03/04/2007
A bas l'ENA, et na !
Sur le moment, on a cru à un poisson d’avril. C’est le dimanche 1er avril, à Fort-de-France, que François Bayrou a annoncé que s’il était élu, et pour résorber la "rupture profonde entre le pouvoir et les citoyens", il supprimerait l’ENA !
Supprimer l’ENA, comme l’ont déjà proposé Chevènement, Fabius, Juppé, Madelin, Novelli et tant d’autres démagogues d'un jour, c’est aussi bête que de supprimer le bac parce que certains ne l’obtiennent pas, ou de mettre de l’eau dans le gevrey-chambertin pour que même les enfants puissent en boire. Et comment formera-t-on la haute fonction publique qui fait encore, mais oui, l’admiration de nombreux pays étrangers ? Réponse de Bayrou : "En créant une école de service public de très haut niveau". Ouf, on respire. Pourquoi ne pas la baptiser "Ecole Nationale d’Administration" ? Poisson d’avril !
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01/03/2007
Question de timing
Premières fleurs de prunus, primevères, pousses de jonquilles : le printemps est en avance de plusieurs semaines sur le cycle naturel. La campagne électorale aussi. C’est ce qui explique, mais si, la percée de François Bayrou dans les sondages. L’empoignade Sarko-Ségo a passionné l’opinion très tôt, forçant les médias à épuiser le sujet : il n’y a plus grand chose à apprendre de ces deux-là. Or il reste neuf semaines avant l’élection. Bayrou, malin, s’est engouffré dans la brèche, façon Giscard en 1974 : chacun se rappelle que VGE, le "troisième homme" de l’époque, qui incarnait soudain la nouveauté face à Chaban et Mitterrand, est arrivé au sommet de sa courbe exactement le jour de l’élection, et qu’à trois semaines près, il aurait été battu.
Pour un temps, Bayrou incarne étrangement – lui qui a déjà été candidat – la nouveauté. Mais la nouveauté, c'est comme les primevères, cela ne dure jamais longtemps. Et il reste encore neuf semaines…
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22/02/2007
Une coalition PS-UDF-Verts ?
Gardez-moi de mes amis… Daniel Cohn-Bendit apprécie beaucoup François Bayrou, avec lequel il a nombre de points communs. Mais la proposition qu’il lui a faite (dans Libération de ce matin) de constituer une coalition PS-UDF-Verts est un cadeau empoisonné, une grenade dégoupillée, une bombe à fragmentation ! D’abord parce que c’est cohérent : toutes les déclarations de Bayrou sur la nécessité de briser le clivage droite-gauche appellent exactement ce genre d’initiative nouvelle, qu’il peut difficilement écarter d’un revers de main sans se contredire. Or, une telle stratégie pulvériserait ce qui reste de l’UDF : y a-t-il un seul député UDF qui oserait se représenter aux législatives, en juin, sous le drapeau PS-UDF-Verts ? Absolument aucun. Pour une raison simple : leur électorat, massivement de droite, ne les suivrait pas, et ils seraient tous battus. Tous. Sacré Dany.
20:50 | Tags : politique, présidentielles, Bayrou, Cohn-Bendit, UDF | Lien permanent | Commentaires (6) | Facebook |
16/02/2007
Les questions des "vrais gens"
La tendance à faire interroger les candidats par des "vrais gens" renforce peut-être l’audimat, mais elle appauvrit le débat. Ainsi hier, face à Bayrou : la dame qui a perdu son mari dans d’atroces souffrances lui demande s’il va légaliser l’euthanasie ; le chauffeur de bus lui parle de l'insécurité ; la mère célibataire qui risque d’être expulsée de son logement lui demande ce qu’il pourra faire pour elle ; l’ouvrier d’Alcatel lui demande ce qu’il fera pour interdire le plan de réduction d’emploi dont il est menacé ; et le jeune agriculteur de Saône-et-Loire lui demande ce qu’il fera pour les jeunes agriculteurs quand il sera "président de l’Agriculture" ! Le lapsus est révélateur.
Dès que Gilles Leclerc - excellent journaliste politique - a repris le flambeau, il a refait de Bayrou un président potentiel, et non un super-magicien ministre de tas de trucs, confesseur humaniste et omniscient, candidat à… la finale de Questions pour un champion !
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15/02/2007
Quand Bayrou sera président...
Si François Bayrou est élu président de la République en mai, son premier ministre s’appellera Pascal Lamy. Pas besoin d’être grand clerc pour décrypter le portrait-robot que le candidat de l'UDF a tracé devant Arlette Chabot, ce soir, sur France 2 : "pas forcément un centriste", "un Jacques Delors plus jeune", etc. C’est le secrétaire général de l’OMC, ancien dircab de Delors, social-démocrate mais pas antilibéral, à la fois mondialiste et tiers-mondiste, à la fois catholique, républicain et européen, qui correspond au profil. Et qui serait, en effet, un bon choix.
On a aussi compris que Borloo figurerait parmi ses ministres, mais pas Douste-Blazy. On a bien noté, enfin, que sous Bayrou, le gouvernement ne compterait que 15 ou 16 ministres. Là, je me marre - autant qu’en entendant Ségolène promettre qu’il n’y aura pas d’ancien ministres dans le sien !
22:55 | Tags : politique, présidentielles, Bayrou, Lamy | Lien permanent | Commentaires (3) | Facebook |
10/01/2007
Sego, Sarko ou Schizo ?
A force de ne voir le monde et les hommes qu’à travers des écrans de télé ou d''ordinateurs, on finit par perdre le contact avec la réalité. Cela s’appelle la schizophrénie.
Prenez François Bayrou : sans cesse interviewé par les journaux, faisant régulièrement la une des magazines, suivi dans tous ses déplacements par des journalistes, que dit-il à longueur d’émissions de radio et sur les plateaux de toutes les télés de France et de Navarre ? Que les médias l’ignorent scandaleusement !
Prenez Marc-Olivier Fogiel : hier soir, il a invité un responsable du magazine Voici à venir se faire étriller dans son émission… dont le sommaire, en réalité, ressemble trait pour trait à celui de Voici : actualités des peoples, incursions dans la vie privée, sujets sexe, sujets psy et sujets trash. Qui était son invitée vedette, hier ? Loana !
10:20 | Tags : politique, médias, Fogiel, Bayrou, Voici | Lien permanent | Commentaires (1) | Facebook |
23/11/2006
Faut que ça pète
A droite, Chirac est discrédité. A gauche, les éléphants sont morts. Une nouvelle génération arrive, qui, pour se distinguer de la précédente, promet la rupture avec le passé. Dans notre vieux pays incapable de réformer quoi que soit, Ségo et Sarko assurent, l’un et l’autre, qu’ils vont tout casser, nom de Dieu !
Pauvre François Bayrou, obligé, pour ne pas être occulté par ce duo de révolutionnaires débridés, d’en rajouter ! Son livre s’appelle : "Au nom du tiers état". L’un de ses adjoints, François Sauvadet, s’exclamait l’autre jour, à Dijon : "Le peuple est en colère !" Son bras droit Marielle de Sarnez, quelques jours plus tard, voulait "en finir avec l’ordre établi !" Bigre.
Si Bayrou cherche un slogan pour 2007, il reste encore "C’est la lutte finale", "Feu sur le quartier général" ou "La Révolution ou la mort".
17:40 | Tags : politique, présidentielles, Bayrou, 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Facebook |
05/09/2006
Vous avez aimé 2002...
Joli tacle de Claire Chazal, hier, sur TF1, face à un Bayrou inutilement vindicatif à l’égard des médias : "On s’intéresse à Ségolène et à Sarkozy parce qu’ils se présentent pour la première fois : vous, on vous connaît déjà !". Dur, dur de ne plus être un bébé.
Vieillir, bien sûr, n'est pas un défaut. Mais dans un monde où tout change très vite, seuls les hommes politiques, tels des menhirs bretons, seraient inamovibles ? Allons ! Imaginons que Chirac, dopé par quelque fugitive inquiétude collective face à la situation internationale, se décide à contrer l’engouement pour Sarkozy, et que Jospin, poussé par son cercle d’amis trop prévenants, se lance dans la course et brise la popularité de Ségolène. Nous assisterions, en 2007, à un duel Chirac-Jospin arbitré par Bayrou, Le Pen, Villiers, Buffet et Laguiller. Superbe revanche de l'histoire !
Je blague.
22:25 | Tags : présidentielles, medias, Bayrou, politique, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Facebook |
23/06/2006
Sarkolène et Ségozy
Qui a affirmé, jeudi soir, à Agen, qu’il entendait appliquer la "tolérance double zéro" à l’égard des "patrons voyous" qui s’enrichissent de façon excessive et illégitime ? C’est pas Ségo, c’est Sarko. Qui a promis, dans Le Monde du même jour, de "reconduire systématiquement hors de France, à leur sortie de prison, les délinquants dangereux" ? C’est pas Sarko, c’est Ségo.
Ces deux-là vont nous faire devenir chèvre. Leur chassé-croisé idéologique donne un peu le tournis. La droite autoritaire et la gauche laxiste, c’est donc fini ? C’est Bayrou qui va être content ! Sauf que... c’est Bayrou, justement, qui va faire les frais de cette course au centre droit et au centre gauche : entre la socialiste prônant "l’ordre juste" et le libéral promettant de réduire la "fracture sociale", quelle place reste-t-il au centre ?
00:45 | Tags : présidentielles, politique, Sarkozy, Ségolène, Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Facebook |
18/06/2006
Histoire de fou à l'UDF
Raymond Devos aurait adoré l’histoire du CSA auquel François Bayrou reproche d’avoir classé dans l’opposition à la majorité gouvernementale les élus de l’UDF qui s’opposent à la majorité gouvernementale. Ce ne sont pas vraiment des opposants, proteste Bayrou, puisqu’ils s’opposent, à l’intérieur de l’UDF, aux élus qui ne s’opposent pas à la majorité gouvernementale. Il faut donc les classer dans la même catégorie que cette majorité, à laquelle, en tant que minorité, ils s’opposent. Vous suivez ?
Devos aurait adoré l’histoire de ce petit parti issu de plusieurs scissions de la majorité, lui-même profondément divisé entre ceux qui sont pour ceux qui sont contre, et réciproquement. Ou plus exactement : entre ceux qui auront besoin des voix de l’UMP pour garder leur écharpe de député en 2007, et ceux qui n’en ont rien à battre !
08:10 | Tags : politique, Bayrou, UDF, présidentielles | Lien permanent | Commentaires (0) | Facebook |
13/06/2006
Bayrou pipi caca
J'aime bien François Bayrou. Il a souvent une posture originale et des mots bien à lui, dans un microcosme qui manque singulièrement d'élégance. Et voila que lui aussi, il dérape. En posant avec Madame dans Paris Match, d'abord. Comme tous les autres ! Mais surtout en dénonçant devant le conseil national de l'UDF telle "connerie" politique ou en affirmant qu'il va "donner un coup de pied au cul" au système. Pourquoi cet ancien prof, agrégé de lettres classiques, dont la popularité tient en partie à la taloche qu'il décocha en pleine campagne à un gamin mal élevé, éprouve-t-il le besoin de virer vulgaire et démago ? Pour faire peuple ? Cool ? Chébran ? Proche des jeun's ? Pour mieux déstabiliser son collègue Robien, ministre en charge de l'apprentissage du français ?
Faut-il absolument dire des grossièretés devant ces saloperies de caméras pour piquer des putains de voix à ces connards d'électeurs ? Reprends-toi, François, merde !
18:15 | Tags : Bayrou, politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Facebook |