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04/12/2007

Le pluralisme à la Russe

Un jour que j’interviewais Mikhaïl Gorbatchev à Moscou en peine perestroïka – ce devait être en 1989 – et que j'évoquais devant lui l'idée du pluralisme politique, le secrétaire général du Parti communiste d’URSS, futur président de l’URSS, m’avait fait une drôle de réponse : "Un autre parti, répondit Gorby, mais oui, pourquoi pas ?" Le pluralisme, pour un Russe formé à l’école du communisme soviétique, c’est cela : un autre parti, si possible créé par le pouvoir en place, qui constitue l’opposition officielle. Poutine a hérité de cette conception très spéciale du pluralisme. Après tout, le tout-puissant président russe nomme à tous les postes, il peut bien nommer aussi son opposition !
J’entends Sarko qui rigole…

03/12/2007

Changement d'époque

La vie politique change. Les révélations de Ségolène sur son plantage entre les deux tours des présidentielles, portable en main, en bas de l’immeuble de Bayrou, sont à l’aune du pêcheur traitant, de son balcon, le chef de l’Etat d’ "enculé". La seule différence, pour l'anecdote, c’est que le petit Nicolas a rétorqué "Descends !" à son contestataire, alors que Bayrou a lancé "Ne montez pas !" à la candidate du PS.
Mais les deux récits sont sacrément révélateurs d’un changement d’époque : imagine-t-on le général de Gaulle planqué dans sa voiture en espérant que Lecanuet lui ouvre sa porte, ou Valéry Giscard d'Estaing défiant pour une castagne un type l'ayant traité d’enculé ?
O tempora, o mores, bordel !

24/11/2007

Sarko monarque ou arbitre ?

Six mois, six jours et six heures après l’entrée de Sarkozy à l’Elysée, j’ai animé jeudi soir une conférence-débat sur les institutions, à Sciences Po Dijon. Invité : le professeur Claude Patriat, dont le livre L’Annonce faite à Marianne, paru en avril, était prémonitoire : le nouveau président est-il un monarque, un chef de parti ou un arbitre ? Que reste-t-il de la Constitution de 1958 ? Quid de la fonction de premier ministre sur laquelle reposaient, de Montebourg à Bayrou, les projets de VIè République ? La moitié des étudiants de l’IEP Dijon sont des étrangers. Ils ont du mal à comprendre ces Français prisonniers de leurs archaïsmes révolutionnaires, qui ne pensent qu’à tripatouiller leur Constitution et à couper la tête de leurs dirigeants !

30/10/2007

Que les hauts salaires...

Elle est mignonne, Emmanuelle Mignon, la dircab de Sarko. Mais elle n’est pas bonne en com. Quelle idée, sous couvert de transparence, d’expliquer qu’on va augmenter de 140 % le salaire de son patron ! Actuellement, la rémunération du Président de la République est de 101 488 euros annuels, soit 8 300 mensuels (brut). Autant qu’un de ces super-cheminots qui cumulent une belle retraite prise à 53 ou 54 ans et un salaire exotique de conseiller auprès d’un TGV étranger, comme le révélait récemment le Figaro… Un salaire de 8 300 euros (brut), c’est évidemment ridicule pour n’importe quel pdg ou cadre sup, mais c'est énorme pour le Rmiste de base. Or il y a davantage de Rmistes en France que de pdg ou de cadres sup. Electoralement, cela s’appelle une connerie.

22/10/2007

Gênant, Guy Môquet ?

Pour saisir les réticences de certains enseignants concernant la lettre du jeune Guy Môquet à ses parents, il faut bien comprendre ce qui est arrivé à ce malheureux et courageux adolescent. C’est par les Français que Guy Môquet, militant des Jeunesses communistes et fils de Prosper Môquet, député communiste de la Seine, a été arrêté le 15 octobre 1940 : les communistes étaient alors alliés à Hitler en vertu du pacte germano-soviétique d’août 1939, et Daladier avait strictement interdit, au lendemain de ce pacte, toute propagande allant dans ce sens. C’est par les Allemands qu’il fut exécuté en représailles, le 20 octobre 1941 : Hitler ayant envahi l’URSS en juin 1941, les épigones français du génial camarade Staline étaient devenus les ennemis du Reich…

06/10/2007

Paroles divines

Mais qu’est-ce qui leur prend ? A la tribune de l’ONU, l’autre jour, Nicolas Sarkozy a lancé le cri de Jean-Paul II en Haïti, il y a vingt ans : "Il faut que les choses changent !" On se rappelle qu’à plusieurs reprises, pendant sa campagne, il avait lancé le fameux "N’ayez pas peur !" du pape polonais. Ségolène Royal, à la même époque, lançait : "Aimez-vous les uns les autres !" et vient de récidiver à propos des critiques à son égard venant du PS : "Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font !"
Il y a une petite différence, subliminale : Sarko rêve de régner sur un milliard de disciples, tandis que Ségo se prend carrément pour le Christ en croix…

30/09/2007

Sarko y était !

La dérive s'accentue. Le mal contamine les meilleurs. Ainsi Catherine Matausch, excellente journaliste de France 3, a-t-elle rapporté hier dans son journal de la mi-journée, que Nicolas Sarkozy s'était rendu au congrès des sapeurs-pompiers, à Clermond-Ferrand. On sait que "les relations entre les pompiers et le Samu sont difficiles", dit-elle, mais "Nicolas Sarkozy a rassuré les pompiers". Fin de l'info. Vive Sarko. Et tant pis pour les dizaines de milliers de téléspectateurs qui auraient bien aimé savoir ce qu'il a dit ! Les "relations difficiles" entre les pompiers et le Samu, cela intéresse réellement, concrètement, des millions de gens. Mais qu'importe le fond du problème : l'important aux yeux des journalistes, c'est que Sarkozy y était, et qu'il a parlé !

17/09/2007

Gardez-moi de mes amis...

Reste-t-il encore quelques naïfs qui pensent qu’en politique, la lutte se joue entre la droite et la gauche ? Les temps ont changé : désormais, quand on s’engage en politique, c’est exclusivement pour se bagarrer contre quelqu’un de son camp.
A gauche, voyez les "jeunes lions" du PS dont le seul objectif quotidien, méticuleux, est de tuer les "éléphants" de leur propre parti. Voyez Lionel Jospin qui, dans le livre qui a occupé tout son temps depuis six mois, assassine sauvagement et définitivement Ségolène Royal.
A droite, voyez Bernard Debré, dont l’activité obsessionnelle consiste à empêcher Françoise de Panafieu de devenir maire de Paris. Voyez Dominique de Villepin, qui n’a rien d’autre à faire de ses journées que dézinguer systématiquement Nicolas Sarkozy.
Toujours pour le bien du peuple français, bien sûr.

14/09/2007

Marre de Sarkozy ?

4a8e4891eb1e5e57ff0c7faae0d1e40d.jpgLes journalistes sont drôles. D'éditoriaux en commentaires, ils jugent tous que Sarkozy est vraiment trop omniprésent dans l'actualité, jusqu'à éclipser tous les membres de son propre gouvernement, et que cela commence à bien faire. Mais voyez les covers des magazines : L’Express titre sur la femme de Sarkozy, Le Point sur les amis de Sarkozy, etc. C'est une obsesion. Coïncidence fâcheuse : depuis ce matin, les médias à l'unisson rendent un hommage dithyrambique à Jacques Martin, qui fut... le premier mari de Cecilia Sarkozy !
Il y a même une association finaude qui a proposé un "jour sans Sarkozy" : ça, c’est le meilleur moyen pour qu’on ne parle que de lui ce jour-là ! On parie que pour la journée du Patrimoine, demain, tous les journalistes vont se pointer à l'entrée du bureau de Sarkozy ?

12/06/2007

La religion du livre

Sarko est-il cultivé ? Franchement, on s’en tape. Sauf en matière de bons vins : son ignorance en la matière, qui explique sans doute sa faible résistance à l’alcool, est évidemment désolante. Mais pour le reste, en tant qu’éditeur indépendant, je préfère un président qui aide la culture à un président qui étale la sienne. Un qui soutienne le livre plutôt qu’un qui écrive des poèmes.
Plus concrètement encore, je rêve d’un chef de l’Etat qui parviendrait à convaincre les pouvoirs publics (gouvernement, régions, départements) que le livre n'est pas un objet "culturel" (bons sentiments, propos de salons, bouts de chandelles), mais une activité "économique" (aides concrètes, création d'emplois, soutien à l'export). Sur ce point, croyez-moi, y a du boulot !

11/06/2007

Le spectre des godillots

La "vague bleue" ne présente qu’un danger, en vérité, mais il est de taille : l’entourage de Sarko va-t-il ou non, par facilité, verrouiller pour cinq ans toute contestation ?
Je ne parle pas de Besancenot et Le Pen, dont on se passera très bien à l’Assemblée. Ni du Modem, qui a le temps d’un quinquennat pour prouver qu’il existe. Ni même du Nouveau Centre, les nouveaux convertis étant toujours les plus zélés.
Je parle des socialistes, à qui il faudra donner la parole dès qu’ils auront retrouvé leurs esprits. Et surtout des libéraux, sociaux, giscardiens, radicaux, européens, qui, de Borloo à Raffarin, composent une partie non négligeable de l’UMP : si ceux-là sont noyés dans la masse des inconditionnels, alors c’est le retour de l’ "Etat RPR" et des "godillots", de sinistre mémoire. Quand j’entends Devedjian expliquer qu’il est, lui, l’ouverture, je suis un peu inquiet.

30/05/2007

Ségolène à Matignon ?

Je reviens sur l’hypothèse d’une victoire in extremis de la gauche le 17 juin – improbable, certes, mais pas totalement inimaginable. Le président Sarkozy serait logiquement obligé de nommer à Matignon le n° 1 du PS, François Hollande, pour cinq ans de cohabitation difficile et bigrement conflictuelle. A moins que… A moins que Ségolène Royal ne prétende à la fonction ! Ce matin, sur LCI, face à Christophe Barbier, elle a bien répondu : "Il faudrait toujours assumer".
Sacrée Ségolène ! "Je ne m’interdis rien", avait-elle déjà dit lundi sur France 2. Est-elle ou non le n° 1 du PS, a demandé Barbier ? Réponse : "Pour l’instant, c’est François Hollande". Tout est dans ce délicieux "Pour l’instant".
Ségo, premier ministre de Sarko : imaginez la tête de Bernard Kouchner !

29/05/2007

Président ou chef de parti ?

Nicolas Sarkozy fera ce soir au Havre ce que Valéry Giscard d’Estaing avait fait en 1978 à Verdun-sur-le-Doubs : il invitera les Français, convoqués aux urnes les 10 et 17 juin, à faire le "bon choix" en envoyant à l'Assemblée nationale une majorité de députés qui appliqueront sa politique. Sarko ne veut pas cohabiter avec un premier ministre nommé François Hollande, c'est humain.
Est-ce le rôle d’un président de la République ? Celui-ci doit-il être plutôt un monarque, un arbitre, un chef de parti ? Quel est son véritable pouvoir, en vertu de la Constitution ? A ces questions, qui furent au cœur du débat sur la VIème République lors des présidentielles, le professeur Claude Patriat, de l'Université de Dijon, répond avec clarté dans un petit livre que je vous conseille : L’Annonce faite à Marianne, publié aux Editions de Bourogne. Bonne lecture !

15/05/2007

Qui sont les conservateurs ?

Nicolas Sarkozy a été élu en promettant de réformer le pays. Changer la France, c’est une entreprise titanesque. Avant même de prendre ses fonctions, le nouveau président a commencé à réfléchir, par exemple, à de nouveaux découpages ministériels. Par exemple, pourquoi ne pas essayer de rapprocher la Culture et l’Education nationale, comme sous Jack Lang, si l’on veut développer l’enseignement de la culture à l’école ? C’est le b-a, ba, le tout début d’un commencement de changement…
...et déjà, stop ! Hola ! Bas les pattes ! Pas touche à la culture ! Les professionnels de la profession - Agnès Jaoui, Bertrand Tavernier, Jean-Claude Carrière et d’autres moins connus – sont déjà vent debout, décidés à conserver les choses en l’état : la réforme, c’est pour les autres ! ON NE TOUCHE A RIEN !
Il a du boulot, Sarko.

14/05/2007

Sarko devient chanoine

medium_latran_facade_200.jpgNicolas Sarkozy est désormais chanoine. Une très ancienne tradition fait du président de la République française le "chanoine honoraire" de la basilique pontificale de Saint-Jean de Latran, à Rome. Tous les chefs d’Etat français depuis Henri IV, avec plus ou moins de faste, ont respecté cette coutume, et il y a gros à parier que Sarko ne dérogera pas à la règle.
Seul François Mitterrand, dont l’entourage était moitié anticlérical moitié inculte, avait ignoré la tradition. Lorsque la lettre officielle de félicitations du chapitre de la basilique était arrivée à l’Elysée, peu de temps après l’élection du 10 mai 1981, elle avait été classée dans le courrier adressé par des fous !

12/05/2007

La mitterrandie vote Sarko

Quelle est la caractéristique commune des personnalités de gauche qui ont soutenu ou qui rallient Nicolas Sarkozy ? Facile : ce sont les plus proches compagnons de feu le président Mitterrand.
Après les entrechats sulfureux de Pascal Sevran, l'adhésion surprise de Roger Hanin, les confidences appuyées de Jacques Attali, l’adoubement auvergnat de Michel Charasse, les offres de service de Claude Allègre, les sourires rapaces d’Anne Lauvergeon, l’engagement discret de Georges-Marc Benamou, les compliments alcoolisés de Bernard Tapie, le changement de pied de Jacques Séguéla, c’est au tour d'Hubert Vedrine, qui fut l’un des plus intimes de l’ancien président, de réfléchir sur son éventuelle participation au futur gouvernement.
Et si Sarko, pour rire, allait escalader la riche de Solutré ?

08/05/2007

Salauds de riches

medium_paloma.jpgSarko parti se reposer deux jours, c’est la panique dans les télés et les radios : comment tenir en haleine la ménagère de 50 ans, soudain en état de manque ? Facile : en exploitant comme des fous le filon "pognon", "paillettes" et "jalousie" : combien, la nuit de Sarko au Fouquet’s avec femme et enfant ? Combien, le voyage à Malte en Falcon 900 "privé" ? Combien l’escapade dans un "yacht de 60 mètres" prêté par un "grand patron" et disposant, tenez-vous bien, "d’un jacuzzi sur le pont supérieur" ? On vous l’avait bien dit que la droite était du côté des riches !
Si Ségolène était passée, il est sûr qu’elle serait allée se reposer avec François Hollande en side-car dans un VVF du Limousin, avec pique-nique sur le plateau de Millevaches et soirée familiale dans un MacDo de la banlieue de Limoges…

02/05/2007

Ce monde est dangereux

medium_quai_d_o.jpgExcellent débat ce matin, chez Elkabbach, entre Hubert Védrine et Michel Barnier. Il en ressort :
- qu’un président de la République consacre plus de 50 % de son temps à la politique étrangère (et plus en cas de crise internationale) ;
- que sur le Proche Orient, sur l’Iran et même sur l’Europe, à part quelques broutilles tactiques, la gauche ne se distingue pas de la droite ;
- que ce qui importe, donc, dans ce monde dangereux, c’est la maîtrise des dossiers, le tempérament et la "prévisibilité" des candidats à l'Elysée.
Or, sur ce point, il n’y a pas photo : avant cette campagne, serait-il jamais venu à l’idée de quiconque de nommer Mme Royal au Quai d’Orsay ?

01/05/2007

Les nuls avec Sarko

Il y a des jours où les journalistes feraient mieux de faire du journalisme. Commentant le meeting de Sarko à Bercy et la liste des "people" venus le soutenir, la journaliste Vanessa Schneider a eu ce cri du coeur, à midi, sur Canal + : "Avouez que c'est pas les meilleurs !"
La charmante Vanessa a bien le droit de faire campagne pour Ségolène, certes, mais qui est-elle pour estimer que J. Halliday, Ch. Clavier, V. Genest, Ch. Rampling, J. Reno, H. Salvador, E. Macias, M. Gallo, A. Glucksmann, R. Hanin, J. Séguéla, mais surtout les sportifs A. Prost, B. Joubert, B. Boli, Ch. Dominici, R. Virenque, D. Douillet, M. Goitschell, Ph. Candeloro et j'en passe, "c'est pas les meilleurs" ?
Ah ! Vanessa ! Il y avait aussi Dominique Farrugia, l'ancien patron de Canal + ! Or, lui, c'est vraiment un Nul.

27/04/2007

Pays de fous !

Retour de Rome. A l’aéroport, vite, les journaux. En voiture, vite, la radio. Et là, surprise ! Malaise et perplexité ! La France est-elle devenue folle ? Toutes les infos tournent autour de la tenue et de l’organisation du grand débat Royal-Bayrou. Je me pince pour y croire : n’est-ce pas Sarkozy qui est passé, dimanche ? N’est-ce pas entre Royal et Sarkozy qu’il va falloir choisir, au second tour de la présidentielle ? Cette histoire de débat Royal-Bayrou est totalement extravagante !
Il y a un pays encore plus fou que la France : en Pologne, la loi visant à extirper les racines du communisme va jeter dans les poubelles de l'Histoire... Bronislaw Geremek, un des hommes à qui ce pays, justement, doit d’avoir été libéré du communisme en 1989 !
Ou bien j'ai trop bu dans l'avion, ou bien le monde marche sur la tête.