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26/11/2009

Europe : une histoire belge

La désignation d’Herman Van Rompuy comme premier président du Conseil européen a été accueillie chez nous par des commentaires dédaigneux, voire méprisants. La raison en est simple : les éditorialistes français, incultes en matière de politique étrangère, ne connaissaient même pas le nom du premier ministre belge ! Indécrottables franchouillards, les médias français n'ont aucunement l'intention de s’intéresser à une Europe dirigée par un Belge (Van Rompuy), un Portugais (Barroso) et un Polonais (Buzek) ! Nos journalistes, à quelques exceptions près, n’ont pas réalisé que la génération Mitterrand-Giscard-Veil-Delors, c’est du passé : vous voyez l’Europe des 27 dirigée par Fillon, Hollande, Besson, Delanoë, Morin, Royal, Hortefeux ou Mélenchon ? Vous imaginez les commentaires de la presse européenne ?

09/11/2009

Berlin : Et le pape ?

Cover Express.jpg   Je ne voudrais surtout pas paraître cracher dans la soupe : l’anniversaire de la chute du Mur de Berlin m’a valu d’intervenir dans pas mal de médias : Fig Mag, La Croix, Le Bien Public, RTL, France Bleu, France Inter, RCF, etc. Mais quand même : vous avez vu beaucoup de journaux, aujourd’hui, rappeler le rôle du pape Jean-Paul II dans cette fantastique aventure, entre les vibrants coups de chapeaux lancés à Gorbatchev, Walesa ou Reagan ? Les médias sont sans mémoire (cf ci-contre L'Express d'il y a 20 ans). Le pape polonais n’a pas fait tomber le mur tout seul, évidemment, mais occulter son rôle dans la longue et incertaine épopée de Solidarnosc puis dans la contagion qui a gagné l’ensemble du bloc de l’Est jusqu’à faire céder le Kremlin en ce formidable automne 1989, c'est n'avoir rien vu, rien compris de l'histoire de l'Europe.

 

02/09/2009

Hommage à Kolakowski

Kolakowski.jpgQue s’est-il passé, cet été, qui ait échappé aux médias ? La mort de Leszek Kolakowski. Le polonais d’Oxford était un des plus grands philosophes de sa génération. Et il avait un humour dévastateur. Je l’ai interviewé plusieurs fois. Un jour, il m’a raconté une réunion de scientifiques organisée à Castel Gandolfo, chez Jean-Paul II, avec Czeslaw Milosz, Emmanuel Levinas et quelques autres grands esprits européens. Comme il s’ennuyait un peu, Kolakowski avait discrètement rédigé une fausse bulle papale, en latin de cuisine, prononçant l’excommunication de Levinas, qu’il n’aimait pas beaucoup. De gloussements étouffés en sourires de potaches, le papier est arrivé jusqu’au pape qui a éclaté de rire. Gamins, va !

02/07/2009

Europe : un Parlement inutile ?

José-Manuel Barroso mérite-t-il d’être reconduit à la tête de la Commission européenne ? Je n’en sais rien, mais je suis perplexe : nous venons d’élire des députés européens, en regrettant unanimement que l’Europe passionne aussi peu les citoyens. Or ces représentants des 27 nations européennes, tout juste élus, ne seront même pas consultés sur le prochain patron de l’Europe, qui va diriger et représenter le Vieux continent pendant les 5 prochaines années ! Le président de la Commission – Barroso, en principe – sera désigné par les représentants des "Etats", sans aucun débat public. C’est un peu fort de café : le fameux Traité de Lisbonne, que les mêmes Etats voudraient tant voir entrer en fonction, prévoit l’élection du président de la Commission par le Parlement, justement ! Et on s’étonne du manque d’intérêt des citoyens pour l’Europe !

26/05/2009

La question qui tue

Allumez la télé ou la radio. Question inévitable du journaliste à son invité politique : "Comment expliquez-vous le manque d'intérêt général pour le scrutin européen du 7 juin ?" L'invité se racle la gorge, profère quelques généralités désolantes et désolées, puis revient à son propos, en général sur Sarkozy ou sur la crise du PS, ce pourquoi il est là. Aucun n'ose répondre au journaliste : "Pauvre pomme franchouillarde, à quand remonte ton dernier sujet européen en prime time ? Quand as-tu interviewé un député lituanien pour la dernière fois ? Combien as-tu organisé de débats avec des élus belges et italiens ? Sais-tu au moins placer Riga et Ljubljana sur une carte, plumitif inculte ?" Voilà qui réveillerait un peu la campagne. C'est pourtant simple, l'Europe, c'est l'audimat qui décide : les médias s'en foutent, donc les gens s'en foutent. Point barre.

16/05/2009

Ce bon vieux Staline

Varennikov.jpgIl a eu tout faux, le général Valentin Varennikov, qui vient de mourir. Quelle carrière ! Jugez plutôt : jeune, il a soutenu Staline (1953) et il a participé à toutes les opérations étrangères de Brejnev (1964-80) ; puis il a nettoyé l'Afghanistan (1985-89), il a animé le putsch contre Gorbatchev (1991), il a déploré la fin de l'URSS (1992), il a dénigré Eltsine et les "démocrates" (1993), il a pacifié la Tchétchénie (1999-2000), etc, etc. Et il n'a cessé, jusqu'à sa mort, de regretter le bon vieux temps du goulag et de la guerre froide. Il a eu droit, hier, à Moscou, à des obsèques nationales. Rompez.

05/04/2009

La faute aux flics !

Il faudrait quand même que les médias maîtrisent leur discours, et cessent de virevolter d’un argument à l’autre en fonction d’images soudain contradictoires. Après avoir pesamment expliqué, pendant deux jours, qu’il y avait trop de forces de l’ordre dans Strasbourg, voici qu’à l’unisson, après les émeutes de samedi soir, les journalistes expliquent qu’il n’y en avait pas assez ! Et de suivre la pente de la facilité : passer en boucle des images de violences au lieu d’enquêter sérieusement sur les casseurs. Le résultat, c’est le monde à l’envers : on oublie ces types encagoulés qui veulent incendier des immeubles et tuer des flics, et on se retourne contre l’Etat : quels salauds, quels criminels, ces policiers et ces pompiers qui n’ont pas su endiguer les excès de tous ces pacifistes malheureusement débordés !

26/03/2009

L'Europe en vain

rosé.pngCe n’est pas la première fois que les bureaucrates de Bruxelles déraillent. Par inculture plus que par bêtise. Mais, par saint Vincent, qui pouvait imaginer que pour ces gens-là, qui ont fait des études poussées, le vin rosé n’était qu’un simple mélange de vin rouge et de vin blanc ? Sans doute pense-t-on, à Bruxelles, que le vin blanc se fait à partir du raisin blanc, et que le champagne est fait avec des grappes de raisin à bulles ! Après de telles aberrations technocratiques et mercantiles, allez expliquer en Provence, en Anjou, en Corse, en Toscane, en Navarre et dans tous les lieux de civilisation vineuse que l’Europe est notre avenir et qu’il faudra aller voter le 7 juin !

11/03/2009

OTAN , suspends ton vol

Pardon, je l’ai déjà dit, mais il est vraiment agaçant de voir la majorité des responsables politiques français se déterminer sur le retour de la France dans le dispositif intégré de l’OTAN uniquement en fonction de leur appartenance politique ou de leur degré de détestation de Nicolas Sarkozy. Faut-il rappeler qu’en 1966, quand de Gaulle est sorti de l’OTAN, évidemment applaudi par les gaullistes, les socialistes étaient farouchement hostiles à cette preuve de "nationalisme déchaîné", et les centristes violemment opposés à cette faille dans la sacro-sainte "unité atlantique" ? Vouloir construire un pilier européen dans l’OTAN, est-ce diabolique ? La question, que personne ne pose, est plutôt : pour se défendre contre qui ?

10/03/2009

Europe : une affaire de professionnels

Les élections européennes font rage. Dans les partis, pas dans les médias ! L’Union européenne, qui a durablement installé la paix en Europe, déclenche régulièrement la guerre dans les états-majors partisans. Une guerre atroce, au corps-à-corps, à l’arme blanche ! Les têtes de listes choisies ici ou là - Peillon, Weber, Daul, de Sarnez, Désir, etc - montrent que cette élection prétendument "démocratique" est d’abord, tous partis confondus, une affaire de professionnels de la politique. A part le Modem (qui pousse des Kahn ou des Rochefort), la France sera représentée à Bruxelles par une catégorie de Français très particuliers, rarement en phase avec le peuple, qu’on appelle des politiciens. Un peu dommage, non ?

18/10/2008

Un non anniversaire

jean_paul_ii_big.jpgCe fut l’anniversaire le moins célébré de l’année. Dieu sait pourtant que les médias français adorent commémorer le 20ème, le 30ème, le 40ème anniversaire du moindre pet de lapin. Eh bien ! L’élection de Karol Wojtyla par le conclave, le 16 octobre 1978, n’a pas donné lieu à la moindre ligne dans les médias nationaux, excepté dans La Croix… et au Parlement européen, à Bruxelles, où les eurodéputés polonais ont initié une "journée papale". Pour rappeler, au passage, comme ça, que sans l’élection de ce pape il y a 30 ans, l’Europe serait peut-être toujours coupée en deux. Une broutille.

11/09/2008

Pauvres Ukrainiens !

Le sommet Europe-Ukraine, cette semaine, a démontré que le bon sens et la diplomatie étaient deux mondes bien distincts. Il a fallu "de longues et âpres négociations", rapportent les journalistes spécialisés, pour faire figurer dans l’accord final une expression "arrachée comme une dent de sagesse" : non sans mal, donc, l’Ukraine est qualifiée, dans ce texte, de "pays européen". On croit rêver. Sarkozy, sur ce sujet, est irréprochable. Mais certains diplomates occidentaux considèrent, pour ne pas fâcher Moscou, ou pour ne pas gêner la Turquie, que l’Ukraine n’est pas vraiment un pays européen ! Kiev, Lviv et Odessa seraient-elles des villes moins européennes que les villes turques d'Erzurum, Diyarbakir ou Malatyia ? Savent-ils que les géographes, depuis plus d’un siècle, font figurer le centre de l’Europe à Dilové, sur la frontière entre l’Ukraine et la Roumanie ?

08/09/2008

Les Russes ont gagné

5736ae8be52b589234d1954781d2358f.jpgLes frontières de l’immense Russie, depuis mille ans, sont celles que lui ont imposées ses voisins – par la force, par la ruse ou par la négociation. En validant le retrait des soldats russes du territoire géorgien "à l’exception de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud", Sarko et Barroso ont entériné la nouvelle carte du Caucase façon Poutine. Chacun va se réjouir, plus ou moins bruyamment, que la Russie n’envahisse pas toute la Géorgie - notamment tous les commentateurs qui hurlent bêtement au "retour de la guerre froide", et qui n’ont rien compris au film ! Que les futurs observateurs de l’Union européenne se voient interdire par le Kremlin les deux territoires contestés est significatif : les Russes sont décidément de remarquables joueurs d’échecs.

24/07/2008

Hommage à Geremek

8e26e1beea4bbab1d4635a94a38c46dc.jpgEmouvant hommage à Bronislaw Geremek, hier soir, à la Bibliothèque polonaise, sur l’île Saint-Louis. J’ai rappelé, comme journaliste, le rapport très spécial qui s’est tissé entre cet homme exceptionnel et les journalistes français qui, dès l’automne 1980, ont fait de lui leur principale source d’information sur les événements de Pologne. Mais lui, le stratège hors pair, nous avait inclus dans son dispositif : pour être informé, d’abord ; pour faire passer des messages hors de Pologne, ensuite. Cet échange indicible et constant fut un des éléments de la réussite de l’aventure de Solidarnosc. Qu’il se soit parfois mué en amitié est une autre histoire.

18/07/2008

Il y a regrets et regrets

2e90442e92dad4527f2b8948416cec5a.jpgLes réactions unanimes après la disparition brutale de Bronislaw Geremek - comme ce matin à la Représentation de l'Union européenne à Paris - masquent, évidemment, quelques regrets indicibles. Je me rappelle ce voyage en Pologne de juin 1989 où le président Mitterrand a montré qu’il préférait parler au général Jaruzelski, ce grand "patriote", plutôt qu’au couple Walesa-Geremek, qui représentaient l'inconnu : en pleine bagarre politique cruciale, à Gdansk, dans un repas offert aux "dissidents", il avait placé Geremek à côté de Françoise Sagan ! Faut-il aussi rappeler qu'en 2003, les députés européens ne l’ont pas élu président, et que ce fut une belle occasion manquée : les élus de l’UMP et du PS, qui ont joyeusement pataugé dans leurs petites combinaisons politiciennes, en gardent-ils au moins un souvenir amer ?

13/07/2008

Geremek est mort

Terrible nouvelle venue de Pologne : Bronislaw Geremek est mort tout à l’heure dans un accident de voiture. C’était un homme rare. Historien engagé, militant courageux, intellectuel brillantissime, il était de ceux qui ont sauvé, dans les années 1980, l’honneur de l’Europe de l’Est. Au même titre qu’un Soljenitsyne, un Sakharov, un Havel, un Walesa. C’était aussi un homme doux et tolérant, jamais arrogant, jamais négatif. Il incarnait l’espoir que certains mettent, malgré, tout, dans une humanité si prompte à la bassesse, à la lâcheté, à la violence. C’était un juste, au sens de la Bible. Un saint laïc.
C’était aussi, depuis presque trente ans, un ami fidèle, modeste, exigeant, attentif. Adieu Bronek. Les hommes comme toi ne devraient jamais mourir.

09/07/2008

Le déshonneur ET la guerre

Sarko, ami de la Corse, connaissait pourtant ce vieux dicton de l’Ile de beauté : "Si tu sors ton flingue, tire, ou tu es mort !" Le président aurait dû écouter les vieux soviétologues. Face à un géant totalitaire, il ne faut pas être faible : la dictature repose sur un rapport de forces, et ne se maintient que parce qu’on en a peur. Les cocos chinois, en faisant les gros yeux, ont escamoté la question du boycott des JO, vite remplacée par celle de la cérémonie d’ouverture. Celle-ci aurait pu être symbolique, mais la désolante division des Européens l’a rendue inopérante, et fatale pour le petit chef provisoire de cette armée désunie : qu’il y aille ou non, au fond, n’avait plus d'importance. Dans ce contexte, autant ne pas y aller. Pour l’honneur. Rappelons-nous Churchill à propos de Munich, en 1938 : "Ils ont accepté le déshonneur pour éviter la guerre, ils auront le déshonneur ET la guerre".

29/06/2008

Europe, Europe, Europe !

J’ai bien aimé entendre le politologue Olivier Duhamel s’énerver franchement, ce matin, sur Europe 1, dans l'émission Médiapolis, contre l’immense majorité des élus et des journalistes français qui se fichent complètement de l’Europe. Et qui n'avaient absolument pas prévu le "non" au référendum irlandais. Tiens, les journalistes, si on en parlait ? Et l’animateur Michel Field d’interviewer Jean Quatremer, correspondant permanent de Libération auprès de l'Union européenne, lui-même très sévère sur la tragique absence des médias français à Bruxelles. L’un des invités demande alors pourquoi on interviewe le gars de Libé et pas celui d’Europe 1. Et d’ailleurs, la station Europe 1 a-t-elle un correspondant à Bruxelles ? Avec un nom pareil, ce serait un comble ! Le silence interminable qui suivit la boutade fut très, très pénible…

22/06/2008

On a failli parler d'Europe

Lu dans mon quotidien local, ce week-end, une interview de Pierre Pribetitch, député européen et élu dijonnais fort respectable, sur les conséquences du "non" irlandais. Enfin on va comprendre ce qui nous attend, nous autres, qui sommes autant Bourguignons qu’Européens, et comment on va tenter de conjurer cette crise dramatique. Pribetitch annonce : "Nous allons poursuivre la pédagogie et montrer quels sont les apports de l'Europe et en quoi elle appuie le développement des territoires." Bravo ! Enfin ! Alors, quelle pédagogie va-t-on poursuivre ? Quels sont-ils, ces apports ? Las ! L’interview passe très vite aux passionnantes bisbilles internes du PS, Pribetitch ayant signé un texte en faveur de Delanoë alors qu’il est adjoint de Rebsamen qui défend Royal, etc, etc, etc. Comme d'hab. Les Français sont incorrigibles.

20/06/2008

Les raisons du "non" irlandais

Le sondage "Eurobaromètre" révélé ce matin par le Irish Times confirme, en pire, mon blog d’hier. D’abord, 40 % des votants irlandais avouent qu’ils n’ont rien compris à ce qu’on leur demandait. 40 % ! Toutes nos félicitations aux hommes politiques, aux journalistes et aux communicants ! Ensuite, si les électeurs irlandais ont voté "non", c’est parce qu’ils avaient trois craintes majeures : que leurs impôts augmentent (84 %), que le pays perde sa neutralité (83 %), et, tenez-vous bien, qu’on les force à légaliser l’avortement, le mariage gay et l’euthanasie (59 %). Voilà l’image que l’Europe donne d’elle-même aujourd’hui : hausses fiscales, manque de fiablité militaire et mariage homosexuel ! Et voilà pourquoi nous serons incapables de faire front uni, demain, face à l’hégémonie des Américains, des Chinois et des Indiens !