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12/07/2012

Peugeot, l'Etat et le marché

Peugeot.jpgDans les années 70, quand je militais chez les Giscardiens, un jeune avocat libéral nommé Alain Madelin – dont le père avait été ouvrier chez Renault – se faisait traiter de facho parce qu’il osait demander : "Est-ce bien le rôle de l’Etat de fabriquer et de vendre des automobiles ?" Je croyais bêtement, quarante ans après, que Madelin avait fini par faire passer son message. Tout ce que j’entends depuis ce matin sur la désolante fermeture par Peugeot-Citroën de son site d’Aulnay me prouve que j’avais tort : la plupart des commentateurs pensent, à l’évidence, que l’Etat serait bien meilleur pour fabriquer et vendre des automobiles !

04/01/2012

Crise : la faute à qui ?

elysee.jpgDieu m’est témoin que je ne suis pas un "ultralibéral", mais je hurle de rire à chaque fois que j’entends dire que la crise actuelle est due au "libéralisme" et qu’il est temps de "réguler" le marché. Ho ! Ce n’est pas l’Etat qui s’est endetté tout seul, sans se préoccuper de ses capacités de remboursement ? L’Etat démago qui n’a jamais voté, depuis 30 ans, un budget en équilibre ? L’Etat qui, en multipliant impôts et taxes, a asphyxié les entrepreneurs locaux et dissuadé les investisseurs étrangers ? L’Etat qui a encouragé, y compris aux USA, le recours aux emprunts toxiques ? L’Etat a fait croire qu’il pouvait résorber le chômage en créant des milliers de postes de fonctionnaires et d’emplois "aidés", tout en imposant de réduire la durée du travail ? Ho ! Il a bon dos, le "libéralisme" !  

10/06/2009

Le renard est mort

Que de blablas inutiles ! Ce qui arrive au PS est pourtant simple : dès lors que les grands partis de droite, à commencer par l’UMP, se sont durablement "recentrés", dès lors qu’ils prônent, eux aussi, une régulation par l’Etat des excès du capitalisme, il est parfaitement vain de les diaboliser en hurlant à l’ultralibéralisme. Cela fait marrer les électeurs. Qui pense, honnêtement, que Sarkozy, Fillon et Barnier sont des ultralibéraux ? Autant dénoncer la volonté de Strauss-Kahn, Moscovici et Valls d’imposer par la force, quand ils seront au pouvoir, l’appropriation collective des moyens de production ! Il est mort, le renard libre dans le poulailler libre ! Mais le PS ne veut pas le croire : cela le forcerait à admettre qu'il est devenu inutile...

27/05/2008

Socialisme OU libéralisme

La grande bagarre entre Royal et Delanoë, sur le fond, s’annonce sportive. Car ils ont raison tous les deux, les futurs candidats PS à l’Elysée, tout en étant rigoureusement irréconciliables : "Les socialistes des années 2010, dit le maire de Paris, doivent être les combattants de la liberté et de l'extension des droits des citoyens, c'est cela le libéralisme politique". Voilà qui est aussi fondé que souhaitable. "Ma conviction, rétorque Segolène, c'est qu'au XXIe siècle, être libéral et socialiste, c'est totalement incompatible". Ce qui est, au regard de l’Histoire, parfaitement exact : le libéralisme et le socialisme sont, depuis l'origine, antinomiques. Alors, libéralisme ou pas libéralisme ? Je pose une question toute bête : c’est peut-être le mot socialisme qui coince ?

19/04/2008

Loin des barricades de mai

Un peu d'intelligence dans ce monde de brutes. Hier soir, on remettait son épée d'académicienne à Chantal Delsol, récemment élue à l’Académie des Sciences morales et politiques. Dans le cadre superbe et suranné du Grand Salon de la vieille Sorbonne, rue des Ecoles, devant deux cents amis venus fêter la sympathique impétrante, on s’est rappelé que la France compte encore, mine de rien, beaucoup d’épigones de Montesquieu, d’admirateurs de Tocqueville, de lecteurs de Hannah Arendt, de disciples de Raymond Aron. Le libéralisme politique n’est pas très tendance, évidemment, surtout en pleine commémoration de mai 68. Accueillie par le philosophe Raymond Boudon, Chantal Delsol a longuement cité une dizaine de ses maîtres, grands profs, grands esprits… dont aucun, sauf erreur de ma part, n’est jamais passé à la télévision. Aucun.

24/11/2006

Un Polonais qui décoiffe

Ce matin, en ouverture des Semaines Sociales de France consacrées à la justice, à la Défense, le polonais Bronislaw Geremek, a rappelé aux 3.600 participants quelques vérités premières :
medium_Geremek.jpg 1. Si les disparités s’accroissent entre riches et pauvres, il ne faut pas oublier que la tendance générale, dans le monde, est au recul de la pauvreté.
2. Comme l’a montré l’Américain John Rawls, certaines inégalités sociales peuvent être utiles à l’amélioration du sort des plus démunis.
3. L’Union européenne (surtout depuis le sommet de Lisbonne) est incontestablement plus "sociale" que les Etats nations qui la composent.
Interpellé, en retour, sur le « non » français au référendum européen de 2005, Geremek s’est contenté d’affirmer avec force : "Eh bien vous avez eu tort !"

21/07/2006

Lens : le risque sectaire

De quel droit le maire Guy Delcourt (PS) veut-il interdire le rassemblement annuel des Témoins de Jéhovah dans le stade de sa bonne ville de Lens ? De quel droit s’immisce-t-il entre une entreprise privée louant ses infrastructures et une association cultuelle reconnue par l’Etat, qui a le droit de se rassembler, comme toutes les autres, si elle ne trouble pas l’ordre public ?
Le rôle d’un maire, c’est d’appliquer la loi de la République. Notamment le droit de réunion. Et pas de chercher des noises à des gens dont il ne partage ni les croyances ni les pratiques. Ou alors, il demande aux élus de son parti de militer, pourquoi pas, pour l’interdiction de cette association - envers laquelle je n'ai, pour ma part, aucune sympathie.
Mais accorder des droits comme ça, en fonction de sa propre humeur et à la tête du client, non, trois fois non !

20/07/2006

Libération fiscale

J'aime bien l'idée canadienne importée en France par l'association Contribuables associés, qui consiste à célébrer chaque année, comme on le fait de la prise de la Bastille, le "Jour de libération fiscale". C'est-à-dire le jour de l'année où le Français moyen commence à travailler pour lui-même, et non plus pour payer ses impôts. La date de cette "libération" est calculée en proportion du prélèvement effectué annuellement par l'Etat sur le revenu global, soit 53,6 %. Ce qui, calculé en jours de travail, correspond, cette année, au 16 juillet : jusqu'au 16 juillet, la totalité du travail des Français a servi à alimenter l'Etat et les collectivités publiques.
En Italie, cette année, les contribuables ont ainsi été "libérés" le 27 juin. En Allemagne, le 17 juin. En Irlande, le 10 mai. Amusant, non ? Non ?

16/07/2006

Le jour du Seigneur

Louis Vuitton, le magasin préféré des touristes japonais, aura-t-il finalement le droit d’ouvrir son magasin parisien le dimanche ? Voilà une polémique bien de chez nous. Car la réponse est dans les mains du juge administratif (que sa formation prédispose, comme au sait, au marketing), seul compétent pour juger les dérogations accordées par le préfet (autre spécialiste bien connu du commerce international) à l’application d’une loi datant de 1906.
Faut-il rappeler que si on ne travaille pas le dimanche, dans nos pays de culture judéo-chrétienne, c’est pour chanter la gloire de Dieu ? Toute autre justification égalitaire ou corporatiste est suspecte. Défendre les petits commerçants ? Mais c’est valable toute la semaine ! Protéger les salariés ? Il suffit de les payer double ! S’il y a des entrepreneurs, des vendeurs et des consommateurs pour ne pas respecter le "jour du Seigneur", est-ce bien à l’Etat laïc de les remettre dans le droit chemin ?