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07/12/2011

Ave, Guignols ! Qui morituri...

morano.jpgJe ne suis pas fana de Nadine Morano, mais je trouve qu’elle a raison de contester sa marionnette des Guignols, grossière et vulgaire à souhait. Marre des politiques poltrons qui expliquent que oui, c’est très drôle d’être brocardé, humilié, traîné dans la boue, etc ! Le dernier à avoir osé braver la colère des Guignols, César des temps modernes qui décide de la vie et de la mort des combattants du Cirque, c’est François Bayrou. Un cas tous les dix ans, rythme révélateur ! Les Guignols ont tous les droits parce qu’ils font rire : on a le droit de dire qu’il leur arrive de ne pas être drôles !


08/09/2011

Hollande ne rigole plus

 FH.jpgCe qui frappe chez les hommes politiques en campagne électorale, c’est leur manque total d’humour. Voyez François Hollande. Cet homme-là était très drôle, il aurait tué père et mère pour un bon mot, il faisait les délices des fins de congrès. Depuis un an, il est sinistre. Son agilité d’esprit ne lui sert plus désormais qu’à mêler acrobaties dialectiques et langue de bois : "Non, je n’ai pas dit cela, mais je n’ai pas dit le contraire non plus" ou bien : "Vous avez raison, même si je ne dirais pas cela de la même façon". Naguère il ressemblait à Coluche, aujourd’hui il fait du Mitterrand. C’est moins fun.

 

22/12/2010

Humour et politique

rire.jpgParmi les petites phrases retenues pour le prix de l’humour politique, cette année, je vote pour celle d’un député UMP de Seine-Maritime : "Vu de la Chine, le port du Havre ne travaille pas". Pas mal. Sur les dix ans passés, ma préférée reste ce propos rassurant et définitif tenu par François Bayrou pendant les présidentielles de 2007 : "Si je suis élu, rien ne changera en France !". Et toutes catégories confondues, dix ans plus tôt, j’avais adoré la phrase du ministre Hervé de Charette, président d’un petit parti dont lui-même a dû oublier le nom : "Ce n’est pas parce que nous sommes un parti charnière qu’il faut nous prendre pour des gonds !" Difficile de faire mieux.

30/10/2010

Scandale ! Censure ! Répression !

Dahan.jpgDans le JDD, le fantaisiste Gérald Dahan hurle à la censure. Philippe Val, directeur de France Inter, qui l’avait engagé pour remplacer le très provocateur Stephane Guillon, lui a signifié vendredi la non reconduction de son contrat : Val, explique Dahan, s’est couché devant le pouvoir, il n’a pas su résister aux pressions venues d’en haut, notamment après une chronique impertinente qui aurait déplu à Michèle Alliot-Marie. Scandale ! Répression ! Aux armes, citoyens ! Bon, j’ai écouté la chronique en question, et quelques autres, et j’émets une autre hypothèse, parfaitement personnelle et, je le reconnais, totalement folle : et si le jeune Dahan avait été remercié parce ses chroniques n'étaient pas drôles ?

 

06/03/2010

Humour et méchanceté

Farmer.jpgJe ne connais pas Mylène Farmer, mais je suis sidéré par le déluge de moqueries et d’éclats de rire qui, pendant deux jours, ont salué, souligné et rediffusé en boucle sa malencontreuse chute sur les marches de l’Elysée lors du dîner avec le président russe Medvedev. C’est encore plus drôle que la skieuse française qui a raté son départ à Vancouver ! Un must pour Vidéogag ! La chanteuse bute, puis tombe, puis retombe devant tous les photographes, et, tenez-vous bien, c’est hilarant, elle s’est cassé un orteil ! Tordant ! Les humoristes et animateurs télé n’en peuvent plus, c’est énorme ! Allez expliquer à vos gamins, après cela, qu’on ne rit pas du malheur d’autrui…

04/03/2010

Ni Dieu ni maître

 

Un dossier sur la "dérision" dans La Croix d’hier, un autre sur La Chaîne parlementaire : aurais-je eu du nez en consacrant à ce sujet une dizaine de pages dans Pourquoi le pape a mauvaise presse ? Je résume ma thèse : dans notre société hyper-individualiste, la dérision est l’outil forgé par les médias pour combattre tout pouvoir menaçant la sacro-sainte liberté de l’individu-roi – ce qui rend intouchables les humoristes. Contre l’autorité, le normatif, l’institutionnel, le collectif, la morale, toutes les "vannes" (comme on dit maintenant) sont permises ! Contre le pape, cible idéale, et l’Eglise, évidemment. Mais aussi contre les partis politiques, le président, l’armée, la justice, la République, l’école, la médecine, et même... les médias. Ni Dieu ni maître ! Qu'est-ce qu'on se marre !

 

24/04/2009

Adieu à Bernard Haller

bernard_haller_1.jpg Bernard Haller a quitté la scène, à 75 ans, sur la pointe des pieds. Pour ma génération, c’était un comique exceptionnel, un maître du rire, un deuxième Raymond Devos. J’ai encore en tête le spectacle qu’il avait donné à Paris au tout début des années 80, ses sketches "Mes bien chers frères" ou "La Sonate au clair de lune". Génial, Haller. Comme Devos, et contrairement à la plupart des jeunes comiques d’aujourd’hui qui se la pètent au bout de trois répliques faciles et deux vulgarités, Haller était resté modeste. Et tendre : "L’humour, disait-il, c’est un petit garçon qui traverse une cave très sombre et qui sifflote pour se donner du courage". Respect.

03/03/2009

La démission des politiques

Lu hier matin dans mon journal le SOS d’Yves Calvi : les hommes politiques ne viennent plus chez lui, car ils privilégient les émissions où ils peuvent répondre seul face à un journaliste, sans contradiction réelle. Les élus préfèrent la com, évidemment ! La preuve le soir même, à Mots Croisés : sur la Guadeloupe, il n’y avait aucun élu métropolitain ou guadeloupéen, à l’exception de l’ineffable Taubira, élue… de Guyane ! Puis sur le rire en politique, un grand vide : aucun homme politique sur le plateau ! Résultat : les humoristes présents n’ont eu aucun mal à expliquer qu’on pouvait rire de tout, que les politiques n’avaient qu’à subir l’ironie, que l’humour n’avait pas de limites et qu’il se mesurait aux seuls rires du public – ce qui est évidemment faux. Ainsi progresse la pensée unique.

18/02/2009

L'humour des "Grosses Têtes"

Ce jeudi, je serai l’ "invité d’honneur" des Grosses Têtes de RTL, de 16h à 18h. C'est un honneur, en effet. Un plaisir aussi. L’émission – enregistrée la veille – est beaucoup plus organisée et professionnelle qu’on l’imagine. Elle tient à 99 % sur la personnalité, l’humour, la culture, l’esprit de Philippe Bouvard, qui en est l’âme depuis trente ans. Pour moi, c’est un curieux exercice de style : plaisanter sur les "secrets du Vatican" n’est pas évident, et traiter des "silences de Pie XII" en une courte minute, entre deux vannes, c’est fortiche ! Mais l’humour des Grosses Têtes est aussi scabreux et irrespectueux que bon enfant. Cet humour gaulois, pas méchant pour un sou, a deux mille ans. Comme le Vatican.

01/07/2008

Petites phrases

Il y a vingt ans, Raymond Barre se voyait décerner le prix de l’humour politique avec cette phrase historique : "Quand le moment est venu, l’heure est arrivée". Il y a dix ans, Bernard Kouchner, ministre de la santé, était primé pour cette sentence définitive : "La contraception doit avoir ses règles". Cette année, c’est Borloo qui a reçu le prix pour avoir dit : "Sarkozy est le seul qui a été obligé de passer par l’Elysée pour faire premier ministre". Moi j’aurais hésité entre la déclaration de Bayrou au soir de sa défaite aux municipales : "Je vous le promets, nous aurons d’autres victoires !" (mais il est vrai qu’il plagiait involontairement la phrase de Ségolène au soir des présidentielles de 2007), et celle de Bernard Laporte, superbe, irréprochable : "Je voulais voir les Antilles de vive voix !"

06/03/2008

Du neuf dans le sexe

J’adore les covers de magazine comme celle du Nouvel Obs d’aujourd'hui : "Exclusif : La nouvelle sexualité des Français". Du neuf dans le sexe, et exclusif en plus, c’est le top de l’info... depuis Cromagnon ! Cela me rappelle cette blague de garçon de bain : un groupe de copains de régiment s’amuse à énumérer les différentes façons de faire l’amour : "J’en connais 18 !" dit l’un. "25 !" renchérit un autre. "29 !" lance un troisième. Puis une grosse voix met tout le monde d’accord : "52 !!!", déclenchant les applaudissements de tous… à l’exception d’un petit timide qui, interrogé à son tour, explique piteusement qu’il n’en connaît qu’une : la dame allongée sur le dos, et le monsieur, dessus, qui… A ce moment, il est coupé par une grosse voix : "53 !!!"

17/01/2008

Silence les bouffons !

politique,municipales,humourLa politique tue l’humour. Pas la politique éthérée et virtuelle qui se pratique entre gens bien élevés dans les restaurants branchés du VIIIe arrondissement de Paris. La vraie politique, concrète, charnelle, qui oppose des hommes et des équipes sur le terrain municipal, et les transforme en militants sectaires, en prosélytes angoissés, en porte-serviettes agressifs. En période électorale, tout calembour passe pour une agression, toute moquerie pour une attaque personnelle, toute satire pour un complot. Pas question de tolérer une critique rigolote ou un propos ironique. Silence, les bouffons ! Les enjeux d’une élection sont trop sérieux ! On ne joue pas avec les postes, les bureaux, les voitures de fonction, les titres, les salaires, les retraites… pardon, je rigole : ...avec l’intérêt général !

21/06/2007

C'était pas de l'humour

Le prix "Humour et politique 2007" sera attribué par le Press Club le 3 juillet. Mon favori cette année est François Bayrou, qui a tenu ce propos rassurant et définitif : "Si je suis élu, rien ne changera en France !". De même l’an dernier, Ségolène Royal était ma favorite avec "Même quand je ne dis rien, cela fait du bruit".
Mon lauréat préféré fut, en 1997, Hervé de Charette, président d’un petit parti dont lui-même a dû oublier le nom, qui a dit cette année-là : "Ce n’est pas parce que nous sommes un parti charnière qu’il faut nous prendre pour des gonds !"
Hors concours, en 2007, Yannick Noah : "Si Sarko passe, je me casse !" Dommage qu’il ne figure pas sur la liste. Il est vrai que ce n'était pas de l'humour...

03/11/2006

Guillon, le pape et les barbus

Entendu Stéphane Guillon, l’ancien complice de Stéphane Bern, en promo sur Canal +. Triple promo, en vérité : pour son spectacle au Palais des Glaces, pour sa participation à la nouvelle émission d’Ardisson sur Canal +, et pour son livre publié par… Canal + Editions. Ce n’est plus un humoriste, ce gars-là, c’est un paquet cadeau !
Guillon pratique l’humour ravageur, massacreur, écrabouilleur. Et sans tabou. Enfin presque. Il a une réserve intéressante à propos de la religion. Lui, dans son one-man-show, c’est simple, il ne se moque pas des "barbus" (sic). En revanche, il tape à foison sur Benoît XVI. Pourquoi cette discrimination ? Parce que "quand on insulte Benoît XVI, le lendemain, le théâtre est toujours debout".
Pas fou, le provocateur.