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17/11/2007

Le poids des mots

La sémantique est un pilier de la science politique. La direction de la Sncf, l’œil rivé sur la concurrence étrangère, veut absolument appeler clients les usagers du chemin de fer. Ce que les cheminots (on dit aussi agents de la Sncf ou casse-bonbons) contestent, évidemment, en utilisant le mot, plus neutre, de voyageurs. C’est vrai qu’un voyageur n’est pas un client. Un voyageur voyage, un client paie. Quand un usager voyage sans payer, c’est un fraudeur ou un cheminot en RTT. Quand un usager paie sans voyager, c’est un otage. On dit aussi un non transporté (contraire de transporté, lui-même synonyme passif de voyageur).
Les mots sujets, administrés, contribuables et cochons de payants sont à éviter en période de tension sociale. Et travailleur est à proscrire absolument.

16/11/2007

Des privilèges ? Quels privilèges ?

05c6b492b36a212450b18f74875ccba8.jpg"Nous faisons un travail pénible, nous n’avons pas de privilèges" : les syndicalistes cheminots, visiblement, ont du mal à convaincre ! L’explorateur Jean-Louis Etienne s’étonnait hier, sur le plateau de Frédéric Taddéi, que les voitures de 1ère, dans le TGV, soient surtout occupées par des cheminots en mission, en déplacement syndical ou en RTT. Tous les usagers du train le savent bien. Tiens, je vais vous faire un aveu : moi-même, à une époque de ma vie, j’étais l’amant d’une cheminote : eh bien je voyageais gratuitement en 1ère, comme toute sa famille (carte ci-dessus). Et je vous jure que c’était pénible… d’entendre pendant tout le trajet les conversations des cheminots en vadrouille !
On n’écoute pas assez les explorateurs.

14/11/2007

"Non à l'autonomie !"

Magnifique contestation étudiante ! A Dijon, hier, une irrépressible minorité d’extrémistes énervés (et très attardés, si l'on en croit l'âge de certains animateurs du mouvement) ont empêché tout vote démocratique des 1.500 présents, et décidé le blocage de cette université de 25.000 étudiants. Slogan superbe, surréaliste : "NON A L'AUTONOMIE !" J’adore ce mot d'ordre qui résume dramatiquement les pulsions de cette jeunesse nantie repliée sur elle-même et qui a si peur de devenir adulte !
De toute façon, ces révolutionnaires de pacotille ne risquent pas d’émouvoir les petits-bourgeois frileux qui composent l’électorat du maire de Dijon, par ailleurs n° 2 du PS : le campus étant loin, très loin du centre ville, tout le monde s’en tamponne !

12/11/2007

Octobre en novembre

Mea culpa. J’avais tort. Je notais l’autre jour le peu d’enthousiasme à célébrer cette année le 90è anniversaire de la révolution d’Octobre. C’était compter sans les agitateurs étudiants qui, de Tolbiac à Rennes, sont en train de noyauter les universités et bloquer les gares pour faire la jonction avec les cheminots et préparer la prise du Palais d’hiver. Même stratégie de pouvoir léniniste, mêmes joutes oratoires avec les trotskistes, mêmes petits groupes de "révolutionnaires professionnels" manipulant tous les "idiots utiles" qui les prennent pour de vrais étudiants, mêmes votes bidon à main levée pour contrer les votes réellement démocratiques à bulletins secrets, même mépris pour la démocratie bourgeoise, même violence contre la police du tsar.
Une belle commémoration, ma foi.

11/11/2007

Les cheminots entrent en scène

a4e0770677c93681529d812ef586a408.jpgLes premières victimes des grèves de transports, ce sont les intermittents du spectacle. Les théâtres parisiens se remplissant surtout de nombreux groupes venus de toutes les provinces, il n'y rien de mieux pour vider les salles - j'en veux pour preuve le Palais des Sports de la Porte de Versailles - qu'un désordre dans les transports.
Les spécialistes savent que des centaines de comédiens et de techniciens vont se retrouver au chômage dans les semaines qui viennent. Dans l'indifférence générale. Mais a-t-on jamais vu un syndicaliste de la Sncf s'intéresser au théâtre ?
Le pire, c'est que tous ces intermittents, quand ils seront au chômage, s'en prendront... à Sarkozy ! Rideau !

10/11/2007

L'intérêt des étudiants

A Lyon où je passe le week-end, quelques centaines d'étudiants de l'université Lyon-II ont voté "démocratiquement" la cessation des cours pour soutenir les cheminots le 14 novembre, et les fonctionnaires le 20. C'est beau, la solidarité. Et l'intelligence politique, aussi. Chacun sait que l'intérêt bien compris d'un jeune Lyonnais de 17 ou 18 ans, de nos jours, c'est de sacrifier ses études pour voler au secours des catégories socio-professionnelles dont les privilèges venus du passé obèrent justement leurs propres conditions de vie universitaires, sans parler de leurs futures retraites !

09/11/2007

Une grève "reconductible"

Ho ! Les cheminots ! Faut pas nous prendre que pour des billes ! Choisir de démarrer une grèce "reconductible" un mercredi, c'est jouer les prolongations minoritaires jusqu'au week-end avant que les camarades enseignants et fonctionnaires prennent le relais le lundi et le mardi : cela fera bientôt un siècle qu'on sait que c'est la bonne stratégie pour bloquer le pays en espérant de provoquer une vraie crise. Et cela, bien sûr, n'a rien à voir avec les régimes spéciaux, la pénibilité du travail, la loi Pecresse et autres fadaises. Si les médias entretiennent le flou, espérons au moins que le gouvernement l'a compris. Et qu'il va faire un peu de politique...

12/12/2006

Attention au départ !

Il y a une activité ferroviaire que les grèves de train n’interrompent pas, ce sont les sympathiques articles célébrant presque quotidiennement, dans la presse locale, les départs en retraite des agents de la SNCF. En général, 60 lignes et une photo, laquelle montre, en pleine force de l’âge, parfois avec de jeunes enfants sur les bras, un jovial "contrôleur technique infrastructure mouvement" ou une charmante "chef de bord moniteur principal" qui déclare, la larme à l’oeil, qu’il ou elle va désormais s’adonner "au vélo, au bricolage, au jardinage, et à sa petite famille". Ils ont 50, 53, 55 ans. Tous, sans exception, ont moins de 60 ans.
Tant mieux pour eux. Sauf que la SNCF ne pouvant suffire à financer les "régimes spéciaux" de ses 298.000 retraités, l’Etat lui verse pour cela 2,7 milliards d’euros par an. Et que l’Etat, c’est moi.

09/12/2006

Les grèves d'hiver

On sent que l’hiver approche à ce genre de détails : les trains sont en grève. Comme tous les ans, la SNCF passe, le 15 décembre, aux horaires d’hiver. Comme tous les ans, les syndicats de conducteurs rouspètent. Et cessent le travail.
Pour rester objectif sur le sujet, je m’en tiendrai au "courrier des lecteurs" de Libération de ce matin. Le ton général est stupéfiant : "Bande de fainéants !", "Vivement la privatisation de la SNCF !", "Marre de ces privilégiés !", "Assez de corporatisme !". Enervés, les lecteurs de Libé ! Parfois, timidement, un agent de la SNCF se glisse dans ce concert d’invectives : "C’est pas nous, c’est les conducteurs !" Les conducteurs, vous savez, ceux qui cumulent les primes, prennent leur retraite à 50 ans, etc, etc.
C'est un comble : même les lecteurs de Libé et les autres cheminots trouvent qu’ils commencent à bien faire !