’aimer ou de ne pas aimer Christine Ockrent, mais tous les professionnels de la presse savent qu’elle est compétente, intelligente et bosseuse. Peu de journalistes pouvaient prétendre, comme elle, à diriger la nouvelle holding regroupant France 24, TV5-Monde et Radio France Internationale. En tout cas aucun des camarades délégués de l’Intersyndicale de TV5, du SNJ-CGT de France 3, de la CFDT-Médias ou de la SDJ de RFI, qui lui font le même procès en sorcellerie qu’ils avaient fait, l’an dernier, à Béatrice Schönberg. L’une vit avec Kouchner, l’autre avec Borloo, et alors ? Dites, les syndicalistes, et si, une bonne fois pour toutes, on se fichait complètement de savoir qui couche avec qui ?

09/02/2008

La Tsar Academy

Le niveau des candidats, cette année, est franchement décevant. Gonzague, Philippe, Dominique, Michaël, Alain et Gilles ont tous été rejetés par le jury lors du prime de jeudi, qui a été un désastre. Niveau trop faible. Audimat en chute libre. Je parle, bien sûr, de l’élection à l’Académie française, qu’on a le droit d’appeler la Tsar Academy quand Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuelle, tente d’attribuer le fauteuil du regretté Henri Troyat. Comment rajeunir cette vénérable institution à dominante littéraire quand les vedettes de la télé sont les seuls, aujourd'hui, à vendre des livres ? Et quand les vrais représentants de la culture française contemporaine, de Johnny à Bigard, de Djamel à Cauet, de Jenifer à Arthur, ne savent pas ce qu’est un dictionnaire ?

23/01/2008

Faux débat chez Fogiel

Tombé par hasard, chez Fogiel, sur un "débat" totalement biaisé sur l’avortement. A ma gauche une sorte d’Angela Davis (médecin et noire), à ma droite une femme issue de la famille Le Quesnoy (bourgeoise et blanche) accusée d’emblée, sans doute pour la mettre à l'aise, de n’être entourée que de militants FN. Après quelques échanges imbéciles à force d’être réducteurs, c’est Fogiel qui tranche, brutalement : "les médecins" et "l’Union européenne" ont décidé qu’un embryon n’était pas un enfant, point barre ! Regard méprisant vers celle qui n’a rien compris. En bas de l’écran, un SMS : "Font chier ces catho !" (sic). Comme si la biologie, le droit et l’invective suffisaient à épuiser le sujet. Vous avez déjà entendu, vous, une femme enceinte expliquer qu’elle attendait "un amas de cellule" ?

06/12/2007

Merci Arlette Chabot

Après six mois d’inanité, ce soir, sur France 2, retour aux bons vieux débats politiques comme on les aime, gauche contre droite, et laissez-moi vous répondre, et je ne vous ai pas interrompu. Avec des invités modernes qui ont remplacé Lang, Bayrou et Le Pen : Henri Guaino, le gourou bourru de Sarko, tellement content d’être là ; Olivier Besancenot, fidèle aux Postes, le coupe-papier entre les dents ; Julien Dray, de plus en plus penché en avant, entraîné par le poids du réel ; une petite nouvelle au prénom improbable (au Modem, ceux dont on connaît le nom sont tous passés chez Sarko) ; un journaliste du Nouvel Obs au débit incompréhensible ; et, pour ne pas rompre avec les fondamentaux, Alain Duhamel, le seul qu’on retrouve aussi sur les images d’archives en noir et blanc. J'adore.

21/11/2007

Attention, chef d'oeuvre

On dit : la télé, c’est nul. Et puis on doute : la télé, peut-être que c’est forcément nul. Et un jour, on tombe sur un chef d’œuvre. Une perle. Comme l'émission de ce soir évoquant, sur France 2, les 15 ans de la mort de Michel Berger, avec une France Gall sexagénaire et émouvante qui n'a pas chanté une seule fois, laissant les Johnny, Voulzy, Jonas, Chedid, Françoise Hardy, Roch Voisine, Vanessa Paradis et autres Christophe se dépasser, au nom de l'amitié, dans le répertoire Gall-Berger. Quelques jeunes : Amel Bent, Christophe Willem, et surtout Diam’s, époustouflante dans sa version de Laissez passer les rêves. Un immense décor de coulisses, un bric à brac de souvenirs et de délicatesse, un montage au rasoir, un armée de caméras intelligentes et pudiques. Une émotion simple et pure.
La télé, cela peut être aussi cela ? Encore ! Encore !

13/11/2007

Le cardinal et la starlette

Excellent portrait du cardinal Etchegaray en dernière page du Figaro d’aujourd’hui. Huit jours après la sortie de J'ai senti battre le coeur du monde, on peut dire que le vice-doyen du Sacré collège a eu une presse d’enfer. Il a même été invité par Michel Denisot sur Canal +, alors qu’on sait bien que la télé a horreur des vieux parce qu’ils sont trop lents. Et qu'ils sont rarement "tendance", surtout quand ils portent soutane. Sur un plateau télé, face à un homme d’Eglise, il y a toujours une starlette qui montre ses fesses pour braver le représentant de l’obscurantisme – la fille de la météo, ce soir-là, n’a pas failli à la règle. Mais quand le cardinal a quitté le studio, il a été ovationné par le pubic !

14/10/2007

Fin du débat politique

D’émissions politiques en débats télévisés, la culture médiatique régresse spectaculairement. Naguère, journalistes et hommes politiques échangeaient des arguments, plus ou moins développés, de préférence en deux parties. Depuis une dizaine d’années, on se dispute à coup de "petites phrases" qui dispensent de lire textes de loi ou articles de fond. Aujourd’hui, on organise débats et polémiques autour de simples mots, qu’on utilise comme des balles de revolver : "dégueulasse", "petit con", "rupture", "ouverture", "faillite", "ADN", "détail", etc. D'où cette manie de couper toute parole intelligente au bout de 45 secondes. D'où cette tendance à donner la parole à qui n'y connait rien. On fait l’impasse sur la connaissance, on évacue le réel, on proscrit la pensée : après nous, le déluge !

11/10/2007

Vive de Gaulle !

99f0e32736d670a998143969e6cc8732.jpgPour quelqu’un qui, comme moi, avait 18 ans en mai 1968, l’émission d'hier soir sur le général de Gaulle, présentée par Marie Drucker sur France 3, était à tomber par terre. Quelle unanimité dans la louange ! J’entends Jack Lang expliquer que de Gaulle, qui lança à la fois la participation, la régionalisation et la réforme du Sénat après les événements de mai, était un "prophète". J’entends Max Gallo expliquer que "dans tout Français il y a un héritier du général de Gaulle". Mais surtout l’écrivain Daniel Rondeau à qui le journaliste demande : "En mai 68, de Gaulle a raté la jeunesse ?" et qui répond : « Non, c’est la jeunesse qui a raté De Gaulle ! » Je rêve. Je n’ai pas dû vivre le même mois de mai...

10/10/2007

Questions sans réponses

La radio et la télé font du bruit. Ainsi, ce mardi soir, de Frédéric Taddeï (France 3) à Marc-Olivier Fogiel (M6), les journalistes et animateurs posent tous les mêmes questions inutiles : les patrons sont-ils tous des truands ? Faut-il libérer Bertrand Cantat ? où est Cécilia ? François Fillon a-t-il eu raison de qualifier l’ADN de détail ? Personne n’essaie de répondre à ces questions. Mieux: dès qu'un invité s'y essaie, l'animateur lui coupe la parole. Il ne s'agit surtout pas d'expliquer tranquillement les choses pour éclairer le jugement, mais de susciter l’émotion, l’indignation, la polémique, la castagne, sur fond de babil des auditeurs et de maintien de l’audimat. Expliquer des sujets comme la remise de peine, les stock-options ou l’ADN, si on s’y attaque sérieusement, c’est compliqué, les gens vont zapper, alors surtout on évite d'expliquer. Mieux vaut faire du bruit.

30/09/2007

Sarko y était !

La dérive s'accentue. Le mal contamine les meilleurs. Ainsi Catherine Matausch, excellente journaliste de France 3, a-t-elle rapporté hier dans son journal de la mi-journée, que Nicolas Sarkozy s'était rendu au congrès des sapeurs-pompiers, à Clermond-Ferrand. On sait que "les relations entre les pompiers et le Samu sont difficiles", dit-elle, mais "Nicolas Sarkozy a rassuré les pompiers". Fin de l'info. Vive Sarko. Et tant pis pour les dizaines de milliers de téléspectateurs qui auraient bien aimé savoir ce qu'il a dit ! Les "relations difficiles" entre les pompiers et le Samu, cela intéresse réellement, concrètement, des millions de gens. Mais qu'importe le fond du problème : l'important aux yeux des journalistes, c'est que Sarkozy y était, et qu'il a parlé !