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27/01/2007

Mort d'un journaliste

Un journaliste nous a quittés. Un vrai. Un modèle. Un qui savait écrire, qui savait regarder, qui savait écouter. Un qui allait voir sur place, qui prenait son temps, qui osait dire qu’il ne savait pas…
Il s’appelait Ryszard Kapuscinski. Il était polonais. Je l’ai connu après son Imperium, un livre-reportage sur l’URSS. Mi-Custine, mi-Albert Londres, il préparait tous ses reportages avec minutie - tant il est vrai que le talent d’un journaliste, c’est d’abord le travail qu’il fournit en amont, sa connaissance personnelle du sujet, sa culture générale.
Aujourd’hui, nos patrons de presse virent systématiquement les journalistes de plus de cinquante ans : à quoi bon l’expérience, la culture, le caractère ? Mais nos patrons de presse ont-ils même entendu parler de Ryszard Kapuscinski ?

03/12/2006

Des nouvelles de province ?

Retour sur les réactions un peu méprisantes de la presse parisienne – notamment Libération – quand Sarkozy a voulu réserver à la presse régionale, mercredi, l’annonce de sa candidature. Question : les journaux nationaux peuvent-ils comprendre que s’ils méprisaient moins l’actualité locale, ils gagneraient beaucoup de lecteurs dans les régions ?
Exemple : le nouveau Salon du Livre de Dijon, visité ce week-end par plusieurs dizaines de milliers d’amoureux des livres, n’avait été annoncé par aucun journal national (à l’exception de Marianne), et son énorme succès populaire (malgré une fâcheuse grève des transports) ne sera évoqué, naturellement, par aucun d’entre eux.
Devinette : sachant que Dijon, chef-lieu de la Côte d'Or, compte une université de 28.000 étudiants, combien un journal comme Libération diffuse d'exemplaires, chaque jour, dans ce département ? La réponse est : 800. Cherchez l'erreur.

14/10/2006

Bedos entre Giscard et Poutine

Beau rappel des principes déontologiques, ce matin, chez Dominique Souchier, à propos de l’horrible assassinat de notre consœur moscovite Anna Politkovskaïa. Pour Hervé Chabalier, de l'agence CAPA, le journalisme est "d’abord un métier d’engagement qui implique une prise de risque face au pouvoir, la gravité du risque dépendant de la nature du pouvoir". En Russie, ce risque est maximum. Anna, comme d’autres avant elle, l’a payé de sa vie.
Tiens, justement : à propos d’Anna Politkovskaïa, jeudi soir, sur Canal+, l’ineffable Guy Bedos a pulvérisé les limites de l’indécence en disant, sans rire : "C’est comme moi, sous Giscard, je croisais des journalistes de la télé qui ne m’invitaient pas sur leurs plateaux et qui me disaient en baissant la tête : Tu comprends, j’ai une femme et des enfants !"
Bedos devrait aller faire sa Revue de presse à Moscou. Pour voir.