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29/11/2008

Dijon la mal aimée

"Chaque fois que je vais à Dijon, je régresse", a écrit l’écrivaine Camille Laurens, qui est née dans cette ville "fermée comme un visage crispé" (sic). Curieux comme les grands écrivains d’hier comme d’aujourd’hui ont détesté Dijon. Les auteurs du livre La Bourgogne dans les beaux textes (Ed. de Bourgogne, 2008) ont eu beau chercher : quand un Henri James ou un Henri Miller parle de Dijon, c’est pour en dire du mal. Dure, dure, la littérature sur l’ancienne nécropole des Ducs de Bourgogne ! "Mourir à Dijon, c’est un pléonasme", écrit encore Camille Laurens, qui a cité un jour, dans Libération, son ancien prof de philo : "Vivre à Dijon, c’est un oxymore". Il faut rattraper cela. Je lance un appel : Editeur cherche textes littéraires positifs sur Dijon…

15/11/2008

Michel Quint à Dijon

M Quint - 0.JPG Le Club des Ecrivains de Bourgogne recevait à Dijon, hier soir, le romancier Michel Quint, pour la sortie de son livre Max (Perrin). Prof de théâtre, ce ch’ti du Pas-de-Calais a décollé, en l’an 2000, avec son magnifique et tout petit roman Effroyables jardins, (Joelle Losfeld), 25 traductions étrangères, 1 million d’exemplaires vendus. Ses romans policiers ont pour toile de fond le procès Papon, la Résistance, la guerre d’Algérie, la tuerie des JO de Munich en 1972. Sa dernière intrigue se greffe sur l’arrestation de Jean Moulin en 1943. Que du lourd. Que de l’humain, aussi. Le succès de Quint tient à sa façon de rappeler que l'histoire, c'est d'abord des hommes. Une très belle soirée. Merci Michel.

10/11/2008

Avec 70.000 euros par mois...

On m’a reproché d’avoir daubé, ici même, sur le salaire de Laurence Ferrari (70.000 euros par mois). Soyons clair : à titre personnel, je n’ai évidemment rien contre Laurence Ferrari, qui est, en plus, sans conteste, une bonne professionnelle. Mais, mille pardons, en tant qu’éditeur régional soumis à la loi du marché et à un secteur culturel en crise, je ne peux m’empêcher de faire un calcul assassin : avec la même somme, au lieu de passer mes nuits et mes week-ends à grignoter 200 euros ici, 800 euros là, pour éditer péniblement une demi-douzaine d’ouvrages par an, je pourrais éditer tranquillement… 23 livres par mois ! Soit 276 livres par an. Soit près de dix fois la totalité de la production littéraire de l’ensemble des éditeurs de la région Bourgogne...

29/09/2008

Bourguignons sans complexes

Si la fête "LIvres en Vignes", ce week-end, de l'avis unanime, fut un grand succès, c'est en partie pour la raison suivante : elle a mêlé dans une osmose sympathique et naturelle, sans distinction, non seulement une ribambelle d'écrivains prestigieux (voir mes blogs précédents), mais aussi des éditeurs parisiens (Claude Durand, Manuel Carcassonne, Anthony Rowley, Denis Maraval, etc), des auteurs régionaux (Jean-François Bazin, Didier Cornaille, Claudine Vincenot, Lucette Desvignes, etc), des éditeurs bourguignons (Gérard Gautier, Pascal Arnaud, France Baron, Marie-Thérèse Mutin, David Demartis, etc), des journalistes nationaux animant les débats (Bruno de Cessole, Isabel Pasquier, Frédéric Valloire, etc), le tout sans aucun complexe ! Abolir le clivage Paris-Province n'est pas si évident...

07/09/2008

La Bourgogne à l'ONU !

La Bourgogne sera bientôt membre de l’ONU. Le précédent du Kossovo lui permet de l’espérer. Après l’Abkhazie et l’Ossétie du sud, on verra bientôt le Waziristan, le Somaliland, le Haut-Karabakh, la Transnistrie et quelques autres s’engouffrer dans la brèche et revendiquer leur indépendance. Pourquoi pas la Bourgogne ? L’ancien duché scandaleusement annexé par Louis XI à l’Etat français en 1477 est plus peuplé et plus viable que tous ces peuples qui ne savent même pas ce qu’est un tire-bouchon. Il suffit qu’une colonne de chars russes s’approche de Dijon, qu’une poignée de miliciens morvandiaux mettent le feu à quelques voitures et que l’armée française, après réflexion, renonce à bombarder le Kremlin.

28/07/2008

Une info venue du Creusot

La crise de la presse, dramatique pour la démocratie, est évidemment due à des raisons sociologiques et économiques, mais aussi à des raisons… journalistiques. Si les journaux faisaient de la bonne information, moins routinière, moins superficielle, moins utilitaire, ils gagneraient des lecteurs, comme l’ont prouvé, en Bourgogne, Le Journal du Palais et l’Indépendant de l’Yonne. Comme le prouve surtout, depuis quelques mois, le site www.creusot-infos.com, animé au Creusot par le journaliste Alain Bollery, qui est devenu le premier site d’information de la région : 300.000 pages lues ou affichées par jour, 45 à 50.000 visites quotidiennes ! Son secret : il donne des infos et renouvelle son site 6 fois par jour. Un journaliste qui fait de l’info : étonnant, non ?

27/07/2008

A lire au mois d'août

66e1239622b50b4c6bd35b4612aec77a.jpgSi vous aimez la littérature et la Bourgogne, "La Bourgogne dans les beaux textes" est un petit livre qui se déguste comme un paquet de bonbons : on pioche au hasard, et on se régale. Véronique Bedin et Julien Feydy, historiens amoureux de la Bourgogne et du beau langage, y ont rassemblé une quarantaine de textes historiques, témoignages, lettres, récits de voyages, qui racontent cent Bourgognes différentes, depuis le poème célèbre de Sidoine Apollinaire sur les Burgondes jusqu’aux souvenirs d’Henri Vincenot ou de Jean d’Ormesson, en passant par les admirables textes autobiographiques de Chateaubriand, Colette, Henry Miller ou Jacques Lacarrière Un étonnant florilège. Bonne lecture.

15/07/2008

Ma première lettre de délation

Je ne voulais pas y croire, pensant, évidemment, que ces moeurs-là étaient révolus. Eh bien, à Dijon, cela se pratique encore. On m’a transmis, de deux sources, une lettre me dénonçant aux autorités locales pour les opinions "scandaleuses" que j’exprime dans les journaux et sur ce blog, exigeant, tenez-vous bien, mon exclusion du conseil d’administration du Centre régional du Livre (CRL). Je vous jure que c’est vrai. Il paraît que l’auteur du poulet, un ancien journaliste à la retraite boycotté par tous les professionnels du livre de la région, n’a pas supporté d’avoir été rejeté et humilié aux élections dudit CRL (1 voix pour lui, 26 voix contre, c’est un peu dur, en effet). Alors il balance, il éructe, il vitupère, il dénonce, il venime contre le monde entier. J’ai encadré le document : c’est ma première lettre de délation !

07/07/2008

L'élitisme, voilà l'ennemi !

La gauche et la culture, parlons-en. En arrivant à la tête de Dijon, en 2001, le socialiste François Rebsamen avait déclaré que l’Auditorium (une salle de niveau international) était une réalisation "élitiste". En arrivant à la tête de la région Bourgogne, en 2004, le socialiste François Patriat avait estimé que le chœur régional Arsys Bourgogne (de qualité européenne) était une création "élitiste". En arrivant à la tête de la municipalité de Montbard, en 2008, la socialiste Christelle Sylvestre a déclaré que le nouveau musée consacré à Buffon (l’enfant du pays) était "élitiste" (elle préférerait évoquer, tenez-vous bien, le passé industrieux de la cité !). Quant au nouveau maire de Sens, le radical de gauche Daniel Paris, il vient de déclarer que l’hébergement par la ville de l’ensemble baroque La Fenice était de nature "élitiste". Camarades prolétariens, s’il vous plaît, arrêtez d’assassiner Mozart !

27/06/2008

Loiseau des vignes

4c07df414a2da890d12251a3d5ddc911.jpgDéjeuné avec Dominique Loiseau dans son nouveau restaurant de Beaune. Voilà une femme attachante, une battante, une inventive. Non seulement elle a surmonté le drame épouvantable que fut le suicide de son mari Bernard (en 2003) en reprenant les rênes d'un groupe imposant (8 M € de CA), mais elle s’est battue pour conserver sa troisième étoile à Saulieu (grâce à son chef Patrick Bertron), tout en ouvrant un nouveau restaurant à Beaune, Loiseau des Vignes, où l’on sert les grands crus… au verre ! "Au restaurant, les gens ne choisissent pas tous le même plat, pourquoi devraient-ils boire le même vin ?" Il suffisait d'y penser. Dominique a le regard de ceux qui ont connu le pire, et le sourire de ceux qui vous offrent le meilleur.

24/06/2008

Un moment de bonheur

77d55455527edf993ccd7be0d3d4df19.jpgDimanche soir, concert "Musique et Vin" au château du Clos de Vougeot. L’endroit est, avec Vézelay et Cluny, une des trois plus belles vitrines de la Bourgogne. Une sorte d’écrin exceptionnel, préservé et magique qui valorise l’art, transcende l’homme, élève l’âme. Quelques brillantissimes solistes du Metropolitan Opera de New-York (David Chan, Nick Eanet, Deborah Hoffman) y ont interprété en virtuoses des pièces de Mozart, Glück, Saint-Saens ou Kodaly, enchantant le célèbre cellier cistercien avant qu’une dégustation enharmonique de quelques grands bourgognes couronne ce moment de pur bonheur. Le corton et l’échézeaux qui suivent Mozart, c’est encore du Mozart.

24/05/2008

L'écrivain mis à nu

2a97b519db52e2407b103442f399b202.jpgIl y a de tout, dans l’édition régionale. Sauf des riches. Les auteurs locaux touchent, on s’en doute, des clopinettes. Tiens, je ne sais pas combien de livres vendra le dénommé Jean-Charles Cougny, de Poil, dans la Nièvre, qui sort un roman intitulé Trois brins de paille, mais je me fais du souci pour lui. J’ai reçu une petite pub de son éditeur, L’Ecir, qui résume la bio de l’auteur : "…connu dans sa région comme syndicaliste paysan et pour ses écrits dans le journal Vent du Morvan, il vit aujourd’hui à Poil". Eh oui. Ce brave soldat de la littérature régionale n’a plus rien à se mettre. Dure passion que l’écriture.

28/04/2008

La fin des "salons du livre"

Un par un, les "salons du livre" de ma région sombrent dans l’atonie. Hier, c’était le tour d’Autun, dans le Morvan. Dimanche dernier, c’était le salon de Sens. "Venez armé, aurait pu dire Victor Hugo : l’endroit est désert !" De moins en moins de public, de moins en moins d’auteurs - à part les professionnels du genre : Zappy Max, Maurice Joffo, André Gaillard, Nadine de Rotchild et quelques autres figures sympathiques, qui sont à la littérature ce que Nicoletta est au hip-hop et Pierre Tchernia à la télévision numérique. Manque de professionnalisme, manque de communication, manque d’ambition : de Dijon à Tonnerre, de Nevers à Monéteau, de gentils retraités reconduisent chaque année le train-train bénévole et poussiéreux d’une activité en déliquescence. Dans une indifférence générale qui tourne au tragique.

30/03/2008

Neuf en meurette

bff79928f352508dd3b55c37d2656191.jpgNeuf supernanas "expertes, entreprenantes et innovantes" qui se défoncent au service de l’art de vivre en Bourgogne, c’est un beau concept. Samedi soir, dans la splendide abbaye de La Bussière-sur-Ouche, Laurence, Catherine, Isabelle, Fabienne et les autres ont fait leur première soirée démonstration proposant en un seul parcours : concert, atelier d’art floral, atelier d’art de la table, dégustation vineuse, atelier de technologie culinaire, conférence historique, puis repas fin accompagné de quelques bouteilles de haute tenue. Pour leurs princes consorts ébaubis, que du bonheur ! Même le jambon persillé "déstructuré" et l’œuf en meurette "revisité" furent applaudis – et ça, en Bourgogne, c’est fort.

20/03/2008

La Bourgogne chamboulée

Retour en Bourgogne après dix jours d'absence. Les élections ont drôlement chamboulé le paysage. Si quelques maires sortants ont été superbement réélus (Rebsamen à Dijon, Ferez à Auxerre, Suguenot à Beaune, Nesme à Paray-le-Monial, Rebeyrotte à Autun), d’autres ont pris de retentissantes raclées (Auberger à Joigny, Neugnot à Semur, Fort à Sens, Breuillé à Toucy), gauche et droite mêlées. Il faut bien que certains s’en aillent pour que d’autres arrivent. La politique est comme la vie : cruelle, impitoyable, imprévisible. Globalement, en Bourgogne, la grogne anti-Sarko et les micmacs du Modem ont permis au PS de progresser sensiblement. En outre, sur quatre départements, au moins trois vont changer de patron. On verra ce que tout cela va donner, mais au moins, ça bouge !

15/03/2008

Jack Lang avec nous !

9cbba0959fa3fb59df5c2e6adaa3b120.jpgDepuis jeudi soir, les éditeurs bourguignons sont bien visibles au Salon du Livre de Paris (stand G55), où leur ont rendu visite nombre de personnalités : ministres (Michel Barnier), anciens ministres (Jack Lang), grands candidats aux municipales (Françoise de Panafieu), personnalités du PAF (Patrick de Carolis, Ulysse Gosset, Bernard Poirette, etc), tous amateurs de livres et de... chablis. Une catégorie manque à l'appel : les élus de Bourgogne. A part Jean-Pierre Soisson, venu dédicacer son nouveau livre sur Paul Bert, aucun représentant du Conseil régional, du Conseil général, de la Mairie de Dijon, etc, n'a fait le déplacement pour soutenir les éditeurs locaux. Tant pis pour eux : le chablis était excellent.

14/03/2008

Rendez-vous au Salon du Livre

b5e88e951ada79f71536d44f20ed05c0.jpg Le Salon du Livre de Paris est une fête. Même si l'endroit est moche et bruyant, le hall 1 du Parc des Expositions de la Porte de Versailles offre une promenade agréable et stimulante au milieu de ces milliers d'éditeurs et d'auteurs, parmi lesquels... les éditeurs bourguignons, bien sûr ! Nykta, D'Un Noir si Bleu, Spiralinthe, le Chemin de fer, Murmure et les Editions de Bourgogne vous attendent au stand G55 : vous ne pouvez pas nous manquer, nous sommes situés entre Robert Laffont et Actes Sud, c'est très chic ! En outre, c'est le seul stand où l'on vous offrira du bon chablis...

29/02/2008

Vive la France

093f2651af57b5163b12fab77ec2c978.jpgDenis Tillinac planchait ce soir à Dijon devant le Club des Ecrivains de Bourgogne. Un régal. Son Dictionnaire amoureux de la France est un excellent livre, et le Corrézien est aussi bon à l’écrit qu’à l’oral : sa déclaration d’amour à la France est éblouissante, charnelle, épicurienne et délicieusement nostalgique. D’Artagnan, saint Bernard, Emma Bovary, Maigret, Chirac : "La France est de loin ce que l’histoire-géo a tramé de mieux sur les cinq continents", dit-il avec une fougue à la fois juvénile et savante. Tillinac "a la France facile comme d’autres ont le vin gai". Et sa gaité est communicative. Merci Denis.

28/02/2008

Une info vraiment importante

Trop occupés par les écarts de langage de Sarko, les médias ne vous ont pas parlé de la conférence de Barcelone sur les conséquences du réchauffement de la planète sur le vin. Alors que c'est un sujet capital, angoissant, dramatique. Comment maintiendra-t-on, demain, le subtil équilibre entre le sucre et l’acidité qui fait la qualité d’un pommard ou d’un gevrey-chambertin ? Le seul réchauffement de 1° C de la température moyenne équivaut à un déplacement du climat d'environ 200 kilomètres vers le nord. Déjà, des producteurs de champagne achètent des terrains dans le Sussex et le Kent, en Angleterre. C'est sérieux, ça, bon sang ! Quand on fera du chablis au Danemark et du pouilly au bord du Rhin, il sera trop tard, pauv’cons !

14/01/2008

Proximité ou proximité ?

La politique sombre parfois dans le ridicule. Michèle Alliot-Marie jure ses grands dieux que la "police proche des gens" qu’elle va installer dans les banlieues à la satisfaction générale, n’a rien à voir avec la "police de proximité" que la gauche avait mise en place sous Jospin. Rien à voir, sauf que c’est la même chose ! En Bourgogne, on a le même cas : la gauche au pouvoir à la tête de la Région multiplie les contrats "Cœurs de village Plus" avec les petites communes, affirmant que cela n’a rien à voir avec le système contractuel que la droite, avant 2004, avait mis en place sous le nom de "Cœur de village". Rien à voir, sauf que c’est exactement le même dispositif !
Gnan-gnan-gnan : les politiques sont vraiment de grands enfants.