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06/12/2007

Merci Arlette Chabot

Après six mois d’inanité, ce soir, sur France 2, retour aux bons vieux débats politiques comme on les aime, gauche contre droite, et laissez-moi vous répondre, et je ne vous ai pas interrompu. Avec des invités modernes qui ont remplacé Lang, Bayrou et Le Pen : Henri Guaino, le gourou bourru de Sarko, tellement content d’être là ; Olivier Besancenot, fidèle aux Postes, le coupe-papier entre les dents ; Julien Dray, de plus en plus penché en avant, entraîné par le poids du réel ; une petite nouvelle au prénom improbable (au Modem, ceux dont on connaît le nom sont tous passés chez Sarko) ; un journaliste du Nouvel Obs au débit incompréhensible ; et, pour ne pas rompre avec les fondamentaux, Alain Duhamel, le seul qu’on retrouve aussi sur les images d’archives en noir et blanc. J'adore.

21/11/2007

Attention, chef d'oeuvre

On dit : la télé, c’est nul. Et puis on doute : la télé, peut-être que c’est forcément nul. Et un jour, on tombe sur un chef d’œuvre. Une perle. Comme l'émission de ce soir évoquant, sur France 2, les 15 ans de la mort de Michel Berger, avec une France Gall sexagénaire et émouvante qui n'a pas chanté une seule fois, laissant les Johnny, Voulzy, Jonas, Chedid, Françoise Hardy, Roch Voisine, Vanessa Paradis et autres Christophe se dépasser, au nom de l'amitié, dans le répertoire Gall-Berger. Quelques jeunes : Amel Bent, Christophe Willem, et surtout Diam’s, époustouflante dans sa version de Laissez passer les rêves. Un immense décor de coulisses, un bric à brac de souvenirs et de délicatesse, un montage au rasoir, un armée de caméras intelligentes et pudiques. Une émotion simple et pure.
La télé, cela peut être aussi cela ? Encore ! Encore !

13/11/2007

Le cardinal et la starlette

Excellent portrait du cardinal Etchegaray en dernière page du Figaro d’aujourd’hui. Huit jours après la sortie de J'ai senti battre le coeur du monde, on peut dire que le vice-doyen du Sacré collège a eu une presse d’enfer. Il a même été invité par Michel Denisot sur Canal +, alors qu’on sait bien que la télé a horreur des vieux parce qu’ils sont trop lents. Et qu'ils sont rarement "tendance", surtout quand ils portent soutane. Sur un plateau télé, face à un homme d’Eglise, il y a toujours une starlette qui montre ses fesses pour braver le représentant de l’obscurantisme – la fille de la météo, ce soir-là, n’a pas failli à la règle. Mais quand le cardinal a quitté le studio, il a été ovationné par le pubic !

14/10/2007

Fin du débat politique

D’émissions politiques en débats télévisés, la culture médiatique régresse spectaculairement. Naguère, journalistes et hommes politiques échangeaient des arguments, plus ou moins développés, de préférence en deux parties. Depuis une dizaine d’années, on se dispute à coup de "petites phrases" qui dispensent de lire textes de loi ou articles de fond. Aujourd’hui, on organise débats et polémiques autour de simples mots, qu’on utilise comme des balles de revolver : "dégueulasse", "petit con", "rupture", "ouverture", "faillite", "ADN", "détail", etc. D'où cette manie de couper toute parole intelligente au bout de 45 secondes. D'où cette tendance à donner la parole à qui n'y connait rien. On fait l’impasse sur la connaissance, on évacue le réel, on proscrit la pensée : après nous, le déluge !

11/10/2007

Vive de Gaulle !

99f0e32736d670a998143969e6cc8732.jpgPour quelqu’un qui, comme moi, avait 18 ans en mai 1968, l’émission d'hier soir sur le général de Gaulle, présentée par Marie Drucker sur France 3, était à tomber par terre. Quelle unanimité dans la louange ! J’entends Jack Lang expliquer que de Gaulle, qui lança à la fois la participation, la régionalisation et la réforme du Sénat après les événements de mai, était un "prophète". J’entends Max Gallo expliquer que "dans tout Français il y a un héritier du général de Gaulle". Mais surtout l’écrivain Daniel Rondeau à qui le journaliste demande : "En mai 68, de Gaulle a raté la jeunesse ?" et qui répond : « Non, c’est la jeunesse qui a raté De Gaulle ! » Je rêve. Je n’ai pas dû vivre le même mois de mai...

10/10/2007

Questions sans réponses

La radio et la télé font du bruit. Ainsi, ce mardi soir, de Frédéric Taddeï (France 3) à Marc-Olivier Fogiel (M6), les journalistes et animateurs posent tous les mêmes questions inutiles : les patrons sont-ils tous des truands ? Faut-il libérer Bertrand Cantat ? où est Cécilia ? François Fillon a-t-il eu raison de qualifier l’ADN de détail ? Personne n’essaie de répondre à ces questions. Mieux: dès qu'un invité s'y essaie, l'animateur lui coupe la parole. Il ne s'agit surtout pas d'expliquer tranquillement les choses pour éclairer le jugement, mais de susciter l’émotion, l’indignation, la polémique, la castagne, sur fond de babil des auditeurs et de maintien de l’audimat. Expliquer des sujets comme la remise de peine, les stock-options ou l’ADN, si on s’y attaque sérieusement, c’est compliqué, les gens vont zapper, alors surtout on évite d'expliquer. Mieux vaut faire du bruit.

30/09/2007

Sarko y était !

La dérive s'accentue. Le mal contamine les meilleurs. Ainsi Catherine Matausch, excellente journaliste de France 3, a-t-elle rapporté hier dans son journal de la mi-journée, que Nicolas Sarkozy s'était rendu au congrès des sapeurs-pompiers, à Clermond-Ferrand. On sait que "les relations entre les pompiers et le Samu sont difficiles", dit-elle, mais "Nicolas Sarkozy a rassuré les pompiers". Fin de l'info. Vive Sarko. Et tant pis pour les dizaines de milliers de téléspectateurs qui auraient bien aimé savoir ce qu'il a dit ! Les "relations difficiles" entre les pompiers et le Samu, cela intéresse réellement, concrètement, des millions de gens. Mais qu'importe le fond du problème : l'important aux yeux des journalistes, c'est que Sarkozy y était, et qu'il a parlé !

28/09/2007

Les deux infos du jour

Le monde va mal. L’actualité nous presse. Depuis ce matin, deux sujets dramatiques, vitaux, essentiels, nourrissent l’ensemble des médias, et non des moindres : une lettre de vacances d’Isabelle Balkany à sa copine Cécilia Sarkozy, que les journaux ont présentée comme une mystérieuse lettre d’amour envoyée à Sarko ; et une engueulade qui a opposé hier le présentateur de France 2 William Leymergie à l’un de ses collaborateurs, comme il s’en passe quotidiennement dans toutes les entreprises du monde.
Les "journalistes" qui révèlent, relaient, développent et commentent ces informations débiles se rendent-ils compte qu’ils sont les fossoyeurs de la presse ?

27/09/2007

Passe-moi le Celte

Entendu ce matin l’un des gentils gauchistes de la "Matinale" de Canal + expliquer en s’extasiant que les Gaulois, mais non, n’étaient pas des barbares sales et hirsutes, qu’ils n’habitaient pas des huttes en bois, etc...
Ainsi va la culture médiatique, de faux scoops en marronniers éculés. Il y a au moins dix ans que l’on sait que les tribus celtes (Eduens, Sénons, Arvernes et autres) étaient largement civilisées quand les Romains ont conquis leurs territoires ! Le journaliste de Canal + n’a-t-il jamais entendu parler de Bibracte ?
A Paris, l’histoire de l’humanité commence aux arènes de Lutèce. Il faudrait que les chroniqueurs de la télé franchissent de temps en temps le périphérique !

03/06/2007

Le triomphe du mensonge

Aux Pays-Bas, le groupe Endémol a fait croire au monde entier qu’au cours d’une émission de télé réalité, The Big Donor Show, un mort en souffrance allait réellement donner son rein à un malade sélectionné par les téléspectateurs. Tout était faux.
En France, moins macabre mais tout aussi pervers, l’animateur Patrick Sébastien s’est transformé en ex-taulard repenti, Joseph Lubsky, accordant à la chaîne des interviews bidon, tout cela pour mieux vendre le polar qu’il vient d'écrire.
Dans tous les cas, le jeu consiste instrumentaliser, contourner et décrédibiliser les journalistes, dernière digue protégeant les téléspectateurs du mensonge généralisé. Or la digue est en train de craquer. Rappelons-nous, récemment, le faux JT belge annonçant la partition du pays…
C'est grave, docteur, pas vrai ?

24/05/2007

Femmes de ministres

Baroin n'est plus ministre. Borloo, si. Kouchner, itou. Marie Drucker est donc revenue à l'antenne. Béatrice Schönberg, non. Et Christine Ockrent fait de la résistance...
Que le PAF est conservateur, pour ne pas dire réac, au moins dans le service public ! Que des femmes journalistes doivent quitter leurs fonctions de présentatrices sur les chaînes de France Télévisions, simplement parce qu’elles sont mariées à des élus de la République, voilà qui ne cesse de m’énerver. Quand le syndicat SNJ-CGT de France 2 ose déclarer que le retour de Béatrice Schönberg au JT aurait "remis en cause la crédibilité d’une profession déjà tellement décriée", cela ne déclenche donc aucune protestation d’autres médias moins politisés ? Et les syndicalistes anonymes et machistes tout droit sortis du moyen âge médiatique, cela fait du bien à l’image de la profession, peut-être ?

18/04/2007

L'audimat se rebiffe

Les médias parlent aux médias : attention, la campagne officielle, à la télé, fait baisser les audiences ! Il est vrai que les spots des uns et des autres ne sont pas très sexy. Pas meilleurs, en tout cas, que ce que le jeune Alain Madelin enseignait dans les universités d’été du PR il y a 25 ans : langage basique face caméra, faire-valoir de seconde zone (un militant du même parti, un ex-présentateur télé , une belle-sœur au chômage) et gags involontaires (Voynet menaçant d’aller dire à Poutine son fait sur la Tchétchénie, un régal). Pas de quoi rivaliser avec Les Experts, les 50 plus beaux strip-teases de la TV ou le tirage du loto !
Cela fait baisser l’audimat, donc le prix de quelques écrans de pub, et alors ? Pour une fois qu’un responsable (même ringard) peut énoncer quelques idées (même archaïques) sans être interrompu au bout de 50 secondes !

25/02/2007

Après Loïc Le Meur, qui ?

Attention, danger ! Dérive ! Dérapage ! La campagne électorale sera-t-elle bientôt réservée à tous ceux qui n'ont rien à voir avec la politique ? Je résume : Béatrice Schönberg et Marie Drucker écartées de l’antenne pour cause de relations coupables avec des élus de droite ; Alain Duhamel privé de parole parce qu’il a osé dire un jour sa préférence pour Bayrou ; et maintenant Loïc Le Meur interdit de chronique sur Canal + parce qu’il a exprimé sa préférence pour Sarkozy ! Quel est le prochain sur la liste : Eric Zemmour ? Catherine Nay ?
Ho ! Si le débat électoral se limite désormais aux militants masqués, aux journalistes sans convictions, aux amuseurs irresponsables et aux animateurs de gauche, il faut le dire ! Organisons tout de suite un grand débat entre Laurent Ruquier (Ségo), Patrick Sébastien (Bayrou) et Doc Gyneco (Sarko), et le tour sera joué !

17/02/2007

Il est ballot, Duhamel !

Il est ballot, Alain Duhamel. Déjà, en 2002, il co-écrit un livre avec Jospin, sans penser qu’il aura à commenter les propos tenus par Jospin dans un livre sur lesquels il touche des droits d’auteur ! En 2006, il publie un livre sur les futurs candidats en omettant… Ségolène Royal, ce qui entame sérieusement son crédit de spécialiste ! Et voilà qu’il explique benoîtement, dans un amphi de Sciences Po, qu’il votera Bayrou (ce dont, franchement, tout le monde se tamponne) : il n’a pas remarqué, l'expert, que, cette année, les vidéos "non autorisées" rythment la campagne sur internet ?
Il n’a surtout pas compris que, pour les patrons du PAF, tous les prétextes sont bons pour se passer des journalistes politiques, faibles générateurs d'audimat ? Place aux "vrais gens" qui disent n’importe quoi et aux amuseurs, genre Sébastien, qui s’engagent sans retenue aucune !
Schönberg, Drucker, Duhamel… Au suivant !

16/02/2007

Les questions des "vrais gens"

La tendance à faire interroger les candidats par des "vrais gens" renforce peut-être l’audimat, mais elle appauvrit le débat. Ainsi hier, face à Bayrou : la dame qui a perdu son mari dans d’atroces souffrances lui demande s’il va légaliser l’euthanasie ; le chauffeur de bus lui parle de l'insécurité ; la mère célibataire qui risque d’être expulsée de son logement lui demande ce qu’il pourra faire pour elle ; l’ouvrier d’Alcatel lui demande ce qu’il fera pour interdire le plan de réduction d’emploi dont il est menacé ; et le jeune agriculteur de Saône-et-Loire lui demande ce qu’il fera pour les jeunes agriculteurs quand il sera "président de l’Agriculture" ! Le lapsus est révélateur.
Dès que Gilles Leclerc - excellent journaliste politique - a repris le flambeau, il a refait de Bayrou un président potentiel, et non un super-magicien ministre de tas de trucs, confesseur humaniste et omniscient, candidat à… la finale de Questions pour un champion !

09/02/2007

L'équité, quelle blague !

Le CSA a demandé aux chaînes de télé, depuis le 1er décembre, de faire preuve d’"équité" envers les candidats aux présidentielles. Il suffit de zapper un peu pour constater que cette recommandation ne s’applique qu’aux journaux télévisés des grandes chaînes (TF1, France 2, France 3) mais que pour tout le reste, elle s’apparente à une vaste blague ! De la Matinale de Canal + au plateau de Laurent Ruquier en passant par les Guignols, sans parler d’ En Aparté et de nombreux autres programmes, la quasi totalité des animateurs, chroniqueurs et amuseurs du PAF sont à l’unisson : Le Pen est le diable, Villiers est un crétin, Sarko est un facho et Bayrou est un neu-neu. Le reste, ça se discute.
On calcule les JT à la seconde près, mais on ne comptabilise pas les borborygmes de Doc Gyneco en faveur de Sarko, ou la bourde de Montebourg reprise en boucle, ou les promos de bouquins parus sur tel ou tel, ou les imitations assassines de Laurent Gerra, qui, cela crève les yeux, n'ont rien à voir avec la campagne électorale !

08/02/2007

Claire Chazal à son tour...

Claire Chazal va devoir se mettre en congé de télévision. C’est aujourd’hui la règle pour toute présentatrice qui vit avec un homme impliqué dans la campagne présidentielle comme Béatrice Schönberg, épouse d’un ministre radical, ou Marie Drucker, compagne d'un élu local UMP. Comment Claire Chazal pourrait-elle continuer à commenter sur TF1 les meetings où Philippe Torreton s’enflamme, à la tribune et devant les caméras, pour Ségolène Royal ? Sauf à penser que la punition ne s’applique qu’à celles qui couchent à droite ?
Je propose de confier à une commission spécialisée – présidée par une personnalité qualifiée, genre Bernard Kouchner – l’examen de la vie privée de toutes les femmes journalistes, et de ne garder que celles qui fréquentent des boulangers, des viticulteurs et des experts comptables.
Les femmes seulement, bien sur. Les journalistes hommes, eux, ils font ce qu’ils veulent. Faut pas déconner.

06/02/2007

Dehors les journalistes !

C'est à une formidable "nuit du 4 août" que l'on assite dans les médias où les journalistes, valeureux aristocrates de la planète médiatique, ont décidé de s’effacer définitivement derrière leur propre public. L’émission "J’ai une question à vous poser", qui a brillamment réussi sa première hier soir, a fait la preuve que les "vraies gens" posent de "vraies questions" aux candidats, pas comme tous ces journaleux qui leur servent la soupe (vous verrez qu’un "vrai téléspectateur" finira par demander à Ségolène si elle vit, oui ou non, avec Hollande) ou à ces pseudo-experts qui pérorent dans l’erreur (malheureux Alain Duhamel qui a fait le plus beau loupé de sa carrière, cet automne, en omettant Ségolène dans son livre sur les futurs candidats aux présidentielles !).
Rendez la parole au peuple ! Les éditorialistes à la lanterne ! Pour faire de la bonne information, allez, dehors, les journalistes !
Suis-je le seul à penser que cette dérive est, à terme, catastrophique ?

04/02/2007

Ruquier a dévissé

Joute lamentable, tension insupportable, ambiance plombée : l’émission du sympathique Laurent Ruquier a tourné vinaigre, hier soir. Parce que le critique Michel Polac a injurié l’ex-ministre Roland Dumas ? Parce que l’ex-rappeur Doc Gynéco a insulté le comique Mustafa ("T’es un clown !") et Polac lui-même ("T’es en phase terminale !") ? Non. Ce tohu-bohu sans foi ni loi, où l’impolitesse le dispute à la vulgarité, est la règle du genre. L’émission a dérapé quand Laurent Ruquier en personne, agressé par Doc Gyneco, s’est cru obligé de justifier, sérieusement, ses opinions de gauche ! Erreur fatale. Le talent de Jean-Luc Lemoine et d'Eric Zemmour, pompiers volants improvisés et méritoires, n’a pas suffi à empêcher le désastre.
Dès qu’on sort de l’autodérision, du superficiel et du mercantile, le système médiatique vacille. Si l’animateur lui-même l’oublie, il s'effondre.

11/01/2007

Qu'est-ce que la droite ?

L'émission de Stéphane Bern sur la droite, hier soir, fut un grand moment de cacophonie et de confusion. Pourtant, les choses sont simples. Qu’est-ce que la droite ? C’est d’abord ce qui n’est pas la gauche. Inventé en 1789, le mot a désigné, jusqu'à la monarchie de Juillet, les ennemis de la Révolution; puis, jusqu’à la fin du XIXè siècle, les citoyens hostiles à la République; puis, des années 1920 à nos jours, les adversaires du socialisme. Voilà.
L’Europe, la cohabitation, la chute du Mur de Berlin et la mondialisation ont réduit le clivage gauche-droite à peu de choses. Qu'en reste-t-il, d'ailleurs, quand la représentante de la gauche prône l’ordre juste, l’autorité de l’armée et le respect de la famille ? Quasiment rien. Sauf dans deux occasions : au second tour des élections, et dans les débats à la télévision.