Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/09/2009

Un prince du journalisme

Epenoux-vis.JPGChristian d’Epenoux nous a quittés. Il faisait partie de l’équipe des grands reporters de L’Express que j’avais rejoints en 1985 et qui m’avaient appris mon métier : les Christian Hoche, Arlette Marchal, Jacques Renard, Jean Leclerc du Sablon, Alain Louyot et autres, mi-baroudeurs, mi-intellos, ces aristos du journalisme qui n’avaient pas peur de couvrir guerres et révolutions, ni de lire des piles de livres avant d’aller sur le terrain. Christian connaissait l’Afrique comme sa poche. On l’appelait "le Baron", et pas seulement à cause de sa particule. Il était élégant. Elégant dans sa façon de travailler, dans son écriture, dans son comportement, dans ses amitiés. Il est parti brutalement. C’est la première fois qu'il est brutal. Adieu, Baron.

 

07/09/2009

Le cumul vu du PAF

Le débat sur le cumul des mandats en dérange plus d’un. Car il est mené, dans les médias, par des journalistes politiques qui sont, eux-mêmes, de sacrés cumulards : tous les Barbier, Duhamel, Giesbert, Domenach, Zemmour, Joffrin, Aphatie, Hondelatte, Marie Drucker, Demorand, Roselmack, et j’en passe ! L’an dernier, leur doyen Jean-Pierre Elkabbach dirigeait et Europe 1 et la Chaîne parlementaire… Le temps que ces stakhanovistes consacrent à leurs émissions de radio ou de télé, ils ne le passent pas à diriger leur journal ou leur service, de même qu’un parlementaire ne travaille pas à l’élaboration de la loi quand il est dans son département ou sa ville. Et les postes qu’ils cumulent dans les médias sont autant de jobs qui ne peuvent être exercés par des plus jeunes. Je rigole.

04/09/2009

Bon week-end, à lundi !

Les animateurs et journalistes de la télé et de la radio devraient faire un peu gaffe. Déjà, dans un grand froufrou médiatique, la plupart d'entre eux partent bruyamment en vacances vers le 10 juin, laissant leurs malheureux téléspectateurs et leurs auditeurs dépités se colleter, pendant deux mois et demi d’été, les programmes les plus anémiques et les rediffusions les plus éculées. Mais à peine rentrés, en septembre, les voilà qui lancent joyeusement des "Bon week end, à lundi !" dès le jeudi soir (Laurence Ferrari sur TF1, David Pujadas sur France 2, Christophe Hondelatte sur RTL), abandonnant à des "doublures" ou des "jokers" l’immense cohorte de leurs millions d’admirateurs ébaubis qui, eux, travaillent à plein temps…

12/08/2009

Il ne s'est rien passé

L’affaire du petit Gauthier, hier, restera un des événements majeurs de cet été. Toutes les télés, tous les journaux ont dépêché des envoyés spéciaux à Eygalières, dans les Alpilles, pour couvrir cet incroyable fait divers. Je résume l’info : un enfant de 2 ans s’est égaré à quelques centaines de mètres de sa maison de vacances, il a passé la nuit dans un buisson, on a eu peur à cause de la proximité d’un canal, les gendarmes ont retrouvé le bambin au petit matin, il avait une égratignure, il a réclamé son biberon. C'est inoui, non ? Affolement médiatique, conférences de presse, interviewes des proches, ouverture des JT, course aux images fortes, concours d’émotion, etc. On imagine mal ce que cela aurait été s'il s'était passé quelque chose. Vivement que les rédacteurs en chef reviennent de vacances, la semaine prochaine, qu’on reparle enfin du parti socialiste !

07/08/2009

J'ai été licencié

J’ai été licencié. A mon grand âge, cela n’arrive pas tous les jours. Depuis quelques années, j’étais pigiste occasionnel au Journal du Palais (groupe Forumeco) où je publiais, en dernière page, des "portraits" de personnalités bourguignonnes (en bas, colonne de droite sur ce blog). Mais le pdg du groupe a décidé que les pigistes coûtaient trop cher, et qu’il valait mieux s’en passer. Toujours ce vieux fantasme qui titille les patrons de presse : comment réussir à faire des journaux sans journalistes ? J’ai reçu hier mes indemnités de licenciement : 29 euros brut. Une fois déduites quinze retenues sociales diverses et obligatoires, mes indemnités de licenciement se montent donc à 23,27 euros. Je me demande déjà ce que je fais faire de tout cet argent.

30/07/2009

Du mieux dans l'ex-URSS

Il y a même parfois des bonnes nouvelles en provenance de l’ex-URSS. En septembre 2000, on avait retrouvé le cadavre décapité du journaliste ukrainien Guergui Gongadzé, 31 ans, qui avait lancé sur le net un journal d’opposition. Neuf ans plus tard, on a enfin arrêté celui qui est très vraisemblablement son assassin, l’ex-général du KGB Oleksi Poukatch, que personne, jusque là, n’avait osé aller déranger dans sa retraite tranquille. Il faut dire que cet ancien cadre du ministère de l’intérieur avait certainement agi sur ordre, et qu’il va mouiller des tas de gens haut placés à Kiev. En 2005, son chef de l’époque, le ministre Kravchenko, s’était "suicidé" de deux balles dans la tête, la veille de son propre interrogatoire ! Gongadzé n’est peut-être pas mort pour rien…

29/07/2009

Gilets pare-balle

Un journaliste dijonnais m’envoie une coupure de presse qui montre la dégradation des relations entre le pouvoir politique et les médias, notamment au niveau local. C’est le Bien Public qui rapporte cette citation du tout puissant patron de la région Bourgogne, François Patriat, parlant de la presse, le mois dernier, dans une réunion de la CGPME locale : "Il y a des journalistes qui devraient porter des gilets pare-balles tellement j’ai envie de tirer dedans !" Qu’on permette à un ancien grand reporter de signaler respectueusement au président de sa région que les journalistes portent parfois, en effet, des gilets pare-balle, mais que c’est rarement pour couvrir les petits débats politiciens qui déterminent, au cœur de la France profonde, l’évolution de la fiscalité régionale…

 

17/07/2009

Information et communication

Trouvé dans le Bien Public à propos du film Jeux de pouvoir cette citation, qui est, paraît-il, un dicton en vigueur dans la presse britannique : "L'information, c'est ce que l'on ne veut pas que vous imprimiez. Le reste, c'est de la communication". Voilà, c'est simple, c'est clair. Mais que c'est loin, que c'est vieux, que c'est utopique, cette idée que l'information ne doit pas se plier aux usages, aux habitudes, aux convenances, au "politiquement off", aux petites combines, aux échanges de bon procédés, aux menaces de représailles, au désir de plaire au plus grand nombre, au souci de ne fâcher personne ! Je colle cette citation à mon mur, à côté de celle d'Yvan Audouard : "Il n'y a rien qui fasse autant saigner qu'une coupure de presse". Et, bien sûr, celle de Jacques Maritain, fondamentale : "C'est dans l'invisible que se produit l'essentiel".

06/06/2009

Un dîner à Metz

jean_miot_1b.jpgDiner avec Jean Miot au "Magasin des Vivres", à Metz, en marge du Salon du livre. L'ami Jean a tout dirigé : le Figaro, l'AFP, la Fédération nationale de la presse française, etc, etc. Et le jury du Prix de l'Humour politique. A 70 ans, l'ancien bras droit de Robert Hersantl a gardé intacte sa passion pour la presse, dont il a fait un livre (photo ci-jointe). Et pour la bouffe. L'animal est gastronome émérite et oenologue patenté. Un repas avec lui chez Christophe et Delphine Dufossé, dans le cadre somptueux de la "Citadelle", tient du rituel quasi religieux : c'est une cérémonie, une prière complexe, une communion silencieuse, une méditation en plusieurs temps, l'esquisse d'une epectase...

 

29/05/2009

Sur une péniche parisienne

Lesieur.jpgFête sympathique et un peu nostalgique, hier soir, sur une péniche parisienne, pour les 60 ans de Jean Lesieur, un des patrons de France 24, vieux complice de la grande époque de L'Express. La soirée a rassemblé une pléiade de copains d'avant : Alain Louyot, Thierry Wolton, Marc Epstein, Kosta Christitch, Isabelle Laffont, Bernard de la Villardière, Jean-Marc Gonin, François d'Alançon et bien d'autres. Les carrières vont et viennent, dans cet univers médiatique impitoyable qui, de génération en génération, perd ses principes et ses valeurs. Laudator temporis acti, certes, mais quand même. Deu merci, il reste des amitiés fortes et fidèles. Bon anniversaire, Jean !

 

15/05/2009

La vie des autres

Le numéro 20.000 du Monde présente les "unes" des principaux événements depuis le début de la Ve République : de Gaulle à l'Elysée, la mort de Kennedy, la conquête de la lune, etc. Surprise : entre l'élection de Jean Paul II (1978) et la démission de Gorbatchev (1991), il manque vaguement quelque chose : la chute du Mur de Berlin ! Un détail, sans doute. Un épiphénomène. Cela me rappelle ce que l'éditeur Claude Durand nous avait dit, à Jean-Christophe Rufin et moi, le jour où nous lui avions proposé d'écrire à quatre mains un gros récit épique de la chute du Mur de la honte : "Les Français ne considèrent pas cela comme leur histoire". Il avait raison, hélas. Et on s'étonne du manque d'intérêt, chez nous, pour les européennes !

14/05/2009

Val, de grâce !

Philippe Val nommé par Sarkozy à la tête de France Inter ! Si quelqu'un avait annoncé cette nouvelle il y a deux ans, on l'aurait aussitôt enfermé : le champion de la droite française nommant à la direction de la première radio de service public le patron de Charlie Hebdo, le journal le plus systématiquement hostile à ladite droite ! Aujourd'hui, aucun journaliste ne moufte. Peur de déplaire aux nouveaux maîtres de la radio d'Etat ? Le seul problème que soulève Le Monde de ce matin est d'ailleurs surréaliste : le très gauchiste Charlie Hebdo étant une mine d'or pour ses actionnaires, Val, qui possède 40 % des parts, va-t-il continuer à toucher 330.000 euros de dividendes par an, légalement, maintenant qu'il est à la tête d'une radio publique ? On rêve.

27/04/2009

Les canons du journalisme

lapix.jpg Vous voulez faire du journalisme et vous êtes moche ? N’y comptez pas. C’est râpé. Les critères d'embauche ont changé. Voyez Anne-Sophie Lapix, Laurence Ferrari, Florence Dauchez, Melissa Theuriau, Marie Drucker et toutes les présentatrices de LCI, I-Télé ou BFM-TV : que des canons ! Et chez les mecs, itou : Harry Roselmack, Laurent Delahousse, Guy Lagache, etc : que des apollons ! Si la télé jouait vraiment la carte de la "diversité", elle ferait demain une petite place aux hommes gras du bide et aux nanas pas terribles. Pathétiquement révélatrice, l’affaire Suzan Boyle : une femme laide de 47 ans qui gagne un concours de chant à la télé, cela est tellement stupéfiant qu’elle devient, en quelques jours, une curiosité planétaire !

28/02/2009

Photos de vacances

Royal-paris-match.jpgDébat, indignation, polémique : Match a publié des photos de Ségo avec son nouveau "compagnon" (sic), enfreignant la loi française qui protège l’image des personnes, connues ou inconnues. Mais les journalistes de Match sont plutôt bien placés pour dire que le cas Ségo est particulier : c’est dans Match qu’elle fit publier, il y a vingt ans, des photos de sa maternité ; c’est dans Match qu’elle donna sa première interview intime après a séparation, etc, etc. Les politiques récoltent ce qu’ils sèment : Ségo ne peut exhiber sa vie privée quand ça l’arrange, et hurler au viol quand ça ne l’arrange pas. Surtout à Marbella, qui n’est pas le but de vacances idéal pour cacher une relation amoureuse !

24/02/2009

Salauds de syndicalistes

logo-liberation.jpgLu lundi dans un grand quotidien national aux prises avec un conflit social : "Le journal n’a pas été distribué ce week-end (…) Une petite minorité syndicale extérieure à l’entreprise a bloqué par la force la parution du journal (…) alors même qu’un accord avait été signé par la direction à l’issue de négociations avec la fédération CGT du Livre après de multiples discussions et tentatives de compromis (…) Cette action de force est scandaleuse et remet en question le principe même de la liberté de publier (…)" Je sais, il ne faut pas se réjouir quand la CGT saborde la parution d’un journal. Mais bon, quand c’est de Libération qu'il s'agit, cela fait un peu sourire quand même…

17/02/2009

Actes gratuits

METRO.jpg Les journaux "gratuits" montrent la voie. Le quotidien Metro de Toronto, au Canada, pour résister à la récession, a pris une décision économique toute simple : il a viré ses journalistes, qu’il a remplacés par des stagiaires non payés. Le tort des journalistes, c’est d’être rétribués pour leur travail. Mal, mais c’est quand même trop pour ce "journal" qui offrira désormais à ses "lecteurs" des dépêches d’agences, des "articles" de stagiaires et des "contenus issus d’accord avec des partenaires". En français : du réchauffé et de la promo. On n’arrête pas le progrès.

30/01/2009

Lisez le "Parisien" !

Parmi les innombrables dégâts collatéraux que provoque une journée de grève dans un pays comme la France, la non parution des quotidiens nationaux est un vrai scandale. Quelqu’un peut-il m’expliquer en quoi l’absence de journaux, en période de crise, contribue au progrès social ? On marche vraiment sur la tête. J'aurais bien aimé lire, ce matin, les revendications exactes des grévistes d'hier ! On ne saura donc jamais pourquoi un pays comme le nôtre se tire ainsi, en pleine bagarre, une balle dans le pied...
Amis lecteurs connus ou inconnus, vous n’aurez pas tout perdu : en cliquant ici, vous pourrez lire l’interview que j’ai donnée hier au Parisien sur l’affaire Williamson, et que personne ne lira jamais. Soyez gentils, dites-moi que c’est dommage…

24/01/2009

Plus clair ?

Cette semaine, Nicolas Sarkozy a réuni les journalistes pour leur exposer ses idées sur la crise de la presse. Sujet capital pour la démocratie, pour la culture, pour l’intelligence. J’ai donc regardé Plus Clair, samedi, sur Canal +, animé par Charlotte Le Grix de la Salle, pour avoir un résumé de ses conclusions. Le sujet était bien en Une, et "en exclusivité" svp, mais il portait : sur l’organisation du service d’ordre, sur la présence de Laurence Ferrari, sur la place des caméras, sur le fait qu’on ne pouvait pas poser de questions, etc. Sur ce qu’a dit Sarko sur la presse, rien. Pas un mot. Trop chiant, sans doute : des mots, des idées… Triste résumé de ce qu’est la télé aujourd’hui, y compris dans ses émissions dites d’information : plus le sage montre la lune, plus l’imbécile regarde le doigt !

22/01/2009

Achetez "Pèlerin" !

Cover Pelerin.jpgC’est le magazine Pèlerin qui publie en avant-première, ce matin, les "bonnes feuilles" de mon prochain livre, Les Secrets du Vatican, publié chez Perrin. L’ouvrage sera en librairie le 29 janvier. Pèlerin y consacre sa "Une" et sept pages intérieures : pas mal ! Les propos flatteurs qu’il tient sur le livre sont un bel encouragement : quand on sort un livre, on n’a aucune idée de la façon dont vont réagir les journalistes, puis le public. Deux, trois ans de travail sont soudain suspendus entre ciel et terre, le destin du livre tenant parfois à peu de choses : une actualité envahissante, une crise sociale, un mauvais titre, que sais-je ? C’est fragile, un nouveau livre, c’est comme un nouveau-né…

21/01/2009

Dehors, les livres !

Ce matin, dans le métro, j’attrape le journal gratuit Direct Matin et, bien sûr, je file à la rubrique "Livres". Surprise : il n’y a pas de rubrique "Livres". A la gare, j’achète le Figaro : ni rubrique, ni article, rien sur le livre dans le supplément "FigaroScope". Rien dans "Le Figaro et vous". Rien dans le journal tout entier. Tout sur le ciné (au passage, je n'en peux plus de la promo Jugnot-Lanvin !), tout sur la musique, la mode, les grands spectacles, tout ce qui remue beaucoup d’argent, tout ce qui passe à la télé, mais rien sur les livres. Voilà une mutation insidieuse et gravissime. En France, environ 36.000 nouveaux titres paraissent par an. On ne s’attend pas à lire 100 compte-rendus par jour dans la presse, certes, mais quand même !