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08/02/2007

Claire Chazal à son tour...

Claire Chazal va devoir se mettre en congé de télévision. C’est aujourd’hui la règle pour toute présentatrice qui vit avec un homme impliqué dans la campagne présidentielle comme Béatrice Schönberg, épouse d’un ministre radical, ou Marie Drucker, compagne d'un élu local UMP. Comment Claire Chazal pourrait-elle continuer à commenter sur TF1 les meetings où Philippe Torreton s’enflamme, à la tribune et devant les caméras, pour Ségolène Royal ? Sauf à penser que la punition ne s’applique qu’à celles qui couchent à droite ?
Je propose de confier à une commission spécialisée – présidée par une personnalité qualifiée, genre Bernard Kouchner – l’examen de la vie privée de toutes les femmes journalistes, et de ne garder que celles qui fréquentent des boulangers, des viticulteurs et des experts comptables.
Les femmes seulement, bien sur. Les journalistes hommes, eux, ils font ce qu’ils veulent. Faut pas déconner.

06/02/2007

Dehors les journalistes !

C'est à une formidable "nuit du 4 août" que l'on assite dans les médias où les journalistes, valeureux aristocrates de la planète médiatique, ont décidé de s’effacer définitivement derrière leur propre public. L’émission "J’ai une question à vous poser", qui a brillamment réussi sa première hier soir, a fait la preuve que les "vraies gens" posent de "vraies questions" aux candidats, pas comme tous ces journaleux qui leur servent la soupe (vous verrez qu’un "vrai téléspectateur" finira par demander à Ségolène si elle vit, oui ou non, avec Hollande) ou à ces pseudo-experts qui pérorent dans l’erreur (malheureux Alain Duhamel qui a fait le plus beau loupé de sa carrière, cet automne, en omettant Ségolène dans son livre sur les futurs candidats aux présidentielles !).
Rendez la parole au peuple ! Les éditorialistes à la lanterne ! Pour faire de la bonne information, allez, dehors, les journalistes !
Suis-je le seul à penser que cette dérive est, à terme, catastrophique ?

04/02/2007

Ruquier a dévissé

Joute lamentable, tension insupportable, ambiance plombée : l’émission du sympathique Laurent Ruquier a tourné vinaigre, hier soir. Parce que le critique Michel Polac a injurié l’ex-ministre Roland Dumas ? Parce que l’ex-rappeur Doc Gynéco a insulté le comique Mustafa ("T’es un clown !") et Polac lui-même ("T’es en phase terminale !") ? Non. Ce tohu-bohu sans foi ni loi, où l’impolitesse le dispute à la vulgarité, est la règle du genre. L’émission a dérapé quand Laurent Ruquier en personne, agressé par Doc Gyneco, s’est cru obligé de justifier, sérieusement, ses opinions de gauche ! Erreur fatale. Le talent de Jean-Luc Lemoine et d'Eric Zemmour, pompiers volants improvisés et méritoires, n’a pas suffi à empêcher le désastre.
Dès qu’on sort de l’autodérision, du superficiel et du mercantile, le système médiatique vacille. Si l’animateur lui-même l’oublie, il s'effondre.

11/01/2007

Qu'est-ce que la droite ?

L'émission de Stéphane Bern sur la droite, hier soir, fut un grand moment de cacophonie et de confusion. Pourtant, les choses sont simples. Qu’est-ce que la droite ? C’est d’abord ce qui n’est pas la gauche. Inventé en 1789, le mot a désigné, jusqu'à la monarchie de Juillet, les ennemis de la Révolution; puis, jusqu’à la fin du XIXè siècle, les citoyens hostiles à la République; puis, des années 1920 à nos jours, les adversaires du socialisme. Voilà.
L’Europe, la cohabitation, la chute du Mur de Berlin et la mondialisation ont réduit le clivage gauche-droite à peu de choses. Qu'en reste-t-il, d'ailleurs, quand la représentante de la gauche prône l’ordre juste, l’autorité de l’armée et le respect de la famille ? Quasiment rien. Sauf dans deux occasions : au second tour des élections, et dans les débats à la télévision.

20/12/2006

La télé à la dérive

A l'approche des fêtes de fin d'année, la télévision connaît deux dérives insupportables :
- La ronde infernale des artistes en promotion. Ces jours-ci, qui n’a pas vu dix fois Emmanuelle Béart, Luc Besson, Gérard Lanvin et Dany Boon répéter cent fois les mêmes banalités ? Qui n’a pas vu Daniel Auteuil s’ennuyer ferme face aux questions de Claire Chazal, au JT de TF1 ? Qui n’a pas vu Muriel Robin quitter le studio de Ruquier pour une remarque qui ne concernait pas son DVD ?
- L’autocélébration effrénée des animateurs télé, qui ne connaissent plus qu’eux-mêmes et se recroquevillent sur leur toute petite corporation. Rien qu’hier, Sophie Davant recevait dans son émission Michel Drucker, tandis que Michel Denisot assurait la promo de Cauet, et que Fogiel, le soir, avait Arthur pour invité vedette !
Si cela continue, la ménagère de plus de 50 ans va se remettre à lire des livres...

06/12/2006

La bazar audiovisuel

Le PAF est devenu un souk. Une sorte de bazar numérique, un eBay audiovisuel où l’on passe son temps à acheter, à vendre, à échanger. Je te passe le sel, tu me passes le rutabaga. Hier matin, Stéphane Bern (France Inter) était l’invité de Jean-Marc Morandini (Europe 1). L'après-midi, Laurent Ruquier (Europe 1) avait pour invité son propre chroniqueur Jean-Luc Lemoine (France 2). Le soir, Marc-Olivier Fogiel (M6) recevait... Laurent Ruquier !
Ces échanges incestueux et mercantiles où chaque animateur est le producteur d’un autre, deviennent indécents : Drucker reçu par Denisot (Canal +), Sébastien reçu par Mireille Dumas (France 2), Arthur reçu par Pascale Clark (Canal +), ou réciproquement, le cercle se resserre !
Chez Ruquier (Europe 1), on ne cesse de promouvoir le dernier film, la dernière pièce, le dernier stand up, le dernier DVD des chroniqueurs présents, voire de l'animateur lui-même. C’est à peine s’il reste du temps pour faire la promo des invités extérieurs !

13/11/2006

Les gladiateurs modernes

Intéressante interview de Mgr di Falco par Henri Tincq, dans Le Monde de lundi, sur la télévision triomphante qui, plus que jamais, brutalise les individus et fait commerce, sans vergogne, de leur intimité.
Il a raison, l’évêque de Gap : dans les nouveaux "jeux du cirque" qu’incarnent les médias, les "gladiateurs" modernes sont tous ces gens qui viennent en plateau se faire laminer, insulter, déshabiller, broyer, humilier, ridiculiser : de Koh Lanta à la quotidienne de Jean-Luc Delarue, des invités de Stéphane Bern aux victimes du jeu d’Arthur, des Z’Amours aux candidats de la Nouvelle Star, ces esclaves qui s'ignorent jouent leur dignité et leur intimité dans l’espoir de gagner notoriété et argent. A la fois voyeur et exhibitionniste, impudique et cruel, le peuple rassemblé devant l’écran exige, le pouce vers le bas, du sang et des larmes.
On n’a pas progressé depuis Néron.

01/10/2006

Respect, Monsieur Ruquier

Les soirées du PAF sont maintenant installées. Face à Stéphane Bern qui pédale dans le pugilat artificiel et à Marc-Olivier Fogiel qui s’enlise dans le cynique convenu, le grand vainqueur du mercato télévisuel de l'été 2006 est, sans aucun doute, Laurent Ruquier.
D’abord, il est aussi gentil et détendu que ses deux rivaux sont hargneux et stressés. Ensuite, il s’est choisi des complices très drôles (Florence Foresti et Jean-Luc Lemoine). Enfin, il laisse parler ses invités plus de quinze secondes sans les interrompre comme un malotrus ! Le plateau de On est pas couché est aussi conflictuel que les autres (y compris, comme hier, sur l’islam et le terrorisme) et on s’y insulte aussi parfois, mais Ruquier sourit, s’excuse, relance, met à l’aise, plaisante, dédramatise, calme le jeu. Ce garçon réussit à imposer un drôle de truc qui date de la télé en noir et blanc : le respect de l’autre. Cela fait un bien fou.

30/09/2006

Guy Carlier et les ploucs

Dur retour sur terre pour Guy Carlier, qui s’était habitué aux paillettes, aux caméras et à l’argent facile. N’ayant pas suivi son complice Marco sur M6, il a retrouvé sur France Inter un studio sinistre, un vieux micro déglingué et ce silence oppressant qui règne, à l’aube, dans les couloirs poisseux de la Maison de la Radio. medium_guycarlierportrait.jpg
Alors il se venge. A deux reprises, cette semaine, il s’en est pris à l’Est Républicain, qui a publié la fameuse note de la DGSE sur la mort de Ben Laden. Ah ! Ah ! Un scoop dans la presse régionale ? Allons, qui peut le croire ? Pour lui, un journal de province est fait par des ploucs et pour des ploucs ! Carlier, qui voue un vrai culte au Libé de sa jeunesse, affiche un mépris abyssal pour les vrais gens qui lisent les vrais journaux.
Carlier est payé pour être méchant et drôle. On devrait lui retirer la moitié de son salaire.

28/09/2006

Le top de la vulgarité

Le summum de la violence et de la vulgarité, à la télévision française, c’est un jeu appelé A prendre ou à laisser, présenté chaque jour sur TF1 par Arthur. L’ex "animateur le plus con du PAF" (c’était naguère son slogan) y fait miroiter à de jeunes femmes fascinées des fortunes gigantesques qu’elles perdent parfois à la dernière minute dans un concert de larmes, de crise de nerfs et d’applaudissements. Toujours jolies, les candidates : Arthur ne se prive pas de les serrer et de les tripoter en minaudant – au point qu’on n’a aucune illusion sur les critères de son casting. Il est comme ça, Arthur : l’argent, les femmes, faut qu’il touche !
Le richissime animateur-producteur essuyant les larmes de la malheureuse Josette, qui gagne 540 euros par mois comme caissière à l’Intermarché de Vesoul, et qui vient de rater d’un cheveu la somme de 500.000 euros : c’est vraiment, vraiment odieux.

22/09/2006

Béatrice suspendue

C’est décidé. Béatrice Schönberg, femme de Jean-Louis Borloo, cessera de présenter le JT de France 2 le 25 février 2007. Motif : un copain de son mari sera probablement candidat aux présidentielles. Le copain est UMP, son mari est radical, mais on ne sait jamais : entre deux pubs, furtivement, elle pourrait en dire du bien !
medium_BSch.2.JPGLa femme du ministre retrouvera donc son job le 12 mai, juste avant le démarrage de la campagne législative où le même Borloo, cette fois, sera personnellement candidat. Probablement devra-t-elle quitter le studio à chaque fois qu’on parlera de Valenciennes ?
Je me rappelle avec nostalgie le temps où le président Mitterrand était interviewé par Anne Sinclair et Christine Ockrent, dont les maris étaient respectivement chargés, dans son gouvernement, des finances et de la santé. O tempora, o mores.

19/09/2006

L'ego d'Angot

Impossible d’allumer sa télé, actuellement, sans voir Christine Angot parler de son dernier livre, toujours dans les mêmes formes : indignations confuses, développements incohérents, colères gratuites, insultes arrogantes. Cette femme, à l’ego démesuré, est l’orgueil incarné. Tout critique, tout journaliste, tout animateur – tout ce qui n’est pas elle, en réalité – est forcément "stupide", "naïf", "pas intéressant", "débile", etc. Même Pascale Clark, sur Canal +, en a fait l’expérience tout à l'heure : "Pouvez-vous le comprendre ?" "Qui a écrit le livre, c’est vous ou moi ?" Un peu déroutée, Pascale !
D'émission en émission, Christine Angot qualifie les émissions de Pivot de "bouillie infernale", traite Eric Zemmour de "raciste" ou exprime un mépris injurieux pour Elisabeth Guigou, elle aussi en promo. Quelle importance ? Plus elle passe à la télé, plus elle dézingue la télé. Plus elle dézingue la télé, plus elle passe à la télé. Et plus elle vend de livres.

13/09/2006

Fogiel, le retour

Fogiel est revenu. Sur M6. Avec la même émission qu’il animait sur France 3 le dimanche soir. Même studio, même ton, même style, mêmes stars en promo : Delon, Bruel, Djamel Debbouze, Cécile de France. Mêmes logos dans le coin de l’écran, mêmes SMS pleins de fautes d’orthographe. Même mélange de faux thèmes sérieux et de vrais sujets trash : la vie sexuelle des hommes politiques, etc.
medium_Marc-O.jpg Seule innovation, à part les coupures de pub et un titre piqué à Lauzier (T’empêche tout le monde de dormir): la présence du musicien André Manoukian, qui lit une chronique incompréhensible aussi péniblement que le faisait Doc Gynéco sur France 3. Et une fille derrière un ordinateur, là-haut, qui n’intéresse personne.
La vraie nouveauté, c’est que l’émission commence à 23 heures, c’est-à-dire qu’elle n’est pas regardée par les vrais gens, ceux qui travaillent le lendemain. Je me suis endormi avant la fin, en écoutant François Hollande ne rien dire...

07/09/2006

L'Arène de France

Stéphane Bern a du talent, mais il a aussi du culot : expliquer que sa nouvelle émission est un lieu de liberté comme il n’y en a pas eu depuis longtemps à la télévision française ! Ho, Stéphane ! On se calme !
L’Arène de France est une émission classique, au sens d’aujourd’hui : on y sert la soupe à des "peoples" invités en fonction de leur "actualité" ; on y défend l’école républicaine en disant des gros mots ; on y apprend à ne jamais écouter personne et à couper la parole à tout le monde ; on demande à un public mal élevé de voter à l’aide d’un buzzeur sur des sujets qui le dépassent ; et, entre un sketch à deux balles et une caméra cachée, on demande à de vrais avocats de faire de fausses plaidoiries pour bien montrer qu’au fond, rien n’est grave et que tout se vaut : on applaudit Olivier Besancenot et Gilles de Robien avec la même sympathique conviction que rien de tout cela n’a vraiment d’importance. Et c’est le cas.

17/07/2006

La télé en noirs et blancs

medium_roselmack-0606.jpgHarry Roselmack, le nouveau présentateur du JT de TF1, n’est pas noir. Dans notre pays, il n’y a ni blancs ni noirs. Le "modèle républicain" interdit aux démographes, statisticiens, économistes, douaniers et autres dermatologues de comptabiliser les blancs et les noirs. Dura lex, sed lex : Harry Roselmack est un journaliste qui n’a aucune particularité ethnique. Rien à voir, donc, avec le souhait de voir mieux représentées, ici et là, certaines minorités "visibles" !
Un souhait pourtant légitime. Prenez le Tour de France. Un vrai scandale. Pourquoi la Grande Boucle est-elle réservée aux blancs ? Pourquoi, en un siècle, jamais un noir n’a porté le maillot jaune ? Ne faudrait-il pas faire un peu de discrimination positive, là aussi ? Il faudrait en parler au directeur de la course. Il s’appelle Leblanc.