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22/11/2006

Thomas qui ?

Il y a quelques jours, à Dijon, était lancée la "Ségosphère", une plateforme internet de soutien à Ségolène Royal destinée aux jeunes "qui ne croient plus en la politique" et "qui ont en eux la révolte". Une sorte de fan club branché, plutôt sympa, qui promet de relayer les propositions des jeunes internautes vers la future présidente...
L’initiateur de ce site a 21 ans. Il vient d’adhérer au PS. Il veut "que la jeunesse soit considérée autrement" et faire avancer sur l’internet la "démocratie participative". Il a l’air très bien, ce jeune homme. Il semble sincère, motivé. Et puis, il a l’air d’être vraiment convaincu de la nécessité de soutenir sa candidate préférée.
Il a un drôle de nom. Il s’appelle Thomas Hollande.

21/11/2006

La fête des maires

medium_Mairie.jpg On ne plaisante pas avec les élus locaux : Chirac, Villepin, Sarkozy et une quinzaine de ministre le savent bien, qui rendront visite en grande pompe, aujourd'hui et demain, au congrès de l’Association des maires de France.
Tous expliqueront avec emphase que le maire, plus que jamais, représente la face humaine de l’Etat. Tous feront remarquer que le maire est le seul responsable politique dont la cote soit positive.
Mais aucun ne dira que, sur 36.000 maires, 24.000 ne servent à rien, ou quasi, dirigeant des communes rurales de moins de 700 habitants où leur seul rôle se limite à la recherche de quelques subventions pour refaire un monument aux morts ou un abribus pour les scolaires. Leur seule vraie responsabilité, à ces maires-là, c’est de désigner leurs délégués au… conseil de la Communauté de communes, où se traitent tous les problèmes locaux !

20/11/2006

Du neuf avec des vieux

Au printemps dernier, Ségolène Royal avait lâché à L’Express, hors interview, une confidence capitale : si elle gagne en 2007, elle composera un gouvernement "sans aucun ancien ministre".
Magnifique, Ségo ! Sauf que le jeunisme, c’est bon pour les campagnes électorales, pas pour gérer les affaires du pays. Qu’on se rappelle l’expérience de François Mitterrand en 1981. L’enthousiasme des petits nouveaux, pleins de bonnes idées, faisait plaisir. J’entends encore la ministre des Sports, Edwige Avice, annonçant que le Tour de France se ferait désormais sans publicité ! Qu’est-ce qu’on a ri !
En revanche, la seule grande réforme de structures – la décentralisation – qui soit passée sans encombres, cette année-là, c’est à Gaston Defferre qu’on la doit. Un vieux de la vieille, formé sous la IVème République, qui savait, lui, que la France ne se pilote pas comme un vélosolex.

19/11/2006

Propos à la Frêche

Georges Frêche a encore frappé. Le président de la région Languedoc-Roussillon, éminence locale du PS, a déploré que dans l’équipe de France de foot, il y ait "neuf blacks sur onze", ce qui est "une honte pour ce pays". Dans une conférence de presse, il a corrigé le tir : ce qui est déplorable, à ses yeux, "ce n’est pas qu’il y ait trop de Noirs, mais qu’il n’y ait pas assez de Blancs". Sic.
Qu’un haut responsable du PS traite Jean-Paul II d’ "abruti" et les harkis de "sous-hommes", cela aurait déjà dû pousser les hiérarques socialistes de sa région à se débarrasser, sans barguigner, de ce malotrus raciste et infréquentable.
Et cette fois ? Tenez-vous bien : François Hollande a annoncé qu’il allait saisir la commission des conflits du PS. Ouh la la !

18/11/2006

L'Europe unie

medium_logo_UE.jpg Le 25 mars prochain, on fêtera le 50ème anniversaire de la signature du Traité de Rome. A Bruxelles, pour l'occasion, on a décidé d’imaginer un logo. Réunions, colloques, bureaucratie, traductions, concours, jury international, etc. Résultat : un ensemble de lettres multicolores qui composent le sigle T.O.G.E.T.H.E.R. Le mot anglais !
Mais bien sûr, s’empressent de préciser les commissaires européens, chacun pourra le traduire dans sa propre langue ! Pour célébrer l’union, bravo. Les Français éructent, évidemment. Tout comme les Allemands, qui présideront l’Union Européenne le 25 mars prochain, et qui ont décidé d’ignorer ce logo.
Coût de l’opération : 200.000 euros. Même divisés par 25, cela fait T.O.O.M.U.C.H. !

17/11/2006

Historique pour qui ?

"Historique", le choix de Ségolène comme candidate du PS pour 2007 ? C’est oublier Golda Meir (Israël), Indira Gandhi (Inde), Evita Peron (Argentine), Benazir Bhutto (Pakistan), Mary Robinson (Irlande), Vigdis Finnbogadottir (Islande), Gro Harlem Bruntland (Norvège), Hanna Suchocka (Pologne), Margaret Thatcher (Royaume Uni), Michelle Bachelet (Chili), Angela Merkel (Allemagne), qui ont toutes été beaucoup plus loin en politique - et j'en oublie !
Cela fait aussi sourire, en France, les Arlette Laguillier (LO), Marie-George Buffet (PCF), Dominique Voynet (Verts), Michèle Alliot-Marie (UMP), Françoise de Panafieu (UMP), etc, sans parler de Simone Veil (UMP) et Nicole Fontaine (UDF), ex-présidentes du Parlement européen !
Pour l’instant, restons calmes : ce n’est un événement que dans le cadre archaïque et machiste du Parti socialiste français...

16/11/2006

Sexus politicus

Lu le livre de Deloire et Dubois, Sexus Politicus (Albin Michel), qui fait un malheur en librairie. C’est un vrai document d’investigation, malin et bien écrit. Pas très respectueux, mais c’est la loi du genre. Il manque des noms, visiblement rayés par un avocat, mais il reste suffisamment d’indices pour en découvrir de belles.
Quand on referme l’ouvrage, on se dit qu’il manque, quand même, un chapitre sur les hommes politiques qui ne trompent pas leur femme. Si ! Il y en a !
Mais on pardonne aux auteurs, rien que pour avoir rapporté quelques magnifiques et épouvantables bons mots. Dont cette perle, lâchée naguère dans un cocktail par Edgar Faure, obsédé sexuel notoire, à une jolie dame appuyée contre la cheminée du lieu :
- Si c’est pour moi, pas trop cuit !

15/11/2006

Une idée monumentale

En cherchant bien, on trouve toujours de bonnes idées pour améliorer la conduite des affaires publiques. Ainsi, enfoui dans le rapport d’une commission sénatoriale qui montre que l’Etat ne peut plus assurer la pérennité du patrimoine architectural, il est proposé de ponctionner pour cette tâche… 1 % des bénéfices de la Française des Jeux.
On appréciera la proportion, révélatrice de l’époque : 1 % ! Un petit pourcent prélevé sur la gigantesque montagne d’or (9 milliards d’euros par an) constituée sans efforts sur la crédulité de millions de gogos bernés par de cyniques vendeurs d’espoir opérant pour le compte de l’Etat !
On leur doit bien ça, auxdits gogos : s’ils s’entêtent à plomber bêtement leur avenir, gardons-leur au moins un passé !

14/11/2006

Front commun

Mmes Buffet et Autain, MM. Besancenot et Bové, et quelques autres, se disputent avec fougue l’honneur de conduire, en 2007, le rassemblement des antilibéraux et des altermondialistes. C’est à celui qui s’en prendra avec le plus de virulence "aux libéraux mondialistes à la solde du Medef", à la "mondialisation sauvage" qui produit "chômage de masse, pauvreté, assistanat, travail clandestin et stagnation des salaires", à celui qui défendra le mieux tous les "sacrifiés sur l’autel de la mondialisation, des stock-options, des copains du Medef et des fonds de pension", notamment les ouvriers "rebelles aux restructurations et aux délocalisations" et les fonctionnaires "victimes de la destruction des services publics" !
La lutte finale, quoi. Pour information, toutes ces citations sont tirées du discours prononcé dimanche, au Bourget, par Jean-Marie Le Pen. Bon courage, camarades !

13/11/2006

Les gladiateurs modernes

Intéressante interview de Mgr di Falco par Henri Tincq, dans Le Monde de lundi, sur la télévision triomphante qui, plus que jamais, brutalise les individus et fait commerce, sans vergogne, de leur intimité.
Il a raison, l’évêque de Gap : dans les nouveaux "jeux du cirque" qu’incarnent les médias, les "gladiateurs" modernes sont tous ces gens qui viennent en plateau se faire laminer, insulter, déshabiller, broyer, humilier, ridiculiser : de Koh Lanta à la quotidienne de Jean-Luc Delarue, des invités de Stéphane Bern aux victimes du jeu d’Arthur, des Z’Amours aux candidats de la Nouvelle Star, ces esclaves qui s'ignorent jouent leur dignité et leur intimité dans l’espoir de gagner notoriété et argent. A la fois voyeur et exhibitionniste, impudique et cruel, le peuple rassemblé devant l’écran exige, le pouce vers le bas, du sang et des larmes.
On n’a pas progressé depuis Néron.

12/11/2006

35 heures ? Ca va pas, non ?

L’affaire des propos imprudents tenus par Ségolène Royal sur le temps de travail des enseignants fait l’effet d’un séisme politique : quel est le traître qui a balancé le propos sur l’internet ? L’enregistrement est-il tronqué ? DSK va-t-il profiter de ce coup bas ? Les journaux, les télés, les radios en sont pleins !
Or, la vraie question est : pourquoi l’affaire a-t-elle pris soudain une telle ampleur ? Pourquoi le simple fait de suggérer que les enseignants travaillent davantage ébranle-t-il les fondements de la République ?
Je sais bien que les profs travaillent plus de 18 heures, qu’il y a les copies à corriger, des réunions avec les parents, etc, etc. Mais y a-t-il une autre profession où l’idée de travailler 35 heures est aussi indécent, sulfureux, insensé, scandaleux, monstueux, affolant, explosif ?

10/11/2006

Hans Küng sur Europe 1

Bravo à Jean-Pierre Elkabbach pour avoir invité à son micro le théologien suisse Hans Küng. C’est moins sexy que Brice Hortefeux, Dominique Voynet ou Jean-Paul Huchon, chacun le comprend ! Mais ce que raconte cet ancien ami et rival de Joseph Ratzinger, lequel l’a longuement reçu à Castel Gandolfo l’an dernier, nous change un peu de la bouillie électorale française. Voilà quarante ans que ces deux anciens collègues de l'université de Tübingen traitent de façon contradictoire, voire conflictuelle, les grands sujets de notre époque - l'Eglise, la paix, la liberté, le dialogue interreligieux - et leurs échanges sont particulièrement stimulants.
Mais pourquoi faut-il que l’ami Jean-Pierre, souvent excessif, toujours manichéen, qualifie Hans Küng de "plus grand théologien vivant", et Benoît XVI de "pape d’extrême-droite" ?

09/11/2006

L'intelligence à la barre

La bourde de Ségolène Royal, mardi, sur le nucléaire iranien, fait le miel de ses deux rivaux, qui sont persuadés d’être plus intelligents et compétents qu’elle. Ce n’est peut-être pas faux. Mais MM. Strauss-Kahn et Fabius croient-ils vraiment que les cerveaux les plus brillants ont vocation à gouverner les sociétés modernes ?
Rappelons-leur les noms des trois plus grands hommes politiques (qu'on les aime ou non) de ces trente dernières années :
- Ronald Reagan, un acteur de séries B issu de sa Californie profonde, qui a redonné confiance à l'Amérique ;
- Helmut Kohl, un ex-apparatchik un peu balourd de Rhénanie-Palatinat, qui a réunifié l'Allemagne ;
- et Boris Eltsine, un soûlographe hâbleur et sans culture venu du fin fond de l’Oural, qui a ressuscité la Russie.
Pas de chance, au PS, ils ont tous fait l'ENA !

08/11/2006

La Star'Ac avant le Carmel

medium_EL_Cover.2.jpgIl y a exactement cent ans, le 9 novembre 1906, mourait à Dijon une petite nana au destin peu banal. Gaie, coquette, aimant sortir, excellente pianiste, adorant le tennis, la ravissante Elisabeth Catez était invitée partout, et courtisée parfois, jusqu’à ce qu’elle entre au carmel à 21 ans, contre l'avis de sa mère désespérée de voir sa fille préférer le silence du couvent au délicieux brouhaha des soirées dijonnaises. Devenue carmélite, Elisabeth "de la Trinité" tombera gravement malade, mais écrira des centaines de lettres, de prières et des poèmes souvent bouleversants. Jean-Paul II, en 1984, a béatifié Elisabeth de Dijon qui, sans aucun doute, sera canonisée un jour.
Un destin décalé ? Pas sûr. En 2006, cette fille-là aurait peut-être fait la Star’Ac avant d’entrer au Carmel. J’imagine les titres de Voici et de Closer

07/11/2006

Bizutage cheminot

C’est une sympathique et innocente tradition cheminote : on salue toujours l’arrivée d’une nouvelle présidente à la tête de la SNCF par une bonne grève générale d’une journée, et puis, après avoir jeté par dessus l’épaule quelques millions d’euros, hop, on chante en chœur : "Elle est des nô-ôtres, elle a eu sa grèv' comme les au-autres !"
Personne ne sait pourquoi les syndicats CGT, SUD, FO, CFE-CGC, CFTC et FGAAC bloquent le pays aujourd’hui. On sait seulement qu’Anne-Marie Idrac les a accusés, l’autre jour, d'avoir une culture politique datant "d’avant la chute du mur de Berlin", et qu’il est impossible, quand on s’appelle CGT, SUD, FO, CFE-CGC, CFTC ou FGAAC, de laisser passer une si inqualifiable provocation.
Et pour bien montrer que non, les syndicats de cheminots ne sont pas "archaïques", allez, hop, tout le monde en grève !

06/11/2006

Politique spectacle

Le débat présidentiel, dans les médias, frise la saturation. C’est le moment où les directeurs de chaînes passent leurs journées en réunion sur le thème : faut-il mettre plus de reportages ? Plus de téléspectateurs tirés au sort ? De sondages ? De dérision ? De people ? De lumière ?
Les Français ont été gavés, ces dernières semaines, des discours répétitifs de Fabius, Bayrou, Voynet, Lang et autres Bachelot. Tout-à-l'heure, sur Canal +, Laurence Ferrari aurait bien aimé recevoir Sarko et Sego, ou, à défaut, Juppé et Jospin, ou Bové et Besancenot. Elle s’est contentée de Christine Boutin et Pierre Moscovici – révérence gardée pour ces deux personnages – et encore, parce que l’un et l’autre sont en promo pour leurs livres !
Boutin-Moscovici : quel passionnant programme familial pour un beau dimanche d’automne !

05/11/2006

Le Pen, le retour

A la une du Point et de VSD, Le Pen fait à nouveau le bonheur malsain des éditorialistes, électrisés par la possibilité qu’il se retrouve, comme en 2002, au second tour des présidentielles. Il faudrait qu’ils lisent la grande enquête de l’IFOP sur l'électorat du FN, dont Le Monde rend compte ce week-end, et qui correspond assez bien à l’enquête minutieuse que j’ai faite dans ma commune de l'Yonne sur les trois raisons majeures qui poussent les petites gens à voter Le Pen :
1. Cela ne peut plus durer.
2. Il faut faire quelque chose.
3. Enfin, vous ne voyez pas, tout ça, à la télé ?

Tous les intellos, socialos, gauchos et autres cocos qui hurlent au fascisme, à l’antisémitisme, au racisme ou à l’homophobie n’ont rien compris à leur époque.

04/11/2006

La chasse aux signatures

La chasse aux signatures est un sport très étrange auquel se livrent avec frénésie tous les "petits" candidats aux présidentielles, alimentant débats surfaits et polémiques ridicules. D’abord, si quelqu’un ne peut rassembler 500 signatures d’élus, comment peut-il prétendre représenter 60 millions de Français ? Ensuite, pourquoi tous ces chichis pour ne pas rendre publiques les listes de signataires ?
En 2002, dans mon canton bourguignon, tel maire rural (conservateur) a signé pour le trotskiste Gluckstein "pour que ses délégués, très insistants, me fichent la paix". Tel autre (gaulliste) a signé pour Le Pen "parce que cela aurait été injuste qu’il ne puisse se présenter".
Le journal local ayant brutalement révélé leurs choix, ils ne recommenceront pas de sitôt.

03/11/2006

Guillon, le pape et les barbus

Entendu Stéphane Guillon, l’ancien complice de Stéphane Bern, en promo sur Canal +. Triple promo, en vérité : pour son spectacle au Palais des Glaces, pour sa participation à la nouvelle émission d’Ardisson sur Canal +, et pour son livre publié par… Canal + Editions. Ce n’est plus un humoriste, ce gars-là, c’est un paquet cadeau !
Guillon pratique l’humour ravageur, massacreur, écrabouilleur. Et sans tabou. Enfin presque. Il a une réserve intéressante à propos de la religion. Lui, dans son one-man-show, c’est simple, il ne se moque pas des "barbus" (sic). En revanche, il tape à foison sur Benoît XVI. Pourquoi cette discrimination ? Parce que "quand on insulte Benoît XVI, le lendemain, le théâtre est toujours debout".
Pas fou, le provocateur.

02/11/2006

Le punching-ball de Canal +

Vu, tout-à-l’heure, la matinale de Canal + , animée par un gars qui s’appelle Toussaint. En ce 2 novembre, je croyais que c’était une émission d’actualité ! J’ai vite déchanté en entendant l’animateur demander à son invité, le sénateur Karoutchi, si Sarkozy allait s’excuser pour avoir traité de "racailles" les jeunes délinquants des banlieues. Ledit Toussaint devrait actualiser ses fiches. Il saurait que depuis ce lointain épisode, Fabius les a traités de "salopards" et Rebsamen de "barbares".
Pas une séquence, pas une chronique, pas un sujet, sur Canal +, où l’on ne tape sur Nicolas Sarkozy. C’est le concept fédérateur, la cible commune, le bouc émissaire facile qui remplace le vieux punching-ball Le Pen sur lequel chacun venait se faire les poings depuis vingt ans.
Si Sarko n’existait pas, il n’y aurait pas de matinale sur Canal +.