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04/11/2010

Les petits frères du Cese

Cesr.jpgOui, oui, je sais ! Il n'y a pas que le Conseil Economique et social (Cese) qui ne sert à rien ! Il y a aussi ses trente petits frères régionaux, les Conseils économiques et sociaux régionaux (Cesr) que le président Pompidou avait inventés en 1972 pour donner la parole aux "forces vives" des régions. Quand Mitterrand a créé en 1982 les Conseils régionaux (élus, eux, au suffrage universel), on a "oublié" de supprimer ces anciennes instances devenues superfétatoires, mais qui fournissent un complément de retraite à quelques amis d’amis (dont une petite moitié de syndicalistes, allez savoir pourquoi). Certains d'entre eux - je tairai les noms, mais croyez-moi sur parole - se demandent souvent eux-mêmes, ingénument, à quoi ils servent !

 

03/11/2010

Un machin vraiment inutile

Mariton.jpg"Le Conseil Economique et Social ne sert à rien", explique le député Hervé Mariton, sans fard, dans le Figaro. Ce machin de 233 membres, qui coûte au contribuable 37 millions d’euros par an, ne sert qu’à apporter un complément de salaire à quelques amis du président en place et à assurer une retraite complémentaire à des syndicalistes en fin de parcours, désignés par des réseaux occultes pas toujours démocratiques. François Mitterrand y avait même nommé la chanteuse Georgette Lemaire, qui n’avait plus de quoi payer son loyer ! En période de vaches grasses, bon, un tel "resto du cœur" spécial happyfews peut aider. Mais en période de crise, accorder 3700 euros par mois, pour rien, à Raymond Soubie ou Pierre Charon, c’est de la provocation !

  

01/11/2010

La balle au centre

borloo.jpgPourquoi Borloo est-il donné favori pour Matignon ? Parce qu’il incarne le centre droit, et que toutes les élections, en France, se gagnent "au centre". Or, la place est libre. Bayrou ? Carbonisé depuis l’entre-deux-tours de 2007. Boutin, Villepin, Dupont-Aignan ? Trop à droite. Morin, Arthuis, Bourlanges ? Pas au niveau. Raffarin ? Pas assez motivé. Et pourtant ils existent, ces 12 à 15 % d’électeurs constituant le courant "libéral, centriste et européen" qui fit gagner Giscard en 1974. Le problème, c’est qu’en 1974, le FN faisait 0,75 % des voix ! Et que Borloo, si c’est lui, devra se coltiner deux ou trois poids lourds "sécuritaires" qui lui rappelleront tous les matins que dans centre-droit, il y a droit.

29/10/2010

"Entre 560.000 et 2 millions"

manifestation-retraite.jpgMais bon sang de bois, comment un journaliste digne de ce nom peut-il encore expliquer que la journée d’action d’hier a rassemblé "entre 560.000 et 2 millions de manifestants" ? D’abord, cette imprécision est ridicule. Ensuite, elle occulte tous les tests effectués cet automne (par Médiapart, France Soir, AFP de Marseille, etc) qui ont révélé que la réalité est toujours inférieure au chiffre de la police. En Bourgogne, deux journalistes du Bien Public ont fait la même expérience à Dijon le 12 octobre : 9.000 manifestants selon les syndicats, 7.500 selon la police et… respectivement 6.500 et 6.600 pour les deux confrères. Est-ce que cela n’explique pas, justement l’échec de cette mobilisation "populaire" qui n’était, au fond, que "partisane" ?

27/10/2010

La com' du président

coffre.jpgMais à quoi servent les millions d’euros consacrés, depuis 2007, à la com' du chef de l'Etat ? Tous ces sondages, toutes ces enquêtes ? Les conseillers du président ont mis trois ans à comprendre l’effet pervers du "bouclier fiscal", qui part d’un bon sentiment mais qui implique que l’Etat signe chaque année d’énormes chèques aux Français les plus riches ! Question : combien de temps faudra-t-il aux mêmes experts pour comprendre que "supprimer l’impôt sur la fortune" aura le même effet pervers dans l’opinion puisqu’il fait, à nouveau, le jeu des Français les plus riches ? Réformez, pulvérisez, transformez dézinguez l’ISF, mais ne le "supprimez" pas ! La com’, c'est fait pour cela !

25/10/2010

"Septembre fait le vin"

RaisinBlanc.jpgIl ne faut jamais désespérer. Prenez le vin. En Bourgogne, l’hiver avait été long et marqué par un gel mortifère. Le printemps, morose, avait alterné entre le chaud et le froid. L’été, chaotique, s’était terminé sous les orages. Et puis, début septembre, le soleil a réapparu. Les grains de raisin, petits, se sont gorgés de sucre. Juste à temps. La récolte n'a pas été abondante, disent les vignerons, mais 2010 sera un beau millésime. "Septembre fait le vin", dit-on dans les vignes. C’est comme en politique : un hiver chaotique, un été mortifère, des blocages tout l’automne, et puis l’opinion se retourne, on fait les comptes et on passe à autre chose. "Novembre fait le remaniement", dit-on dans les ministères.

22/10/2010

"Le Monde" contre les grèves

StoplaGrève.JPGPas content, le directeur de la rédaction du Monde ! Ecoutez-le pester, dans le numéro de jeudi, contre ces grèves à répétition qui constituent une action "intolérable" et "irresponsable", surtout dans des secteurs "en pleine révolution technologique doublée d’une crise économique majeure". C’est la "pérennité"  de nos activités, écrit-il, qui est "clairement menacée" par une frange de travailleurs "minoritaires et incontrôlés". Les auteurs de cette série de "mouvements sauvages" font courir à l’entreprise "un risque mortel" et, finalement, "restreignent le champ de nos libertés". Le directeur du Monde parle du Monde, bien sûr. Sait-il que depuis septembre, des dizaines de milliers de petites entreprises françaises sont exactement dans la situation de son journal ?

20/10/2010

Manifs : un vrai progrès

CGT.JPGDès que les lycéens seront en vacances, dans quelques jours, on fera le bilan de ces journées "d’action" contre la réforme des retraites. Le premier acquis, qui modifie radicalement le scénario des manifs depuis quarante ans, c’est qu’on sait aujourd’hui, avec certitude, que les chiffres des syndicats doivent être divisés par 4 ou 5 (par 10 à Marseille) pour refléter la réalité. Il y a encore beaucoup de journalistes frileux (notamment à la télé) qui s’accrochent à la tradition et émettent, au doigt mouillé, comme ça, hop, un chiffre à mi-chemin entre celui des syndicats et celui de la police. Mais à part ces dernières traces d’obscurantisme, sur ce point, la science politique a fait un pas en avant. 

19/10/2010

La tentation de Venise

danieli-hotel-venice.jpg Quand j’ai entendu Guy Carlier, ce matin, sur Europe 1, décrypter la "réponse de Ségolène" à François Hollande, j’ai cru qu’il blaguait. Mais non. Au lieu de défiler samedi avec les cheminots et les lycéens de sa région, Ségo était bien à Venise, à l'hôtel Danieli, avec son nouveau compagnon ! Une semaine après que son ex, dans Gala, eut présenté la nouvelle "femme de sa vie", sur fond de manifs anti-Sarko (voir mon blog du 17) ! Et, plus grave, après avoir appelé les lycéens à descendre dans la rue : les parents d'élèves apprécieront. En voilà deux qui, à l’évidence, ont disjoncté. Le bling-bling de gauche, c'est encore moins supportable que le bling-bling de droite. Tiens, au fait, il était où, DSK, ce week-end ? Je me gondole...

18/10/2010

Pas grave, la grève

Cgt.jpgA nouveau les rendez-vous que l’on rate, les déplacements que l’on reporte, les créations que l’on diffère, les courriers qui n’arrivent pas, les chèques qu’on ne touche pas, etc ! Je sais, cet aspect-là des journées "d’action" (sic) n’intéresse pas grand monde. Que 69 % des Français, selon les sondages, soient favorables à la paralysie du pays, cela augure mal de notre avenir économique. Cela veut dire que 69 % des Français ne sont pas personnellement affectés, au fond, par le manque de trains, l’absence de courrier ou les pénuries d’essence, qu’ils soient fonctionnaires, rentiers, peinards, protégés, assistés, subventionnés, chômeurs, planqués ou retraités. Les autres, on s’en fout : qu’ils continuent, en silence, à faire croître le revenu national !

17/10/2010

Les hommes doubles

Hol-Tr.jpgLes politiques sont des hommes doubles. Voyez le très moralisateur François Hollande qui, en pleine semaine de grèves, a choisi Gala pour nous présenter sa compagne, la journaliste Valérie Trierweiler. Pour distraire les banlieusards sur leurs quais privés de trains, sans doute ? Et que dire de Jean-Luc Mélenchon, qui passe sa vie à insulter les journalistes quand ils ne sont pas d'accord avec lui : le voilà programmé… chez Drucker ! Il faut croire que l’investiture du Front de gauche en 2012 vaut bien un crochet putassier par le canapé rouge de Vivement dimanche. On parie qu’il ne dira pas en face à Michel Drucker qu’il est un "salaud", un "larbin", une "petite cervelle" et qu'il fait un "métier pourri" ?

 

16/10/2010

Faire plier Sarkozy

total.jpgSi le but des syndicats est vraiment, comme ils l’affirment, de faire "à tout prix" reculer Nicolas Sarkozy sur les retraites, le moyen de chantage choisi me parait bien archaïque : bloquer toute l’activité du pays en le privant d’essence, c’est compliqué et aléatoire. Tant qu’à exercer par la violence une pression maximale sur le gouvernement légal, il existe des moyens plus rapides. Tiens, pourquoi ne prennent-ils pas en otage une école maternelle ? Ou, plus dans le ton, une maison de retraite ? Plus radical : pourquoi ne pointent-ils pas un missile nucléaire sur une grande ville comme Lyon ? Ou carrément sur l'Assemblée nationale ? Il serait obligé de céder, Sarko, c’est sûr ! Petits bras, les syndicats !

15/10/2010

Combien de manifestants ?

 

 

greve.jpgIl arrive que les journalistes fassent leur métier. Stimulés par les sempiternelles querelles de chiffres entre la police et les syndicats, certains médias (Mediapart, l’AFP et France Bleu à Marseille, France Soir, etc) ont donc organisé, chacun de son côté, le comptage minutieux des manifestants du 12 octobre. Les résultats sont stupéfiants. A Paris, où les syndicats annoncent 330.000 et la police 89.000, ils ont compté… 73.000 manifestants ! A Marseille, idem : 230.000 selon les syndicats, 24.000 selon la police, la vérité se situant entre… 17.000 et 21.000 ! Mais attendez, si les chiffres syndicaux de la participation aux dernières manifs doivent être divisés par 4, par 6 ou par 10, cela change tout, non ?  

14/10/2010

Le coup du manque d'essence

essence-2.jpgAh les naïfs ! Ils n’ont pas compris la manip ! Allons, un peu de lucidité : c'est Sarko, bien sûr, mine de rien, qui pousse au blocage des raffineries ! Il a de la mémoire, le président. Les lycéens, eux, ne peuvent pas se souvenir qu’en mai 1968, quand tout le pays a été bloqué, quand le pouvoir était cul par-dessus tête, ce sont… les pénuries d’essence qui ont exacerbé la population jusqu’à renverser le cours des choses. De Gaulle a dissout, hop, et en juin, le parti majoritaire, l’UMP de l’époque, a obtenu la majorité absolue aux législatives ! Et le PS, dont le candidat a fait 5 % aux présidentielles de 1969, a disparu pendant dix ans de la scène publique ! Il est malin, Sarko…

13/10/2010

Feignants, les Français ?

greve.jpgNon, les Français ne sont pas des feignants ! Voyez les efforts qu’ils déploient pour bloquer minutieusement l’activité économique du pays, voyez la peine qu’ils se donnent pour empêcher les dirigeants politiques élus en 2007 de gouverner la France ! Si les Français dépensaient autant d’énergie à créer, à produire, à innover, à inventer, à entreprendre, à exporter, nous serions plus riches que les Américains ! Pareil pour les lycéens : si tous ces gamins sympathiques consacraient à apprendre l’orthographe le même dynamisme qu’ils mettent à sécher les cours pour aller manifester auprès des cheminots et des ouvriers des raffineries, aurions-nous des cohortes de bacheliers incultes ? Bien sûr que non ! Tout n’est donc pas perdu !

12/10/2010

Laïcité négative

st_pierre_dome.jpgJe ne me lasse pas des protestations indignées de certains politiciens, dont François Hollande, outrés que Sarkozy se soit signé à Saint-Pierre de Rome – un geste qui, à leurs yeux, "alimente dangereusement la montée des communautarismes", rien que ça ! Nul doute que François Hollande, quand il sera président, refusera énergiquement de se déchausser en visitant les mosquées du Golfe persique, ou de porter la kata, l’écharpe blanche que lui offrira un jour le Dalaï Lama, pour ne pas attiser les guerres de religions. A Tahiti, il refusera avec virulence les colliers de fleurs, signe d’une insupportable exacerbation du choc des civilisations. Espérons qu'il visitera aussi Cambrai : ce jour-là, au moins, pour ne pas stigmatiser le reste du monde, il s'interdira de dire la moindre bêtise...

 

11/10/2010

Chirac au Vatican

Chirac-pape.jpgSuite à mon blog d’avant-hier sur "De Gaulle au Vatican", on me dit : oui, mais c’était de Gaulle ! Je dois donc rappeler que le président Chirac, qui avait déjà rencontré Jean-Paul II à 5 reprises (il s’était même battu pour le faire venir à l’Hôtel de Ville en 1980), a effectué une grandiose visite d’Etat au Vatican en janvier 1996 pour "témoigner de la fidélité de la France à son héritage chrétien" (sic). La "prière pour la France" qu’on reproche à Sarkozy était aussi à son programme, mais à la basilique du Latran, où le chef de l’Etat s’était rendu solennellement en tant que "chanoine d’honneur". C’était le Chirac première période, celui qui n'avait pas encore mortifié sa très catholique épouse en rejetant les "racines chrétiennes de l’Europe" !

09/10/2010

De Gaulle au Vatican

DeGaulle-Croix.JPGCurieux, ces propos furibards dénonçant Nicolas Sarkozy qui, à Saint-Pierre de Rome, a osé faire un signe de croix. A ces laïcards sans mémoire, je dédie la photo ci-jointe du général de Gaulle, à qui nul ne songerait à donner des leçons de patriotisme. Le général s’était, lui, agenouillé devant Jean XXIII lors de sa visite d’Etat au Vatican, en 1959. Il avait rappelé que la France était "la fille aînée de l’Eglise", que l’Eglise était éternelle et que la France resterait éternellement fidèle "à tous les liens qui l’attachent à notre Eglise". La photo ci-jointe l’atteste : le général de Gaulle n’hésitait pas à mettre genou en terre pour embrasser un crucifix. O tempora, o mores...   

08/10/2010

Ah ça ira, ça ira (suite)

GUILLOTINE002.JPGDécidément, nous vivons dans un pays facétieux. Qu’on reproche au ministre des Transports de ne pas payer ses déplacements en avion avec ses sous à lui, voilà qui fait hurler de rire. Dans un pays où les parents, les enfants ou les maîtresses de tout agent de la SNCF, fût-il retraité, bénéficient de la quasi-gratuité du train ! Un pays où les agents d’EDF, même à la retraite, ne paient toujours pas - ou si peu - l’électricité de leur demeure principale ni celle de leur résidence secondaire ! Notre République est un incroyable assemblage de privilèges corporatistes dont les bénéficiaires, qui ne peuvent plus couper la tête de leur roi, et pour cause, se donnent bonne conscience en exigeant celle des ministres. Ah ça ira, ça ira...

07/10/2010

Le social a bon dos

revolution.jpgQui ne voit pas que le mouvement "social" engagé contre la réforme des retraites n’a plus rien à voir avec... les retraites ? La meilleure preuve, c’est que les deux catégories qu’on essaie d’entraîner dans un blocage du pays – les cheminots et les lycéens – sont justement les deux catégories les moins concernées par la réforme actuelle ! Le meilleur symbole, c’est le syndicaliste Didier Le Reste (CGT-SNCF), qui prépare activement son entrée sur la scène politicienne auprès de Jean-Luc Mélenchon ! D’ailleurs, bloquer sauvagement l’activité de la France en période de crise économique mondiale, ce n’est pas une idée "sociale", c’est bien un projet "politique" !