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26/02/2008

Arrêtez le concours !

Traiter un abruti de "pauv’con", assurément, ce n’est pas bien, surtout quand on est chef de l’Etat. Mais que cette affaire fasse encore la une des journaux, des interviewes, des éditos, c’est insensé. Et qu’on en fasse un argument politique en faveur de Bayrou (qui, il y a peu, dénonçait les "conneries" politiques et voulait "donner un coup de pied au cul" au système) ou de Ségolène (qui vient d’adouber à Montpellier un président de région viré du PS pour sa grossièreté à l’égard des harkis et des blacks), c’est atterrant. Arrêtez le concours de médiocrité ! Sortez de cette actualité débilitante, faite de SMS volés, d’interviewes retouchées, de vidéos piratées, de débats fabriqués, de petites phrases montées, de photos floutées ! Stop !!!

19/02/2008

Le bon sens de Wolton

Un peu de bon sens dans un monde de fous : hier, sur RTL, le sociologue Dominique Wolton a réglé son compte en quelques phrases à l’hypocrisie des médias qui ont tous envoyé leurs journalistes accompagner les policiers à la poursuite de délinquants dans les cages d’escaliers de Villiers-le-Bel. "Cette complicité vous fait perdre la confiance du public", accuse Wolton. "C’est la concurrence", plaident les médias. "Les valeurs de la concurrence ne sont pas plus importantes que celles qui fondent votre légitimité", assène Wolton. Lequel ajoute, à propos du fameux SMS du Nouvel Obs : "Ce n’est pas parce que le président a trop joué avec la frontière public-privé que vous devez vous en affranchir !" Et toc.

12/01/2008

La fin du caniveau

d13bf947b6b81ac0dd0348cb0c640895.jpg L’élection de Sarkozy aura au moins fait tomber une barrière, celle qui séparait la presse people de l’autre presse, la sérieuse, la fréquentable. Aujourd’hui, ce n’est pas Closer ou Voici qui se déchaîne en Une sur le couple Sarko-Carla, mais L’Express. Et ce ne sont pas des mercenaires de la presse de caniveau qui révèlent les dessous du départ de Cecilia, mais Anne Bitton (Le Point), Michael Darmon (France 2), Denis Demonpion et Laurent Léger (Le Point), Yves Derai (Le Nouvel Economiste). Et que dire des grands éditorialistes, tous médias confondus, qui ont lâché la bonde et dissertent à qui mieux-mieux sur le voyage en Egypte ou la date du mariage !
Albert Londres, reviens, ils sont devenus fous !

08/01/2008

Sarko, il en fait trop !

Depuis ce matin, c’est la folie dans les médias. Parce que Nicolas Sarkozy a décidé qu’à l’occasion des vœux aux 600 journalistes invités à l’Elysée comme tous les ans, il donnerait, en plus, tenez-vous bien, une conférence de presse ! A des journalistes, franchement, c’est culotté ! Branle-bas de combat, questions des auditeurs, interviews des spécialistes, reportage en coulisses, et tout le bataclan. Après la prestation du président, à nouveau la folie : extraits, commentaires, petites phrases, réactions, et tout le tremblement. La presse n’en peut plus de dauber sur le salaire, le style, l’entourage, les vacances, le mariage du chef de l’Etat. Et même aussi, parfois, attention aux yeux, sur sa politique ! Et en répétant jusqu'à plus soif cette critique sévère : Sarkozy, vraiment, il en fait trop !

21/12/2007

Sarko, le pape et la presse

Le voyage de Sarkozy au Vatican aura au moins permis à l’entourage du Président de découvrir le visage sinistré que montre aujourd'hui la France en matière de presse :
- Il n’y avait personne de l’AFP pour suivre Sarko dans les couloirs du Vatican, la titulaire étant… en vacances ! (L’AFP a recopié l'agence italienne Ansa pendant tout le voyage).
- Il n’y avait aucun porte-parole de l’ambassade de France, hier, à Rome, pour informer les médias étrangers sur Sarko, sa bio, ses idées, son discours, etc.
- La nouvelle la plus importante du voyage aura été… la suppression, pour raison d’économies, du poste de correspondant du Figaro auprès du Saint-Siège !
Mais qui s’intéresse encore à la presse ? Et à la France ?

23/11/2007

URSS, le retour

Manon Loizeau, excellente journaliste, a montré hier dans Envoyé Spécial, sur France 2, comment la Russie de Poutine renouait avec certaines méthodes policières de l’époque communiste : en envoyant tel ou tel journaliste trop curieux dans des asiles psychiatriques, où on soumet ces impudents, loin de tout, à des traitements dangereux et dégradants. Critiquer le pouvoir, comme disait naguère le KGB, c’est forcément être fou, et cela se soigne ! L’assassinat d’Anna Politkovskaïa – que j’avais reçue à Paris quand je présidais l’Association des journalistes France-Russie – pouvait être analysé comme une bavure monstrueuse, un accident de l’histoire, dans une Russie allant, malgré tout, dans le bon sens. Hélas ! La mort d’Anna, en réalité, était le signal d’un retour à l’URSS de Brejnev. C’est-à-dire au moyen âge.

01/11/2007

Un fossé qui s'élargit

Bientôt la cinquantième du spectacle "Jean-Paul II" de Robert Hossein, au Palais des Sports de Paris (cf ci-contre). Cette aventure me permet de mesurer, plus encore qu’à l’habitude, le fossé qui sépare les gens normaux, ceux qui vivent dans mon canton, des journalistes parisiens, cette caste de privilégiés à laquelle j’ai si longtemps appartenu. Les premiers se mettent en quatre pour louer un autocar au chef-lieu, rassembler collègues et amis, payer des places qui ne sont pas données, braver les grèves et les embouteillages, et reviennent heureux d’avoir passé une bonne soirée. Les seconds, sauf exceptions, expliquent avec dédain tout le mal qu’ils pensent de ce péplum à la fois catho et popu, soit trop religieux soit pas assez mystique, soit trop fidèle à l’Histoire soit trop loin de la réalité, etc.
Un fossé, que dis-je : un gouffre, un abîme !

21/10/2007

Café du commerce

Michel Field et Olivier Duhamel sont des garçons intelligents et plutôt sympathiques. Or leur nouvelle émission de radio, le dimanche matin à 10 h, sur Europe 1, est sans intérêt. Est-ce parce qu’elle vient après l’excellent C’est arrivé demain de Dominique Souchier ? Non. Simplement, elle ne présente aucune idée originale, aucune info nouvelle, aucune vraie polémique : le divorce de Sarko, le discours de Sarko, que du ressassé, du délayé, du conforme. Un joyeux babil très « sciences po » (ils parlent de moyen terme, d’ items, d’ a posteriori, de légitimisation) sur un concept éculé : les rapports des médias et de la politique. Du bruit. Du vieux. Du rien.
Vite à 11 heures, passez sur France Culture, c’est l’heure d’Esprit public, la très, très bonne émission de Philippe Meyer !

14/10/2007

Fin du débat politique

D’émissions politiques en débats télévisés, la culture médiatique régresse spectaculairement. Naguère, journalistes et hommes politiques échangeaient des arguments, plus ou moins développés, de préférence en deux parties. Depuis une dizaine d’années, on se dispute à coup de "petites phrases" qui dispensent de lire textes de loi ou articles de fond. Aujourd’hui, on organise débats et polémiques autour de simples mots, qu’on utilise comme des balles de revolver : "dégueulasse", "petit con", "rupture", "ouverture", "faillite", "ADN", "détail", etc. D'où cette manie de couper toute parole intelligente au bout de 45 secondes. D'où cette tendance à donner la parole à qui n'y connait rien. On fait l’impasse sur la connaissance, on évacue le réel, on proscrit la pensée : après nous, le déluge !

04/10/2007

Elections, le retour !

Pendant que les journalistes parisiens continuent de suivre Sarkozy à la trace, ils ne voient pas que l'actualité électorale, en France, est en pleine relance. Partout, les prochaines municipales (et les cantonales) se préparent dans l'effervescence. C'est en ce moment que se jouent, dans 36.000 communes, les futures têtes de listes, les duels, les trahisons, les ralliements, les ambitions, les ouvertures : si Dubois n'y va pas, j'y vais, mais pas avec Dupneu... mais si Durand fait une liste dissidente, Dugenou aura du mal... C'est dans ces innombrables tractations locales que la République s'ébroue, s'égaie, se vivifie. Et rajeunit, forcément. Ces jeux de pouvoir, à la base, concernent directement près de 2 millions de citoyens. Il n'y a que les journalistes pour ne pas le voir...

03/10/2007

La Bourgogne amputée

7ce1f440462bdb4c6ddd0ec325efac81.jpgBourgogne Magazine met la clef sous la porte. C'est un nouveau recul de la presse écrite, mais c'est surtout une très mauvaise nouvelle pour la Bourgogne : ce magazine de terroir (et de qualité) était un des rares liens fédérant les quatre départements de cette immense région qui va de la banlieue de Paris à celle de Lyon. Pas très solidaire, la région Bourgogne. Les collectivités publiques savaient que la publication battait de l'aile : personne n'a levé le petit doigt. Le conseil régional de Bourgogne, qui dépense des millions en communication, n'avait même pas abonné ses propres services à la seule publication de la région qui fût vraiment "bourguignonne". On ne va quand même pas aider une entreprise privée ! Quand les élus locaux parlent de dynamisme, de convivialité, de culture et de solidarité, je me marre.

02/10/2007

La trahison des médias

b1c6dc6c308b8e29eee1bd8409e88efd.jpgIl faut lire le dernier livre de Pierre Servent, La trahison des médias (Bourrin Editeur). Encore un journaliste confirmé, expérimenté, irréprochable, qui constate la terrible régression de ce métier dans une société médiatique arrogante et mercantile qui méprise la vérité, qui ignore la connaissance, qui se moque de l'exactitude, qui se gausse de tout scrupule, qui nivelle tout par le bas et refuse toute hiérarchisation des valeurs. Ses observations recoupent celles de Daniel Carton dans Bien entendu, c'est off (Albin Michel, 2003) ou celles que j'ai regroupées moi-même dans Paris n'est pas la France (Lattès, 2006). Mais les jeunes journalistes ont-ils encore le temps de lire ?

30/09/2007

Sarko y était !

La dérive s'accentue. Le mal contamine les meilleurs. Ainsi Catherine Matausch, excellente journaliste de France 3, a-t-elle rapporté hier dans son journal de la mi-journée, que Nicolas Sarkozy s'était rendu au congrès des sapeurs-pompiers, à Clermond-Ferrand. On sait que "les relations entre les pompiers et le Samu sont difficiles", dit-elle, mais "Nicolas Sarkozy a rassuré les pompiers". Fin de l'info. Vive Sarko. Et tant pis pour les dizaines de milliers de téléspectateurs qui auraient bien aimé savoir ce qu'il a dit ! Les "relations difficiles" entre les pompiers et le Samu, cela intéresse réellement, concrètement, des millions de gens. Mais qu'importe le fond du problème : l'important aux yeux des journalistes, c'est que Sarkozy y était, et qu'il a parlé !

28/09/2007

Les deux infos du jour

Le monde va mal. L’actualité nous presse. Depuis ce matin, deux sujets dramatiques, vitaux, essentiels, nourrissent l’ensemble des médias, et non des moindres : une lettre de vacances d’Isabelle Balkany à sa copine Cécilia Sarkozy, que les journaux ont présentée comme une mystérieuse lettre d’amour envoyée à Sarko ; et une engueulade qui a opposé hier le présentateur de France 2 William Leymergie à l’un de ses collaborateurs, comme il s’en passe quotidiennement dans toutes les entreprises du monde.
Les "journalistes" qui révèlent, relaient, développent et commentent ces informations débiles se rendent-ils compte qu’ils sont les fossoyeurs de la presse ?

03/06/2007

Le triomphe du mensonge

Aux Pays-Bas, le groupe Endémol a fait croire au monde entier qu’au cours d’une émission de télé réalité, The Big Donor Show, un mort en souffrance allait réellement donner son rein à un malade sélectionné par les téléspectateurs. Tout était faux.
En France, moins macabre mais tout aussi pervers, l’animateur Patrick Sébastien s’est transformé en ex-taulard repenti, Joseph Lubsky, accordant à la chaîne des interviews bidon, tout cela pour mieux vendre le polar qu’il vient d'écrire.
Dans tous les cas, le jeu consiste instrumentaliser, contourner et décrédibiliser les journalistes, dernière digue protégeant les téléspectateurs du mensonge généralisé. Or la digue est en train de craquer. Rappelons-nous, récemment, le faux JT belge annonçant la partition du pays…
C'est grave, docteur, pas vrai ?

02/06/2007

Tout change sauf la presse

Est-ce parce que la campagne législative est déjà pliée que les médias pédalent dans la semoule ? Ou parce que les journalistes peinent à renouveler leurs poncifs dévastateurs, que la présidentielle de mai 2006 a rendu caducs ? Voyons, que disaient-ils, déjà, il y a juste un an ?
- que les Français, désabusés, ne s’intéressaient plus à la politique ;
- que Le Pen était aussi dangereux, sinon davantage, qu’en 2002 ;
- que le candidat du PS en 2007 serait Fabius, Strauss-Kahn ou Jospin ;
- que Sarko était un excité, limite facho, qui faisait peur aux Français ;
- qu’il n’avait d’ailleurs aucune chance vu que Chirac se représenterait…
Le scrutin du 6 mai a balayé tout cela. Beaucoup de choses, en France, sont remises en question. Sauf dans la presse.

11/05/2007

Sale temps pour la presse

Le FN, le PCF, les écolos, les éléphants : le paysage politique après l’élection de 2007 est jonché de cadavres. Mais les grands perdants de cette présidentielle, ce sont les journalistes : asphyxiés par les sondages en cascade, distancés dans l’info par l’internet, ringardisés par les "blogueurs", interdits d’antenne en cas de collusion présumée, transformés en passeurs de plats dans les grands débats télévisés, pris pour des porte-micros par les dircoms du Segoland ou du Sarkoland, hués par les manifestants de la gare du Nord, traités de carpettes ou de godillots par la plupart des candidats, accusés d'obéir aux ordres de leurs "commanditaires", les journalistes - pour la plupart d’entre eux - ont couvert l’événement au sprint et derrière un écran, c’est-à-dire sans avoir le temps de réfléchir et coupés de la réalité sociale ! Sale temps pour la presse…

03/03/2007

Blog dans l'coin

medium_BL_Cover.jpg Interviewé, ce matin, sur France 3 Bourgogne, sur la blogosphère, à l'occasion de la sortie de mon Blog à part. En fait, si l’on excepte les faux sites réalisés par de jeunes militants roulant pour Sarko ou pour Ségo, il y a essentiellement, sur le net, deux sortes de blogs : les milliers de journaux intimes plus ou moins éphémères, nombrilistes ou mythos, destinés aux copines de classe, pleins de photos de vacances et de fautes d’orthographe ; et les blogs de journalistes ou assimilés (Assouline, Aphatie, Barbier, Le Pers, Gachet, etc) qui étouffent dans une presse politiquement correcte, hyper formatée où la polémique et l’humour ont de plus en plus de mal à percer.
Ceux-là défrichent un nouveau territoire médiatique que, déjà, de bonnes âmes veulent légaliser, surveiller, encarter, labelliser, etc. Ho ! Ces espaces de liberté viennent à peine de s’ouvrir : laissez les vivre !

18/02/2007

La presse dans le collimateur

Difficile de défendre la presse, en cette période de dérapages quotidiens et d'hyper-sensibilité du public ! Deux exemples :
- Tous les journaux ont titré, en Une, sur la note des RG sur Bruno Rebelle, preuve que Sarkozy utilisait à son profit une "police politique" de nature totalitaire, etc, etc. Avez-vous lu, en Une des mêmes journaux, que la note des RG datait du gouvernement Jospin, que Rebelle avait finalement retiré sa plainte pour violation de la vie privée, et que l’indiscrétion venait d’un syndicaliste des RG militant à l’extrême-gauche ?
- Tous les journaux ont commenté l’interpellation de Sarkozy, sur TF1, le 5 février, devant 8 millions de téléspectateurs, par un rebeu victime de violences racistes de la part de CRS. Or, les accusations du type, qui n’a bizarrement pas porté plainte, n’ont pas résisté à l’enquête : tout porte à croire que c'était du pipeau. Qui l’a dit aux 8 millions de braves gens qui furent, à juste titre, indignés par ses propos gravissimes ?

14/02/2007

Aux ordres, les journalistes ?

Les journalistes français sont-ils indépendants ? Seulement 30 % de la population répond par l’affirmative. Selon le sondage annuel Sofres-La Croix, près des 2/3 des Français soupçonnent les journalistes de céder aux "pressions des partis politiques et du pouvoir" et aux "pressions de l’argent". Effrayant constat qui explique, en partie, la faiblesse de la presse et la crise de la démocratie dans notre pays.
La faute aux journalistes ? Evidemment. Il n’y a qu’eux pour expliquer que cela n’est pas si grave ! Ils savent bien, eux, allons, qu'ils ne sont pas aux ordres. Joli tacle de Dominique Quinio, directrice de La Croix :
"La vocation des journalistes est d’assurer la médiation entre ceux qui savent déjà et ceux qui ne savent pas encore. Apparemment, ils sont considérés comme plus proches des premiers que des seconds."