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29/06/2008

Europe, Europe, Europe !

J’ai bien aimé entendre le politologue Olivier Duhamel s’énerver franchement, ce matin, sur Europe 1, dans l'émission Médiapolis, contre l’immense majorité des élus et des journalistes français qui se fichent complètement de l’Europe. Et qui n'avaient absolument pas prévu le "non" au référendum irlandais. Tiens, les journalistes, si on en parlait ? Et l’animateur Michel Field d’interviewer Jean Quatremer, correspondant permanent de Libération auprès de l'Union européenne, lui-même très sévère sur la tragique absence des médias français à Bruxelles. L’un des invités demande alors pourquoi on interviewe le gars de Libé et pas celui d’Europe 1. Et d’ailleurs, la station Europe 1 a-t-elle un correspondant à Bruxelles ? Avec un nom pareil, ce serait un comble ! Le silence interminable qui suivit la boutade fut très, très pénible…

22/06/2008

On a failli parler d'Europe

Lu dans mon quotidien local, ce week-end, une interview de Pierre Pribetitch, député européen et élu dijonnais fort respectable, sur les conséquences du "non" irlandais. Enfin on va comprendre ce qui nous attend, nous autres, qui sommes autant Bourguignons qu’Européens, et comment on va tenter de conjurer cette crise dramatique. Pribetitch annonce : "Nous allons poursuivre la pédagogie et montrer quels sont les apports de l'Europe et en quoi elle appuie le développement des territoires." Bravo ! Enfin ! Alors, quelle pédagogie va-t-on poursuivre ? Quels sont-ils, ces apports ? Las ! L’interview passe très vite aux passionnantes bisbilles internes du PS, Pribetitch ayant signé un texte en faveur de Delanoë alors qu’il est adjoint de Rebsamen qui défend Royal, etc, etc, etc. Comme d'hab. Les Français sont incorrigibles.

20/06/2008

Les raisons du "non" irlandais

Le sondage "Eurobaromètre" révélé ce matin par le Irish Times confirme, en pire, mon blog d’hier. D’abord, 40 % des votants irlandais avouent qu’ils n’ont rien compris à ce qu’on leur demandait. 40 % ! Toutes nos félicitations aux hommes politiques, aux journalistes et aux communicants ! Ensuite, si les électeurs irlandais ont voté "non", c’est parce qu’ils avaient trois craintes majeures : que leurs impôts augmentent (84 %), que le pays perde sa neutralité (83 %), et, tenez-vous bien, qu’on les force à légaliser l’avortement, le mariage gay et l’euthanasie (59 %). Voilà l’image que l’Europe donne d’elle-même aujourd’hui : hausses fiscales, manque de fiablité militaire et mariage homosexuel ! Et voilà pourquoi nous serons incapables de faire front uni, demain, face à l’hégémonie des Américains, des Chinois et des Indiens !

18/06/2008

La démocratie, façon Ubu

Les Irlandais ont donc choisi, clairement, par 53 % des voix (soit 862 000 voix contre 752 000), de faire revenir tous les Européens au traité de Nice. Le seul hic, c’est que la proportion d’électeurs irlandais sachant ce qu’est le traité de Nice doit évoluer entre 0,001 et 0,002 %. Est-ce bien là ce qu’on appelle la démocratie ? La place et l'influence de l’Europe dans le monde peuvent-il dépendre d’un vote aussi débile ? "La stupidité n'a pas le droit de gouverner le monde", disait Renan. On peut être un vrai démocrate – c’est mon cas, je le jure – et se demander, par exemple, en voyant des dizaines de milliers de crétins hurler dans un stade de foot, par quel miracle ces gens-là deviendraient intelligents en entrant dans un bureau de vote. Est-ce bien démocratique de leur demander de juger, en conscience, un texte juridique de 300 pages rigoureusement illisibles ? Franchement ?

15/06/2008

Barnier l'Européen

8989341f112d0bb13b4f25d6d33f0c12.jpgEntendu Michel Barnier, ce dimanche soir, sur Europe 1. Précis, véhément, passionné, efficace. Si tous les hommes politiques européens parlaient de l’Europe comme lui, l’Irlande aurait voté oui. Je retiens : que le "non" irlandais n’est qu’un "incident" et qu’il faut aller de l’avant ; que Sarko aurait présidé l’Europe, de toute façon, avant l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne ; que si les Européens ne s’unissent pas, ils n’auront bientôt plus voix au chapitre sur leurs propres affaires énergétiques, alimentaires ou autres. Mais surtout : que les hommes politiques français ne font pas leur travail d’explication sur les sujets européens ; que les Français se croient toujours "à côté" de l’Europe alors qu’ils sont "dedans". Il a raison, Barnier : pour être dedans, on est dedans !

13/06/2008

Panade irlandaise

L’Irlande a voté non. C’est une vraie catastrophe. Mais la France est mal placée pour s’en offusquer : ils n’ont pas à la ramener, tous ceux qui, en 2005, avaient approuvé la surenchère de Philippe de Villiers, la démagogie de Marie-George Buffet, le populisme de Jean-Marie Le Pen et les petits calculs irresponsables de Laurent Fabius ! Pas plus que les milliers d’experts en communication et les centaines de cabinets de relations publiques qui, depuis des décennies, avec l’argent de mes impôts, ont été payés des millions d’euros pour vendre savamment aux opinions publiques une image positive de l’Union européenne : un texte incompréhensible, des mesures inextricables, un enjeu impalpable, bravo ! Quel talent !
Ho ! Les communicants ! I want my money back !

24/03/2008

Boycotter les JO de Pékin ?

Faut-il boycotter les JO de Pékin ? Non. Faut-il laisser tomber le Tibet ? Non. Retenons les leçons du désolant cafouillage auquel avait donné lieu le vrai-faux boycott des JO de Moscou en 1980, six mois après l’invasion de l’Afghanistan par l’Armée Rouge (lire le récit complet de cette triste affaire dans Le Bunker, JC Lattès, 1994). Il n'est pas question de sacrifier le Tibet à la Realpolitik, ce serait indigne. Pas question non plus de se défausser sur les sportifs, ce serait une lâcheté. A la répression du Tibet par le PC chinois, la réponse "appropriée", comme disent les diplomates, c’est la menace collective d’un boycott de la cérémonie d’ouverture – humiliation terrible – par l’ensemble des officiels de l’Union européenne. La question est de savoir si ceux-ci auront, au moins, la sagesse d’adopter une position commune...

20/02/2008

Europe : une gravissime absence

L’affaire du Kosovo est dangereuse. Elle montre à quel point les détracteurs de l’Europe font preuve d’un aveuglement irresponsable, voire criminel. En effet, si l’Union européenne avait collectivement accepté (ou refusé) l’indépendance du Kosovo, l’affaire aurait été pliée : l’ONU n’aurait pu que ratifier la décision européenne, et chacun se serait rallié à l'ONU avec plus ou moins d’enthousiasme. Au lieu de cela, l’auto-proclamation de l’indépendance du Kosovo donne des idées à tous les sécessionnistes transylvains, tibétains, palestiniens, basques, tchétchènes, abkhazes, etc, qui rêvent de profiter, à leur tour, de l’absence d’une autorité supérieure incontestable, seule capable de contenir à la fois l’arrogance des Etats et l’exaspération des minorités. Gravissime, l'absence de l'Europe !

05/10/2007

A côté de la plaque

J’ai beau retourner la question dans tous les sens, je ne vois pas en quoi l’abandon des numéros de départements sur les plaques minéralogiques est un progrès. Un progrès pour qui ? Pour les fonctionnaires européens maniaques du nivellement généralisé ? Pour les ordinateurs chargés de gérer les cartes grises ? Pourquoi cette uniformisation systématique qui nous formate encore un peu plus ?
Alors que nous, à la campagne, nous repérons les intrus, maraudeurs et suspects de tout poil à leur plaque de voiture : un C15 ou un Trafic immatriculé 93, 91 ou 77, dans ma petite vallée bourguignonne, cela ne passe pas inaperçu. Quand les plaques de voitures seront anonymes, on parie que les cambriolages en milieu rural vont augmenter ?

27/05/2007

Sarko, photo, drapo... catho !

Pour une rupture, c’est une rupture ! Sur la photo officielle du nouveau président de la République, réalisée cette semaine à l’Elysée par le photographe Philippe Warrin, on voit, pour la première fois, en sus des trois couleurs nationales, les étoiles du drapeau européen. Or, d’où viennent ces étoiles ? Ce sont les douze étoiles de la Médaille miraculeuse de la rue du Bac, que l’auteur du dessin du drapeau européen, Arsène Heitz, a fait figurer sur son projet, lequel fut adopté à l’unanimité, dans le cadre du Conseil de l’Europe, en décembre 1955.
medium_Drapeau_europe.jpgEst-ce la confirmation que Nicolas Sarkozy n'est pas hostile à l’idée d’admettre que l’Europe a, mais oui, des racines chrétiennes ? Ce n'est pas Chirac qui aurait osé une telle profession de fois subliminale !

26/01/2007

L'Europe et le monde

Tombé sur une vieille conférence donnée au Collège de France par le philosophe Leszek Kolakowski, à qui vient d’être décerné le "prix de Jérusalem pour la liberté de l’individu". C’était en 1980. J’en avais noté cette phrase lumineuse sur l’Europe :
"L'Europe est encore fidèle à elle-même dans son état de détresse et d'incertitude. Si elle survit à la pression des barbares, ce ne sera pas grâce à une solution finale qu'elle découvrirait un jour, mais grâce à la conscience claire que de telles solutions n'existent nulle part – c'est cela, la conscience chrétienne."
Et celle-ci, désolante, mais qui a le mérite du réalisme :
"La première chose que le reste du monde désire de la culture européenne, ce sont les techniques militaires".

13/01/2007

Joseph qui ?

Il y a quatre personnalités politiques de premier plan, aujourd’hui, en France : Jacques Chirac, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et Joseph Daul. Qui ça ? Daul ? Jamais vu dans les médias français ! Absent chez Ruquier, triquard chez Ardisson, inconnu chez Fogiel !
medium_JD.JPG Joseph Daul, 59 ans, agriculteur et alsacien, avait été une des têtes de listes UMP aux dernières européennes. Il vient d’être élu président du PPE, le plus important groupe politique du Parlement européen (264 députés, 10 premiers ministres en exercice). Il n’y a pas un seul grand sujet, un vrai, un de ceux qui influent réellement sur la vie de nos concitoyens, qui ne passe pas désormais par ses mains...
On comprend TF1, France 2 et les autres : Besancenot est tellement plus mignon, Autain tellement plus jolie, Steevy tellement plus drôle, Taubira tellement plus exotique, Joe Starr tellement plus sulfureux, etc, etc…

30/12/2006

Haro sur l'euro !

D’après la Sofres, 52 % des Français pensent que l’euro est "une mauvaise chose". Les experts s’arrachent les cheveux : nos concitoyens veulent-ils revenir à l’anarchie monétaire, à l’inflation, aux dévaluations compétitives, au contrôle des changes ?
medium_pieces.JPG En réalité, le Français moyen ne supporte pas de payer désormais 1,50 € son petit noir, et autant le croissant qui va avec. Soit deux fois dix francs. Vingt balles pour un café et un croissant. "Mais le prix des ordinateurs a baissé", protestent les experts. S'ils venaient de temps en temps au bistroquet de mon chef-lieu, les experts sauraient que "l’Europe", chez moi, est maintenant synonyme de "hausse des prix".
A tort ? Peut-être Mais... heureusement qu'il n'y a pas de référendum à l'horizon !

28/12/2006

Le nombril de l'Europe

En 2001, les experts de l’Institut géographique national (IGN) avaient calculé que le centre de la zone euro, qui comportait alors douze pays, se situait sur la commune de Montreuillon, dans le Morvan. Hélas, l’adoption de la monnaie unique par la Slovénie, le 1er janvier, obligera à refaire le calcul, et privera ce sympathique village bourguignon d’un statut qui lui valait plusieurs milliers de visiteurs par an.
En 1877, les géographes français avaient ainsi calculé le centre de l’Europe. Un obélisque avait été alors érigé, au bord d’une rivière sauvage appelée la Tisza, quelque part en Europe centrale. Le monument est toujours debout, visité par des milliers de touristes qui font des photos. Il n’y a qu’un problème, un petit détail politiquement très incorrect : il est en Ukraine.

30/11/2006

Le souk et l'hypermarché

La Commission européenne a suspendu le processus d’adhésion de la Turquie à l’Europe. Parce qu’elle s’est rappelée qu’on appelle cette région l’ "Asie mineure" ? Parce qu’elle juge que 70 millions de musulmans seront difficiles à absorber dans l’Union ? Parce que ce pays foule aux pieds le premier des droits des l’homme, qui est la liberté religieuse ? Point du tout : parce que le gouvernement d’Ankara refuse que les navires marchands chypriotes accostent dans des ports turcs.
La géographie, la religion, la culture, les valeurs, tout cela compte peu à côté du transport maritime de marchandises.
Le rapport entre la Turquie et l’Europe ressemble à une âpre négociation entre un souk et un hypermarché. Heureusement qu’il y a des Benoît XVI pour expliquer urbi et orbi que cette relation entre les Turcs et le reste du monde ne se limite pas à des histoires de conteneurs.

24/11/2006

Un Polonais qui décoiffe

Ce matin, en ouverture des Semaines Sociales de France consacrées à la justice, à la Défense, le polonais Bronislaw Geremek, a rappelé aux 3.600 participants quelques vérités premières :
medium_Geremek.jpg 1. Si les disparités s’accroissent entre riches et pauvres, il ne faut pas oublier que la tendance générale, dans le monde, est au recul de la pauvreté.
2. Comme l’a montré l’Américain John Rawls, certaines inégalités sociales peuvent être utiles à l’amélioration du sort des plus démunis.
3. L’Union européenne (surtout depuis le sommet de Lisbonne) est incontestablement plus "sociale" que les Etats nations qui la composent.
Interpellé, en retour, sur le « non » français au référendum européen de 2005, Geremek s’est contenté d’affirmer avec force : "Eh bien vous avez eu tort !"

18/11/2006

L'Europe unie

medium_logo_UE.jpg Le 25 mars prochain, on fêtera le 50ème anniversaire de la signature du Traité de Rome. A Bruxelles, pour l'occasion, on a décidé d’imaginer un logo. Réunions, colloques, bureaucratie, traductions, concours, jury international, etc. Résultat : un ensemble de lettres multicolores qui composent le sigle T.O.G.E.T.H.E.R. Le mot anglais !
Mais bien sûr, s’empressent de préciser les commissaires européens, chacun pourra le traduire dans sa propre langue ! Pour célébrer l’union, bravo. Les Français éructent, évidemment. Tout comme les Allemands, qui présideront l’Union Européenne le 25 mars prochain, et qui ont décidé d’ignorer ce logo.
Coût de l’opération : 200.000 euros. Même divisés par 25, cela fait T.O.O.M.U.C.H. !

31/10/2006

Le sang des Hongrois

En ces temps d’euroscepticisme, peut-être faut-il rappeler que la répression de l’insurrection de Budapest par les chars soviétiques, en novembre 1956, donna l’impulsion décisive à la création du Marché commun, ancêtre de l’Union européenne.
Dans un article intitulé Le sang des Hongrois, Albert Camus évoquait l’Europe en appelant à "ne jamais trahir, chez nous et ailleurs, ce pour quoi les combattants hongrois sont morts, à ne jamais justifier, fût-ce indirectement, ce qui les a tués. Nous aurons bien du mal à être dignes de tant de sacrifices. Mais nous devons l’essayer dans une Europe enfin unie, en oubliant nos querelles, en faisant justice de nos propres fautes, en multipliant nos créations et notre solidarité".
C'est cette solidarité qui allait encore, trente ans plus tard, en Pologne, faire avancer l’Europe et la liberté…

10/10/2006

La paix, c'est fragile !

Suite du colloque de Clermont-Ferrand sur le Traité de Rome. Entre l'assassinat d'Anna Politkovskaïa à Moscou et la menace nucléaire en Corée du Nord, une question vient naturellement à l'esprit : les Européens - notamment les Français - sont-ils bien conscients de vivre depuis 50 ans sur un extraordinaire ilôt de paix et de prospérité ? Pensent-ils, surtout, que cela s'est fait tout seul ? Ou, pire, que la paix en Europe est un acquis définitif ?
Les 340 lycéens présents au colloque ont écouté ce discours-là avec attention. Il faudrait adapter et populariser, pour tous ces jeunes, la formule de Kennedy : "Ne vous demandez pas ce que l'Europe peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour l'Europe !"

09/10/2006

Quid du Traité de Rome ?

Intéressant colloque sur le Traité de Rome, à Clermont-Ferrand, à l’initiative de la Conférence des Episcopats de la Communauté européenne (COMECE). Heureusement qu’il reste encore quelques cathos pour se préoccuper de l’état de l’Union européenne à quelques mois du 50ème anniversaire du traité, le 25 mars prochain.
Le plus passionnant, dans ces rencontres, ce sont les témoignages des représentants venus des différents pays membres : à les entendre, leur adhésion - en fonction des époques et des situations nationales - aura été un formidable passeport pour la paix, pour le développement, pour la démocratie ou pour la justice.
Au fond, tout le reste est secondaire.