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16/09/2009

Il y a apocalypse et apocalypse

   Regardé avec passion, sur France 2, les quatre premiers épisodes d’Apocalypse sur la seconde guerre mondiale. Voilà un documentaire qui, à lui tout seul, compense toutes les bêtises et toutes les vulgarités du petit écran. Le scénario, le montage, le commentaire : il y a de vrais professionnels derrière tout cela. On voit bien la différence avec le documentaire sur l'autre "apocalypse", celle du 11-Septembre, lundi dernier, qui ne faisait qu’enfiler les images – justement sans scénario, sans montage, sans commentaire. Uniquement de l’émotion. Des cris, des morts, des regards. Mais comprend-on le monde et les hommes quand on a, en tout et pour tout, la gorge serrée pendant une heure ? Et comment tenter d’éviter que l’apocalypse ne recommence si on n’y comprend rien ?

04/09/2009

Bon week-end, à lundi !

Les animateurs et journalistes de la télé et de la radio devraient faire un peu gaffe. Déjà, dans un grand froufrou médiatique, la plupart d'entre eux partent bruyamment en vacances vers le 10 juin, laissant leurs malheureux téléspectateurs et leurs auditeurs dépités se colleter, pendant deux mois et demi d’été, les programmes les plus anémiques et les rediffusions les plus éculées. Mais à peine rentrés, en septembre, les voilà qui lancent joyeusement des "Bon week end, à lundi !" dès le jeudi soir (Laurence Ferrari sur TF1, David Pujadas sur France 2, Christophe Hondelatte sur RTL), abandonnant à des "doublures" ou des "jokers" l’immense cohorte de leurs millions d’admirateurs ébaubis qui, eux, travaillent à plein temps…

03/09/2009

Rentrée littéraire

Et voici la rentrée littéraire. Deux livres figureront sans doute parmi les best-sellers de cet automne : Combien ça coûte, de Jean-Pierre Pernaut (chez Albin Michel), et A mon tour d’être sur le gril, de Marc-Olivier Fogiel (chez Plon). Aucun des deux n’aura le prix Goncourt, probablement, mais l’un et l’autre monopoliseront étals des vitrines, plateaux télé et colonnes des magazines. On imagine assez bien ce que contient le premier. Le second, c’est moins évident : y a-t-il tant d’événements, dans la carrière d'un animateur, qui méritent d’être portés à la connaissance du public ? Citation, tirée d’un récent TV Magazine : « J’ai toujours pensé que les gens de télévision qui racontaient leur vie à 40 ans étaient un peu ridicules ». Auteur du propos : Marc-Olivier Fogiel.

15/07/2009

Pourquoi des oreillettes ?

Cette histoire d’oreillettes sur le Tour – qui s’est arrêté ce soir à Saint-Fargeau, au coeur de la Puisaye – est terriblement révélatrice. Les directeurs sportifs, dont le budget dépend de leurs sponsors, ont besoin d’oreillettes pour mieux lancer ici ou là telle ou telle échappée inutile, mais destinée à montrer aux caméras la marque qui les nourrit. C’est humain. Mais qu’ils mettent le tour en roue libre en affirmant que c’est pour la sécurité, c’est un peu excessif. Si les coureurs des années 1903 à 2007 avaient eu des oreillettes, il n’y aurait jamais eu la "légende du Tour". Que celui-ci soit davantage un spectacle qu’une épreuve sportive, on le savait depuis un moment. Mais que les coureurs se transforment peu à peu en robots aux ordres des entreprises qui les emploient, c’est un peu triste.

21/06/2009

Les vacances du PAF

S’il fallait illustrer que le PAF est un monde artificiel fort éloigné de la vraie vie et des vrais gens, il suffirait de brancher sa radio et sa télé, depuis une semaine, et d’entendre nombre de présentateurs et animateurs souhaiter gaiement de "bonnes vacances" à leurs admirateurs. A la mi-juin ! Du Grand Journal à On n’est pas couché, allez, tout le monde à la plage jusqu’en septembre ! Le PAF, qui ne connaît pas la crise, prend tranquillement trois mois de congés. D’ici là, débrouillez-vous avec les rediff, les best-off, et tous ces sous-produits télévisuels et radiophoniques congelés dont les braves gens devront se contenter pendant trois longs mois - surtout ceux qui ne partent pas en vacances !

16/06/2009

Ca vous la coupe

   83 % des téléspectateurs sont horripilés par les animateurs qui coupent sans cesse la parole à leurs invités : Fogiel, Elkabbach, Ruquier et autres Moatti. Ceux-ci n’en tiendront évidemment aucun compte, mais s’ils savaient le nombre de mes lecteurs qui, rencontrés dans les salons du livre, me disent le bonheur qu’ils ont à suivre les émissions d’Yves Calvi "parce qu’il respecte ses invités" ! Et pour un interviewé, croyez-moi, quel plaisir d’être invité au micro de Dominique Souchier (Europe 1), Thierry Lyonnet (RCF), Stéphane Conchon (France Bleu Bourgogne) et d'autres journalistes attentifs qui nourrissent encore ce souhait insensé, désuet, archaïque pour ne pas dire rétrograde : quand on a posé une question à un invité, écouter la réponse de celui-ci ! Dingue, non ?

24/05/2009

Formons une chaîne

Dans la série "Et si on réduisait le train de vie de l'Etat ?", une ouverture vient de s'opérer dans l'audiovisuel public. Personne n'a jamais compris pourquoi les contribuables doivent payer (très cher) une chaîne de télé aux députés (La Chaîne Parlementaire-Assemblée nationale) et une autre aux sénateurs (Public Sénat). C'est évidemment un luxe absurde, mais c'est ainsi : il n'y a pas corporatisme plus dinosaurien que celui des élus de la nation. Or voilà qu'on vient de nommer les présidents - excellents journalistes au demeurant - de ces deux chaînes aussi coûteuses que peu regardées : Gilles Leclerc (à Public Sénat) et Gérard Leclerc (à LCP-AN). Sage décision ! Quand on fusionnera enfin ces deux chaînes jumelles, on n'aura même pas à changer le papier à entête : la chaîne unique sera forcément dirigée par "G. Leclerc" !

02/05/2009

Chantez, mais pour du fric !

De l'argent ! Du pèze ! Des biffetons ! Vous devez toucher du fric ! Le plus de fric possible ! Comme à la télé ! Sinon, hop, plus de concerts ! Voilà le langage tenu par les autorités aux Petits chanteurs à la Croix de bois, qui ont été interdits de concert, l'autre jour, parce qu'ils osent considérer leur activité musicale comme un loisir, une formation, une école de vie, peut-être même, qui sait, un plaisir ! Les 86 gamins et leurs parents sont des rebelles d'un autre temps : ils refusent d'entrer dans la logique mercantile imposée à toute la société par la télé. C'est vrai que pour celle-ci, l'affaire est grave : si des enfants se mettent à chanter pour autre chose que le pognon, où va-t-on ?

27/04/2009

Les canons du journalisme

lapix.jpg Vous voulez faire du journalisme et vous êtes moche ? N’y comptez pas. C’est râpé. Les critères d'embauche ont changé. Voyez Anne-Sophie Lapix, Laurence Ferrari, Florence Dauchez, Melissa Theuriau, Marie Drucker et toutes les présentatrices de LCI, I-Télé ou BFM-TV : que des canons ! Et chez les mecs, itou : Harry Roselmack, Laurent Delahousse, Guy Lagache, etc : que des apollons ! Si la télé jouait vraiment la carte de la "diversité", elle ferait demain une petite place aux hommes gras du bide et aux nanas pas terribles. Pathétiquement révélatrice, l’affaire Suzan Boyle : une femme laide de 47 ans qui gagne un concours de chant à la télé, cela est tellement stupéfiant qu’elle devient, en quelques jours, une curiosité planétaire !

26/04/2009

Audimat et autocélébration

drucker.jpg A force de réduire le monde à sa vision people, confinée et corporatiste, la télé s’essouffle et tourne en rond en se regardant le nombril. Alors que la planète est au bord de l’explosion, les professionnels du PAF passent leur temps à s’autocélébrer. Voyez Vivement dimanche de l'excellent Michel Drucker. Ce dimanche, ses invités étaient les présentateurs des journaux de France Télévision : Pujadas, Delahousse, Chabot, Lucet, etc ! La semaine prochaine, je vous jure que c’est vrai, ses invités seront… les présentateurs de la météo ! Je suppose que la semaine suivante, l’émission vedette du week-end aura pour invités les maquilleuses de France 2, ou les chauffeurs de salle de France 3, ou les coursiers de France 5 ?

14/04/2009

L'évolution des médias

Sortir un livre, faire le tour des studios et des plateaux, cela permet de prendre la mesure de l’état des médias. Les émissions de promotion des livres comme celles de Philippe Vallet, sur France Info, se font rares. Les émissions de débat où l’on ne se fait pas couper la parole au bout de 40 secondes, comme C dans l’Air d’Yves Calvi, sur la 5, sont exceptionnelles. En général, personne n'a le temps de réfléchir, d’enquêter, de lire un livre ! De plus en plus, reportages et talk-shows sont décidés le matin pour le soir, et ne se nourrissent que de dépêches pas toujours fiables, complétées par des "experts" dont la crédibilité importe moins que la disponibilité : on balance des infos brutes, au mieux assorties d'analyses réduites à des slogans, et on passe, vite, vite, à autre chose…

03/03/2009

La démission des politiques

Lu hier matin dans mon journal le SOS d’Yves Calvi : les hommes politiques ne viennent plus chez lui, car ils privilégient les émissions où ils peuvent répondre seul face à un journaliste, sans contradiction réelle. Les élus préfèrent la com, évidemment ! La preuve le soir même, à Mots Croisés : sur la Guadeloupe, il n’y avait aucun élu métropolitain ou guadeloupéen, à l’exception de l’ineffable Taubira, élue… de Guyane ! Puis sur le rire en politique, un grand vide : aucun homme politique sur le plateau ! Résultat : les humoristes présents n’ont eu aucun mal à expliquer qu’on pouvait rire de tout, que les politiques n’avaient qu’à subir l’ironie, que l’humour n’avait pas de limites et qu’il se mesurait aux seuls rires du public – ce qui est évidemment faux. Ainsi progresse la pensée unique.

01/03/2009

Emouvant Bashung

Vu hier soir la remise des Victoires de la Musique. Animation très professionnelle, beau décor, et bon esprit : l’hommage rendu à Alain Bashung était émouvant et sincère. Le mélange des petits jeunes et des grands anciens – Adamo, Johnny, Julien Clerc, Cabrel, etc – était réussi, même s'il a certainement fait reculer l'audimat. Et la concession aux "musiques urbaines" (chez moi, il faut croire qu’on fait de la musique rurale ?) n’était pas trop trop démago. A l’exception de ce jeune hystérique dont je n’ai pas retenu le nom, et dont il fallut subir les hurlements aux accents définitifs, dans le genre "Si tu achètes une action, tu as du sang sur les mains !!!" et autres fadaises gauchistes, archaïques et inaudibles. On ne peut pas exiger qu’ils aillent un peu à l’école, avant de les faire monter sur scène ?

19/01/2009

Une image d'espoir

Il y a eu, quand même, une belle image d’espoir, ce week-end, à la télévision. Dimanche matin, au Jour du Seigneur, la messe réunissait catholiques et protestants français et allemands dans une belle célébration bilingue, à Kehl, sur la frontière franco-allemande. Quand on sait quelles furent les horreurs, les massacres, les folies, les cruautés causés par l’hostilité entre Français et Allemands pendant un siècle, hostilités irréductibles qui ont fini par ruiner le tiers de la planète, on ne peut qu’espérer que, dans cinquante ou soixante ans, une célébration œcuménique rassemblera ainsi une nouvelle génération de juifs, de musulmans et de chrétiens de toute la Palestine, à Bayt Lahiya ou à Sderot.

09/01/2009

Le miracle Paul Potts

A tous ceux que gonflent la "Star Ac" et la "Nouvelle Star", je conseille de regarder la prestation de Paul Potts dans la version britannique de l’émission "Incroyables Talents". Le type qui se présente, ce soir-là, est vendeur de téléphones mobiles, il a un physique à se pendre, et une dégaine pas possible.
- Vous allez faire quoi, Paul ?
- Chanter de l’opéra…

Moue du jury, qui s’attend au pire. Et puis c’est le miracle. Préparez vos mouchoirs, cliquez ici... ...et apprenez que le brave Paul Potts, 36 ans, qui n’avait jamais chanté que dans sa salle de bain, et encore, en fermant la porte, remportera plus tard la finale de l’émission, tout surpris de gagner 150.000 euros sous les ovations du public !

25/12/2008

L'ennui de Noël

Lamentable veillée de Noël à la télé ! Et tant pis pour les millions de braves gens qui n’ont que cette distraction un soir pareil ! Sur TF1, des people au chômage rivalisant de vannes graveleuses. Sur France 2, le sempiternel "bêtisier" (animateurs qui bafouillent, bébés qui tombent de leur chaise, vieux fous rires et jurons de plateau, la totale). Sur France 3, des enfants habitués à interpréter Bach, Schubert et Rameau, auxquels on fait chanter des niaiseries contemporaines dans un décor glacial. Sans intérêt. Nul. Désolant. On comprend mieux pourquoi TF1 a supprimé la messe de minuit diffusée de Saint-Pierre de Rome : une superbe liturgie, avec de superbes cantiques, dans ce superbe cadre, cela aurait accentué encore le côté ringard et médiocrissime de cette soirée télévisée en dessous de tout !

20/12/2008

Ite missa est

La direction de TF1 a décidé de rayer de ses programmes, le 24 décembre au soir, la traditionnelle messe de minuit. Bon. Les 900.000 habitués se reporteront sur France 2 où cette tradition est encore respectée. Mais dans un communiqué désopilant, TF1 s’explique et justifie l’abandon de la messe par "une logique de programmation et de nécessaires évolutions". Tiens ! Et qu’est-ce qu’elle va programmer, la chaîne mécréante, pour remplacer la messe ? Un vieux concert de Michel Sardou. Alors là, je dis respect. C’était ça où Le Gendarme à New York. Ou la Grande Vadrouille. Ou un vieux concert de Tino Rossi, pourquoi pas ? Franchement, les "nécessaires évolutions" de TF1 laissent perplexes.

11/11/2008

1914-18, le grand tournant

Formidable, le film de Jean-François Delassus, sur France 2, sur la guerre 14-18 ! Et plein d’enseignements. Tant de violence, de souffrance et d’absurdité font mieux comprendre qu’après cette boucherie insensée, des millions de gens se soient mis à l’écoute de ceux qui, en Russie, en 1917, avaient stoppé la guerre et renversé l’ordre l’ancien. Il fallait, d’urgence, changer le monde – et qu’importe que la lueur qui rougeoyait à l’est fût mirage ou brasier ! Sans la guerre 1914-18, il n’y aurait jamais eu le communisme. Et sans le communisme, le nazisme ne serait jamais arrivé au pouvoir en Allemagne. La première Guerre mondiale, qu'on a aussi appelé le "suicide de l'Europe", fut, et de loin, l’événement le plus important de l’histoire moderne.

10/11/2008

Avec 70.000 euros par mois...

On m’a reproché d’avoir daubé, ici même, sur le salaire de Laurence Ferrari (70.000 euros par mois). Soyons clair : à titre personnel, je n’ai évidemment rien contre Laurence Ferrari, qui est, en plus, sans conteste, une bonne professionnelle. Mais, mille pardons, en tant qu’éditeur régional soumis à la loi du marché et à un secteur culturel en crise, je ne peux m’empêcher de faire un calcul assassin : avec la même somme, au lieu de passer mes nuits et mes week-ends à grignoter 200 euros ici, 800 euros là, pour éditer péniblement une demi-douzaine d’ouvrages par an, je pourrais éditer tranquillement… 23 livres par mois ! Soit 276 livres par an. Soit près de dix fois la totalité de la production littéraire de l’ensemble des éditeurs de la région Bourgogne...

04/11/2008

Ce soir, sur France 2...

C’était en 1998. Je travaillais pour les éditions JC Lattès. Un copain du Fig Mag m’avait présenté un diplomate en poste à Sofia qui passait son temps libre – en Bulgarie, vous pensez – à écrire des histoires policières dans le Paris de 1751, dont il connaissait le moindre pavé. J’ai lu les premiers manuscrits de cet homme discret, passionné, délicieux. Nous en avons beaucoup parlé – ah, cet équilibre introuvable entre l’exactitude et le romanesque ! Je l’ai proposé au comité de lecture, chez Lattès, sans imaginer que l’ami Jean-François Parot, aujourd'hui ambassadeur, publierait une dizaine de polars à succès et serait, dix ans plus tard, adapté à la télévision. Elle est pas belle, la vie ? Ne ratez pas ce soir, sur France 2, les aventures du commissaire Nicolas Le Floch !